Vous le savez si vous lisez nos analyses depuis longtemps, la fin du fonds euros n’est pas une surprise, même s’il faut avouer que l’accélération des évènements depuis quelques semaines est source d’interrogations. Les taux d’intérêt négatifs qui semblent vouloir s’installer sont une catastrophe pour des compagnies d’assurance vie qui doivent garantir un capital à tout moment, alors même que le rendement de ces investissements pourrait ne pas le permettre.

Hier, la compagnie d’assurance vie Generali a confirmé sa volonté de ne plus commercialiser le fonds euros et propose de mettre en avant l’eurocroissance. L’eurocroissance, pour simplifier le propos, c’est un fonds euros dont le capital n’ait pas garanti à tout moment, mais uniquement à une échéance comprise entre 8 et 30 ans selon les besoins de l’épargnant.

Depuis le lancement de l’eurocroissance, nous vous avons fait part de notre enthousiasme devant cette perspective nouvelle d’un placement qui semblait répondre aux attentes des épargnants. En effet, l’eurocroissance est un produit simple, à capital garanti qui permet à l’épargnant de valoriser un capital, sans risque sur une longue période. Nous vous expliquons depuis longtemps déjà que l’euro-croissance va remplacer le fonds euros (cf »Assurance vie : Pourquoi l’euro-croissance va remplacer le fonds euros ? » ou encore « L’euro-croissance, une solution équilibrée face à la péremption des fonds euros« .

Tous les développements actuels ne sont donc pas une surprise et ne font que confirmer ce que nous vous expliquons depuis des années : Le fonds euros n’a plus d’avenir (car le coût de la garantie du capital à tout moment est insurmontable pour les compagnies d’assurance vie) et les compagnies doivent proposer de nouvelles solutions pour répondre à l’attente des épargnants qui recherchent un placement garanti et à gestion déléguée. L’eurocroissance est la réponse naturelle à ce besoin.

Mais, car il y a malheureusement toujours un « mais », la question des taux d’intérêt négatifs n’est elle pas en train de changer la donne ? Car, oui, l’Eurocroissance est probablement la meilleure alternative (ou la moins mauvaise) devant la péremption accélérer des fonds euros, mais l’eurocroissance reste une épargne majoritairement obligataire pénalisée par les taux d’intérêt négatifs.

Dans un monde à taux négatifs, l’eurocroissance permet aux compagnies d’assurance vie de continuer à proposer un placement garanti aux épargnants sans remettre en cause leur solvabilité du fait de l’absence de garantie du capital à tout moment. L’intérêt des compagnies d’assurance vie est incontestable ; Elles ont tout intérêt à remplacer les fonds euros par l’eurocroissance.

En revanche, la réponse est moins évidente lorsqu’il s’agit de s’intéresser à l’intérêt des épargnants. L’eurocroissance est une nouvelle proposition d’épargne qui ne règle pas la question centrale de la remise en cause de l’intérêt d’épargner. Celui qui veut épargner, à long terme et qui ne souhaite pas assumer le risque de la volatilité à terme des marchés financiers trouvera dans l’eurocroissance une solution adaptée à son besoin.

Mais, avant de se lancer dans la souscription de l’eurocroissance par arbitrage de son fonds euros, l’épargnant ne doit il pas s’interroger sur l’intérêt d’épargner dans un monde à taux négatifs. Cette réflexion est d’autant plus importante, que le placement en eurocroissance est engageant sur 8 à 30 ans selon les options choisies par l’épargnant : S’engager à épargner pendant plus de 8 ans dans un monde à taux négatifs à t’il encore du sens ? Je ne crois pas, nous sommes pas très loin du suicide patrimonial.

La persistance des taux d’intérêt négatif modifie en profondeur la perspective d’épargne et doit vous obliger à réfléchir différemment. Vous devez abandonner l’idée d’épargner si vous ne voulez pas vous appauvrir à long terme. L’épargne, doit redevenir ce qu’elle aurait toujours du rester : Une accumulation d’argent en vue d’investir ou de consommer.

Accumuler, stocker de l’argent sans objectif, pour le bonheur de thésauriser ne permet plus de s’enrichir (et on peut même se demander comment, il est possible de croire qu’il fut possible de s’enrichir par le simple fait d’accumuler de l’argent, non investi dans l’économie).

