Dans un article « Bitcoin : Tout le monde s’excite sur les crypto-monnaies , faut il en acheter ?« , je vous faisais part de mes doutes quant à la pertinence de l’achat de bitcoins pour une raison simple : Je ne sais pas à quoi ça sert de détenir des bitcoins.
Il s’en est suivi de très nombreuses réactions autour de cette innovation majeure portée par la blockchain et la volonté forte des citoyens d’abandonner une monnaie Dollars ou Euros manifestement manipulées par le pouvoir et les banques centrales au service du maintien d’une certaine paix sociale. 
Puis, un lecteur à posé la question fondamentale de la convertibilité. En d’autres mots comment faire pour matérialiser sa plus-value et convertir ses bitcoins dans une monnaie officielle pour pouvoir en profiter dans la vraie vie ?
Comment faites vous pour faire vos courses avec vos Bitcoins ? Quelle est leur valeur véritable pour acheter des pâtes ou du lait ? 
 
Pour être honnête, c’est une question qui ne m’était jamais venue à l’esprit. Elle est pourtant au cœur de la décision d’investir ou non dans les bitcoins, mais aussi dans toutes les autres crypto-monnaies.
Voici le commentaire très à propos de ce lecteur :

« Oui… : comment acheter des bitcoins ?…
Et ensuite… Comment les re-transformer en monnaies papier ?…
Une fois obtenus ces bitcoins, on conçoit :
– qu’il n’y a intérêt à ne vendre ou acquérir un bien qu’avec un partenaire utilisant ce type de monnaie.
– que c’est très simple,
– que c’est discret et hors de portée des états ou des banques centrales plus ou moins privées…,
Mais si, après une montée de son cours (par exemple…) l’on veut ensuite changer ses bitcoins pour re-détenir des monnaies papier (tant qu’il y en a encore…) est-on obligé de traiter avec un « bureau de change/banque » physique, au coin d’une rue, qui vous prendra sa commission ?…
Question essentielle, non ?
Eh oui : le nœud du problème n’est-il pas là ?… Que ce soit pour acquérir des bitcoins, ou les faire se transformer (par le change), en monnaies ayant cours légal.
Oucéti qu’elles sont ces plates-formes? Leurs adresses ? Leurs heures d’ouverture au public ?… Leurs commissions de change au passage ?…
Ne s’appelleraient-t-elles pas… des… comptoirs de change,… ou des banques ?…
Et nous voilà revenus dans les mailles du filet inquisiteur.
Que les partisans du bitcoin veuillent bien répondre à cette question essentielle, s’ils leur plaît ?« 

 

La banque de France prévient dès 2003 contre le risque principal des Bitcoins : Le risque de non garantie de remboursement.

Après quelques recherches, nous avons trouvé une analyse de la banque de france qui pointe le véritable danger que représente la non convertibilité des bitcoins.
Voici un extrait intéressant de cette note de la banque de France :

« Créé en 2009 par Satoshi Nakamoto (qui pourrait être le pseudonyme utilisé par une personne ou une équipe de programmeurs), le bitcoin est une unité de compte virtuelle stockée sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs d’échanger entre eux des biens et des services sans avoir à recourir à la monnaie légale.
Le bitcoin a été créé pour remplir les trois fonctions traditionnelles de la monnaie :

  • (i) il représente une unité de compte, i.e. une unité standardisée qui permet de mesurer la valeur des flux et des stocks de biens, de services ou d’actifs ;
  • (ii) il facilite les transactions commerciales
  • (iii) il permet de stocker une valeur pouvant être utilisée dans le futur.

Pour autant, le bitcoin ne peut pas être qualifié de monnaie ayant cours légal dans la mesure où il est possible de le refuser en paiement sans contrevenir aux dispositions de l’article R642‑3 du Code pénal, qui sanctionne le refus d’accepter les billets et les pièces libellés en euros ayant cours légal. Sa mise en circulation ne violerait donc pas le monopole d’émission de la monnaie ayant cours légal des banques centrales.
Cette monnaie virtuelle ne répond pas non plus à la définition d’un moyen de paiement au sens du Code monétaire et financier, et plus particulièrement de la définition de la monnaie électronique, dans la mesure où le bitcoin n’est pas émis contre la remise de fonds.
De plus, contrairement à la monnaie électronique, le bitcoin n’est pas assorti d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à la valeur nominale.
Certaines plates‑formes internet se sont créées en conséquence afin de permettre l’achat et la vente de bitcoins contre de la monnaie ayant cours légal (euro, dollar, etc.), permettant ainsi à des utilisateurs n’ayant pas participé au processus de création d’acquérir cette monnaie virtuelle. 
La valeur des bitcoins sur ces plates‑formes d’échange n’est pas garantie et résulte exclusivement de la confrontation de l’offre et la demande. Sans garantie de prix ni de liquidité, dépourvu de statut légal et de cadre réglementaire, le bitcoin soulève ainsi un certain nombre de risques qu’il convient d’analyser.« 

 
Aujourd’hui, c’est l’euphorie sur le Bitcoin. Tout le monde veut en acheter, et comme la création est cadencée et fixée à 21 millions de Bitcoins, les prix explosent selon les mécanismes simples de l’offre et de la demande. Une demande très importante dans un marché ou l’offre est limitée conduit inévitablement à une hausse forte des prix.
Mais demain, que se passera t’il lorsque les acheteurs auront disparus ? Qui achetera vos Bitcoins ? A quel prix ? Quels commerçants accepteront toujours le paiement en Bitcoins sachant qu’ils ne pourront plus la convertir en Euros pour payer leur fournisseurs et leurs salariés ?
Ne peut on croire que la valeur d’un Bitcoin ne vaut que par sa convertibilité dans une monnaie officielle ? Quel est l’intérêt de détenir une monnaie virtuelle qui n’est pas convertible dans la vie réelle ? 
De surcroît, qui peut croire au caractère anonyme du bitcoin alors que la lutte contre le terrorisme est une mission d’intérêt général qui mobilise les forces du pays ?
Quel commerçant prendra le risque pénal d’être accusé de blanchiment d’argent sale ou de financement du terrorisme à cause du simple fait d’accepter le paiement en Bitcoin ? 
 
 

La lutte contre le financement du terrorisme, une arme efficace pour faire disparaître le Bitcoin ?

La dernière partie de l’étude de la banque de France est très intéressante et nous donne quelques solutions qui s’offrent aux pouvoirs pour faire disparaître le bitcoin : Il suffit de contrôler l’activité de change / conversion des plateformes de Bitcoins pour faire disparaître le bitcoin, ou du moins réduire de manière drastique son intérêt. 
 
Extrait de la note de la banque de France :

S’il n’est pas possible de réguler l’émission des monnaies virtuelles (conçue pour échapper à tout contrôle de la sphère publique et ne répondant à aucune qualification au regard de la réglementation bancaire et financière actuellement en vigueur), en revanche, l’activité de change/conversion de ces monnaies virtuelles en devises ayant cours légal entre bien dans le champ de la réglementation. Il s’agit en premier lieu de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme qui appelle une surveillance des services de conversion contre monnaie ayant cours légal.
En effet, compte tenu du réseau actuellement encore limité des monnaies virtuelles et notamment du bitcoin, leur utilisation dans le cadre d’activités illicites ou de blanchiment et de financement du terrorisme n’offre d’intérêt que si elles peuvent être converties in fine en monnaie ayant cours légal.

 
A suivre ! Vous vous croyez libre avec vos bitcoins … Ne vous en faites pas la banque de France sait comment vous contrôler …

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