Depuis quelques semaines, on sent bien que le virus retrouve un peu de sa virulence. Comme nous vous l’écrivions dans le courant du mois d’août dans cet article « Face à un coronavirus qui s’installe durablement, un nouveau mode de vie s’impose« , nous allons devoir apprendre à vivre avec. Nous n’avons pas d’autres choix.

Nous n’avons plus les moyens de nous permettre le luxe d’un nouveau confinement, ni même l’application du principe de précaution. Notre priorité doit être de nous remettre au travail et de rattraper le temps perdu. Après 6 mois de vacances, il va falloir se mettre sérieusement au boulot et créer de la valeur, si on ne veut pas se rendre compte à quel point la récession et l’absence de croissance économique sont plus meurtrières que le coronavirus.

Julien Bonnetouche, lecteur assidu vient de me faire parvenir un texte qui permet de parfaitement comprendre pourquoi nous n’avons plus le luxe d’attendre. Nous devons maintenant nous remonter les manches pour avancer si on ne veut pas être rattrapé par la vague de l’appauvrissement.

Voici ce qu’il m’écrit :

Le prix du temps monétaire est tombé à zéro, depuis que les taux sont eux-mêmes à zéro, nous le savons et c’est ce qui permet aux États l’endettement considérable de la crise post covid.

Tout ou presque a été dit là-dessus,  nous achetons du temps à tour de bras, à coup de milliers de milliards de par le monde, et plus modestement de centaines milliards chez nous.

Il faut cependant rappeler que si les taux zéro permettent de s’endetter sans envisager de rembourser un jour, cette condition n’est pas suffisante à la réussite de l’opération à terme.

La Théorie Monétaire Moderne, rentrée en application à l’échelle mondiale, beaucoup plus rapidement qu’envisagée en 2019 (cf. « La théorie monétaire moderne (MMT) ouvre de nouveaux horizons pour les marchés financiers.), exige deux autres conditions :

La première est que l’inflation soit un peu supérieure aux taux d’intérêt. (et ce sont alors les épargnants payent la dette du fait d’une épargne au rendement plus faible que le taux de croissance nominal de l’économie)

La deuxième est que la croissance soit un peu supérieure à l’inflation et  en tout cas aux taux, afin que tout le monde dorme sur ses deux oreilles, d’un sommeil confiant dans un remboursement automatique de la dette par l’inflation et la croissance.

À ce stade du raisonnement, nous devons dissocier la perception que peuvent avoir les marchés et les particuliers en France, mais ailleurs c’est la même chose.

Les français sont très inquiets, ils pensent qu’une dette devra être remboursée d’une façon ou d’une autre d’une part ( 75 % selon un récent sondage), et que l’augmentation des impôts est inéluctable.

C’est pour cela qu’ils épargnent, plutôt que dépenser. (100 milliards au dernier pointage)

Les marchés jusque-là sont confiants, pour plusieurs raisons déjà longuement expliquées sur le blog, et plus particulièrement ils font confiance au soutien indéfectible des banques centrales et savent qu’avec les taux zéro, les actifs ne peuvent que se valoriser .

Comme dit plus haut, nous achetons du temps, mais par définition ce ne peut être pas indéfiniment. C’est en attendant que la croissance revienne.

Or celle-ci ce se fait attendre.

Elle se fait attendre naturellement parce que les dégâts de la crise ne peuvent se régler instantanément, cela tout le monde l’admet, mais surtout maintenant, parce que le virus( certes moins virulent qu’au début) perdure, au-delà de l’été.

Les instances officielles nous disent qu’à la fin de l’année la récession sera de 4 %.

Et que cela durera tant que la vie n’aura pas repris son cours normal, c’est-à-dire sans les masques (entre autres), mais aussi avec le retour des  avions, des hôtels, du tourisme …

Cela signifie en tout cas, que les taux devraient être un peu inférieurs à cette décroissance, soit -5% par exemple pour que l’endettement reste supportable.

Impossible !! Dira la vox populi !! En tout cas on n’en veut pas !!

Qui acceptera que les livrets d’épargne et les assurance-vie ainsi que les obligations mondiales perdent  5 % / an ?

Ce simple raisonnement nous fait toucher du doigt les limites de la politique monétaire, et celle des confinements plus ou moins partiels.

Imaginons un instant qu’un nombre suffisant de participants au marché (parmi nous tous, et le reste du monde) se mettent à douter de la possibilité d’un remboursement de la dette à terme, parce que nous ne parvenons pas à refaire de la croissance.

Alors là oui, du jour au lendemain nous pourrions avoir une crise de confiance monétaire et l’argent ne vaudrait plus rien.

Bien entendu, les États et banques centrales useraient de leur  arme favorite : l’inondation monétaire ; mais ce serait avec de l ‘argent dont les gens ne veulent plus….

Ce scénario-catastrophe n’est peut-être pas totalement inévitable en temps de paix. Mais imaginons qu’il se produise à l’occasion de circonstances internationales  déstabilisées et imprévues…

Le risque est grand.

Les Gouvernements sont devant un véritable dilemme : Doivent-ils privilégier le retour de la croissance  ou la lutte contre le  virus ?

On sait que c’est le cas depuis le début de cette crise, mais maintenant, on rentre dans le « dur » et il va falloir surement choisir rapidement la voie de la croissance.

Mais, avec la hantise des morts sur les chaines d’informations permanentes,  il est tout à fait possible qu’ils choisissent de faire la guerre au virus jusqu’à la dernière extrémité.

Il faut dire qu’à force de leur faire peur, on trouvera facilement  une majorité des gens pour les soutenir dans ce sens.

A suivre…

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