Depuis quelques jours, j’essaie de vous expliquer que les taux d’intérêt négatifs sont un impôt sur l’épargne qui font des épargnants les véritables payeurs des conséquences de la crise financière de 2008 (cf « Ce nouvel impôt sur l’épargne qui profite au budget de l’état et appauvrit les épargnants. »).

Au delà de ces prospectives théoriques, il est important d’être pragmatique : La baisse du taux de rendement du fonds euros va s’accélérer à cause des taux d’intérêt négatifs. La raison est très simple : Le fonds euros du contrat d’assurance vie est un support garanti en capital dans lequel les compagnies d’assurance vie investissent majoritairement en obligations, et notamment en obligations d’états souverains.

Rendez vous compte : Au 31/12/2017, les fonds euros, c’est plus ou moins 80% d’obligations, dont 42% d’obligation d’états souverains. Ainsi, 33% (0.42*0.80= 0.33) de l’encours des fonds euros est composé d’obligations d’état souverains dont le rendement, notamment pour la France et l’Allemagne est négatif. (cf »Assurance vie : Qu’y a-t-il dans votre fonds euros ? Comment les assureurs investissent l’argent des épargnants ? »).

Cette situation est catastrophique pour l’épargnant en fonds euros qui ne peut plus espérer un rendement attrayant à cause des taux d’intérêt négatif. La baisse des taux de rendement du fonds euros devrait s’accélérer dans les prochaines années. 

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C’est d’ailleurs à dessein que de nombreuses compagnies d’assurance vie modifient les conditions générales de leurs contrats d’assurance vie pour exclure les frais de gestion annuels de la garantie de capital : Dans l’hypothèse d’un rendement du fonds euros inférieur au frais de gestion du contrat d’assurance vie, la valeur de rachat du contrat d’assurance vie pourrait baisser et le rendement du fonds euros inférieur à 0%. 

 

 

 

Cette situation est d’autant plus inquiétante pour l’épargnant qu’il n’existe AUCUNE alternative : L’euthanasie de l’épargnant est en cours ! Le rendement n’existe plus et les épargnants qui ne sont pas capables d’investir leur argent dans l’économie réelle vont s’appauvrir lentement mais surement. C’est que ce nous vous avons présenté dans cet autre article : Êtes vous prêt pour la destruction de la monnaie et de l’épargne ?

Face à cette baisse accélérée des rendements des fonds euros, les compagnies d’assurance-vie vont probablement encourager les épargnants à placer leur épargne sur les marchés financiers pour spéculer sur un espoir de rendement historiquement supérieur à long terme. Cette solution n’est malheureusement pas adaptée pour une population d’épargnants qui ne souhaitent pas prendre de risque sur le montant de leur épargne. Nombre d’entre vous préfèrent effectivement se contenter d’un rendement médiocre, plutôt que de voir la valeur de votre capital varier à la hausse comme à la baisse et « stresser » face à l’épargne d’une vie qui vous semble fragilisée par cette volatilité difficilement maîtrisable.

De surcroît, ce « stress » face à la volatilité de l’épargne est systématiquement source d’erreur de gestion : L’épargnant a toujours tendance à investir à contre-courant en investissant sur les marchés financiers au lendemain d’une hausse ; puis à désinvestir après une baisse. Pour réussir à s’enrichir sur les marchés financiers, l’épargnant spéculateur doit avoir un moral d’acier, un instinct de joueur, qui manque naturellement à l’épargnant lambda qui cherche simplement à préparer sa retraite (et qui a d’autres passions dans la vie que de passer ses journées à surveiller son argent tel l’avare).

Au début de l’année 2019, je vous ai proposé un sondage dont le résultat est d’ailleurs sans appel :

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Bref, comme nous vous l’expliquions dans cet article d’hier, il ne vous reste plus que trois solutions si vous ne voulez pas investir votre épargne dans un projet d’investissement immobilier ou entreprise :

– Accepter de vous appauvrir, lentement mais surement, en conservant votre épargne ; C’est le prix de la liberté de disposer librement de votre argent ;

– Faire une donation à vos enfants en espérant qu’ils auront un projet d’investissement qui permettra un meilleur usage de votre épargne ; Vous n’avez plus l’envie ou l’énergie pour vous investir, vos enfants ont peut être cette énergie et ce besoin ; (cf »Faire une donation à vos enfants pour améliorer le rendement de votre épargne. ») ; 

– Rembourser vos crédits immobiliers faute d’effet de levier avéré (cf »Avec les taux d’intérêt négatifs, il va être rentable de rembourser vos crédits immobiliers par anticipation« ) ; Rembourser votre crédit immobilier par anticipation, c’est transformer un capital en revenu qui pourra être investi progressivement en lissant les prix d’entrée (cf »Le secret pour transformer un capital en revenus garantis et sans risque.

