Il y a un peu moins de 10 mois, fin novembre 2017, je vous faisais part de mon analyse prospective sur le déroulement de l’année 2018 sous la forme d’une série d’articles concernant chacun des domaines importants de la gestion de patrimoine.

Le premier article publié, le 27 Novembre 2017, était intitulé « Stratégie d’investissement : 2018, Éclatement de la bulle des start-up et retour aux fondamentaux « développement durable ». »

Dans cet article, une phrase de synthèse suffit à exprimer l’idée générale du texte :

« En 2007, Sarkozy voulait une France de propriétaire à la veille de l’éclatement de la bulle immobilière… en 2017, Macron voulait une startup nation à la veille de l’éclatement de la bulle de l’innovation et du capital investissement. »

 

Depuis quelques semaines, l’accumulation de signaux faibles semblent confirmer que quelque chose se passe. Quelques exemples parmi tant d’autres :

  • Multiplication des démissions des cadres dirigeants chez TESLA face à un Elon MUSK qui a confirmé souffrir d’un Burn Out ; L’action perd près de 20% depuis un mois.

 

  • Scandale Cambridge Analytica qui fait office d’électrochoc chez les utilisateurs de Facebook ;  ; Dans une récente étude, il est fait état de conséquences importantes pour Facebook :
    • 26% des utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis ont supprimé de leur smartphone l’application du réseau social depuis un an ;
    • 42 % ont pris du recul par rapport à l’application et ne l’ont pas utilisée pendant plusieurs semaines, voire plus ;
    • chez les 18-29 ans: 44% affirment avoir effacé l’application de leur téléphone portable entre juin 2017 et juin 2018 ;

 

  • UBS ferme son Robo-advisor qui devait pourtant révolutionner la banque privée malgré des résultats commerciaux jugés satisfaisants jusqu’à maintenant, mais que dont le potentiel à court terme est trop limité pour prolonger les efforts ;

 

  • Nombres d’ICO, pourtant annoncées comme la révolution de la levée de capital en cryptomonnaie, sont des échecs avec des montants levés ridicules au regard des objectifs. Le dernier exemple, c’est HUSH dont le fondateur ne donne plus aucun signe depuis l’échec de son ICO qui devait pourtant révolutionner la banque en ligne (L’entreprise souhaitait obtenir 15 000 000€ pour créer un modèle économique révolutionnaire … ils semblent avoir obtenu 540000€ et surtout ils auraient laissés une belle ardoise – cf « Hush : le fondateur de la néo-banque française s’est volatilisé » ; Et surtout, combien de dossiers pour lesquels nous n’avons pas d’information ?

 

  • Nombre de startup révolutionnaires ferment leur porte faute de modèle économique viable. Nouvel exemple, c’est Foodora, le livreur de repas à domicile via des coursiers à vélo, qui vient d’annoncer arrêter son activité en France, malgré ses 1500 livreurs en France ;

 

 

  • … Je suis certain que vous avez plein d’exemples … Je les attends dans les commentaires !

 

 

Bref, on sent bien que le vent tourne.

Pour le moment, ce ne sont que des signaux faibles … mais attention, ça bouge !

Les powerpoints qui permettaient de lever des millions d’euros, il y a quelques mois … ne séduisent plus personne !

Même les ICO ont du mal à séduire (cf « L’arnaque des ICO ou comment faire passer une « campagne de pré-commercialisation » en investissement spéculatif à haut rendement ! »).

J’ai l’impression de revivre l’éclatement de la bulle internet des années 2000 ! Après l’abondance d’argent… la débâcle face à la réalité des modèles économique. (et oui, je deviens un senior du haut de mes 36 ans – Déjà une bulle immobilière et 2 bulles des startups). 

Il est urgent de relire cet article « Ponzi est vraiment un amateur à côté des entrepreneurs de la start-up nation ? ».

Et surtout, n’oubliez pas « C’est lorsque la mer se retire que l’on voit ceux qui se baignent nus ! »

 

 




36 Comments

  1. Vous allez également passer à côté de la révolution industrielle de la blockchain 😅 à force de ne pas sortir du cadre.