Face à ce constat de l’inutilité d’épargner si vous n’avez pas de projet d’investissement ou de consommation, vous devez revoir l’organisation et la composition de votre patrimoine afin de ne conserver en épargne que l’argent que vous souhaitez conserver pour financer une dépense future ou un investissement futur, tout le reste devra être investi dans l’économie réelle ou dépensé de manière intelligente. Malheureusement, placer son argent sur l’eurocroissance, ce n’est pas investir, c’est épargner ; L’eurocroissance sera pénalisé par les taux d’intérêt négatifs comme toutes les autres formes d’épargne.

Dépenser son argent de manière intelligente est une voie à explorer. Il s’agit simplement de réduire la quantité d’argent thésaurisé (thésaurisé = Mettre de l’argent de côté sans le dépenser ni le faire fructifier)

Il pourra s’agir de l’acquisition de biens d’usage tels que les résidences principales et secondaires, dont le rendement sera inestimable, même si non financier (cf »Acheter une résidence secondaire est un investissement immobilier plus rentable que l’assurance-vie »), faire une donation à vos enfants afin de leur permettre d’investir dans l’immobilier locatif par exemple ou dans l’achat de leur résidence principale (cf »Faire une donation à vos enfants pour améliorer le rendement de votre épargne) ou encore prêter de l’argent (avec ou sans intérêt) à vos enfants afin de remplacer la banque (cf »Comment prêter de l’argent à vos enfants ? Peut on fait un crédit sans intérêt à ses enfants ? »), ou encore rembourser vos crédits immobiliers en cours (cf »Avec les taux d’intérêt négatifs, il va être rentable de rembourser vos crédits immobiliers par anticipation« ).

Nous devons renouveler notre manière de concevoir l’épargne et l’organisation de votre patrimoine.

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11 Comments

  1. Bonjour
    Merci pour les articles
    Vous parlez souvent de l’intérêt de rembourser ses crédits par anticipation ( taux négatif donc investissement fond euro peu rentable donc effet de levier crédit de moins en moins intéressant  » veuillez m’excuser pour ce raccourci « ) mais je ne vois pas dans vos commentaires la notion de la deduction des intérêts lié au crédit qui permet de générer des déficits fonciers et diminuer son imposition
    votre analyse a du sens pour une residence principale ou secondaire mais pour un investissement locatif quand est il?
    Merci

  2. Guillaume,
    Une chose me paraît certaine, c’est que la statégie d’investissement à mettre en oeuvre dépend étroitement de(s) objectif (s) patrimonial(aux) visés. Je pense que l’investissement « couteau suisse » qui permet de gérer toute les situations n’existe pas ou plus – si tant est qu’il ait jamais existé (et peut-être que feu le fond euro de L’AV à commodément rempli ce rôle, mais comme vous l’écrivez on approche de la fin).
    Vous citez quelques objectifs – acheter une RP ou une RS, donner de l’argent à ses enfants/petits enfants -: cela est bel et bien, et sera probablement l’objectif d’un certain nombre de lecteurs, mais il me semble qu’un grand nombre d’autres lecteurs ont des problématiques autres, assez partagées et qui obéissent à des mécanismes différents: je citerai notamment la préparation de la retraite (dont nous savons tous maintenant que le système par répartition assurera une base nécessaire mais sera très loin de permettre le maintien d’un niveau de vie satisfaisant, surtout pour les cadres), ainsi que le financement des études supérieures des enfants (qui représentent tout de même entre 1000 et 2000€ par mois pendant des durées qui peuvent aller jusqu’à 5 ou 6 ans…). Les deux peuvent d’ailleurs se cumuler…
    Qu’en pensez-vous ?

    • Oui, nous sommes pleinement d’accord. La question de l’article traite plutôt celui de l’épargnant qui dispose d’un stock d’épargne, le plus souvent le stéreotype du retraité, plus ou moins jeune, qui se retrouve après une vie active et des successions au sommet de la thésaurisation et qui cherche des solutions de placement pour cet argent.

      Le cœur de la réflexion est simplement d’essayer de trouver d’autres voie à explorer, plutôt que d’envisager le placement dans un monde à taux zéro.

      Pour celui qui est en train de se constituer un patrimoine, plus que jamais l’investissement dans l’économie réelle doit être au cœur du sujet. On parle principalement d’immobilier et d’entreprise.

      Pour ce qui est de l’investissement dans le capital des entreprises, je ne suis pas certain que les OPCVM et compagnies (y compris les ETF dans une moindre mesure) soient une réponse adaptée. Je crois davantage dans une gestion passive dans un PEA ou compte titre : J’achète des titres, je les détiens pour les 20 prochaines années sans chercher à spéculer sur les excès de marché, sauf pour acheter en cas d’excès pessimiste, et me contente de réinvestir les dividendes dans ces mêmes entreprises.

