Avec le recul, il est relativement facile d’identifier les sources de crises financières : Il suffit de chercher avec attention ou se situent les excès et l’euphorie.

 

En 2000, l’euphorie était celle de la bulle internet.

Tout le monde créait un site internet qui allait disrupter l’ancienne économie et faire la fortune de ses jeunes créateurs d’entreprises. Depuis, on sait ce qu’il en reste : Quelques startups (Google, Amazon et cie) devenues des oligopoles… toutes les autres ont disparues.

 

 

En 2005-2006, l’euphorie était celle des prix de l’immobilier.

Tout le monde pouvait devenir riche grâce à l’inexorable hausse des prix de l’immobilier. La spéculation sur les prix de l’immobilier était très forte et surtout tout le monde savait bien que la fortune était assurée pour n’importe qui investissait dans n’importe quel bien immobilier.

A l’époque, l’euphorie portait réellement sur la valeur future de votre investissement immobilier avec la certitude de chacun que fortune serait facile grâce à l’immobilier et des prix toujours plus élevés.

Depuis, les prix ont lourdement baissés (même en France, malgré ce que peuvent laisser penser les statistiques – Pourquoi la baisse des prix de l’immobilier a été plus violente que ne le laisse croire l’ indice INSEE – NOTAIRE ? – ) sauf à Paris et dans quelques grandes villes comme Bordeaux ou Lyon, ou la spéculation et la bulle ne cesse de grossir grâce (à cause ?) des taux d’intérêt bas à l’extrême.  Nous sommes passés d’une bulle immobilière … à une bulle sur les taux d’intérêt qui autorise le non éclatement de la bulle immobilière précédente. Lorsque les deux éclateront… ça va faire mal ! (Une bulle immobilière à Paris et grandes agglomérations et un marché sain ailleurs ?).

 

 

2015-2017, l’euphorie est celle du capital et de son abondance qui pousse à faire n’importe quoi à cause des taux bas à l’extrême.

L’euphorie du capital, c’est son abondance sur fonds de taux d’intérêt bas à l’extrême qui détruit les raisonnements traditionnels avec le leitmotiv mille fois entendu « Cette fois c’est différent ».

 

L’acte 1 de l’euphorie du capital, c’est une politique monétaire exagérément accommodante qui conduit à une baisse des taux d’intérêt au plus bas.

Entre le début de l’année 2014 et Juillet 2016, la chute des taux d’intérêt est vertigineuse et historique. Les taux d’emprunt de l’état Français sont passés de -+2% (en décembre 2014  à 0.10% en Août 2016).

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Cette euphorie des taux d’intérêt bas à l’extrême permet de justifier des valeurs très élevées de l’ensemble des actifs qu’ils soient immobilier ou financier.

Pour reprendre l’exemple de l’immobilier, la spéculation ne porte plus sur la valeur future élevée de votre bien immobilier expliquée par des phénomènes pseudo rationnels liés à l’augmentation de la demande… mais uniquement dans le maintient des taux bas à l’extrême. Aujourd’hui, tout le monde sait que les prix de l’immobilier est trop cher, mais comme les taux d’emprunts des crédits immobilier sont très très faibles, l’accès à la propriété est à nouveau possible !

Il n’y a plus de spéculation sur la valeur future des biens immobiliers, et personne ose affirmer avec certitude que les prix de l’immobilier seront demain plus élevés.

La bulle n’est plus une bulle de l’immobilier, c’est une bulle des taux d’intérêt qui a des conséquences sur la valeur des biens immobiliers.

Les investisseurs immobiliers achètent t’ils un bien immobilier ou l’opportunité exceptionnelle de taux très très bas pour faire fortune facilement lorsque l’inflation reviendra ?

De part nos articles, nous participons à cette euphorie source d’opportunité pour celui qui saura profiter des taux bas pour investir dans un bien immobilier dont la valeur n’est pas impactée par cette nouvelle euphorie (cf « Valoriser son patrimoine sans effort grâce aux taux d’intérêt réels négatifs« ).