    La révolution du droit d’utilisation vs le droit de propriété 😉

    • On voit comment finissent les révolutions.
      J’ai une petite question pour vous.
      En quoi investir dans la blockchain serait-il judicieux? Et surtout comment y investir? Dans quelle devise?
      Je pose la question car même si l’utilité pratique paraît indéniable, comment ferez-vous pour monétiser vos gains une fois que tout le monde l’utilisera? Et dans quelle monnaie?
      Aussi le droit d’utilisation n’étant pas un droit de propriété, quel recours avez-vous en cas d’aliénation des données par le propriétaire? Par exemple, le propriétaire souhaite mettre fin à sa blockchain, il détruit toutes les données et se volatilise dans la nature. Ou alors il les vend à quelqu’un d’autre dont vous ne connaîtrez de toutes façons pas l’identité.
      Encore une fois on en revient au même débat concernant la valeur intrinsèque d’un actif. La blockchain n’a pas de valeur intrinsèque, c’est uniquement un véhicule pour les données.

      • Réponse intéressante cher Damien mais vous ne posera pas une petite question 😉
        La blockchain au sens générique n’a pas de valeur effectivement, en tout cas de mon point de vue.
        Ainsi j’ai du mal a saisir la valeur de l’ethereum par exemple, car contrairement au bitcoin ce n’est pas assimilé a une monnaie internationale par exemple, ou au Monero (+anonyme).

        Par contre le service proposé par une entreprise utilisant la blockchain en a une.

        Et il y a beaucoup de crypto-projets en ce sens.
        La valeur intrinsèque du token est très différente selon les projets.
        Pour beaucoup de projets la valeur du token est même proche de 0 a mon avis.

        Néanmoins il y a des projets sérieux où la valeur du token pourrait exploser (ou tomber a 0 si le projet échoue)
        Je vous invite à faire vos propres recherches, mais je vous donnes quelques convictions :
        iExec (cloud décentralisé)
        Ambrosus (traçabilité supply chain)
        Poet (protection des créateurs de contenu).
        Le token n’est pas utilisé de la même façon dans ces 3 projets, je vous laisse faire vos recherches si cela vous intéresse.

  2. Guillaume, votre angle d’analyse est à charge (ce qui ne marche pas) et je serais preneur d’un angle d’analyse à décharge (ce qui fonctionne). Accepteriez vous de faire l’exercice ?
    Philippe

    • Bonjour,

      Je ne suis pas certain de réussir cet exercice. Si vous le voulez, je vous laisse le rédiger. Effectivement, il est pertinent de confronter deux analyses divergentes pour réussir à prendre une position.

  3. le mecreant says:

    Nous sommes dans un monde économique, dont la logique n’est plus qu’économique, or il se trouve que l’économie en soi ne peut pas fonctionner en dehors du facteur humain qui en est le substrat. Hors comme disait un de mes vieux maitres ( avez vous remarqué que les maitres sont toujours vieux ?) l’homme, ses besoins fondamentaux et son fonctionnement n’ont pas changé depuis la prehistoire donc environ 1 million d’années. Raisonnablement ça ne changera pas non plus dans les 20 ans qui viennent. Donc au delà de toutes les péripéties, manipulations utilisation de la cupidité humaine etc etc, qui président a notre époque, a un moment ou un autre l’homme regardera combien de tranches de bison on lui donne en échange de ses silex. et vu qu’il sait tres bien que si le bison n’est pas dans l’assiette il est mort a tres court terme, il ne donnera pas ses silex contre des promesses. C’est quasiment reptilien mais c’est comme ça. Donc le virtuel s’effondrera tot ou tard s’il n’a pas une contrepartie tangible et quantifiable et appréhendable. La question a toujours se poser est ou son MES billes et je les récupère comment ?

