Au 31/12/2018, les fonds euros représentent encore 80% des quelques 1700 milliards d’euros d’épargne placées en assurance vie.  Pourtant, la collecte nette d’épargne, c’est à dire les versements nouveaux déduits des rachats partiels et dénouement par décès, est principalement réalisée au profit des unités de compte.

En 2018, les épargnants ont placé environ 140 milliards d’euros sur les contrats d’assurance vie, dont 72% de fonds euros et 28% d’unité de compte. Les rachats partiels et autres dénouement par le décès du souscripteur concernent principalement des rachats sur le fonds euros. Ainsi, la collecte nette de 22.4 milliards en 2018 se décompose entre 1.3 milliards pour les fonds euros (soit 5.80% de la collecte nette) et 21.1 milliards d’euros pour les unités de compte (95% de la collecte nette).

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– « Investir dans l’immobilier » pour réussir votre investissement immobilier ;

– « Succession » pour optimiser votre succession et réduire les droits de succession ;

– « Assurance vie et gestion de patrimoine » pour utiliser toute la puissance patrimoniale de l’assurance-vie.

 

En 2018, le taux de rendement moyen des fonds euros est de 1.80%, tout comme en 2017.

En 2018, le taux de rendement moyen des fonds euros est de 1.80%, tout comme en 2017.Néanmoins, le regain d’inflation constaté entre 2017 et 2018 réduit fortement le taux de rendement réel des fonds euros des contrats d’assurance vie. En 2018, le rendement moyen net d’inflation contrat d’assurance vie est même négatif s’ils ont tient compte des prélèvements sociaux :

  • Rendement moyen des fonds euros en 2018 = 1.80%
  • Rendement moyen des fonds euros en 2018, net de prélèvement sociaux de 17.20% = 1.49%
  • Rendement moyen des fonds euros en 2018, net de prélèvements sociaux, net d’inflation = -0.31%

 

Bref, les épargnants en fonds euros d’assurance vie ont bénéficié d’une augmentation de la valeur de leur patrimoine financier grâce à la revalorisation de 1.49% du rendement de leur fonds euros, net de prélèvements sociaux… mais ils ont perdu en pouvoir d’achat car l’inflation, en 2018 est de 1.80%.

Cette situation est particulièrement inquiétante pour les épargnants qui voient leur richesse relative s’effriter à cause d’un rendement trop faible car inférieur à l’inflation. Les épargnants s’appauvrissent, lentement mais surement, comme nous l’anticipions déjà dès 2016, et notamment dans cet article « Face aux rendements négatifs de l’assurance vie en euros, les épargnants doivent investir différemment ! ».

Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle semble durable. Les banques centrales de tous les pays développés semble déterminées à maintenir des taux d’intérêt à des niveaux très faibles pour une longue période. Nos économies dopées aux taux bas ne pourraient encaisser des taux de crédit plus élevés.

Ainsi, en 2018, l’assurance vie en fonds euros a procuré un rendement négatif aux épargnants … et surtout, cette situation devrait se renouveler dans les prochaines années. Depuis 2011 et nous le détaillons de manière exhaustive dans notre livre « Assurance vie et gestion de patrimoine« , les compagnies d’assurance vie investissent l’épargne confiée par les souscripteurs de fonds euros dans des obligations dont les rendements sont de plus en plus faibles.



Les fonds euros sont un placement dont la garantie du capital à tout moment rend obligatoire des investissements prudents construit autour des obligations et notamment des obligations d’état. Au 31/12/2017, en moyenne, les fonds euros sont composés à hauteur de -+80% en obligation, dont -+40% d’obligation d’état. Ainsi, au fur et à mesure de l’arrivée à échéance de ces obligations, les compagnies d’assurance vie doivent investir dans de nouvelles obligations dont les taux baissent inexorablement.

Au moment, ou j’écris ces lignes, les compagnies d’assurance vie qui investissent l’argent des épargnants en achetant des obligations d’état Français sont rémunérées au taux de 0.31% ! L’équation est très simple : Lorsque 40% de votre portefeuille à vocation à être rémunéré à un taux inférieur à 0.50%, il est impossible d’espérer un rendement global élevé.

Ainsi, la maîtrise de la collecte nette sur le fonds euros est fondamentale pour les compagnie d’assurance vie qui limitent alors les montants investis à taux bas. Seuls les renouvellements d’obligations à échéance dégradent le rendement du fonds euros.