 

 

L’acte 2 de l’euphorie du capital, c’est l’euphorie du capital investissement dans ces pseudo « startups » qui brûlent du capital pour financer projets ubuseques.

N’en avez vous pas marre de toutes ces pseudos startups qui s’autoproclament porteuse d’un projet révolutionnaire !

On a parfois l’impression qu’il n’est plus possible de créer une simple petite entreprise, pour réussir sa vie, il faut avoir créé sa start-up avant ses 50 ans !

Pour suivre avec attention cet écosystème, nous avons là toutes les caractéristiques d’une magnifique bulle dont l’éclatement pourrait ne pas être sans conséquence pour votre épargne :

  • N’importe qui aurait une belle idée (mais une belle idée, n’est pas nécessairement une bonne idée entrepreneuriale) …
  • Crée sa « startup » avec une perspective globale et mondiale (il est tellement hasbeen de viser un entrepreneuriat local) …
  • et surtout va chercher, directement ou indirectement, l’épargne de Français pour financer ses projets fumeux ! Il est tellement plus facile de dépenser et gaspiller l’argent des autres.

 

Nous avons très régulièrement pointé ces dérives dans le milieu des #fintechs que nous analysons depuis longtemps (cf »#Fintech de la gestion de patrimoine… Vivement l’éclatement de la bulle !). Mais cette dérive est multi-sectorielle.

 

Prenons un exemple pour illustrer le ridicule du moment :

  • Sea Bubble, un bateau électrique pour navigation sur les fleuves qui vient de lever 100 millions d’euros avant même d’avoir livré son premier exemplaire, mais déjà adopté par les médias et les politiques « « Ce n’est pas anecdotique. Sea Bubble, cela va être un transport qui sera je pense le futur service de taxis sur la Seine, potentiellement », assure Anne Hidalgo.
  • Deliveroo qui vient de lever 275 millions d’euros pour un service de livraison de repas à domicile et à vélo !  Ouah ! quelle révolution ! Qui peut croire dans ces valorisations démentielles ?
  • … il existe des milliers d’exemple comme ceux là ! Regardez cette vidéo, c’est instructif sur le mode de raisonnement de ces nouvelles sociétés qui lèvent des sommes folles sur des projets creux. Ces entrepreneurs viennent de lever 425 000€, ils ne savent pas trop ce qu’ils vont en faire car ils ont reçu plus que prévu !

Imaginez vous que c’est peut être directement ou indirectement avec votre argent que ces jeunes innocents s’amusent. (le pire c’est que c’est une véritable vidéo, sur un véritable projet et du vrai argent !)

Que se passera t’il lorsque la réalité du marché rattrapera ces « startups » non rentables ?

Alors que les politiques monétaires sont à un tournants et engagent un nouveau cycle de hausse des taux d’intérêt, la question va devenir plus délicate pour l’avenir de ces startups qui auront gaspillé l’argent des épargnants.

Demain, lorsque les levées de fonds seront plus difficiles, elles mettront la clef sous la porte … et les investisseurs auront perdu leur épargne. C’est tellement plus simple de jouer avec l’argent des autres!

 

Mais c’est quand demain ? C’est quand l’explosion de cette bulle ?

Telle est la véritable question à laquelle personne n’a la réponse. Néanmoins, le changement programmé de la politique monétaire et cette tentation d’augmentation des taux d’intérêt à partir de fin 2017 début 2018 devrait être un signe.

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11 Comments

  1. Jean Claude says:

    Plus d’assurance vie,plus d’actions et d’obligations,plus de fintechs,plus d’immobiliers,plus de SCPI,..
    Que reste t’il en 2017/2018 pour échapper aux bulles en voie d’éclatement?