      En revanche, l’épargne ne doit elle pas se limiter à l’épargne de précaution ?

      • Bonjour Guillaume,

        L’écureuil dans la nature va se faire une petite épargne de précaution en accumulant quelques noisettes dans un vieux tronc car il sait que l’hiver durera que 4 à 5 mois. Le problème en France c’est qu’on nous annonce l’hiver jusqu’à notre mort : risque de perdre son boulot (même les grandes entreprises disparaissent en moins d’un weekend, cf Thomas Cook), retraite miséreuse (si on n’a pas la chance de travailler à la RATP ou la SNCF en gros être financé par l’état) et pour finir même à demi mourant vous devrez encore financer votre EHPAD. Je comprends pourquoi en France, plus d’ailleurs, nous mettons tjs plus de coté.
        Pour l ‘affaire Générali, je trouve ça petit de leur part : leurs taux étaient de toute façon en perte de vitesse (plus que les autres assureurs) depuis quelques années. Chez Générali le nouveau slogan ça va être « Nous sommes les derniers mais c’est fait exprès… en plus c’est pour votre bien »

  3. Bonjour,
    Le fond Eurocroissance est tout de même assez opaque. Je comprends qu’il peut être investi dans des actions et se comporter de façon opportuniste pour générer des plus value. La seule obligation est de rembourser les sommes investies au terme, et l’argent reste disponible à tout moment. Je peux racheter quand je le souhaite mêmes si engagée sur 15 ans. Je pensais que c’etait Un placement au rendement proche des fonds euro. J’ai donc investi dans ce fond chez afer en décembre 2018, et a date (ho magie??? ) ma valeur de rachat est 27% supérieur à l’épargne investie…. il semble qu’une partie des plus values latentes du fonds euro aient été basculées sur l’Eurocroissance et « données » aux épargnants… je n’y comprends rien ??? L’eurocroissance Reste un mystère

    • La plus value est normale : Vous avez un eurocroissance principalement composée d’obligation. Ainsi, la baisse des taux depuis 1 an est à l’origine d’une plus-value latente très forte sur ces obligations.

      En revanche, si les taux augmentent, votre plus-value sera moindre.

      • Oui mais 27% d’augmentation en 9 mois sur de l’obligataire c’est possible ? Je ne l’imaginais même pas… donc si les taux remontent je rachete mon contrat ?

        • Oui, c’est la magie des taux négatifs pour ceux qui détiennent déjà des obligations. Malheureusement, pour que cette expérience se renouvèle à l’avenir, il faut que les taux continuent encore de baisser.

          Cela me semble peu probable….

  4. C’est toujours agaçant de lire que le fait d’épargner n’a plus de sens et que l’on s’appauvrit. On s’appauvrit aussi en consommant! Epargner permet de faire face à des besoins imprévisibles, et celà c’est de la vraie gestion de vie de famille, à défaut de patrimoine. Par ailleurs conseiller une gestion « passive » dans un compte titres est également dangereux. Rares sont les titres stables sur une longue durée.

  5. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    L’exemple que donne martel ci dessus est me semble t il un cas particulier.

    Je n’ai pas l’impression que l’euro croissance en question ait pu faire +27% sur des obligations grâce à la baisse des taux depuis décembre 2018.

    Je crois plutôt qu’il a eu la chance d’investir au creux de la baisse des marchés action de la fin de l’année dernière, et que cette plus-value est due à la remontée des cours depuis.

    En fait il n’y a pas de secret : tout dépendra quelle proportion d’actions il y a dans un fond euro-croissance ou pas.

    Plus on vous proposera de sécurité, plus les chances de se retrouver avec le même capital à l’arrivée que au départ seront grandes.

    Partir avec 100 aujourd’hui est avoir 100 dans 8, 15 ou 30 ans c’est perdre de l’argent.il vaut bien mieux acheter de l’immobilier.

    Ou alors accepter un peu plus de risque avec des fonds actions diversifiés et plutôt bien gérés comme il y en a chez les AV renommées.

    Sur une période aussi longue et en étalant les achats comme peut le faire celui qui prépare sa retraite sur 30ans c’est comme une retraite par capitalisation. Cela doit normalement fonctionner.

    D’ailleurs dès cette fin d’année la loi prévoit la mise en place de fonds de pension à la française par capitalisation, ( c’est autre chose que une AV car déductible des revenus)

  6. Bonjour

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