 

 

 

Des taux d’intérêt excessivement faibles pour une longue période condamnent le rendement futur des fonds euros !

La persistance des taux longs durablement bas a pour conséquence simple de condamner les fonds euros. Depuis le début de l’année 2019, l’idée selon laquelle les taux d’intérêt devraient rester excessivement faibles pour une très longue période semble dominer les débats.

Nos économies, engluées dans la déflation, ne pourraient pas supporter des taux d’intérêt supérieurs à l’inflation et profitent au contraire de cette situation des taux d’intérêt réels négatifs (taux d’intérêt < au taux d’inflation) pour se désendetter sans effort, sans avoir besoin d’engager de véritables réformes structurelles.

Bref, cette situation de taux excessivement faibles semble devoir durer très longtemps… et ce n’est pas une bonne nouvelle pour les épargnants en fonds euros qui ne pourront donc que constater leur appauvrissement progressif. Années après années, le rendement de leur contrat d’assurance vie en fonds euros devrait être inférieur ou très proche de l’inflation.

Les épargnants ne verront pas leur capital baisser … mais leur moindre progression par rapport à l’inflation et surtout au taux de croissance nominale de l’économie sera une source d’appauvrissement quasi invisible. 

Le fonds euros n’est plus un bon placement pour recevoir une épargne de long terme. Le fonds euros ne permet plus de s’enrichir grâce à son épargne. Néanmoins, comme nous vous le présentions dans notre « Météo du patrimoine« ,  il s’agit du meilleur produit de placement sur le marché pour celui qui souhaite disposer d’une épargne garantie et disponible à tout moment !

Le fonds euros n’est plus un bon placement … mais les épargnants qui ne veulent pas abandonner la garantie et la disponibilité de leur épargne ne pourront pas trouver de meilleurs placements. 

 

Les épargnants doivent modifier leur stratégie d’investissement et de placement.

La conséquence de ces taux d’intérêt durablement bas est simple : L’épargne est en danger ; Vous devez travailler à une autre manière d’utiliser votre épargne si vous voulez lutter contre cette érosion progressive de la valeur relative de votre épargne. 

Vous devez arrêter d’épargner, vous devez investir, c’est à dire utiliser votre argent pour « acheter » un actif, un bien, dont l’exploitation directe ou indirecte sera source de revenus futurs.

Il pourra s’agir tout simplement d’investir dans l’immobilier en achetant votre résidence principale, secondaire (bien dont la rentabilité n’est pas financière – Acheter une résidence secondaire, un investissement au rendement non financier inestimable) ou un bien immobilier locatif. En achetant, un bien immobilier locatif, l’épargnant devient investisseur puisqu’il achète un bien immobilier et il devra s’investir dans sa gestion pour en tirer le meilleur revenu (il ne s’agit pas nécessairement du plus élevé … mais du plus pérenne). S’investir dans la gestion de son immobilier locatif, c’est réfléchir sur l’aménagement du bien, sur les travaux à réaliser pour attirer les locataires, réfléchir à des modes d’exploitation nouveaux tels que la colocation, la location meublée ou saisonnière, …

Il pourra aussi s’agir d’investir dans le capital d’une entreprise cotées ou non cotées. Devenir actionnaire à long terme d’une entreprise permet d’investir indirectement dans la capacité de l’entreprise à générer un revenu futur. Ce n’est pas l’épargnant actionnaire qui s’investit … Il se contente de déléguer cette capacité aux dirigeants de l’entreprise.

Mais attention à ne pas confondre « spéculation sur les marchés boursier » et « investissement dans le capital des entreprises ». L’investisseur utilise les marchés financiers et leurs excès, pour acheter à bon prix des actions qu’il détiendra pour une très longue période. L’investisseur en action choisit les entreprises dans lesquelles il investit pour leur capacité à générer du bénéfice à long terme. Il ne cherche pas à suivre la spéculation quotidienne sur la valeur du cours.

Enfin, l’épargnant pourra également devenir investisseur en achetant n’importe quel actif qui fera de lui un entrepreneur de son patrimoine. L’investisseur doit se considérer comme un mini chef d’entreprise qui consiste à exploiter au mieux l’argent qu’il a épargné. 

 

Il est important d’avoir conscience que l’épargne n’est qu’un stock d’argent en attente d’investissement ou de consommation. L’épargne n’est pas une fin, ce n’est qu’un moyen ! Les taux faibles nous obligent à réduire cette période d’attentisme qu’est l’épargne.

