C’est le sujet d’inquiétude du moment dans les compagnies d’assurance-vie. Comment réussir à fixer le bon taux de rendement pour le fonds euros en 2024 et demain en 2025 ?

Comme vous le savez, le rendement du fonds euros est un acte commercial fort pour la compagnie d’assurance-vie qui doit trouver le juste équilibre entre :

  • Un rendement suffisamment faible pour décourager les épargnants d’épargner massivement sur le fonds euros et les inciter à épargner dans les unités de compte nettement plus rentables pour les marges de la compagnie ;
  • Un rendement suffisamment élevé pour ne pas détourner les épargnants de l’assurance-vie et éviter les mouvements de décollecte massifs qui mettraient à mal la solvabilité des compagnies.

En 2023, les compagnies d’assurance-vie n’ont pas eu d’autres solutions que d’augmenter les rendements face au livret A et l’inflation.

Pour ce faire, elles ont puisé dans les réserves et autres provisions pour limiter la catastrophe. Sans cela, le rendement des fonds euros aurait été autour de 1.50% ; Face à une inflation à 6%, cela aurait fait mauvais genre pour un placement de long terme (sic!).

Pour 2024, la situation se complique, car non seulement les taux de rendement obligataire se maintiennent à des niveaux élevés, mais surtout, les fonds euros ne parviennent plus à attirer de l’argent frais qui aurait pu profiter de ces taux obligataires plus attrayants.

Bref, c’est la situation est délicate pour les compagnies d’assurance-vie.

Le rendement intrinsèque du fonds euros reste stable autour de 1.50% net de frais pour l’épargnant (2.24% brut de frais)

Le rendement intrinsèque, c’est le rendement du portefeuille d’investissement de la compagnie. Il est à 75% en actifs obligataires achetés alors que les taux étaient proches de 0% ou presque. Comment voulez-vous espérer générer du rendement dans de telles conditions ?

L’inertie qui a fait le succès du fonds euros est en train de le condamner.

Le rendement intrinsèque du fonds euros n’arrive pas à suivre la hausse des taux. Heureusement, les compagnies disposent de réserves importantes, mais elles ne seront pas éternelles.

Les taux de rendement des fonds euros ne peuvent pas augmenter aussi rapidement que les taux d’intérêt sur le marché. L’inertie est énorme. C’est cette inertie qui a fait l’attrait des fonds euros sur les 40 dernières années de baisse des taux d’intérêt ; Aujourd’hui, c’est l’inverse, cette inertie condamne les rendements.

Pour accélérer la remontée des rendements, les compagnies doivent collecter beaucoup d’argent frais sur les fonds euros. L’argent frais permettant d’investir dans de nouvelles obligations aux taux nettement plus favorables.

Problème : Les fonds euros décollecte !

Un fonds euros qui décollecte, c’est un fonds euros qui n’attire pas d’argent frais pour investir dans les obligations à taux plus favorables.

Extrait du dernier rapport mensuel de la France Assureur :

« La collecte nette reste au mois de juillet 2024 sur une dynamique identique à celle des six derniers mois avec une collecte nette positive à +1,8 milliard d’euros. Elle s’établit à +2,8 milliards d’euros pour les supports en UC et à −1,0 milliard d’euros pour les supports en euros. »

Source : france assureur

Les compagnies prient donc pour une baisse rapide et violente des taux obligataires. La baisse des taux est le seul espoir des compagnies d’assurance-vie. Les réserves ne sont pas éternelles. Les épargnants n’accepteront pas durablement des taux de rendement aussi minables.

Le risque est simple : Si les rendements sont trop mauvais, les épargnants procéderont à des rachats partiels massifs ; Les compagnies d’assurance-vie seront alors dans l’obligation de vendre leurs obligations achetées à taux très bas, matérialisant ainsi les moins-values latentes. Seule la loi SAPIN 2 et le blocage des rachats sera alors de nature à sauver les compagnies.

Bien évidemment, ce risque est aujourd’hui hypothétique. Néanmoins, il me semble plus prudent de ne pas jouer. Il faut quitter le fonds euros, quitter l’assurance-vie et massivement réorienter votre épargne vers des placements ou investissement plus adaptés à la conjoncture actuelle.

Aujourd’hui, je ne comprends pas l’épargnant qui verse de l’argent sur le fonds euros des contrats d’assurance-vie.

Au regard des perspectives de rémunération des CAT ou même des SICAV monétaire, le fonds euros représente un risque qu’il n’est pas utile d’accepter.

Quel rendement pour 2024 et 2025 ?

Vous l’avez compris, le rendement intrinsèque 2024 et 2025 des fonds euros devrait rester autour de 2.20 % brut, soit autour de 1.50 % net de frais de gestion. C’est nul.

Les compagnies d’assurance-vie qui en ont les moyens vont donc devoir puiser dans les réserves pour cacher la misère. Mais les réserves ne sont pas éternelles.

Elles ne vont pas avoir d’autres choix que de s’aligner sur la rémunération du livret A pour limiter la catastrophe, mais ne soyez pas dupes…

Tout cela n’est que commerce et marketing… Votre patrimoine mérite tellement mieux.

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