C’est la polémique du moment, le nouveau support euro-croissance profitera des plus-values latentes des fonds euros pour accélérer son inévitable succès.
Certains crient au scandale ! au vol ! à la spoliation des épargnants … Bref, nombreux éditorialistes ne trouvent plus les mots pour dénoncer ce scandale du transfert des plus-values latentes des fonds euros au profit des nouveaux supports Euro-croissance.
Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas cette analyse, et répète, comme je le fais depuis le lancement de l’euro-croissance (cf « L’euro-croissance, une solution équilibrée face à la péremption des fonds euros. ou encore « La mutualisation de l’assurance vie en fonds euros et de l’Euro-croissance est inévitable et dans l’intérêt de l’épargnant.« ), que l’euro-croissance est une solution équilibrée et pleine de pertinence face à l’effondrement annoncée du fonds euros.
Ce transfert des plus-values latentes est alors une solution intéressante et dans l’intérêt de l’épargnant qui devrait participer au succès inévitable de l’euro-croissance (inévitable, car il est urgent de trouver une solution pour protéger l’épargne des Français et l’euro-croissance m’apparaît comme une solution intéressante).
Il y a urgence à engager la mutation de l’assurance vie et du fonds euros pour protéger l’épargne des Français.
Pour vous permettre de comprendre ma pensée du moment, j’ai envie de comparer la situation actuelle aux éternels débats autour de la réforme des retraites : Tout le monde sait depuis 30 ans que nous allons dans le mur et que le système n’est pas équilibré entre cotisation, date du départ à la retraite, durée des cotisations, tout le monde sait qu’il faut faire une réforme, mais personne n’accepte de travailler plus longtemps.
La situation de l’assurance-vie est exactement la même :
– Nous savons tous que le rendement des fonds euros est condamné à baisser et la baisse 2016 pourrait être violente ;
– Nous savons tous que les taux d’intérêt proche de zéro pénalisent les fonds euros et que le risque de faillite des compagnies des fonds euros est grand dans l’hypothèse d’une augmentation des taux d’intérêt (cf « Peut on encore conseiller l’assurance vie comme un produit garanti et disponible ?« ). Il est aujourd’hui faux d’affirmer que le fonds euros est garanti et disponible ;
– Nous savons tous qu’en l’absence de réforme prochaine du fonds euros, la faillite du fonds euros et des compagnies d’assurance vie pourrait être une réalité comme constaté au japon au début des années 90 (cf « Pourquoi les faillites dans l’assurance vie Japonaise peuvent nous inquiéter ?« )
Face à ce constat, il n’y a pas d’alternative, il est urgent de trouver de nouvelles solutions d’épargne et d’investissement pour l’assurance vie. La mutation de l’assurance vie est indispensable, c’est une question de survie pour votre épargne et pour les compagnies d’assurance vie (cf « Euro-croissance : Condamné au succès pour sauver la solvabilité des compagnies d’assurance vie.« ).
Tout ces débats ne sont pas nouveaux, nous vous en faisons part depuis 2013 et le rapport BERGER (cf »Euro-Croissance : Le contrat d’assurance vie qui remplacera les fonds euros ? publié le 24 Juillet 2013).
L’assurance vie doit se rénover au plus vite pour s’adapter à la nouvelle donne des taux zéro ! Il faut abandonner l’idée mensongère du fonds euros et cesser de garantir :
– Un rendement élevé ;
– Une garantie du capital à tout moment ;
– La disponibilité du capital à tout moment.
Pourquoi l’euro-croissance est une solution équilibrée pour remplacer le fonds euros ?
Attachons nous aux objectifs des épargnants lorsqu’ils épargnent dans un contrat d’assurance vie :
– Sécurité. Les épargnants ne veulent pas prendre de risque sur le capital et souhaitent bénéficier d’une garantie de leur épargne ; Le fonds euros et l’euro-croissance répondent parfaitement à ce premier objectif. Le capital est garanti à tout moment pour le fonds euros et au terme d’une période fixée entre l’épargnant et la compagnie d’assurance vie (avec un minimum de 8 ans) avec parfois un effet cliquet à 5 ans.
– Rendement. Les épargnants acceptent d’investir leur épargne dans un contrat d’assurance vie afin de bénéficier d’une revalorisation de ce capital. Avantage à l’euro-croissance dont le rendement sera meilleur que le fonds euros. Puisque le gérant n’a pas besoin d’assurer une garantie à tout moment, mais seulement à échéance, ses investissements pourront être plus efficace et davantage en accord avec la durée réelle de l’épargne. Aujourd’hui, dans le fonds euros, l’épargnant réalise un placement de long terme, mais le gérant doit assurer une liquidité à court terme, ce qui l’empêche d’investir l’épargne des Français sur les supports adéquat.
– Disponibilité. Les épargnants veulent pouvoir disposer de leur épargne afin de satisfaire un projet. Épargner, c’est renoncer à une consommation immédiate pour satisfaire un besoin ultérieur tel que la préparation de la retraite, le financement d’une acquisition immobilière, … Les épargnants qui auront un besoin de court terme ne trouveront aucun intérêt dans l’euro-croissance qui s’adresse uniquement aux épargnants de long terme.