  4. OlivierSPb says:

    Analyse très biaisée!
    Bientôt l’Air Liquide sera une jeune pousse pour GF! Appeler start-up Tesla, une société capitalisant 40 milliards de Dollars et fondée en 2003, soit il y a 15 ans, et réalisant 11 milliards de CA, c’est un peu gtoo much ! Je ne défends pas Tesla et encore moins cet histrion de Musk mais Tesla n’a rien à voir dans ce billet. Je pense beaucoup de mal de Tesla mais pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’éclatement d’une bulle des start-ups.

    GF, il faudrait un peu étoffer vos arguments avec des exemples concrets, précis et appropriés.
    Les ICO ont représenté une bulle où de nombreux gogos attirés par le rêve de l’argent facile se sont fait plumer dans des projets sans substance ou de véritables escroqueries.
    Il n’en reste pas moins que les ICOs vont se professionnaliser et se raréfier mais simplement parce que les bons projets sont rares.
    Et je pense qu’en mode scale-up, c’est à dire qu’une fois l’entreprise existant, générant de l’EBITDA et du profit, il y aura des opportunités tant pour les investisseurs que pour les entreprises.
    La blockchain est une technologie intéressante pour un faible nombre d’applications. Elle a été conçue dans le but de résoudre le paradoxe des généraux byzantins et n’est utile que quand on a besoin d’authentifier des transactions sans tiers de confiance. Tout le rest c’est de la foutaise et ce n’est PAS une solution de stockage de données. Par contre, si vous négligez l’intelligence artificielle vous faites une grosse erreur.

    Professionnalisation et raréfaction des opérations de toute nature, oui, éclatement probablement pas.

    Et le prochain krach financier ne viendra pas de la mort du bitcoin ou de la disparition des ICOs mais bien des dettes corporate non-investment grade qui pèsent pour les seuls Etats-Unis 1.600 milliards de Dollars en cas de hausse des taux.
    Scénario bien plus probable mais tellement moins séduisant et agréable à envisager!

    • Attention, loin de moi l’idée de dénigrer l’innovation !

      Ce que je nomme « startup nation », c’est l’esprit de ces entreprises qui courent après la croissance du chiffres d’affaires et les levées de fonds sans jamais réussir à gagner de l’argent.

      Ce sont ces milliers de jeunes entrepreneurs qui annoncent révolutionner un secteur avec une idée propre au concours lépine

      Ce sont ces investisseurs qui investissent des millions d’euros pour des projets bullshits ;

      Ce sont ces rois du marketing qui nous font croire que la révolution est partout… alors qu’ils n’ont encore rien vendu.

      Demain, lorsque l’argent sera plus rare et que les investisseurs se rendront compte de la réalité des promesses… la startup nation s’effondrera, comme elle s’est effondré en 2001.

      Demain, quelques entreprises resteront debout. Elles seront les multinationales de demain et seront alors extrêmement rentables (car elles pourront enfin augmenter leur prix en l’absence de concurrence sérieuse).

      Demain, vous pourrez ressortir mes analyses en expliquant que j’étais un toquard avec mes analyses bidons… mais nous aurons surtout tous oubliés les milliards d’euros qui auront été dilapidés pour atteindre ce niveau d’innovation.

      Aujourd’hui, il est facile d’affirmer qu’internet est une révolution. Et ceux qui ont tout perdu en 2001 étaient également persuadés de cela. Mais, il n’empêche qu’ils ont tout perdu…

      Une bulle est un mécanisme nécessaire à l’innovation … mais il n’empêche que ces excès laissent des victimes (et ce sont souvent les épargnants).

      • OlivierSPb says:

        Bof, les gogos ont tellement envie de se faire plumer que si ce n’est pas dans des ICOs, ce sera dans les Maranatha et autres infrastructures en Asie…
        Qui est le plus abruti: celui qui croit qu’il va faire 1000% en 1 mois avec une ICO ou celui qui croit que l’on peut avoir du 8%/an garanti et sans risque? Mon cœur balance…
        En 2000, se sont fait plumer les « gogos » qui ont cru en « une nouvelle économie » avec des critères d’évaluation des entreprises radicalement différents: le multiple de l’EBITDA étant remplacé par le multiple du nombre de clicks.
        Aujourd’hui on nous ressort le même genre de blabla avec un verbiage à la mode: la « narrative » est de créer un nouvel « écosystème » pour changer le « paradigme » en créant de la « disruption », c’est donc « révolutionnaire »!

