La situation semble inextricable pour le fonds euros des contrats d’assurance vie : Finie la période bénie des rendements attrayants sans risque !
Alors les alertes sur l’avenir du fonds euros se multiplient et que les taux bas détruisent lentement mais surement le modèle économique des banques et des compagnies d’assurance vie, il est essentiel de s’interroger sur le devenir du fonds Euros. Faut il céder à la panique et arbitrer l’intégralité de son épargne vers d’autres supports plus rémunérateurs ? ou au contraire se méfier de ses stratégies qui visent à prendre toujours plus de risques, pour toujours moins de rendement ?
 

Le fonds euros est mort, vive le fonds euros !

Hier, à l’occasion du rapport annuel de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et Résolution), François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France Président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution précisait :

« Dans le secteur de l’assurance, le contexte de taux bas conduit à une situation où les rendements des titres entrant en portefeuille sont inférieurs aux taux servis sur leurs polices d’assurance vie.
J’appelle donc de nouveau les organismes à la prudence dans la fixation des taux de revalorisation de leurs contrats d’assurance vie. En outre, j’encourage les pouvoirs publics et les professionnels à poursuivre leur réflexion en matière de réorientation de l’épargne, notamment via le développement de nouveaux produits d’épargne de long terme, répondant à la fois à l’environnement de taux bas et aux besoins de long terme des ménages (retraites).
Ces nouveaux produits d’épargne pourraient être moins liquides, assortis probablement d’une protection en capital sur le long terme : ils permettraient aux ménages de bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée, tout en favorisant le financement de l’investissement des entreprises »
 

Loin d’encourager la diversification à outrance vers les unités de compte, le gouverneur encourage plus que jamais l’initiative et la créativité des assureurs autour de produit type « Euro-croissance« , nouveau support des contrats d’assurance vie, qui permet une valorisation garantie de l’épargne, mais supprime l’idée d’une disponibilité à tout moment des capitaux (cf »Euro-croissance : Condamné au succès pour sauver la solvabilité des compagnies d’assurance vie. et Assurance vie : le contrat Euro croissance pour remplacer un fonds euros mourant ?).
 
 

Le principal risque pour le fonds euros, c’est l’absence de rendement.

Ces risques autour des fonds euros des contrats d’assurance vie nous les connaissons depuis longtemps et cela fait maintenant plus de 5 ans que nous vous mettons en garde.
Deux risques principaux doivent être identifiés :
 

Le risque de faillite des compagnies d’assurance vie en cas de hausse brutale des taux d’intérêt (fin de la politique monétaire de la banque centrale). Dans cette hypothèse, les compagnies d’assurance vie pourraient être dans l’incapacité d’assurer la garantie des capitaux ! Comme nous vous l’expliquons dans cet article « Qu’y a t’il dans votre assurance vie ? Comment investissent les compagnies d’assurance vie ? et Saviez vous que votre assurance-vie finançait de plus en plus les banques et assurances ?, une majeure partie de votre contrat d’assurance vie est investie dans des actifs obligataires (82%) dont la valeur est inversement liée au niveau des taux d’intérêt : Un krach obligataire conduirait à une dévaluation massive de la valeur du portefeuille des compagnies d’assurance vie alors même qu’elle assure une garantie du capital à tout moment aux épargnants.

Comme nous vous l’expliquions dans cet article « Assurance vie : Quels risques pour les fonds euros ?« , la matérialisation de ce risque aurait pour conséquence le blocage de l’épargne et l’interdiction de disposer de son épargne. Mais attention, pas d’excitation et de panique : Ce risque est très faible et ne se matérialisera pas car la banque centrale Européenne n’autorisera pas une hausse excessive des taux d’intérêt (cf »Mario DRAGHI aurait il sauvé les fonds euros et l’assurance vie ?« ).

Le risque de rendement proche de zéro. Dans un environnement de taux négatif ou le rendement sans risque n’existe pas, il est illusoire d’espérer voir les compagnies d’assurance vie continuer à garantir un haut niveau de rendement. Demain, le rendement des fonds euros se rapprochera inévitablement de 0%. Cette absence de rendement, est une certitude et entre nous ce n’est pas bien grave tant que l’inflation reste nulle !

Finalement, la valeur nominale de l’épargne n’est pas atteinte et l’épargnant aura toujours le sentiment de conserver la valeur de son capital. En l’absence d’inflation officielle, cette absence de rendement n’est finalement pas catastrophique. A ce titre, vous noterez qu’en 2015, avec une inflation à 0% et un rendement moyen des fonds euros des contrats d’assurance vie à 2.30%, le rendement réel des fonds euros est historiquement élevé et nettement supérieur au rendement réel de l’assurance vie lorsque l’épargne affichait des rendements à deux chiffres. 

Cet absence de rendement pourrait néanmoins devenir catastrophique en cas de retour de l’inflation ! L’épargnant se retrouverait dès lors « bloqué » dans un contrat d’assurance vie incapable de maintenir la valeur de son pouvoir d’achat. Mais en aucun cas ce risque doit être l’occasion de se précipiter massivement dans une stratégie d’investissement sur les marchés financiers. Abandonner la garantie d’un rendement médiocre pour l’espoir d’un meilleur rendement n’est pas anodin.

