Il est une évidence partagée par tous : Le fonds euros est mort ! Le rendement baisse inévitablement ! Les risques augmentent et l’assemblée nationale vient même de voter une disposition permettant au Haut Conseil de Stabilité Financière de bloquer temporairement l’épargne des Français (cf »Peut on encore conseiller l’assurance vie comme un produit garanti et disponible ?« )… Bref, depuis quelques mois, le consensus est unanime, il est urgent d’abandonner le fonds euros !
 

Un risque certain pour le fonds euros ! et peut être même un peu trop certain ?

Cet avertissement sur les risques qui pèsent sur le fonds euros des contrats d’assurance vie nous le portons depuis de nombreuses années. Dès 2011, nous vous affirmions que le fonds euros ne pourrait plus durablement procurer des rendements élevés à l’avenir (A ce titre relisez cet article de 2011, tout y est : Assurance vie, quel risque face à la crise financière ou celui ci Assurance vie rendement 2011 : Les fonds euros perdent encore en avantage comparatif.)
Aujourd’hui, plus de 5 années plus tard, cette idée de risque pour le fonds euros est vulgarisée et admise par tous.
L’ACPR, la Banque de France, le HCSF, les commerciaux des compagnies d’assurance vie, les services marketing de ces mêmes compagnies, tous reprennent ce discours « anxiogène » que nous tenons depuis plus de 5 ans.
Une question subsiste : Pourquoi des acteurs institutionnels dont le discours vise la stabilité financière ont ils un discours anxiogène ?
 
 
 

Ne trouvez vous pas étrange qu’un organisme chargé de la stabilité financière fasse état dans la presse nationale de risque majeur pour la garantie et la liquidité de votre assurance vie ?

Cela semble totalement dément ! Un organisme d’état, sous la tutelle du ministre de l’économie, tient un discours anxiogène et effrayant de nature à remettre en cause cette même stabilité financière qu’il doit défendre ! 
Ne devrions nous pas en déduire que le risque n’est peu être si important que cela ? Ces institutions ne cherchent elles pas simplement à détourner les français d’un produit financier « Le fonds euros » trop protecteur de l’intérêt des épargnants (et peut être pas suffisamment de celui des compagnies d’assurance vie).
Le véritable risque pour les compagnies d’assurance vie n’est il pas que les épargnants continuent de faire confiance au fonds euros des contrats d’assurance vie ? 
Ces discours anxiogène n’ont ils pas pour objectif premier de détourner les Français des fonds euros, non pour l’intérêt de ces mêmes épargnants mais pour l’intérêt des compagnies d’assurance vie qui ne parviennent plus à tirer de la rentabilité de ce merveilleux support qu’est le fonds euros du contrat d’assurance vie ? 
 
En 2011, le risque était fort pour le fonds euros des contrats d’assurance vie. Hausse des taux d’intérêt, risque de krach obligataire, … le fonds euros était une menace systémique. Je n’étais bien heureusement pas le seul à avoir identifié le risque, mais personne n’osait l’évoqué tellement les conséquences pouvaient être dévastatrice.
En 2016, tout le monde parle de la fin du fonds euros de manière très libérée et ouverte, même de la part des acteurs censés travailler pour la stabilité financière. C’est probablement que le risque n’existe plus !
 
 

Quels sont les véritables risques pour le fonds euros de votre assurance vie ?

Le risque principal pour l’assurance vie et plus particulièrement pour les fonds euros, c’est une très forte augmentation des taux d’intérêt combinée à une forte demande de rachat de la part des épargnants. Nous sommes toujours dans le même schéma explicité en 2011 :

Un risque de krach obligataire qui menacerait l’assurance vie ?

La crise de l’endettement public aura révélé l’extrême fragilité des taux obligataires composants à 80% des fonds euros des contrats d’assurance vie. Du jour au lendemain, les taux d’emprunt de l’Italie, de la grâce, du Portugal atteignent des sommets.

On ne parle pas de défaut de ces pays, mais simplement d’une hausse des taux des obligations d’état, signe d’une prise de conscience des risques inhérents au fait d’être créancier de pays surendettés.

Cette hausse des taux d’intérêt est inévitable et les manipulations de la banque centrale européenne pour maintenir des taux bas ne pourront pas continuer sur le long terme (cf article :La BCE contrôle le niveau des taux d’intérêt long terme et la valeur des actifs)

Les conséquences pourraient être importantes pour les compagnies d’assurance vie. Nous avons détaillé les conséquences de la hausse des taux d’intérêt, dans un article dédié à la perte du triple AAA (Perte du triple AAA de la France : Comment protéger votre patrimoine ?). Extrait :

La valeur d’une obligation est directement fonction du niveau des taux d’intérêt : une baisse des taux a pour conséquence une augmentation de la valeur des obligations et surtout, car c’est l’hypothèse qui nous intéresse ici, une augmentation des taux d’intérêt entraîne une baisse de la valeur des obligations : c’est mathématique.