        Si des crétins absolus sont prêts à mettre de l’argent dans des projets dont les « ouaïtepapeures » ne mentionnent jamais la phase recettes et revenus, qu’ils se fassent plumer, ce n’est que dans l’ordre des choses.
        Vae Victis!

        Par contre si vous trouvez un projet dont le business model vous semble solide et le business plan réaliste, pourquoi ne pas y aller mais en évaluant le projet à la papa!
        Dernier point. Il est vrai que les investisseurs privilégient aujourd’hui la top-line par rapport à la bottom-line.
        Personnellement, je suis plutôt bottom-line mais je dois reconnaitre qu’il y a des croissances fulgurantes dans certains projets qui justifient des prises de risques.
        Certains, dont vous, déplorent que des sociétés aient des comportements prédateurs en broyant impitoyablement le si sympathique petit commerce traditionnel mais en fait, rien de nouveau sous le soleil!
        Relisez donc le Bonheur des Dames de Zola. C’est bien la stratégie d’Octave Mouret de broyer la concurrence du petit commerce traditionnel comme celui des Baudu, d’étouffer dans l’œuf par une guerre des prix les concurrents comme Robineau qui ont compris le business-model mais qui manquent de surface financière. Et tant pis si les dommages collatéraux sur les autres petits commerces se multiplient!
        Amazon et consorts n’ont rien inventé!
        La seule différence c’est qu’à l’époque de Zola on n’imaginait pas de financer une entreprise sur sa seule top-line et que tout se passait par auto-financement. L’effet de levier n’avait pas encore été découvert!

    • Enfin vous revoilà ! Vous nous avez manqué avec vos arguments pertinents !

      Bon, le RTC ou autre crypto va t-il ou pas détrôner un jour la monnaie papier d’après vous ?
      Plus largement, quel avenir des blockchain et des monnaies basées sur cette technologie ?

    • Ça faisait longtemps OlivierSPb, il faut prévenir quand vous vous mettez au vert.

  5. Apres vos prévisions sur la faillite des assureurs, le krach des fonds euros, le krach de l’immobilier, le krach des SCPI, le krak des bourses voici l’éclatement de la bulle des « startup »…

    Vous gagnez en marketing ce que vous perdez en crédibilité

    C’est un choix…

    • Tous les actifs sont au plus haut donc c’est normal de prévoir un krach. Il y a trop de liquidités en circulation et trop d’investissements sur des actifs qui ne valent pas grand chose. La demande en immobilier grimpe artificiellement en raison des taux et non en raison de la création de valeur pour l’investisseur.
      En revanche, les questions que l’on peut se poser : est-il trop tôt pour parler de krach? Le risque de krach a t-il été complètement intégré et anticipé? Que valent les ratios de solvabilité des banques? Certains ex-FMI ont apporté des éléments de réponse à cette dernière question.

    • En réalité, tout est lié. Le sujet est l’abondance de liquidité mondiale et son retrait programmé dans les prochains mois.

      Tout est très chèrement valorisé et l’abondance détruit la sélection naturelle : Lorsque vous avez trop de capital, celui ci a partout… dans les bons projets… comme dans les mauvais.

      La liquidité mondiale est encore abondante … Demain, elle pourrait être moins abondante et ce sera l’occasion de vérifier quels modèles économiques sont solides.

      Depuis 2008, les politiques monétaires et l’inflation monétaire cache la réalité de la situation. Rien n’est réglé. Nous avons gagné du temps … mais ne l’avons malheureusement pas utilisé.

      • Oui, en fait tout est « Bullé » et ce qui ne l’est pas (encore) dépend directement ou indirectement de quelque chose de bullé.

        Que prévoyez/ voyez vous Mr Temp, du Temps encore du Temps ? (LoL)
        Mais après ??? Vous pensez réellement que le système va se corriger et revenir vers des pratiques raisonnables ?

