Depuis maintenant presque 20 ans que j’exerce ce merveilleux métier de conseil en gestion de patrimoine, je rencontre des épargnants qui cherchent des stratégies et des solutions pour améliorer le rendement de leur épargne de long terme.

Au début de ma carrière autour des années 2004/2005, la question de la rémunération de l’épargne était simple tant le fonds euros du contrat d’assurance-vie était la réponse à toutes les questions.

En 2004, le rendement moyen des fonds euros était autour de 4.50% avec un inflation à 2%. Bref, pourquoi faire compliqué et s’acharner à convaincre les épargnants de la nécessité de profiter de la capacité des entreprises à créer de la valeur à long terme en investissant en actions alors même que le fonds euros permettait d’atteindre un rendement de 2 points supérieurs à l’inflation sans effort, sans risque et sans devoir bloquer l’épargne pendant 10 ou 15 ans.

L’investissement sur les marchés actions était alors qu’une diversification pour épargnant à la recherche d’un rendement élevé et surtout pour commerciaux à la recherche d’une meilleure rémunération !

Depuis 2004, le monde a radicalement changé. Aujourd’hui, le fonds euros a disparu. Plus personne n’en parle et envisage d’y investir durablement pour générer du rendement. Aujourd’hui, dDans l’esprit collectif, le fonds euros est synonyme d’appauvrissement de long terme. Plus personne qui a de l’argent à investir à long terme se dit : « Je vais trouver un bon fonds euros et ma retraite est assurée, sans risque ».

D’ailleurs, et pour la petite histoire, depuis 13 ans d’existence du site, la fin de l’année était classiquement consacrée aux annonces de rendement des fonds euros. C’était alors la course au meilleur rendement et au classement des fonds euros en fonction du rendement. Cette année, et c’est la première année, rien ! Je n’y ai même pas pensé… et surtout personne n’a encore publié le rendement de son fonds euros avec fanfares et trompettes.

C’est vraiment la fin d’une époque.

Aujourd’hui, le fonds euros est un placement sans risque, mais surtout sans rendement ou presque. Le fonds euros n’est plus une option d’investissement sauf pour celui qui doit impérativement s’assurer d’une pleine disponibilité de son épargne pour financer un projet ou un besoin proche.

Aujourd’hui, l’épargnant qui veut investir son épargne à long terme est bien embêté (tout comme son conseiller).

La disparition du fonds euros laisse un trou béant qui laisse l’épargnant face à l’inconnue. La nature ayant horreur du vide, la gestion à horizon et la gestion pilotée semblent s’imposer comme une alternative particulièrement attrayante.

Très honnêtement, j’ai redécouvert la gestion à horizon à l’occasion du lancement commercial des PER et notamment en publiant cet article « PER, Assurance-vie : Quelles stratégies pour gérer votre épargne ? Quels supports choisir ?« .

La gestion à horizon ou la gestion pilotée sont elles l’avenir du fonds euros ?

Je crois fermement que la gestion à horizon pourrait bien être l’avenir de la gestion financière de l’épargne dans l’assurance-vie ou le PER. La gestion à horizon est une solution parfaite pour l’épargnant :

  • qui souhaite investir son épargne à long terme (et qui n’a donc pas besoin d’une disponibilité de l’épargne à court ou moyen terme ) ;
  • qui souhaite un rendement dynamique de son épargne en investissant sur le marché actions ;
  • mais qui n’a ni les compétences, ni l’envie de prendre du temps pour gérer la répartition de son épargne dans son contrat d’assurance-vie ou son PER.
  • Mais cela suppose aussi (et c’est le problème) que l’épargnant soit capable d’accepter une forte variation de la valeur de son épargne à court terme s’il veut véritablement espérer un rendement attrayant.

Pour ce client, la gestion à horizon est une excellente solution d’épargne à long terme qui devrait permettre à l’épargnant d’envisager une rémunération attrayante de son épargne.

Néanmoins, le niveau particulièrement élevé des cours de bourse doit amener à la plus grande prudence pour l’épargnant qui ne devra surtout pas investir massivement actuellement et préférer un investissement progressif afin de réduire le risque d’investir au pire moment comme nous vous l’expliquons dans cet article « 2022, l’année de la bulle sur le marché actions ?« 

La gestion à horizon, comme nous vous l’expliquions dans cet article « PER, Assurance-vie : Quelles stratégies pour gérer votre épargne ? Quels supports choisir ?« , est un mode de gestion financière qui consiste à investir à long terme sur les marchés actions avec une grille de sécurisation progressive de l’épargne avec l’approche du besoin de liquidité.

La gestion à horizons, c’est de la gestion passive qui consiste tout simplement à sélectionner une allocation d’actif initiale qui n’évoluera presque pas pendant toute la durée de vie de votre contrat, sauf pour lentement, mais surement, sécuriser le portefeuille à l’approche de la date de liquidation du contrat. Contrairement à la gestion pilotée, la gestion à horizon est peu onéreuse car il ne s’agit pas de gérer activement le portefeuille, il s’agit seulement de le sécuriser avec le temps. La gestion à horizon répond parfaitement à la définition de la gestion passive : Sélectionner des supports (OPCVM ou ETF, même si l’option ETF est évidemment préférable pour aller au bout de la démarche « gestion passive ») puis laisser le temps faire son œuvre et valoriser le capital.