 

A suivre …

 

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Leblogpatrimoine.com, au delà d’un site d’informations sur la gestion de votre patrimoine, est la vitrine de la société de conseil en gestion de patrimoine Guillaume FONTENEAU Conseil.
 
Le cœur de notre métier est le conseil en gestion de patrimoine indépendant. En accord avec nos convictions d’indépendance du conseil, nous ne sommes pas intermédiaire financier ou immobilier. Nous sommes rémunérés exclusivement par honoraires de conseil :   
 

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17 Comments

  1. Frédéric Atlan says:

    Un grand merci pour votre article qui soulève un problème qui touche l’épargne de millions de Français et ce, d’autant que la « règle » des 80/20 semble fonctionner également pour la répartition des encours entre Fonds Euro et UC.
    J’émettrais néanmoins deux bémols :
    – Le problème ne vient pas des taux négatifs mais des taux réels négatifs, un non-sens pour les économistes. La courbe du rendement moyen sur les fonds Euro et celle de l’inflation se sont croisées il y a environ un an. Les épargnants sont souvent victimes de l’illusion nominale et se focalisent à tort sur les taux nominaux en lieu et place des taux réels. Sur le long terme, investir sur un fonds Euro rapportant 0,5% net net (frais de gestion / prélèvements sociaux) avec une inflation même à un niveau bas de 1%, équivaut à appauvrir le pouvoir d’achat de son capital. On peut bien sûr avoir des doutes sur le niveau d’inflation moyen de 1% dans le contexte actuel et il est difficile d’anticiper une déflation en moyenne sur le long terme, ce qui rend les taux négatifs encore plus difficiles à accepter.
    – La solution n’est pas dans la fuite devant l’assurance-vie qui reste un formidable couteau suisse de la gestion de patrimoine. Elle passe par l’éducation de l’épargnant. La confusion vient du fait qu’on a voulu trop en faire avec cet outil : à la fois une enveloppe pour l’épargne de long terme et un instrument super liquide ! Il y a contradiction. A court terme, je peux accepter des taux négatifs (réels ou nominaux) pour mon épargne de précaution. C’est le prix de la liquidité. En revanche, je ne peux accepter de subir une érosion de mon capital (en termes réels cette fois-ci) sur le long terme. Je dois donc accepter une certaine volatilité à court-moyen terme du moment que les objectifs correspondant à mon horizon d’investissement sont remplis. En offrant la garantie en capital à tout moment sur le fonds Euro, bizarrerie française s’il en est, on a tout simplement fait un mélange de genres. Liquidité et performance en termes réels sur le long terme ne sont pas toujours compatibles (même s’ils l’ont été pendant de nombreuses années). Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain en confondant fonds Euro et assurance-vie. L’épargnant doit apprendre le risque, la patience et la responsabilité sur ses allocations … ou trouver un bon conseil pour le faire.
    Encore bravo pour votre site que j’ai découvert il y a un peu plus d’un an, que je lis régulièrement et recommande sans réserve.

    • Merci ! De mon point de vue, le rendement de l’assurance vie et plus globalement de l’épargne ne doit pas être comparé à l’inflation, mais au taux de croissance nominale (= pib en volume) qui est la seule manière de ne pas s’appauvrir.

      • Frédéric Atlan says:

        vous voulez dire taux de croissance du PIB en valeur ?
        Je ne suis pas sûr de bien comprendre la raison derrière.
        Vous ajoutez la croissance du PIB en volume à une composante inflation (le déflateur du PIB, est-il le meilleur indicateur pour refléter l’évolution de mon pouvoir d’achat en tant que consommateur-épargnant ?).
        C’est un débat sans fin entre économistes, vous souhaitez que la part du gâteau de l’épargnant reste au moins constante dans le PIB total : c’est la peur du déclassement. A cela, j’objecterais qu’il faut dans ce cas regarder le PIB/tête et de plus que cette vision du bien-être relatif est subjective. Dans tous les cas, ça ne fait que renforcer l’argument cité (sauf s’il l’on croit à la décroissance) : il faut une espèce de mesure réelle et non pas nominale de l’évolution du capital de l’épargnant !

  2. Bonjour

    Suivre le débat.

  3. Si on fait la liste des bizarreries françaises qui se résument toutes à ne pas prendre leurs responsabilités et faire exclusivement appel à l’Etat quand cela va mal, on n’a pas fini ! La solution pour les français est d’arrêter de vouloir tout faire « à la française » et de faire comme les autres terriens.

  4. Le poids relatif des frais de gestion pour les fonds en euros est au moins de 30%!!!! Je rappelle que la flat tax est de 30%.
    Il faut donc sortir de la sécurisation à tout prix et apprendre à investir en prenant du risque. Des qu un investissement à pris 2 à 3% la prise de bénéfice est compétitive avec le livret à et les fonds euros.

