Le retour à l’autorité de la Chine de Xi Jinping profitera-t-elle à l’Occident ?

La Chine fascine et inquiète. Et son interdépendance commerciale avec l’occident entretient jusque-là un équilibre tout à la fois consenti et subi des deux côtés.

Depuis son ouverture au monde, après la mort de Mao, la vie politique chinoise n’a cessé d’osciller entre communisme et développement du capitalisme. Du capitalisme, pas du libéralisme.

Cette ambivalence trouve ses racines dans la nature propre du peuple chinois, pour l’essentiel des Han.

Les Chinois sont travailleurs, intelligents, et fondent leur mode de vie sur l’appartenance communautaire, le respect des aînés, des chefs, ainsi que sur un sens commercial particulièrement développé.

C’est sur ce terrain que Den Xiaoping,successeur de Mao, a élaboré sa théorie.

Cela nous donne en vrac :

  • – l’usine du monde qui nous inonde de produits à bas coûts
  • – les plus grandes multinationales technologiques mondiales (BATX)
  • – les routes de la soie, qui ne sont que la version moderne des anciennes routes de la soie élaborées par les Hans déjà à l’époque romaine. ( il faut rappeler à ce sujet que les Hans sont essentiellement des lettrés et des commerçants et non des combattants)

Des deux côtés du pacifique, le développement titanesque de ces géants du WEB (GAFAM et BATX) pose des problèmes de gouvernance politique :

Aux USA :

C’est la traditionnelle situation monopolistique régulée depuis les origines  des USA afin de ne pas entraver la libre concurrence. On parle régulièrement de démantèlement, sans toutefois passer à l’acte, pour des raisons d’équilibre géostratégique.

Et puis aux USA on aime bien la réussite.

Mais notons tout de même que la monnaie de Facebook (la Libra) est mort-née, parce qu’elle faisait ombrage dollar et au pouvoir régalien de l’État (en effet, à  la différence du Bitcoin, celle-ci était censée être basée sur un panier de monnaies).

En Chine, la question se pose un peu différemment :

Tout comme aux US, les géants chinois du NET, s’enivrent de pouvoir, et souhaitent se libérer de la tutelle de l’État communiste, comme Alibaba, qui vouait créer sa propre banque, ou Didi qui souhaitait se faire coter à Wall Street.

En face d’une telle situation la réaction des dictatures, jalouses de leurs  intérêts et de leur pouvoir est toujours la même :

Tout comme d’autres patrons, Jack Ma a disparu quelque temps, puis a réapparu pour vanter la grandeur du PC chinois et les bienfaits de la nature.

De même, les jeux vidéos ont été partiellement interdits et l’éducation retirée au secteur privé, toutes choses qui polluaient les esprits des individus en risquant de leur faire perdre la valeurs fondamentales et bienfaitrices du communisme.

Mais les Chinois sont chez eux en Chine, et ils font ce qu’ils veulent.

Une question mérite d’être posée :

Cette différence d’approche peut-elle avoir une incidence sur le développement futur de ces entreprises, alors que l’on sait qu’elles sont les bras armés des nations dans le cadre des  hégémonies mondiales.

En effet, la course au innovations technologiques ne fait que commencer. Qu’en sera-t-il donc dans 20 ans par exemple ?

Nous pouvons répondre partiellement en observant le passé et le chemin suivi par les États communistes, comme la Russie ou Cuba. Globalement le système ne leur a pas bien réussi.

Mais bien sûr, les populations ne sont pas les mêmes, et leurs adaptations non plus.

Cependant, si la Chine est un très grand pays par sa population, son nombre et sa force, la course à la conquête du monde nécessite une ouverture à celui-ci.

-Et pourtant, si les dirigeants chinois veulent serrer la vis à leurs populations, comme tout régime totalitaire, ils doivent se renfermer sur leurs frontières.

Ce difficile équilibre a été à peu près respecté jusqu’ici avec la complicité des démocraties occidentales, et je dirais aussi leur naïveté, puisqu’elle pensaient qu’à la longue, le libéralisme économique autant que les valeurs républicaines représenteraient une sorte de chant des sirènes auquel rien ne résiste.

Mais c’était sans compter sur la capacité de survie du régime communiste chinois, qui craint plus que tout de se voir déposséder de son pouvoir. Et nous avons déjà eu Tiananmen. Mais cela date de plus de 30 ans maintenant. Et rien n’a changé….

On ne doit pas négliger non plus, qu’un régime politique  de ce type n’a pu s’enraciner que dans une société communautaire, baignée de confucianisme qui place l’autorité du maître au dessus de tout.

Les Occidentaux commencent à comprendre que tout ne sera pas aussi simple qu’ils l’imaginaient. Et s’il en fallait une preuve, l’Allemagne, qui  tient pourtant beaucoup à vendre ses voitures aux chinois, a déjà infléchi son discours, vis à vis de la Chine.

Mais la Chine représente un tel marché que beaucoup d’entreprises cherchent à s’y installer ou l’ont déjà fait.( non sans difficultés)

Toujours est-il que la politique des Occidentaux vis-à-vis de la Chine, qui a connu une certaine inflexion avec Trump, est en passe de se durcir avec les Démocrates, et il est  assez probable que les américains, en tout premier lieu, sauront profiter de l’avantage que la Chine leur donne au travers de ce repli sur soi.

C’est le pari que je tiens.

Les GAFAM devraient à l’avenir prendre petit à petit l’avantage sur les BATX.

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