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24 Comments

  1. Laurent says:

    Certes. On ne peut être que d’accord. Mais quel actif sur lequel investir ?
    Outre le rendement, La fiscalité est importante et l’assurance vie eSt l’une des plus douce.

    • Je crois qu’un PEA est une solution simple à envisager sérieusement pour acheter des titres et les porter à très long terme : On profite des excès baissier des cours de bourse pour se constituer des lignes sur des grandes valeurs … et on voit dans 20 ans, en réinvestissant simplement les dividendes tous les ans. (cf »Faut il profiter des baisses sur le marché action pour investir à très long terme ? Notre mode d’emploi. » Malheureusement, les cours sont aujourd’hui trop élevé. Il faut attendre la prochaine consolidation.

      Ensuite, l’immobilier locatif me semble particulièrement attrayant pour celui qui sait acheter et se projeter dans les améliorations qu’il saura apporter sur un bien dégradé par le marché.

      • moreau says:

        oui, dernier paradis fiscal le PEA …. avec des valeurs de rendement pour minimiser les chances de se planter sur le long terme

      • Fredy Gosse says:

        T inquiète Guillaume cherche des infos sur Israël Gaza et discours Neatanyau ( orthographe ???) nos médias silence radio Mais la 3 eme guerre mondiale vient peut être de commencer

    • Sénèque says:

      Justement, quel intérêt de laisser une telle fiscalité « adoucie » pour des titres de créances majoritairement ?
      => de conserver de quoi absorber les dettes des émetteurs publics …qui ne seront jamais remboursées (cf. articulation du roulement de la dette et théorie moderne de la monnaie)

      Il n’y a aucun intérêt type « financement de l’économie réelle » (les belles phrases des démago…) car la dette primaire émise par Etat français sert à financer quasi exclusivement des dépenses de fonctionnement et non des dépenses d’investissement, et cela avec une obligation de s’endetter auprès d’organismes de crédit privés pour « éviter les excès de démagogie » (bon, c’est sur le papier car il y a une cavalerie manifeste lorsque l’observateur analyse les données avec les banques privées qui achètent les titres sur le marché primaire et les revendent pour partie sur le marché secondaire…à la Banque de France !! …qui elle-même reverse une quote-part des intérêts perçus sur des titres de dette de l’Etat français à …l’Etat français !! il n’y a pas à dire, c’est quand même du haut niveau !!).

      Donc d’une certaine, manière, ce sont des milliards (la quote-part des versements sur les supports en euros investis en titres de dette de la France) sur lesquels peut compter l’Etat de façon certaine pour avoir des avances perpétuelles car la plupart des français pouvant épargner recherchent prioritairement…les avantages fiscaux – réduire le coût de la transmission de ses actifs, capitaliser sans frictions fiscales… – et favoriseront ainsi encore longtemps l’assurance-vie car ce n’est pas le rendement qui est véritablement recherché.

  2. Fredy Gosse says:

    Oui si je vois les perfides profils prudents des grands groupes

  3. Fredy Gosse says:

    Désolé les performances 😀

  4. julien bonnetouche says:

    Sans chercher trop longtemps, il existe surement une majorité de gens qui n’aiment pas le risque pris avec les actions.
    Donc les fonds en euro auront encore pas mal d’adhérents, même si ils coûtent de l’argent avec une inflation un peu supérieurs aux taux.
    ils ne verront que le 1,8% de rapport.( qui reste lieux que l’inflation actuellement, mais qui va encore diminuer)

  5. L’inflation réelle est bien supérieure, mais on peut préférer la pseudo-sécurité faciale (je te tiens par la barbichette décrit par Sénèque très justement)

    Un jeu de dupes avec un avantage léonin de l’Etat, vieux lion fatigué s’il en est

    Tout repose sur l’édifice fragile du « credere »

  6. le fonds euros c’est :
    nous autres lemmings savons que nous allons être euthanasiés, mais si vous abusez, vous lion n’aurez plus rien à bouffer devant la débandade générale de nos frères épargnants rongeurs.
    laissez du mou et vous prélèverez votre dîme

    un équilibre financier de la terreur en somme

  7. christophe says:

    Mais malgré tout notre fond euro surpasse les rendements des Unités de compte vers lesquels nos chers conseillers nous orientent sur, 1 an, 5 ans, 15 ans , 20 ans selon une étude de la fédération française de l’assurance ( FFA) .
    source :https://www.lerevenu.com/placements/assurance-vie/assurance-vie-le-match-fonds-en-euros-contre-unites-de-compte

    • moreau says:

      intéressant. Toutefois cette analyse est basée sur des années où les rendements des fonds euros étaient plus valorisants

      • Sénèque says:

        Soit.