  5. Miss Tip says:

    Au 3 conseils de GF, j’ajouterai :
    – investir son épargne pour améliorer son ou ses biens immobiliers, les adapter au vieillissement et aux besoins qu’induirait un éventuel handicap ou une éventuelle dépendance…ou, si nécessaire, les adapter pour faciliter une future succession ou vente…

  6. Guillaume,
    Je ne partage pas votre analyse sur le prétendu « appauvrissement » des épargnants.
    Tant que le rendement est positif, l’épargnant demeure rémunéré pour mettre son capital à disposition. Sachant que ce rendement est à risque théoriquement nul, et que les taux réels sont proches de zéro, c’est un privilège pour eux de se voir encore servir 1.5%/1.7%.
    Seul le risque devrait rémunérer.
    C’est la situation passée qui me semble avoir été un contresens absolu, quand le taux réel (rendement moins inflation) était confortable: « S’enrichir en dormant » disait Mitterrand, qui, pour une fois, avait raison.
    Arrêtons de pleurer sur ceux qui ne prennent aucun risque, ou autrement dit, qui laissent dormir des montagnes de cash sur leurs comptes courants.
    A l’heure d’internet, il suffit de s’intéresser au sujet pour – comme moi, simple particulier qui ne faisait pas mieux il y a 15 ans- acquérir progressivement une culture financière, et comprendre faire mieux.
    On a fait payer les épargnants de la crise de 2008 car – vous le savez très bien – il n’y a personne d’autre à faire payer. Et certainement pas les grandes banques, qu’on les aime ou pas, qui assurent le financement de l’économie, et qui sont comme chacun sait maintenant, « too big to fail »
    Les BC se sont aventuré dans un monde inconnu de taux bas et maintenant négatifs, au grand dam des financiers orthodoxes. Mais ces derniers se gardent bien de détailler ce qu’il en aurait couté à tout points de vue (économique, social voir politique) de régler le problème « à l’ancienne », genre crise de 29…
    Bien à vous, Bernard

    • frédéric says:

      Si les taux sont la rémunération du risque, jamais le risque n’a été si grand puisque jamais l’endettement n’a été aussi élevé (voire délirant et irrécouvrable). A quel taux accepteriez vous de prêter de l’argent à une contrepartie endettée à 100% de sa production annuelle ? (la France)

      • Vous raisonnez comme si la France était un acteur privé? Les Français ont 5000 Milliards d’épargne, dont 68% répartis entre livrets et comptes à vue (31%) et Fonds € de l’AV (37%).
        Soyez sans crainte, c’est sont ces bas de laine là auquel l’état aurait recours s’il fallait parer un défaut.

  7. Vous dites que les taux négatifs sont la conséquences de la crise de 2008.

    Non les taux négatifs sont la conséquence de la mondialisation et de l’euro.

    La mondialisation appauvri la classe moyenne (Gilet jaune). Si cet appauvrissement n’avait pas eu lieu le pouvoir d’achat aurait été préservé ce qui aurait permis de conserver de la croissance. C’est bien le défaut de croissance qui est la cause de tous les problèmes (Déficits, chômage, baisse de pouvoir d’achat …)

    L’euro fait que nous avons une monnaie sur évaluée pour notre économie ce qui détruit notre industrie accroit notre déficit extérieur et le chômage donc la pauvreté.

    • Les taux 0 sont une résultante d’un faisceau de causes, et c’est vrai que l’euro y est pour quelque chose.
      Mais on ne peut je pense le simplifier ainsi.
      Les surendettement des états, la faible liquidité des acteurs économiques, la déflation née de la transformation digitale, tout pousse les taux vers le bas, car c’est la seule façon, tout du moins à CT, d’éviter la méga crise.

      Cdt

      • Le sur endettement de quoi résulte t-il a part du laxisme de politiques ?
        De la trop faible croissance qui est dans la deuxième raison invoqué.

        La déflation résulte d’abord e la mondialisation et pour certains secteur uniquement de la digitalisation.

        J’ai donné les 2 causes principales sans être évidement exhaustif.

  8. Il manque à mes yeux une autre solution
    Protéger ses fonds en euro en prenant à coté un peu d’or physique.
    Avantage vous protégez à la fois des rendements trop faibles voir nuls à l’avenir mais aussi de la baisse de la valeur de l’euro. Donc vous faites coup double. Et en plus pour le petit épargnant frileux l’or c’est qq chose qui rassure au maximum et que tout le monde comprend.
    Voilà la meilleure des solutions.

  9. nicolas de vial says:

    Une chose que je ne lis nul part et qui est pourtant critique, c’est le danger majeur actuel associe aux assurances vies si les taux devaient un jour remonter brusquement.
    Les assureurs ne seront pas capable de suivre les nouveaux taux plus haut et les epargnant voudront fuire en masse. Les assureurs ne seront pas capable de rembourser du fait des pertes papiers. D’ou la loi Sapin. Tout ca pour grignotez 0.5% reflechissez bien!

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