Notons, que seuls 25% des épargnants ont épargnent pour des besoins de long terme. Cela signifie que 75% des épargnants ne trouveront aucun intérêt à l’euro-croissance et resteront investis en fonds euros (75% des épargnants ne signifie pas 75% des encours, car les épargnants de long terme sont bien souvent ceux qui possèdent l’épargne la plus importante – 10% des épargnants possèdent 90% des encours).
Le support euro-croissance apparaît alors comme la moins mauvaise des alternatives au fonds euros. Il est évident que le fonds euros est un placement parfait… mais l’équation n’est plus équilibrée et il faut l’oublier !
L’euro-croissance est aujourd’hui le seul support qui autorise une garantie du capital, un potentiel de rendement élevé et un disponibilité du capital adapté aux besoins de l’épargnant (car c’est l’épargnant qui fixe la disponibilité de son épargne en fonction de ses projets de vie). Cette solution est en tout état de cause meilleure que l’investissement en unité de compte ou en SCPI qui ne proposent aucune garantie de capital, ni aucune disponibilité de l’épargne.
Le transfert des plus values latentes du fonds euros au bénéfice de l’euro-croissance est il le scandale dénoncé par certains ?
Puisque nous faisons tous le constat que le fonds euros est dangereux pour la pérennité de l’épargne des Français compte connu d’un triptyque (garantie, disponible à tout moment, et rendement élevé) impossible à tenir, n’est il pas louable de chercher des solutions pour sauver l’épargne des Français et les compagnies d’assurance vie.
Puisque nous faisons le constat ensemble que l’euro-croissance est la moins pire des alternatives aux fonds euros et en tout état de cause une meilleure solution que les unités de compte ou autres SCPI dont le capital n’est en aucun cas garanti.
Le transfert des plus values latentes des fonds euros au bénéfice des contrats euro-croissance s’inscrit dans cette réflexion : Il faut trouver des solutions pour protéger l’épargne des Français et profiter d’une période relativement calme sur les marchés financiers pour accélérer cette mutation profonde.
Dans son dernier rapport l’ACPR présentait ce transfert des plus values latentes en ces quelques mots :
« les assurés du fonds euros n’optant pas pour un transfert bénéficient actuellement de la richesse du fonds accumulée par les générations précédentes et/ou distribuée de manière différée (plus-values latentes après déduction de la part revenant à l’assureur et provision pour participation aux bénéfices, respectivement).
En effet, lors de son départ (décès, rachat ou arbitrage vers les unités de compte), un assuré abandonne aux assurés restant dans le fonds ou y entrant une partie de la richesse qu’il a contribué à créer. »
Le transfert des plus values latentes permet pour chaque organisme d’assurance, ces mécanismes permettent de faire bénéficier, selon des principes différents, la communauté des assurés des fonds euros et euro-croissance d’une richesse latente aujourd’hui présente sur le seul fonds euros. »
Voici ce que nous vous expliquions il y a quelques mois dans cet article « La mutualisation de l’assurance vie en fonds euros et de l’Euro-croissance est inévitable et dans l’intérêt de l’épargnant. » :
Prenons un exemple concret (nécessairement simplifié et caricatural pour faciliter la compréhension) pour comprendre pourquoi la mutualisation n’est pas nécessairement à l’encontre des intérêts des épargnants.
Monsieur Dupont à investi 100 000€ en 1980 dans le fonds euros d’une grande compagnie d’assurance vie. Cette compagnie a utilisé cet argent pour réaliser des investissements tels des obligations, des biens immobiliers ou des actions.
Tant que Monsieur Dupont est souscripteur/assuré et investi dans le fonds euros, il profite des gains réalisés par la compagnie d’assurance vie avec son argent. Il touche les coupons des obligations, les dividendes des actions, … Cela est constitutif du rendement annuel du fonds euros de son contrat d’assurance vie.
Néanmoins, la plus value latente constatée sur chacun des actifs ne lui profiteront que s’il est encore souscripteur du contrat d’assurance vie et du fonds euros au moment de la réalisation de ces dernières. S’il vient à décéder, racheter son contrat d’assurance vie ou encore l’arbitrer vers un autre support, la plus value que son épargne aura contribué à construire ne lui profitera pas et ne profitera qu’aux souscripteurs assurés du contrat d’assurance vie au moment de la réalisation de la plus-value (ces derniers n’étaient peut être même pas souscripteur du contrat au moment de la réalisation des investissements).
Ainsi, il ne semble pas totalement illogique qu’en cas de sortie du fonds euros vers un autre support tel l’euro-croissance, le souscripteur bénéficie et emporte avec lui une partie de la richesse que son argent à contribué à créer. C’est le principe même de l’idée de mutualisation des contrats d’assurance vie en fonds euros et en euro-croissance.
Qu’en pensez vous ? considérez vous qu’il s’agisse d’un véritable « vol » ?
PS : Rares sont les acteurs de la place qui ont intérêt au succès de l’euro-croissance. Nombreux sont ceux qui préféreraient que les épargnants investissent en unité de compte ou en SCPI et produits structurés nettement plus rémunérateurs pour les compagnies d’assurance vie et les distributeurs.