    • le mecreant says:

      Oui, vous avez raison… le seul soucis c’est que si on attend le krack pour s’en prémunir, c’est trop tard… On se prépare pour la tempète et on fait avec le temps qui vient.

  6. Guillaume.
    Autant j’aime vos analyses sur le plan fiscal et civil, autant sur le plan des analyses économiques, vous êtes trop dans la bulle, son éclatement imminent, etc… Ça n’en est plus crédible. On sent une critique d’un modèle de start-up vs un (Votre) modèle de labeur.
    Désolé j’avoue commenter sans avoir lu en entier l’article.

    Sur le sujet des start up, dites vous bien que les modèles d’uberisation, de « winner take all » commencent déjà à être des références et le seront encore plus dans le future. Et cela va très très vite, les enjeux étant colossaux.

    Quand je vois la qualité de la relation client chez Lendix, Yomoni, Uber, Booking, Air BnB… c’est hallucinant. Toujours une réponse dans les 15 minutes. (Suis client chez tout ceux cités). Ils lèvent des fonds en millions car c’est la course pour prendre le marché et le « Winner take all ».
    Quand à la disruption du salariat et du contrat de travail : essayez de recruter un jeune talentueux et vous verrez.

    De plus, toutes ces start up ont le soutien politique qui déréglemente de plus en plus les métiers jadis réglementés.
    Les jeunes start-upper ont des ponts en or et des accompagnements enormissimes.
    Ça ne pourra pas s’arreter.

    Se pose alors la question des emplois. Car toutes ces boites fonctionnent avec peu de salariés (peu de labeur oui). Alors comment consommer si on a pas de revenus et de travail. La durée du travail va devoir encore baisser et de revenus universels devront être mis en place. Et nous, le laborieux, on a du mal à comprendre cela.

    • Merci. Nous entrons dans le coeur du débat. Merci de mettre les pieds dans le plat 😉

      Votre commentaire est passionnant tant il révèle l’illusion du moment.

      Les exemples de yomoni et/ou wesave sont excellents. Ces deux sociétés ont annoncées un objectif de collecte de 1 milliard d’euros d’ici à 2020 ; Elles sont aujourd’hui à -+50 millions 😉

      C’est facile de disrupter les vieux modèles avec des modèles économiques jamais rentables.

      Autre exemple, le monde de la banque en ligne, y compris Boursorama, société qui a 20 ans, n’est pas encore rentable ! 20 ans !

      Combien de temps encore pour être rentable 20 nouvelles années ? Soyons sérieux ! Un jour il faudra bien rendre des comptes 😉

      Enfin, en ce qui concerne ces accompagnement dont vous faites référence, il s’agit principalement de la BPI qui gaspille l’argent publique ! Combien d temps encore avant de s’en rendre compte.

      L’exemple de lendix est également passionnant. Comment expliquez vous que cette société soit la seule à attirer des projets de financement ? Pourquoi les autres plateformes ne lui arrivent elles pas à la cheville ?

      Tout ces discours, dont vous faites ici une parfaite synthèse, me font penser au désormais « mais maintenant c’est différent.. » Malheureusement, nous savons tous que rien n’est différent ! Plus dur sera le retour aux fondamentaux.

    • Peu de salariés mais des agents sur qui sont reportés les risques. Avec les aléas qui vont avec.
      Comptablement, une entreprise sans salariés n’a pas de masse salariale dans ses charges, ce qui signifie que les profits qu’elle génère sont exclusivement soit réinvestis dans le développement de la société, soit distribués aux fondateurs.
      De mon point de vue, c’est le modèle qui va s’imposer de plus en plus et qui mettra fin au modèle du salariat dans le secteur des services ou marchand.
      Ceci dit, n’est pas Über qui veut, et tout n’est pas ubérisable. Les activités à faible valeur ajoutée sont plus facilement ubérisables car étant au final très peu réglementées ou en cours de déréglementation. Elles sont un plus pour l’économie, mais ne mettent pas cette dernière en danger si elles n’existent pas ou si elles sont « mal » exercées.
      Aussi, l’autre condition de l’ubérisation c’est l’absence totale de qualification requise ou un seuil de qualification requise tellement bas qu’un enfant de niveau CM2 pourrait y accéder.
      Vous aurez donc peu de chances de voir des professions libérales s’ubériser sauf….(je n’ai pas envie de m’énerver).

