Si vous détenez un contrat d’assurance vie, il y a fort à parier que votre contrat soit très largement investi sur un fonds en euros (plus de 80 % des encours de l’assurance vie sont investis sur ce support), placement sans risque dont le rendement diminue régulièrement.

 
Au-delà de 5 % au début des années 2000, le rendement moyen des fonds en euros approche désormais 1,5 % et pourrait voir son rendement réel (le rendement diminué du taux d’inflation) devenir négatif. Autant dire qu’il est devenu difficile de faire fructifier un patrimoine en plaçant l’intégralité de son contrat sur un support en euros.
 
 

Plus de risques pour plus de rendement

Si votre horizon de placement est suffisamment éloigné (8-10 ans), alors vous pourriez peut-être accepter de prendre des risques pour bénéficier d’un rendement plus élevé, et investir une fraction de votre contrat sur des unités de compte. Sauf que la perspective de perdre de l’argent ne vous séduit pas. Vous préférez un rendement faible certain plutôt qu’un rendement plus élevé aléatoire.
Cela peut se comprendre. Sauf que… Prendre des risques avec son épargne, ce n’est pas jouer au casino. Prendre des risques avec son épargne, c’est accepter une dose de volatilité en échange d’un rendement supplémentaire.
Qu’est-ce que la volatilité ? Ce sont les fluctuations de votre placement. Accepter de la volatilité, c’est accepter que le rendement de votre placement ne soit pas connu mais qu’il puisse fluctuer, (parfois même en territoire négatif). Bien entendu, la volatilité que vous accepterez dépendra de votre profil de risque. Il est exclu que vous preniez des risques dont vous ne pourriez accepter les éventuelles conséquences négatives.
 

 

 
Prendre des risques avec son épargne, cela revient à choisir un couple rendement/risque différent de celui du fonds en euros. Cela peut aller de « un peu plus de risque pour un peu plus de rendement » à « beaucoup plus de risque pour beaucoup plus de rendement ».
Prendre des risques avec son épargne, c’est aussi chercher à réduire ces risques pour un rendement donné. Cela demande donc de diversifier son portefeuille, à la fois dans le temps et dans l’espace. Il s’agit donc d’investir régulièrement pour lisser les fluctuations de votre portefeuille en achetant tout au long du cycle et sur des titres qui évoluent de manière différenciée. En effet, la volatilité d’un portefeuille est inférieure à la moyenne (pondérée) des risques, alors que le rendement de ce portefeuille correspondra bien à la moyenne pondérée de ses composantes.
Ainsi par exemple, si votre portefeuille comprend deux titres à parts égales dont les rendements respectifs sont de 3 % et 8 %, les volatilités de 3 % et 8 %, alors le rendement du portefeuille sera de 0,5×3 % + 0,5×8 %.
Vous comprendrez aisément pourquoi la prise de risque n’est conseillée qu’aux épargnants qui disposent d’un horizon de placement éloigné. Plus votre horizon de placement sera long, plus l’impact des fluctuations s’effacera au profit de la tendance de long terme. Par ailleurs, sur une durée courte, le rendement additionnel ne justifiera pas forcément les risques pris.
En conséquence, investir sur des unités de compte ne se révélera pertinent qu’à condition de disposer de temps et d’investir selon son profil de risque. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Que peut-on attendre d’un rendement plus élevé ?
Imaginons que vous décidiez de préparer votre retraite qui arrivera dans 25 ans en épargnant 200 euros par mois. Si le rendement de votre épargne est de 1,5 %, vous obtiendrez un capital de 72 700 euros. Si vous avez pris un peu de risque et que votre rendement est de 4 %, votre capital sera de 102 800 euros. Et si vous avez profité de votre horizon temporel pour obtenir un rendement de 7 %, votre capital atteindra 162 000 euros.
Il apparaît donc clairement que vous avez intérêt à prendre des risques pour vos projets de long terme si cela vous permet d’obtenir un rendement plus élevé. Soit. Mais alors, on fait comment ?
 
 

Des risques mesurés

Construire le meilleur portefeuille ne saurait se résumer à sélectionner les meilleurs supports (ceux qui se trouvent en tête des nombreux classements publiés régulièrement dans la presse ou sur internet)
Après avoir défini votre profil de risque, vous devez construire un portefeuille cohérent avec ce profil. Le rendement attendu de ce portefeuille devra être cohérent avec votre profil de risque, de même que sa volatilité. Celle-ci sera réduite en diversifiant vos supports par type (actions, obligations, fonds flexibles, ETF, SCPI, fonds en euros, etc.) par grandes zones géographiques (Europe, États-Unis, Japon, etc.). En plus de cette diversification, un investissement régulier est également conseillé (diversification dans le temps), car elle permet de lisser le prix d’acquisition.
Votre première étape consiste donc à évaluer votre profil de risque et d’obtenir une allocation d’actifs correspondante et « générique », par zones et par type de support.
Dans un second temps, vous devez sélectionner au sein de votre contrat d’assurance vie des titres pour chacun des supports.
Si vous avez prévu des versements réguliers (ce qui est fortement conseillé), vous devez aussi répliquer la structure de votre portefeuille à celle de vos versements.
 