        Dans ce cas là l’exercice sera à faire dans 10 ans.

        1) nous savons à peu près par avance quel sera sensiblement le rendement du support en euros sur la période (environ 1% nets de frais de gestion et de prélèvements sociaux);

        2) nous ne savons pas (enfin, pour ma part, je ne sais vraiment pas du tout), comment vont évoluer les marchés actions sur lesquels sont investis les fonds-UC (combien de conseillers qui préconisent d’aller sur les UC anticipaient début 2007 une baisse substantielle des marchés financiers dans les 24 mois ???). Il y a donc un aléa élevé comme indiqué par Fredy « Un peu d UC pour obtenir une superformance ou …,…pas »;

        3) il est intéressant de constater que les résultats d’une analyse FACTUELLE et OBJECTIVE pas en faveur du support en euros soit ainsi à relativiser selon Moreau. Cette relativisation aurait-elle été indiquée s’il y avait eu un rallye haussier favorable aux UC ?? Dogmatisme ou réalisme ?

        Aujourd’hui, si vous faîtes des A/R sur le 10 ans français en intraday, vous faites des performances quotidiennes parfois à deux chiffres… Les marchés de taux, notamment sur des actifs « secure » (historiquement le profil du 10 ans français…), font des yo-yo assez exceptionnels (le secret de la perf d’H2O AM ? si en plus il est rajouté du levier…).
        Cela peut être un indicateur en complément d’autres pléthoriques pour alerter quant aux niveaux de valorisation de certains actifs et donc à considérer pour ses décisions d’achat/investissement.

        Un élément déterminant a par ailleurs été évoqué, à savoir l’âge des assurés-épargnants: pourquoi aller risque x % de son capital à la baisse (pas de garantie du capital) lorsque l’objectif prioritaire est la détention d’une épargne constituée pour financer les « vieux jours » et pour laquelle il n’y a pas, a priori, de recherche de valorisation (même si je rencontre des clients de >80 ans qui s’endettent car le coût de leur emprunt est inférieur au rendement de leur support en euros…en effet, ils gagnent ainsi quelques centaines d’euros de différence par an, mazette ! une belle optimisation d’une pertinence redoutable !?), et où donc, l’objectif prioritaire doit être la préservation de l’épargne atteinte car servant de base pour couvrir de futurs besoins.

  8. Thibaut says:

    Moi j’ai un peu d’UC sur mes AV afin d’obtenir le benefice d’un taux fonds €uros légèrement boosté. par contre étant déjà bcp exposé aux actions de par mon PEA (pas encore plein), compte titre et PEE (uniquement action), si je dois réinvestir sur une AV (et je dis bien réinvestir car finalement c’est aussi un investissement à fon perdu mais un investissement quand même l’Etat) je le ferai en fond €uros afin de conserver aussi un certain équilibre entre sécurité et risques

  9. Fredy Gosse says:

    Un peu d UC pour obtenir une superformance ou …,…pas

  10. Chris Sanson says:

    Oui c’est bien ça : « UC surperformance ..ou pas « : voir novembre-décembre 2018…. que faire quand on a économisé pour ses vieux jours (pour payer les nombreuses aides à dom, les couches, …) , que les vieux jours sont là, avec une retraite peau de chagrin ? PEA horizon 20 ans ? pour l’instant, mon assurance vie , avec ses 30% d’UC, revient tout doucement à son niveau de … 2017 ! et il est à craindre que ça ne dure pas….
    quand on a une espérance de vie de 15-20 ans, que faire ?

  11. julien bonnetouche says:

    La remarque de Chris Sanson vaut pour tous.
    Quoi faire quand plus rien ne rapporte ?
    C’est un pari.
    Un pari selon lequel lorsque les obligations ne font rien, l’immobilier pas grand chose, l’or pas plus que d’habitude, alors les investisseurs vont finir par se mettre sur les actions parce qu’ils n’ont pas d’autre choix.
    Mais ce n’est pas plus rassurant que ça !!

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