Dans le prolongement de l’article publié par Edouard PETIT sous le titre « Bourse : Pourquoi ce n’est pas grave d’investir au plus haut.« , je vous propose d’approfondir la question des vertus (supposées) de l’investissement progressif.

En effet, il est courant d’entendre et de lire un peu partout dans les médias spécialisés que l’investissement progressif est l’arme absolue pour investir sur les marchés financiers en limitant les risques, tout en générant de la performance. Néanmoins, ne pouvant me satisfaire d’affirmations qui ne me semble parfois contraire au bon sens, j’ai réalisé de très très nombreuses simulations d’investissement progressif pour essayer d’en tirer des règles et la pertinence d’une stratégie d’investissement fiable et performante.

C’est alors que je me suis lancé dans la centralisation de toutes les données de l’indice CAC40 depuis 1990 et j’ai lancé mes simulations dont la finalité est de répondre à la question : Quelle a été le taux rendement actuariel d’un placement de 100€ / mois pendant 5 ans, 10 ans ou 15 ans dans un OPCVM dont la performance finale serait proche de l’indice CAC40 ? 


Bien évidemment, les meilleurs d’entre vous m’expliquerons qu’il faut être idiot pour confier son épargne à un gérant incapable de faire mieux que le CAC40. C’est pourtant la réalité de la très très grande majorité d’épargnants.

 

Le résultat de ces simulations confirment l’analyse de bon sens et semble confirmer l’importance d’une gestion active de votre investissement progressif sur les marchés actions :

  • L’investissement progressif permet de lisser le prix d’entrée sur le marché … mais n’est pas la garantie d’une performance attrayante. Dans un marché atone, la performance de l’investissement progressif sera atone ;

 

  • Celui qui débute son investissement progressif dans un marché haut, qui se révélera être à la veille d’un krach, devra allonger sensiblement la durée de son investissement progressif pour effacer les moins-values du krach ; 

 

  • Si l’investissement progressif permet de lisser le prix d’entrée sur le marché, la performance ne peut être certaine que dans un marché haussier. Bref, et c’est une évidence, l’investissement progressif ne permet pas de trouver de la performance dans un marché atone et non performant.

 

  • Au final, l’épargne de celui qui investit à très long terme sera très sensible à l’évolution de la valeur de l’OPCVM faute de pouvoir ajuster son versement progressif dans les mêmes proportions que la valeur de son portefeuille. Le lissage du prix d’entrée sur le marché est très efficace en début de programme … mais il le sera de moins en moins. Verser 100€ dans un portefeuille de 2000€, n’a pas le même effet dilutif que de verser 100€ dans un portefeuille de 200 000€.

 


  • Investir progressivement ne doit pas exclure une gestion active afin de tirer profit des hausses de marché et donc du portefeuille. Un épargnant qui constate une forte plus-value sur son portefeuille ne doit il pas encaisser sa plus-value en vendant, tout ou partie de son exposition au marché, quitte à se relancer dans un programme d’investissement progressif avec des versements plus élevés ?

 

  • Bref, l’investissement progressif ne permet pas de faire des miracles. Dans le meilleur des cas, l’investissement progressif permet de réduire le risque d’investir au mauvais moment, mais ne permettra jamais de générer de la performance dans un marché atone, non haussier. Une gestion active de l’investissement progressif est alors indispensable pour espérer tirer profit des marchés. 

 

Synthèse : Quelle performance passée pour l’investissement progressif sur le CAC40 ?

Voici en trois graphique la synthèse de mes simulations.

En orange = Evolution du CAC40

En bleu = taux de rendement de mon investissement progressif sur 5 ans, 10 ans ou 15 ans.

 

Taux de rendement actuariel d’un investissement progressif sur 5 ans

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lecture : Le taux de rendement actuariel d’un programme d’investissement programmé initié le 01/09/2012 pour une période de 5 ans est de 7.75% au 01/09/2017

Le taux de rendement actuariel d’un programme d’investissement programmé initié le 02/05/2007 pour une période de 5 ans est de -11.70%% au 02/05/2012.

 

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Sur 5 ans, la date de début de l’investissement progressif est très important. Se lancer dans un programme d’investissement progressif dans une période ou les marchés actions sont très élevés ne permettra pas de générer un taux de rendement attrayant.

A défaut d’être dans un marché haussier comme les années 90-99, seul un investissement progressif initié dans un période post krach (2003  ou 2009 sur le graphique) permet d’espérer un taux de rendement actuariel intéressant sur 5 ans. 

 

 

Taux de rendement actuariel d’un investissement progressif sur 10 ans

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Sur 10 ans, l’analyse est proche de l’analyse que nous venons d’avoir pour l’investissement progressif sur 5 ans. Lancer un programme d’investissement progressif dans un marché manifestement élevé et qui ne sera pas supérieur dans 10 ans ne permettra pas de générer une performance attrayante.

