Le coronavirus est en train d’arrêter l’économie. Ni plus ; Ni moins. Tous les secteurs d’activité semblent concernés. Nous sommes en train de vivre un effondrement de la demande. Dans un marché, les prix sont fixés par confrontation de l’offre et de la demande.
L’offre, c’est la production, la productivité, la capacité des entreprises à produire ce que les consommateurs veulent acheter ; La demande, c’est le pouvoir d’achat, l’envie de dépenser, la satisfaction d’un besoin rationnel ou irrationnel.
Alors que le début de l’épidémie chinoise était un choc d’offre car l’entreprise « Chine » de production mondiale était à l’arrêt, nous sommes progressivement en train de tomber dans un choc négatif de demande. La demande baisse ; le consommateur arrête de consommer, se replie sur lui-même en attendant que la crise sanitaire passe.
Les entreprises pourront elles survivre à un tel effondrement de la demande ? Les compagnie aérienne vont elles survivre à l’effondrement du tourisme ? En France, pays du tourisme pas excellence, les restaurants Parisien, les vendeurs de souvenirs, les hôtels, les musées peuvent ils tenir 3 mois sans chiffre d’affaires ?
Bref, le coronavirus est, à court terme, une très mauvaise nouvelle. De nombreuses entreprises, déjà fragiles, ne vont pas survivre à cet arrêt brutal de l’économie. Nombreuses sont celles qui ne pourront payer leurs charges fixes et qui vont devoir se résoudre à mettre fin à leur activité.
Seules les entreprises les plus solides pourront faire le dos rond et passer ce mauvais moment. Il faut réussir à tenir 6 mois, 1 an.
Mais est ce là vraiment une catastrophe ? Je n’en suis pas certain. Depuis la grande crise économique de 2008, nous avons renoncé au capitalisme. Nous sommes entrés dans une économie administrée par les banques centrales. Refusant les conséquences de la crise économique, les banques centrales ont injecté des milliards d’euros pour essayer de maintenir en vie des entreprises qui auraient dû disparaitre. Cela s’est fait au prix d’un endettement toujours plus élevé et de taux d’intérêt sans cesse plus bas, jusqu’à devenir négatifs.
Le risque n’était tout simplement plus rémunéré puisque l’économie était sous administration de la monnaie distribuée abondamment par les banques centrales.
Aujourd’hui, les banques centrales sont inefficaces. Baisser les taux d’intérêt, injecter de la liquidité pour fluidifier les échanges ne sera d’aucune utilité face à un effondrement de la demande. Les entreprises n’ont pas besoin de faire des emprunts à un taux d’intérêt faible, elles ont besoin de clients qui achètent leur production.
Bref, le coronavirus pourrait bien nettoyer l’économie de ces entreprises « zombies », de ces entreprises non rentables qui réussissaient à se maintenir en activité grâce à des taux excessivement faibles. Demain, ces entreprises, déjà très endettées, ne pourront survivre à la baisse forte de la demande. C’est la fin des illusions.
Il s’agit là d’une bonne nouvelle à long terme car c’est la résurrection du capitalisme, c’est le retour du risque. Le capitalisme repose sur la création de valeur, mais aussi sur la capacité à détruire les modèles économiques non rentables. C’est la notion de destruction créatrice. Pour créer de la croissance à long terme, il faut accepter de détruire ce qui n’est plus efficace. On doit détruire du capital périmé pour renouveler la croissance.
Depuis 2008, on refuse ce cycle de destruction créatrice. On maintient en activité le capital périmé grâce à des taux toujours plus bas ; Depuis 2008, on a abandonné le capitalisme au profit d’une économie administrée. En refusant la destruction, on a renoncé à l’innovation ; On a empêché aux nouveaux entrepreneurs d’améliorer le marché abandonné par les entreprises non rentables qui ne pouvaient poursuivre leur activité.
Depuis 2008, le pouvoir est entre les mains des financiers au détriment des entrepreneurs.
Depuis 2008, les entreprises « zombies » se sont maintenues au détriment d’entreprises nouvelles au modèle économique renouvelés. La crise du coronavirus devrait révéler la vacuité de ces entreprises, la péremption de leur modèle économique et les limites de la finance. Déjà fragilisées par un modèle économique inadapté et sur-endettées, les faillites pourraient bien être nombreuses si la demande s’arrête.
A court terme, le coup est dur. Le capital va être détruit. Mais c’est une excellente nouvelle à long terme car sans destruction de capital … il n’est pas possible d’espérer en créer davantage à l’avenir.
A court terme des entreprises vont faire faillite, des actionnaires vont voir disparaître la valeur de leurs actions, des créanciers ne seront pas remboursés. Bref, à court terme, du capital va être détruit. Mais à long terme, de nouveaux actionnaires prendront la place de ces entreprises fragiles et vont innover, créer de la valeur nouvelle, proposer un modèle économique améliorer et créer encore plus de capital.
Bienvenue dans le capitalisme. Enfin ! Et ça c’est une bonne nouvelle ! Au revoir économie administrée par les banques centrales et la finance… le pouvoir retourne entre les mains de ceux qui savent créer de la valeur, c’est à dire les entrepreneurs au détriment des financiers.
Le retour du capitalisme, c’est aussi le retour du risque et de l’illiquidité pour vos investissements de long terme. La prise de conscience pourrait être violente pour ceux qui ont oublié que rendement et risque était toujours liés et que la liquidité avait un prix (cf »Réussir son investissement c’est comprendre que la différence entre le prix et la valeur, c’est la liquidité).
Celui qui crois dans la vertu du capitalisme, doit accepter la destruction créatrice. On ne peut croire dans la pérennité d’un capitalisme sans destruction du capital périmé. Depuis 2008, les banques centrales ont renoncé au capitalisme en refusant la destruction du capital périmé. La crise du coronavirus pourrait mettre fin à cette situation.
A suivre …

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