      Vous vous demandez quels sont les aléas certainement?

      Tout simplement de meilleures conditions de rémunération et de travail.
      Si un petit malin trouve ce qui ne va pas chez Über et fait mieux avec une meilleure grille de rémunération et un meilleur service alors les agents peuvent vite aller dans le sens du vent et Über peut disparaître très rapidement. Là où un contrat de travail verrouille plus les choses, l’ubérisation c’est la loi de la jungle.

      • Autre aléa : des agents trop libres peuvent également porter atteinte à l’image de la société, par le biais de scandales par exemple.
        Enfin, dernier aléa pour la route : la frontière est en réalité très mince entre ces agents et les salariés. N’y a t-il pas un lien de subordination? (Je me place sur le terrain du droit français) Si c’est le cas, il y a donc un risque juridique à pratiquer l’ubérisation en France et dans certains autres pays.
        Mais je pense que c’est aussi risqué en Angleterre par exemple où le droit n’est pas écrit.

      • « Si un petit malin trouve ce qui ne va pas chez Über et fait mieux avec une meilleure grille de rémunération et un meilleur service alors les agents peuvent vite aller dans le sens du vent et Über peut disparaître très rapidement. »

        Méfiez-vous quand même de la « force de frappe » de ces sociétés, Uber, Amazon, Booking,etc. , Elles ne sont pas premières pour rien, elles ont une cellule dirigeante très intelligente, adaptable et opportuniste, c’est ce qui fait leur force ! Elles ne sont pas prêtes à se faire « bouffer » soyez en sûr !

        • Elles développent des pratiques anticoncurrentielles dans le cadre de la disruption. C’est ça le secret.

        • En gros, ils passent leurs vies à observer ce que font les autres et à se demander ce qu’ils peuvent faire pour les faire ch…

          •  » se demander ce qu’ils peuvent faire pour les faire ch… »

            Peut être remplacé par :
             » se demander ce qu’ils peuvent faire pour faire MIEUX ! »

          • Je travaille avec Booking.com et je vous assure qu’ils sont (bien) meilleurs que les autres:
            – logiciel au point et convivial,
            – facilité de réservation pour les locataires ,
            – location directe, sans aller/retour d’info,
            – réception au téléphone au top,
            – assistants de véritables experts,
            – réponse rapide aux questions et bien renseigné,
            – premier sur les moteurs de recherche (doivent payer cher à Google !)
            – …

            • D’où le « pas toujours ».
              Souvenez-vous, mon idée de départ est que le modèle économique sans masse salariale va s’imposer dans le secteur marchand. Maintenant, certains font des choix rationnels pendant que d’autres profitent de cette absence de charge pour faire feu de tous azimuts puis vous disent « winner takes it all ». On en revient encore une fois à l’abondance de liquidités et à l’irrationalité qui peut en découler.

  7. julien bonnetouche says:

    Guillaume,

    Félicitations pour votre article, car si la question est biaisée, le nombre de réactions intelligentes montrent bien combien le fond nous interpelle.

    J’avoue que j’ai du mal à me positionner, car le retour aux fondamentaux considéré comme certain par une majorité me laisse perplexe.
    Non pas à cause du progrès technique, car il en a toujours été ainsi, mais du fait de la vélocité de son évolution :
    le digital présente une particularité : absolument tout le monde est largué, sauf évidemment les quelques uns qui procèdent aux nouveautés.
    Et je ne parle pas des programmes scolaires où les enseignants du primaire et secondaire seraient incapables de se mettre à la page si on le leur demandait, mais des enseignements spécialisés déjà obsolètes dès qu’ils sont mis à dispositions des étudiants.

