Crowdlending.fr a publié au début du mois le barème du crowdlending pour les 4 premiers mois de l’année 2017. Vous savez, le crowdlending, c’est le crowdfunding dédié au financement des TPE et PME sous forme de prêts rémunérés.

Les premiers chiffres publiés pour l’année 2017 me laisse perplexe et semble confirmer mes interrogations quant à la pertinence du modèle de ce nouveau secteur d’activité. (cf nos articles  « Le problème du crowdlending est simple : Les banques font plutôt bien leur boulot. » ou encore « Crowdlending : l’alerte de l’UFC Que choisir sur la réalité des investissements trop risqués et pas rentables !« ).

 

Des prêts participatifs « crowdlending » en hausse de 32% en montant … mais de seulement 3% en nombre de dossiers par rapport à 2016.

Deux manières de voir les choses.

Les optimistes insisteront sur la hausse de 32% du montant financé en crowdlending sur les quatre premiers mois de 2017.

Les pessimistes noteront la faiblesse du nombre de dossiers financés pour une activité nouvelle dite en très forte croissance. 217 projets ont été financés sur les 4 premiers mois de l’année 2017 contre 211 en 2016. Cette faible progression pose interrogation : N’existe t’il plus d’entreprise en besoin de financement ? Le marché du financement bancaire serait il devenu efficace rendant le crowdlending inutile ?

Au total, ce sont 29.5 millions qui auront été financés via le crowdlending sur le premier quadrimestre 2017, dont 45% (13.4 millions) pour le seul Lendix, leader du marché qui fait du crowdlending sans recours unique à la foule 😉

Chez Lendix, les épargnants particuliers ne représentent moins de 32% des préteurs/investisseurs. Le solde étant constitué d’investisseurs institutionnels et de family office. Nous sommes là très loin du financement participatif par la foule !

 

 

Le crowdlending peine à confirmer !

Bref, on a un secteur annoncé comme en forte croissance qui peine à confirmer les attentes. Un volume en augmentation de 32% mais un nombre de dossier qui n’augmente que très peu par rapport à 2016… et surtout un leader, qui ne fait pas vraiment du financement participatif par la foule, qui s’arroge 45% du marché.

Bref, rien de bien enthousiasmant … Si cela se confirme dans les prochains mois, les plateformes de crowdlending vont sérieusement devoir reconsidérer leur analyse du marché. (cf voici notre petite contribution : « Crowdfunding, l’avenir est local, indépendant et probablement sans plateforme.« )

A suivre.

crowdlending042017

source : crowdlending.fr

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14 Comments

  1. Merci pour cet article sur le sujet innovant du crowdlending. En qualité de CGP je suis fan de ce type d’approche et suis amené à la conseiller à mes clients si cela correspond à leurs projet/profil de risque. Le marché s’organise ou plutôt s’est organisé. Aux débuts, les plateformes étaient orientées « clients en direct » avec une approche « deal by deal ». Super pour les geek du sujet. Mais en réalité le clients lambda ne veut pas s’embêter tous les soirs son leur ordi l’ouverture de l’oépration qui parfois est close en 2 minutes, veut diversifier (cf affaire du groupe Terlat), et ne veut pas se faire massacrer par une fiscalité globalement peu avantageuse en la matière.
    Depuis un an les club deal fleurissent (ou SLP, FIA, OPC…) avec comme sous-jacent du crowdlending. Ainsi le concept se financiarise progressivement avec des véhicules adaptés. C’est tant mieux. Cela ne veut pas dire que le crowdlending est mort, bien au contraire, il se fait une place dans la cour des grands avec plusieurs institutionnnels qui investissent de très gros tickets.

  2. Merci Guillaume pour la citation 😉

  3. Merci pour cette parution. Le principal frein au développement du Crowd Lending est selon moi la fiscalité rapporté au risque trop importante pour un épargnant moyen. Je vous invite à signer la pétition lancée par la plate-forme Les entreprêteurs pour exonérer une partie de la fiscalité générée par ce placement. Après avoir investi moi même sur plus de 300 projets, j’ai développé une méthode complète d’investissement que j’explique dans un livre de 200 pages disponible sur Amazon.

    • « Le principal frein au développement du Crowd Lending est selon moi la fiscalité rapporté au risque trop importante pour un épargnant moyen ». Malheureusement, je ne suis pas d’accord avec vous. Le véritable problème ne me semble pas être la pénurie de préteurs freinés par la fiscalité… mais bel et bien la pénurie d’emprunteur ayant des projets d’investissements intéressants

      Nous constatons de plus en plus de financement de BFR… c’est à dire de la trésorerie d’exploitation.

      N’êtes vous pas d’accord ?