  2. A un moment donné il y aura un grand ménage dans les startups c’est du bon sens.
    Après on est quand même sur des bases plus saine qu’au début des années 2000 ou le moindre nimportequoi.com se valorisait sans business-model.
    Le phénomène actuel est plus sain même si il y aura beaucoup de casse

    La Hausse d’intérêt… on en parle depuis de nombreux mois mais elle n’est pas encore là.
    A force de prédire qu’elle va arriver on va avoir le bon timing…
    On est encore loin d’avoir apurer la crise de 2008 et je pense que cette situation va encore perdurer.
    La croissance reste faible même s’il y a un léger mieux

  3. Mon analyse

    Les banques centrales ne peuvent augmenter les taux qui feraient sauter tout le système donc j’ai du mal à croire qu’elles choisissent cette voie.

    L »inflation serait bien utile pour effacer les dettes mais pour qu’elle arrive il faut en plus de la création monétaire que l’argent circule vite ce qui n’est pas le cas actuellement puisqu’il se loge dans les actifs et que la croissance est ultra faible.

    Donc dans l’état actuel je ne vois pas comment les choses peuvent changer.
    Et finalement je me demande si cette situation ne va pas durer plus longtemps qu’on ne le croit.

    Vos avis SVP

  4. Jean claude si il reste quelque chose……..se barrer !

    • Se barrer ça c’est sûr, au moins partiellement…

      quant au cake en video, pitié, on ne voit que ça sur YTube, les inventeurs du fil à couper le beurre W2O, à croire que chaudronnier ou poseur de clim ça ne sert à rien.

      Lever des fonds sur du vide, accroit l’abîme de vacuité dans le quel ils se noieront.

      Si, on revit la bulle de 2000…

      Je pense que le retournement est proche, regardez les fintechs rachetées par les banques, tu parles d’une disruption !!!!

  5. Je ne partage pas complètement votre vision sur l’Immobilier.

    Vous semblez dire qu’il y a de la spéculation sur ces actifs, je ne le pense pas.
    Elle a cessé depuis les années 90 environ.

    « Pour reprendre l’exemple de l’immobilier, la spéculation ne porte plus sur la valeur future élevée de votre bien immobilier expliquée par des phénomènes pseudo rationnels liés à l’augmentation de la demande… mais uniquement dans le maintient des taux bas à l’extrême. »

    Dans son BP l’investisseur immobilier ne tient pas compte de l’évolution de la valeur de son bien, c’est la cerise sur le gâteau!

    Rien à voir par exemple avec le marché action et le THF.

  6. Selon cette article: http://www.boursorama.com/actualites/la-fed-ne-devrait-pas-avoir-a-relever-ses-taux-encore-tellement-selon-janet-yellen-8f948d0f779cc0b64f1199f2dda668d8

    Les taux devraient pas monter bien haut. Peut être 2 ? voir 2,5% ?
    En tout cas, si les taux augmentent trop vite les états ne pourront pas suivre.
    Au vue du taux d’endettements des états, cette situation devrait perdurer pour pas mal d’années encore.

    Reste à voir comment le marché va réagir à cette micro hausse des taux d’intérêts, je suis curieux en particulier sur l’immobilier.

    Si c’est vraiment le cas, cela me redonne un peu d’espoir pour une eventuelle SCPI…

  7. Les startups plus ou moins crédibles lèvent des miettes.

    Le gros de votre épargne finance les LBO pour la plus part destructeurs d’avenir.

    J’ai en tête l’exemple de Drahi qui leve 50 Mds € pour un groupe réalisant 25Mds de CA, en s’appuyant sur de l’esthétique comptable permettant de sortir des EBITDA à 75% avant une entrée en bourse ou une session d’actifs partielle.

    Vivement que la crise arrive pour remettre un peu d’ordre.

    Altice emprunte à 6% pour financer des rachat et hypothéquer l’avenir (croissance organique négative), j’emprunte à 8% pour pouvoir honorer les commandes de mes clients en limitant ma croissance à 25%.

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