Depuis 1999, Seuls les programme d’investissement progressifs lancés entre 2003 et 2005 permettent aujourd’hui de dégager un taux de rendement supérieur à 0%.

En l’absence de marché fortement haussier pendant la période d’investissement, l’investissement progressif limite la catastrophe mais ne permet pas de dégager une performance suffisante.

 

Taux de rendement actuariel d’un investissement progressif sur 15 ans

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La conclusion est toujours la même malgré l’allongement de l’analyse. Le taux de rendement actuariel d’un investissement progressif de 100€ / mois initié en septembre 2002 est de 2.84% en septembre 2017 (alors que les marchés sont relativement élevés). Bref, rien de bien extraordinaire !

Par contre, ce même investissement progressif initié en septembre 2002 enregistré un taux de rendement actuariel de 10.76% en septembre 2007 puis 0.18% en septembre 2012.



C’est alors que l’idée de la gestion active de votre investissement progressif apparaît évidente. L’épargnant qui ferait le constat d’une plus-value élevé, du moins supérieur au niveau qu’il se fixera, ne doit il pas sécuriser cette plus-value en vendant l’intégralité de son portefeuille ? 

Ensuite, il pourra tout à fait initier un nouveau programme d’investissement progressif avec le capital qu’il vient de sécuriser.

Considérant sa volonté de sécuriser comme la conséquence d’un marché jugé élevé, cet épargnant prendra la décision d’investir très très progressivement. Le rythme d’investissement progressif pourra alors s’accélérer si les marchés devient enregistrer une forte baisse.

Enfin, l’épargnant devra aussi s’attacher à rechercher un support d’investissement qui s’inscrit durablement en hausse pour maximiser ses chances de plus-values. D’ores et déjà, l’investissement dont la valeur suivra un indice « dividendes réinvestis » sera une première étape plus favorable.

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2 Comments

  1. bonjour GUILLAUME,
    je suis d’accord avec votre analyse et ses conclusions à ceci prés que l’on ne sait jamais à quel endroit on se trouve dans les cycles boursiers.
    Comme vous je me suis livré à des simulations.
    Pour des investissements dans le temps long (long terme) oui il faut faire du progressif. Ceci, sur de grandes valeurs ou des fonds qui ont fait des hauts et des bas mais qui sur 10 – 15 ans délivrent une performance correcte (7% en annuel est un bon repère dividende inclus )
    Je serais plus précis que vous sur le timing en y mettant un petit critère de gestion basé sur l’analyse technique.
    j’ai commis un post dont vous joins le lien.
    je commence à mettre en oeuvre cette stratégie….mais les fruits sont lointains …..

    en tout cas votre post me semble une bonne référence. merci encore

    voici le lien vers mon post.

    http://tradinglicoudedou.over-blog.com/2017/09/10/09/2017-strategie-boursiere-dans-le-temps-long.html

  2. Bon, Guillaume, tu ne vas pas être étonné, il a quelques points où je ne suis pas complètement d’accord 😉

    1 – C’est sûr que si on enlève les dividendes, on choisit des gérants chargés en frais, une assurance vie chargée en frais et tout le toutim … on va avoir une mauvaise performance. Ça ne je peux que te le concéder !
    … et puis investir dans le CAC 40 ce n’est pas malin … Tu mets des boulets à l’étude quand même. Bien sûr qu’il y a pas mal de gens qui font ça, mais bon ! (Sur 10 ans, l’indice a fait 2,4% par an et les fonds actifs 1,7% par an. Le meilleur quartile des fonds a fait 2,2% …)

    2 – Un truc un peu tricky sur l’investissement progressif. On a intérêt à que ça commence à baisser puis que ça augmente, et non le contraire. La séquence a une influence sur la performance d’un investissement progressif. C’est une de ses propriétés fondamentales. J’ai essayé de l’expliquer dans mon nouveau livre.

    3 – Statistiquement les gens qui essayent de faire du market sur leurs fonds (qu’ils soient bons ou mauvais) font perdre de la valeur à leur investissement. Ils investissent en moyenne au plus mauvais moment. Il vaut mieux débrancher son cerveau. Une des études les plus connues sur le sujet est « Mind the Gap » de Morningstar. Par ailleurs, les investisseurs en ETF/Indiciel font moins de market timing et ont de meilleures performances.

    4 – Bien sûr que 100€ investi aujourd’hui a moins d’impact dans le futur, à cause de l’inflation et de la croissance du portefeuille. C’est une simplification. Dans la réalité il faut ajuster de l’inflation. Et par ailleurs je pense que tu apprécieras dans le livre le chapitre sur le « cycle de vie de l’investisseur ». Il faudra raisonner en % d’épargne et en horizon de temps.

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