  4. Merci Guillaume pour votre remarque. Me concernant, pour mon opinion je me place (comme dans mon livre) d’un point de vu de l’épargnant, je m’explique : quand je fais un test auprès de mon réseau personnel composé essentiellement de cadres, prof libérales et dirigeants dans différents domaines d’activité, ils me disent pour la majorité que mon truc (le Crowd Lending), c’est bien mais c’est très (trop) compliqué rapporté à ce que j’appelle dans mon jargon le triptyque : temps passé/gain espéré/ risque possible. Pour que cela fonctionne, il faut un cercle vertueux qui ne peut se faire que grâce à la demande d’investisseurs (les communautés d’investisseurs sont en réalité au maximum à ce jour de 50.000 personnes, ce qui est trop peu). Il faut que les pouvoirs publics s’intéressent au sujet en favorisant la fiscalité. La médiatisation viendra par la suite. Partout où cela fonctionne déjà en vitesse de croisière avec des énormes croissances, le cadre fiscal a été largement favorisé par le législateur…Dans le cas contraire cela restera un placement confidentiel qui stagnera ou disparaîtra. Le cas échéant cela n’aurait rien de normal puisque le marché Britannique (dont la fiscalité est favorable) pèse quant à lui déjà plusieurs milliards, ce qui prouve que le modèle a du sens.
    Concernant l’autre point que vous évoquez, celui des emprunteurs, il est vrai qu’actuellement certains projets sont liés à du financement de trésorerie d’exploitation (je déconseille d’ailleurs d’aller sur de tels projets). Cela n’a effectivement pas de sens (sauf cas particulier) car cela reflète des emprunteurs à l’affût n’arrivant plus à se financer par le système bancaire normal et que l’on peut donc considérer comme des entreprises fragiles. Il s’agit pour moi d’une situation conjoncturelle. Là encore c’est le principe même du Crowd Lending qui n’est pas assez médiatisé et qui reste encore très obscure pour la majorité des emprunteurs potentiels. A ce jour nous avons un maximum de 1300 entreprises financées par ce biais sur les millions de TPE/PME de moins de 50 salariés. Il y a pourtant partout des entreprises qui ont besoin de financement pour autre chose que de la trésorerie. Avec le temps cette situation devrait s’améliorer d’elle même ne serait qu’avec le succès rencontré par ceux qui ont auront empruntés les premiers et qui auront été en satisfait du système.
    De mon côté, heureusement, étant présent sur l’ensemble des plates-formes j’arrive globalement à trouver des projets digne d’intérêt. Et si ce n’est pas le cas pour vous, il y a toujours le Crowd Lending immobilier que j’explique également de façon détaillée dans mon livre. Et là pour le coup ce sont toujours des projets de financement de trésorerie mais c’est le principe même du promoteur immobilier.

  5. Bonjour Guillaume,

    On peut imaginer qu’en baissant la fiscalité, les particuliers accepteront de prêter à 4 ou 5 %. Les emprunteurs auront donc moins de différence de taux.

    Je suis d’accord avec toi sur la pénurie de dossiers, côté prêteurs l’argent coule à flot notamment du fait des instits. Or ces derniers n’arrivent pas à déployer les fonds qu’il se sont fixés du fait de cette pénurie.

    Quant à la comparaison avec le UK ou les USA, elle est fausse … les banques françaises prêtent, pas les anglaises. D’ailleurs quand ces dernières prêtent, le delta de taux avec les plateformes est moindre qu’en France.

  6. Je me répète, mais le crowdlending est en réalité en pleine expansion et collecte bien. Sauf que le modèle évolue, qu’il est de plus en plus intégré dans des fonds avec une fiscalité optimisée. Donc le problème n’est pas à mon sens celui de la fiscalité, le marché s’adapte très rapidement sur ce point et les plateformes savent construire des clubdeals ou autres véhicules adaptés. Le problème principal je pense est celui de la qualité des dossiers qui sont présentés en deal by deal. Il faut être un peu fou pour investir dans une startup sans avoir accès à une analyse indépendante du dossier, à moins d’être expert comptable. La visibilité sur les CA futurs est souvent mauvaise et la sortie parfois hasardeuse. Certaines plateformes donnent plus d’info et ont mis en place une note de risque sur chacun des dossiers, ce qui me paraît être un minimum INDISPENSABLE. Les bons dossiers partent en moins de 5 min, j’en fais l’expérience très régulièrement.

  7. Regis Bryman says:

    Je suis tout à fait d accors avec Mathieu, si la fiscalité est plus favorable un prêteur peut prêter moins cher en taux brut ce qui est bon pour tout le monde.

