La situation actuelle est effrayante. La nouvelle politique mondiale des États-Unis semble « hors de contrôle ». Le tout dans un contexte boursier des plus favorable avec des valorisations qui sont à des sommets historiques.

A court terme, le bon sens devrait nous encourager à protéger nos investissements d’une prochaine crise qui pourrait subvenir. Combien de temps encore les boursiers vont-ils nier l’évidence d’une économie fragilisée par les frasques de TRUMP ?

Evidemment. Pour le moment, tout le monde joue avec la spéculation ; Personne ne veut prendre le risque de rater le train d’une hausse des cours de bourse que rien ne semble pouvoir arrêter. Mais, un jour, tout pourrait bien s’arrêter.

Un lundi matin, car les catastrophes boursières se préparent toujours le week-end ou un vendredi soir après la fermeture de la bourse, nous allons nous réveiller avec la gueule de bois. La goutte d’eau qui aura fait déborder le vase. Le krach sera là, et nous devrons accepter d’avoir voulu jouer un peu trop longtemps.

Evidemment, ça se passe toujours comme ça. Cette fois ne sera pas différente.

Dans une telle situation, nous avons deux solutions :

  • Vendre aujourd’hui. Sécuriser notre épargne et attendre cette crise qui viendra peut être demain, après-demain ou dans 10 ans. Vendre aujourd’hui et prendre le risque d’accepter de regarder le train passer. Car si l’analyse de l’augmentation des risques est probablement excellente, l’issue n’est pas certaine. Le système s’en sort toujours à moyen et long terme. Le système trouve toujours le ressort qui lui permettra de s’en sortir. Aujourd’hui, nous ne le connaissons pas, mais faites lui confiance pour trouver le moyen de sortir par le haut. Vendre aujourd’hui devrait réduire votre stress face à l’incertitude, mais cela réduira également votre capacité à faire croitre votre capital à très long terme. Celui qui investit en actions uniquement l’argent dont il n’a pas besoin ne sera que très peu affecté psychologique par les pertes à venir. En revanche, vendre aujourd’hui, c’est aussi conserver l’espoir de mieux racheter demain lorsque la crise aura fait baisser toutes les valorisations.

  • Accepter le risque et l’aléa. Rester exposé aux marchés, accepter la volatilité, se préparer à des lendemains difficiles, mais comprendre que c’est la seule stratégie pour espérer capter l’excellente performance de long terme des actions. Il est impossible de capter la bonne performance de long terme des actions pour celui qui n’est pas capable d’accepter la volatilité et l’aléa. C’est stressant, mais c’est la seule véritable solution. Vendre au plus haut pour mieux acheter au plus bas n’est pas une stratégie sérieusement envisageable. Toutes les études académiques et empiriques démontent ce fantasme du spéculateur, même si nous sommes individuellement convaincu que pouvoir réussir.

Alors, on fait quoi ?

A titre personnel, je ne vends rien. Je reste exposé au marché. Je ne suis pas un spéculateur. Je me prépare psychologiquement à encaisser un -30% sur mon portefeuille. Ce sera difficile, mais c’est le prix à payer.

En revanche, je n’investis plus. J’accumule de la trésorerie tous les mois (du moins j’essaie). Je ne souhaite pas augmenter ma poche d’investissement pour le moment.

J’attends. Je conserve mes investissements progressif, mais je les réduits pour me reconstituer une épargne à côté.

En revanche, je m’assure que l’intégralité de mon exposition est alignée avec mes convictions et ma lecture du monde. Je n’ai pas beaucoup d’investissements en actions US. J’en suis heureux. Je ne souhaite pas que mon épargne finance les frasques du gouvernement TRUMP.

J’ai tendance à vouloir encore renforcer mon exposition aux entreprises dont le modèle économique est aligné avec l’évolution du monde tel que je l’entrevois. Je ne veux pas suivre les tendances, j’investis en fonction de ma lecture du monde, celle avec laquelle je suis aligné (même si ce n’est probablement pas la plus rentable boursièrement parlant à court terme).

Pour moi, l’argent à de l’odeur. Donner du sens à son épargne, c’est aussi être capable de dire non.

La situation actuelle ne me plaît pas. Mais je sais aussi que je n’en sais strictement rien et que le système trouve toujours le moyen de sortir par le haut. Parfois, il faut passer par des périodes extrêmement longues et difficiles, mais on sort toujours par le haut…

J’accepte de ne pas savoir. J’assume, mais je sais aussi qu’il ne faut pas espérer avoir besoin de revendre mes investissements avant très très longtemps.

Et vous ? Que faites-vous ?

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