Je crois que la gestion à horizon est excellente solution, notamment lorsqu’elle est réalisée à base de gestion indicielle (ETF). C’est ce que je nomme la gestion passive à horizon.

Dans la pratique, il existe trois mode de gestion à horizon :

Le gestion pilotée à horizon. Une allocation d’actif qui évolue dans le temps au profit d’une sécurisation via une sélection d’OPCVM de plus en plus prudente. La sélection d’OPCVM sera évolutive dans le temps car un gérant professionnel fera évoluer l’allocation d’actif en fonction de son analyse du marché. Une gestion pilotée qui sera régulièrement facturé à l’épargnant avec des frais de gestion supplémentaires. Une facturation d’honoraire sur lesquels il convient d’être particulièrement attentif tant ils détruisent le rendement pour l’épargnant et on parfois un coût supérieur à la valeur ajoutée.

La gestion passive à horizon. Une allocation d’actif initiale qui n’évolue pas, mais une sécurisation progressive est organisée grâce à des arbitrages automatique vers le fonds euros ; L’allocation d’actif initiale repose sur une sélection d’unité de compte gérées passivement type ETF.

La gestion active à horizon. Une allocation d’actif initiale n’évolue pas, mais une sécurisation progressive est organisée grâce à des arbitrages automatique vers le fonds euros ; L’allocation d’actif initiale repose sur une sélection d’unité de compte gérées activement type OPCVM.

PER, Assurance-vie : Quelles stratégies pour gérer votre épargne ? Quels supports choisir ?

Mais une gestion à horizon ou une gestion pilotée qui ne seront jamais rentables si les frais du contrat d’assurance-vie ou du PER sont trop élevés.

Au-delà du risque d’investir au mauvais moment comme ce pourrait être le cas actuellement (même si en réalité, nous n’en savons rien), la gestion à horizon et encore davantage la gestion pilotée ne seront jamais rentables pour l’épargnant si elles sont mises en œuvre dans un contrat d’assurance-vie ou un PER dont les frais seraient trop élevés.

Des frais élevés détruiront toutes perspectives de rendement attrayants. Une gestion à horizon ou gestion pilotée dans un contexte de frais élevés ne présentent aucun intérêt car le rendement apporté par la prise de risque sera capté par les frais et ne profiteront donc pas à l’épargnant.

Ainsi, l’épargnant investisseur devra impérativement épargner dans un contrat d’assurance vie ou un PER au frais de gestion les plus faibles (cf. « Comment choisir son PER ? Notre sélection de 6 PER compétitifs« ). opter pour une gestion pilotée ou une gestion à horizon ne suffit pas pour espérer faire un bon investissement ! Il faut éviter de le faire au moment moment et surtout il faut trouver un contrat à bas frais de gestion.. mais surtout avec des supports d’investissement à bas frais type ETF et/ou OPCVM Clean share.

Et si vous ne voulez pas investir sur les marchés actions, il ne reste que l’investissement immobilier pour espérer mieux valoriser votre épargne.

Si vous ne voulez pas rester sur le fonds euros pour ne pas vous appauvrir au gré d’un rendement médiocre dans un contexte inflationniste, et que vous ne vous sentez pas capable de gérer le stress de la volatilité attachée à la gestion pilotée ou la gestion à horizon, vous n’avez pas d’autre choix : Investir dans l’immobilier locatif ou même dans une résidence secondaire.

Comme nous vous l’expliquions hier dans cet article « Bourse : Êtes vous capable d’assumer le stress de la volatilité ?« , il n’est pas raisonnable de basculer toute l’épargne sécurisée vers une gestion pilotée ou une gestion à horizon tant le stress induit par la variation des cours de bourse ne vous permet d’envisager sereinement cette solution.

De surcroît, dans un contexte de tendance à la hausse des taux d’intérêt, les supports obligataires ne peuvent être considérés comme des solutions efficaces pour protéger le patrimoine contre la volatilité des marchés actions.

C’est alors que l’investissement immobilier locatif ou même l’achat d’une résidence secondaire s’impose comme inévitable pour investir dans l’économie, sans prendre le risque d’une volatilité trop forte que vous ne seriez pas capable d’assumer.

Il s’agira principalement d’investir dans un bien immobilier patrimonial dont la qualité irréprochable pourra être source de valorisation importante du patrimoine à long terme en complément d’un revenu faible mais sécurisé. Ce sera toujours mieux que le fonds euros.

A suivre.

ps : Dans mon esprit, la gestion pilotée ou à horizon est obligatoirement en profil dynamique. Un profil prudent ou équilibre suppose une dose importante de support obligataire. Il semble particulièrement risqué d’investir en obligation dans une période de remontée des taux d’intérêt. Pour un épargnant qui aurait par exemple 500 000€ en fonds euros d’assurance-vie, je crois plus efficace d’investir 150 000€ ou 200 000€ en gestion à horizon ou pilotée dynamique et utiliser les 300 000€ restants pour effectuer un investissement immobilier locatif plutôt que de faire une gestion à horizon ou pilotée prudente pour 500 000€.

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