    Pour répondre à votre question Guillaume, la réponse est simple, il y a plusieurs arguments
    1. 8% sur 4 ans ne fait pas comme vous le savez 32% de cout effectif puisque le capital est amorti chaque. Le cout effectif est donc bien moindre.
    2. Une campagne de crowd lending c est aussi un gros coup de pub auprès de vos clients et fournisseurs actuels et parfois même de la presse. C est aussi la possibilité d en trouver des nouveaux : clients et fournisseurs.
    3. C’est aussi un moyen de multiplier les sources de financement pour l entreprise et justement peut être d obtenir un prêt complémentaire de la part de la banque car elle a déjà un morceau du budget nécessaire.
    4. Il faut raisonner en terme de leverage. Je vous donne l exemple schematique. J ai besoin de 150K, je finance 100K chez une banque et 50K en crowd lending à 8% le tout sur 4 ans. Si grace à ces 150K j arrive à avoir un rendement des capitaux investis supérieur au coup de l emprunt ce qui est assez simple en réalité compte tenu de la pondération des 2 emprunts et du cout réel du crédit et bien cela vaut le coup. C est le principe même du crowd lending immobilier qui donne des taux à 10% sur en fait un tout petit morceau du capital emprunté.
    5. Le blogueur Manu explique très bien et je partage sa constatation que les défauts sont beaucoup plus nombreux sur certaines plates formes que sur d autres à taux d emprunt comparable. Le point de fragilité n est donc pas sur le cout de l emprunt.

  8. Je partage le point de vue de Régis sur la différence de coût et l’intérêt du co-financement avec une banque.

    Par contre je ne suis pas tout à fait d’accord sur l’opération de com en crowdlending. En effet, de nombreuses entreprises ne souhaitent pas voir leurs informations en ligne. C’est pourquoi certaines plateformes limitent les informations visibles une fois la collecte terminée. il doit donc y avoir un effet négatif sur leurs partenaires (fournisseurs, clients, …) du fait de l’emprunt.

    Enfin le raisonnement de Guillaume n’est pas sur la corrélation entre taux et défaut mais sur la possibilité de convaincre des entreprises avec des taux élevés, donc avant financement.

  9. Regis Bryman says:

    Pierre, ma question va sembler bête mais je ne vois pas de quel vehicule vous parlez au niveau de la fiscalité ?je parle bien du lending et pas de l equity. D ailleurs le profil des entreprises en equity est bien different de celles du lending. Les premières sont bien des startup et je n y vais pas pour exactement les raisons que vous évoquez. Pour celles en lending, on parle généralement d entreprises dites normales qui existent depuis longtemps et sur des activités normales elles aussi.
    Concernant les comptes, ils doivent normalement être publiés, c est une pratique normale et un gage de transparence, d ailleurs le taux de défauts est beaucoup plus fort sur celles qui ne publient leurs comptes. C est un vrai critère de choix pour moi.

    • Dette ou equity = sous-jacent = le moteur de l’investissement. Le cadre juridique ne représente que la forme. On peut donc avoir un cadre de type equity et un moteur composé uniquement de dette. Ainsi de nombreuses solutions de crowdlending se montent dans des SAS, SCA, FPCI ou Club Deal pour bénéficier d’un cadre fiscal plus favorable.
      Pour la qualité des dossiers en « deal by deal », l’investisseur de base ne va pas s’amuser à étudier les bilans. C’est peut-être dommage, mais c’est comme ça, c’est un métier. Du coup, certaines plateformes ont mis en place des notes de risque (un peu comme sur la fiche DICI d’un FCP) et des outils d’analyse simplifiés, ce qui est à mon sens un vrai atout.

  10. Régis BRYMAN says:

    Je vois bien ce dont vous parlez Pierre mais cela concerne en réalité qu’une niche d’investisseurs fortunés (très peu nombreux en volume). Le propos initial ici concernait les utilisateurs moyens des plates-formes de Crowd Lending entreprises (un peu moins sur Lendix). Ce dont je parle moi c’est bien de la démocratisation de ce placement auprès du plus grand nombre (population avec un revenu annuel entre 50K et 150K). Avec un tout petit peu de défiscalisation, admettons avec une franchise de 2 ou 3K de revenus de ce type, on aurait alors un fort élargissement de la communauté d’investisseurs (probablement par 3 ou par 4), donc plus de popularité et mécaniquement plus de dossiers aussi.
    Enfin, sans espérer transformer cette population (en principe éduquée) en de grands experts financiers, il me semble que lui faire appréhender quelques ratios de base n’est également pas totalement inaccessible.

  11. Si vous considérez qu’un ticket d’entrée de l’ordre de 5 K€ n’attire que des investisseurs fortunés, alors je pense que ceux qui ont moins à investir devraient se diriger vers des solutions plus adaptées à leurs profils (Livret A, LDD, PEL, etc), plus dispo et plus sécuritaire. En réalité les modes de détention « fiscal friendly » sont déjà accessibles au plus grand nombre car ceux qui montent de tels véhicules ont su s’adapter et s’attaquent à tous les segments de marché. Certes, il y a les solutions accessibles à partir de 100 €, mais je pense que c’est un non sujet (en effet, un rendement de 10% sur 100€ investi ne donnera que 10 € de revenu brut par an. Pas la peine de passer 2h à étudier un dossier pour gagner cette somme). Je reviens à mon analyse initiale qui consiste à penser que les « deals by deals » sont pour les geeks du sujet, sauf à constituer de gros portefeuilles dans des cas très spécifiques mais du coup marginaux. Dans tous les cas, c’est ce que je constate et expérimente avec mes clients.

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