 
 

Abandonner la garantie d’un rendement médiocre pour l’espoir d’un meilleur rendement n’est pas anodin.

N’oubliez pas que le rendement réel, rendement brut net d’inflation, des fonds euros est au plus haut historique ! Abandonner le fonds euros, c’est abandonner une garantie à tout moment de votre épargne.
En lisant de nombreuses publications académiques et autres communications marketing de la part de certains robo-advisors, on peut parfois avoir le sentiment d’une aisance à réaliser des rendements très élevés sur le long terme.
Regardez par exemple, la communication trompeuse de Yomoni, qui vous présente le graphique prévisionnel du rendement futur de votre épargne.
Je prends l’exemple ici de Yomoni, mais de nombreuses autres fintechs robo-advisor basent leur démarchage client sur la promesse de rendements futurs basés sur les rendements passés qui auraient été théoriquement obtenus en appliquant leur méthode (mais que personne n’a obtenu jusque là).
Pour ne pas faire de jaloux, on aurait pu répliquer les exemples avec Wesave, mariequantier, fundshop, et compagnie…. La communication est toujours la même : Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs, mais on vous explique tout de même qu’on doit être capable de les répliquer !
 

Graphique de l’espérance de rendement futur chez yomoni pour un risque action 100%.

Synthèse :
Epargne de 10 000€ puis 500€ / mois pendant 20 ans, soit 130 000€ d’épargne –  Profil 10 – Risque action à 100%.
yomini exemple rendement risque
 
Yomoni présente ce très beau graphique pour vous expliquer qu’en prenant un risque 100% action, votre espérance de gain est de

– 8% à 11% dans un scénario favorable ;

– -0.76% à 8.13% dans un scénario attendu ;

– -0.76% à – 6% dans un scénario défavorable.

Mais que globalement, il est réalisable d’obtenir un capital de 330 000€ soit un taux de rendement de 7.69% / an pendant 20 ans. 

Vous qui suivez régulièrement les marchés financiers et connaissez bien le rendement des placements, croyez vous qu’il est raisonnable de proposer de telles promesses ? Combien d’entre vous avez fait de tels rendements pendant les 20 dernières années ?
Croyez vous qu’il est intellectuellement honnête de communiquer sur la comparaison entre ces rendements et le rendement du livret A.

« 0.75% par an avec votre livret A. Il est temps de trouver une autre solution »

Campagne-de-pub-Yomoni1
 
 

 

 
 

L’euro-croissance et son rendement garanti est plus adapté aux nombreux épargnants qui veulent bien valoriser leur capital sans prendre le risque de perte en capital.

L’avenir de l’assurance vie ne se trouve pas, à mon humble avis, dans l’investissement en unité de compte. Ce n’est pas à l’épargnant de prendre le risque que l’assureur ne veut plus accepter.
Le succès de l’assurance vie repose sur l’idée que la gestion du risque est assumée par la compagnie d’assurance vie. L’épargnant accepte un rendement plus faible car il sait son épargne sécurisée et protégée. La baisse des rendements du fonds euros ne modifie en rien l’analyse et les attentes des épargnants.
C’est la raison principale pour laquelle je crois fondamentalement dans le succès du contrat Euro-croissance (même si la période de taux bas ne permet pas un lancement optimal mais le prochain arbitrage des plus values du fonds euros facilitera le succès – cf »La mutualisation de l’assurance vie en fonds euros et de l’Euro-croissance est inévitable et dans l’intérêt de l’épargnant. »
Les épargnants sont fortement attachés à cette idée d’un capital garanti sur le long terme. Il ne me semble pas raisonnable de leur proposer comme seule solution une diversification vers les unités de compte. Les épargnants ne veulent pas y investir et marketing des fintechs pourrait être rapidement balayé lors de la prochaine crise financière !
 
Ainsi, j’ai le sentiment :

– Que le fonds euros traditionnel à encore de très beau jour devant lui ; En l’absence d’inflation, il reste une excellent support ; Et comme les taux n’augmenteront pas, le principal risque est un rendement futur médiocre se rapprochant toujours plus de zéro ;

– Que le contrat Euro-croissance est l’avenir de l’assurance vie même si les taux bas actuels ne constituent pas une situation idéale. Demain, la médiocrité des rendements du fonds euros traditionnel rendront attrayant le contrat Euro-croissance ;

– Que les épargnants ne veulent pas prendre de risques sur leur capital. Les unités de compte ne sont pas l’avenir de l’assurance vie. Les épargnants plébiscitent l’assurance vie pour la capacité de la compagnie d’assurance vie à assumer et gérer le risque.

– Que les robo-advisor devraient devenir dans les mois et années à venir une alternative intéressante pour gérer la partie « risque » des épargnants avertis. En réduisant les coûts et maîtrisant davantage la flexibilité des allocations, les rendements devraient être meilleur que de nombreuses gestions actuelles.

Et vous, qu’en pensez vous ? Faut il garde le fonds euros ? Préférer les unités de compte ? L’euro-croissance ? Les fintechs robo-advisor ?

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