Et ensuite ?

Ensuite débute la phase que de nombreux épargnants négligent et qui les conduira à conclure que « Les unités de compte, c’est trop risqué » lorsqu’ils auront subi de plein fouet la prochaine crise financière. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, si vous épargnez sur une durée supérieure à 10 ans, il y a de grandes chances que vous connaissiez au moins une crise financière majeure.
Cette phase, c’est le suivi de votre portefeuille. Il ne suffit pas d’investir régulièrement selon votre profil pour que votre épargne progresse régulièrement et vous permette d’atteindre vos objectifs. C’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant.
 
 

Pourquoi devez-vous suivre (ou faire suivre) votre portefeuille ?

  • Votre portefeuille doit correspondre à votre profil de risque. Comme ce profil évolue, vous devez donc ajuster votre portefeuille en conséquence. Ainsi par exemple, lorsque le terme de votre horizon de placement sera proche, vous devrez commencer à désensibiliser votre portefeuille et basculer vos supports risqués vers des supports sans risque. Pourquoi ? Parce qu’en cas de forte baisse de vos supports risqués, vous n’auriez pas le temps de rattraper cette baisse. Il serait dommage que votre capital patiemment accumulé ase retrouve amputé significativement au moment où vous en avez besoin.

 

  • Vous devez suivre votre portefeuille parce que les évolutions des différents supports modifient sa structure. Ainsi si vos supports les plus volatils progressent fortement comparativement aux autres composantes de votre portefeuille, alors leur poids s’accroît et votre portefeuille devient plus risqué. Il est donc nécessaire de revenir régulièrement à votre allocation cible, celle qui correspond à votre profil.

 

  • Il est important de suivre votre portefeuille car les marchés financiers sont imprévisibles. En cas de crise, un suivi régulier n’empêchera pas forcément votre portefeuille d’être impacté mais il en atténuera les conséquences. Les marchés financiers ne se contentent pas de fluctuer autour d’une tendance de long terme. Ils connaissent bien plutôt des mouvements heurtés et parfois violents. La vigilance s’impose donc pour éviter que votre épargne ne soit emportée par une chute violente.

 

 

 

  • Enfin, votre portefeuille peut être suivi pour des considérations tactiques et profiter des opportunités de marché. Ainsi au sein d’une même classe d’actifs, certains supports peuvent se révéler meilleurs que d’autres. Des arbitrages judicieux peuvent alors vous permettre un surcroît de performance.

 
La gestion de votre contrat d’assurance vie ne saurait donc se limiter à adopter une allocation correspondant à votre profil de risque et à alimenter régulièrement votre contrat en conséquence. Des rééquilibrages réguliers doivent être effectués, de même que des arbitrages en fonction des opportunités et des menaces. Rien de plus facile que de faire progresser son portefeuille dans un environnement porteur.
Il est revanche plus compliqué de limiter ses pertes en période de crise. C’est pourtant là que se décidera votre performance.
 
 

Pour conclure : qui pour gérer votre portefeuille ?

Cette stratégie globale de construction et de suivi de portefeuille peut être déployée et mise en œuvre de différentes manières.

  • Vous pouvez décider de confier cette tâche à un professionnel par l’intermédiaire d’un mandat de gestion. Ce professionnel assure l’intégralité de la démarche et vous n’avez rien à faire. Confortable mais opaque et coûteux, même si les tarifs sont tirés vers le bas avec l’apparition des robo-advisor.

 

  • Vous pouvez vous charge de mettre en œuvre vous-même cette stratégie. Contrairement à l’option précédente, vous êtes libre de faire ce que vous voulez. Pour les passionnés qui disposent du temps nécessaire. Les compétences peuvent s’acquérir par la pratique mais c’est parfois douloureux.

 

 

  • Enfin, vous pouvez recourir à la gestion conseillée. Vous gérer votre portefeuille tout seul mas vous bénéficiez de conseils d’un professionnel. Ma solution préférée, mais je ne suis pas objectif. Si cela vous intéresse néanmoins, vous pouvez consulter un article que j’ai écrit qui vantes les mérites de la gestion conseillée (lien vers ASSURANCE-VIE : SAUREZ-VOUS AFFRONTER LA PROCHAINE CRISE ?).
Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale