Le CAC40 a chuté de plus de 10% en deux séances pour retourner sous la barre symbolique des 4000 points. Depuis le 01 janvier, la baisse atteint presque 14%.
La question est alors de savoir ce qu’il faut faire ? Faut il profiter de cet effondrement pour ré-investir progressivement sur les marchés actions et profiter de l’adage « Acheter au son du canon, vendre au son du clairon » ? ou au contraire, sommes nous à la veille d’un krach financier et économique majeur qu’il convient d’anticiper en protégeant son épargne ? 
 
historique CAC40
 
 
 

L’analyse de quelques gérants sur l’après BREXIT ?

Dans sa dernière analyse hebdomadaire, Jean Noel VIEILLE prenait une position très intéressante avec ces quelques mots de conclusion :

« les marchés boursiers vont rester volatils et des risques de baisse continuent à exister. Les valorisations redeviennent attractives surtout si l’environnement économique n’est pas modifié sur le court terme.
Les quelques semaines qui viennent pourraient être agitées, mais nous nous attendons à ce que les publication des résultats du premier semestre, à partir de mi-juillet soient plus attractives et rassurent sur la pérennité de la croissance des résultats attendus sur 2016 et 2017.
En conséquence nous confirmons une hypothèse de deuxième semestre plus positif pour les marchés financiers.
Dernier point, il n’est pas impossible eu égard à l’imbroglio politique que le Brexit ne soit pas appliqué, rappelons en effet que le vote n’est que consulatif ! »
source : analyse hebdomadaire Hixance 360 AM
 

 
Chez Lazard Frères Gestion, Julien-Pierre Nouen, Directeur des études économiques, et Matthieu Grouès, Associé-Gérant, Responsable de la stratégie et de l’allocation d’actifs, considère également l’excès du mouvement actuel dans ces mots (publié le 27/06/2016) :

« La baisse d’aujourd’hui correspond à une réaction épidermique qui est davantage celle des spéculateurs – cherchant à profiter de la volatilité en la provoquant – plutôt que celle des investisseurs de long terme.
Pour autant, l’impact final sur l’économie mondiale et donc sur la capacité bénéficiaire des entreprises ne nous paraît pas justifier un mouvement d’une telle ampleur.
Il est possible que certaines entreprises exposées au marché britannique révisent leurs prévisions de résultats, mais d’ici quelques semaines, le flux de nouvelles liées à ce sujet et susceptibles de faire baisser le marché devrait se tarir, ce qui devrait permettre au marché de se stabiliser voire de se redresser.« 

 
 
Plus globalement, les différentes analyses font état d’un principal risque politique. Tel est notamment le cas de Jean Jacques FRIEDMAN, directeur des investissements de Vega IM, qui explique :

« Au-delà de la surprise, il convient de rappeler que les négociations seront longues (jusqu’à 2 ans) pour organiser les nouvelles relations entre l’Angleterre et l’Union Européenne.
Sur l’économie britannique d’abord, il est évident que l’impact sera négatif (lire En(Un mois) n°49 et 50 de mai et juin 2016). L’investissement privé devrait fortement chuter, entrainant une baisse d’un à deux points de la croissance en 2016 voire une croissance négative en 2017.
En zone euro ensuite. Selon nous, les conséquences seront plus politiques qu’économiques. Seuls les pays les plus liés à la Grande-Bretagne, comme la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et bien sur l’Irlande, verront leurs économies impactées.
Cependant, nous ne pensons pas que le Brexit remette en cause la dynamique économique actuelle plutôt favorable depuis le début de l’année en zone euro. Par ailleurs, notre style de gestion « croissance », qui induit une sous-exposition structurelle sur le secteur bancaire (le plus touché), nous permet de mieux résister dans les phases de stress et de baisse brutale des marchés financiers.
Ainsi, les entreprises européennes que nous sélectionnons dans nos portefeuilles, ne verront pas leurs business models bouleversés par le Brexit. Les corrections actuelles constituent même pour nous des points d’entrée attractifs sur de « belles valeurs » de croissance.
Sur le plan politique, le Brexit va rouvrir les débats sur la gouvernance européenne. A noter qu’un Bre- main aurait eu également certaines conséquences négatives sur la cohésion européenne, les derniers accords obtenus par le Premier ministre David Cameron auraient pu créer de dangereux précédents pour les autres États.
Aujourd’hui, les pays les plus « libéraux », comme l’Allemagne et la Pologne, perdent un allié et surtout, les pays comme l’Espagne où les courants régionalistes sont puissants, pourraient être atteints par l’attitude écossaise.
Paradoxalement, le Brexit pourrait voir l’influence française se renforcer dans les instances européennes. La sortie de la Grande-Bretagne conduira-t- elle au renforcement du couple franco-allemand, dont les relations sont aujourd’hui très distendues ? Les dirigeants français et allemands n’ont plus que quelques mois pour renverser la tendance avant les échéances nationales de 2017. En clair, le problème de gouvernance dans l’Union européenne est un fil rouge depuis des années, le Brexit ne fait que le cristalliser.
Selon nous, le point essentiel redevient l’intervention des banques centrales. Notre scénario d’une intervention de la Réserve fédérale possible dès juillet en cas de bons chiffres de l’emploi publiés le 8 juillet, s’éloigne. Désormais, les turbulences monétaires dans le sillage du Brexit et l’appréciation du dollar (plus de 3 %) vont contraindre la Fed à repousser de plusieurs mois la prochaine hausse des taux. La normalisation de la politique monétaire américaine est donc de nouveau reportée, comme ce fut le cas l’année dernière face aux problèmes de change du yuan.

 
 
 

Et vous ? Considérez vous la forte baisse des marchés actions comme une nouvelle opportunité d’investissement ?

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