    Autrefois, il y a encore peu de temps, apprendre n’était qu’une question de volonté, et de temps.
    Aujourd’hui on n’a plus le temps, où plus exactement le temps est plus rapide pour les machines que pour les humains.
    Même un médecin qui commence ses études doit savoir que son exercice futur dans 8 ans n’aura plus rien à voir avec ce qu’il est en train d’apprendre.

    A cela il faut rajouter deux éléments :
    ces nouvelles technologies sont des monstres à la fois générateurs et dévoreurs de capitaux comme rien dans l’Histoire ne le rappelle.
    Et tout cela double plus ou moins tous les 18 mois. De quoi éponger pas mal de capitaux.
    On le voit, cette technologie informatique prend une place sans cesse grandissante autant dans notre vie d’êtres humains que dans les entreprises.
    C’est simple, on n’en voit pas les limites…

    Alors un crash  de la start up nation ?

    Oui si nous n’arrivons pas à coller aux basques des américains et des chinois.

    Et en fait non, car tout est mondialisé.

    Mais, il faut se bouger, car malheur aux vaincus !!

    • Bonjour Julien,
      Vous ne semblez pas avoir lu les commentaires sous forme pour partie de recommandations de OlivierSPb qui nous a fait l’honneur de revenir parmi nous.
      Des commentaires plein de bon sens auxquels, vous devez voue en douter, j’adhère au moins sur le fond.
      Vous chérissez « l’expansionnisme » de l’innovation et de la technologie scotchées aux montagnes de capitaux illimités.
      Tout ça ok, quand ça va bien ! mais à la moindre crise, BOUM ! tout cela s’écroule en quelques semaines voire jours.

    • le mecreant says:

      Tout est mondialisé… heu? vous êtes au courant qu’un certain Trump dirige les USA et que justement, il « démondialise » On peut être pour ou contre, penser le plus grand mal de cet « imbécile » et tout ce qu’on veut, il n’empêche qu’il fait ce qu’il a dit, America first et quelque soit le prochain président, il continuera cette politique hégémonique. l’europe la dedans n’etant au mieux qu’une variable d’ajustement.

  8. julien bonnetouche says:

    Michel,
    Ne vous y trompez pas, je suis inquiet et bien sur seule l’excellence durera.
    Mais je ne fais que relever les différences ( à mes yeux fondamentales) entre monde d’hier et d’aujourd’hui.
    Et je ne crois pas que l’on puisse l’extrapoler pour se faire une idée du futur.

  9. « Et je ne crois pas que l’on puisse l’extrapoler pour se faire une idée du futur. »

    Certe, mais dans un futur tourmenté, le superflu s’envole, les fondamentaux restent !

  10. « Et un jour, il faudra rendre des comptes »
    Ce jour là sera difficile, demandez déjà à l’ami Elon…….

    • En général, je dis bien en général, les coupables ne sont pas ou que très peu inquiétés ou morts ! Ils ne rendent pas de comptes ces gens là !
      Et les dindons de la farce, toujours les mêmes. sauf le cas échéants ceux qui auront (intelligemment) pris leurs précautions.

  11. julien bonnetouche says:

    @ le mécrant,

    il y a des limites aux injonctions de Trump, je dis injonctions car pour le moment il n’y a pas beaucoup d’actions.

    la bonne santé économique actuelle des USA vient essentiellement de la relance budgétaire qu’ils peuvent se permettre parce qu’ils ont le dollar.

    Mais là aussi ils ne peuvent pas tirer trop sur la ficelle car il faut absolument que wall street se porte bien.
    Et donc ils ont aussi intérêt à ce que le reste du monde se porte bien.

    la politique de Trump est manifestement la même que celle d’un gangster qui menace les autres, mais ça s’arrête là.
    A force de faire peur, Il obtient quand même des résultats ( Mexique Canada et surement demain la Chine) car il faut bien dire que les échanges sont parfaitement déséquilibrés.

    Voila pourquoi je pense que la « guerre commerciale » finira par s’arranger.

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