Prenons un exemple pour comprendre cette mécanique :

  • En 2010, vous réalisez un prêt de 100000€ au taux de 3% à un Etat. C’est un prêt obligataire qui est négociable en cours de vie.
  • En 2012, vous avez besoin de votre argent et envisagez de vendre votre obligation à un autre investisseur. En 2012, les taux d’intérêt de la place ne sont plus à 3% mais atteignent maintenant 6%.

Aucun investisseur n’acceptera de payer 100 000€ votre obligation dont le taux de rendement est de 3%, soit 3000€ par année. Pour pouvoir vendre votre obligation, vous serez dans l’obligation de réduire la valeur de l’obligation afin de proposer un rendement au moins équivalent.

Ainsi, pour proposer un rendement de 6%, conforme au marché des taux d’intérêt en 2012, vous devrez réduire le prix de l’obligation afin de séduire les investisseurs.

La hausse des taux d’intérêt entre 2010 et 2012 aura pour conséquence de réduire la valeur de l’investissement obligataire.

Ainsi, un krach obligataire aurait pour conséquence directe de faire baisser la valeur des obligations détenues par les assureurs. Mais tant qu’on à pas vendu, … on a pas perdu.

Les assureurs vie n’ont pas vocation à vendre leurs obligations en cours de vie. La moins value latente enregistrée sur les obligations n’est pas très importante tant que la compagnie d’assurance vie n’est pas dans l’obligation de vendre ses obligations et donc dans l’obligation de matérialiser ses moins values.

… sur fonds de décollecte

Le problème est tout autre lorsque les compagnies d’assurance vie enregistrent des baisses de collecte. Une hausse des taux d’intérêt dans un contexte ou les épargnants confient toujours plus d’épargne aux assureurs n’aurait pas de conséquences fâcheuses …. mais une hausse des taux d’intérêts dans un contexte de décollecte, voir même de baisse de l’encours d’épargne géré par les compagnies d’assurance vie a un tout autre impact.

Dans un tel contexte de baisse de l’encours, les assureurs seraient dans l’obligation de vendre un partie de leurs actifs obligataires pour satisfaire les demandes de rachats des particuliers. Cette vente massive aurait pour conséquence de matérialiser les moins values latentes et donc de remettre en cause la solvabilité des assureurs ! 

source : Faut il garder votre contrat d’assurance vie malgré la baisse des rendements ?

 

Une hausse des taux d’intérêt conduit mécaniquement à une dégradation de la valeur du portefeuille obligataire et à de nombreuses moins-values. Ainsi, cette hausse des taux d’intérêt combinée à une forte augmentation des demandes de rachat pourrait mettre la compagnie d’assurance vie en difficulté car incapable d’assurer la garantie des capitaux devant le fort afflux de demande de rachat. 
 

Le véritable risque pour l’assurance vie, c’est l’augmentation des taux d’intérêt…. qui n’arrivera pas !

Depuis l’automne 2012, la répression financière est puissamment installée (cf « La répression financière indispensable pour sauver le système ? » pour comprendre ce qu’est la répression financière) par les banques centrales lancées dans une monétisation de la dette publique (cf « Les #fintechs se déploient pour rénover le marché du crédit et de la gestion d’épargne financière. pour comprendre cette idée de la monétisation de la dette).
Bref, nous sommes dans une très longue période de taux toujours plus bas… et le risque principal du fonds euros n’existe plus vraiment (cf article publié en 2012 : « Mario DRAGHI aurait il sauvé les fonds euros et l’assurance vie ?« ).
 
Oui, l’augmentation des taux d’intérêt est une véritable menace pour l’assurance vie … mais une menace bien lointaine…
 
 

Débarrassé du risque principal d’augmentation des taux d’intérêt, le fonds euros apparaît à nouveau comme un excellent placement pour l’épargnant (et une verrue dans le modèle économique des assureurs).

C’est alors qu’il n’y a plus de problème de risque de fonds euros. La création monétaire étant dirigée par une banque centrale qui ne peut se permettre d’augmenter les taux d’intérêt, nous avons la conviction d’une période très longue de taux d’intérêt très faibles !
Donc oui, le rendement de votre contrat d’assurance vie va continuer de baisser dans les prochaines années (mais ce n’est pas très grave car les taux d’intérêt vont rester très faibles) ;
Donc oui, le fonds euros est une verrue dans le modèle économique des assureurs qui aimeraient bien s’en débarrasser ;
Donc oui, les épargnants doivent conserver leur épargne dans le fonds euros… car non, le fonds euros n’est pas plus risqué
 
 

Et vous qu’en pensez vous ? Qu faire de votre fonds euros  ?

 

Pour aller plus loin :
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Livres / Formations 
Succession
Assurance-vie et gestion de patrimoine

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