Je dois vous l’avouer, je ne comprends pas du tout la narration du moment qui explique que les banques centrales vont trop fortement augmenter les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation et qu’elles pourraient provoquer l’effondrement du système ou tout simplement une prochaine récession.

Je n’arrive pas à adhérer pas à cette vision qui me semble à la fois nier l’évidence d’une inflation à la fois temporaire et fruit d’un choc externe sur les matières premières ; Et surtout, nier une croissance économique solide qui semble se construire autour de nouveaux fondamentaux après deux crises violentes.

L’inflation est temporaire et fruit d’un choc externe sur les matières premières. Oui, l’inflation est forte, mais il s’agit d’un inflation importée par l’explosion du prix des matières premières et surtout par la sortie de deux années de pandémie à l’origine d’une forme de goulets d’étranglement. Augmenter les taux d’intérêt n’aura aucun effet sur cette hausse du prix des matières premières.

L’effet de base est puissant. Ce double choc est à l’origine d’une puissante hausse des prix qui se répercute partout dans l’économie.

Néanmoins, une fois le choc passé, il y a fort à parier que les prix vont refluer et entraîner à la baisse les prix qui ont très violemment augmenté depuis 6 mois.

Le prix du pétrole ne va pas augmenter de 50% tous les ans pendant les 10 prochaines années ; Le prix de l’huile de tournesol, idem. … Nous avons atteint un point haut ; Une éventuelle fin de guerre en Ukraine et surtout une pandémie qui semble enfin derrière nous devraient permettre de retrouver le cours normal des choses et de l’économie.

En revanche, le système complexe qu’est l’économie ne sera plus comme avant ; Plus comme avant le Covid-19 ; Plus comme avant la guerre en Ukraine. Les entreprises, les citoyens et les États ont beaucoup appris et tirés les leçons de 3 années de crise violente.

Demain, L’hyper-mondialisation pourrait laisser davantage de place à une plus grande régionalisation des échanges et des usines de production plus proches des sites de consommation ;

Demain, l’indispensable meilleure protection de l’environnement devrait encourager une forme de relocalisation des industries et remettre en cause une chaîne d’approvisionnement trop mondialisée pour être efficace en cas de chocs ; A ce titre, l’industrie du bâtiment à une croissance assurée pour les 30 prochaines années. La rénovation énergétique de l’ensemble du parc immobilier est une rente assurée pour des décennies.

Demain, ces deux facteurs forts (régionalisation et relocalisation puis protection de l’environnement) seront inflationnistes et pourraient enfin permettre de retrouver l’inflation dont nos économies ont besoin ;

Demain ou après demain, les leçons de ces violentes crises pourraient nous permettre d’entrer dans un cycle de croissance économique puissant au détriment des pays émergents (Russie et Chine notamment) qui ont capté beaucoup de valeur depuis 25 ans.

Au contraire, la hausse des taux est une bonne nouvelle.

Il ne faut pas oublier que le poison n’est pas l’inflation. Le poison c’est la déflation. Nous sommes peut être en train de réussir à sortir du cercle vicieux de la déflation au profit d’une inflation qui va tranquillement retrouver un niveau acceptable lorsque la double crise (Covid et Ukraine) sera derrière nous.

Et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle.

Évidemment, le choc de la guerre en Ukraine est en train de ralentir nos économies. Les entreprises et les agents économique doivent s’adapter à la hausse des prix des matières premières. Mais la hausse du prix des matières premières ne va pas être éternelle. L’effet de base va permettre naturellement de ralentir l’impact sur la hausse des prix.

Évidemment, l’inflation va obliger une réorientation de l’épargne.

La politique monétaire accommodante pourrait moins profiter à la spéculation et aux marchés car l’argent ira davantage dans l’économie (si les prix augmentent, l’économie a besoin d’une plus grande quantité d’argent pour fonctionner ; Depuis 15 ans, cet argent était accumulée dans les marchés ; Demain, il pourrait davantage irriguer l’économie).

C’est évidemment, une mauvaise nouvelle à court terme pour les actifs spéculatifs qui perdent une source de valorisation, mais c’est surtout une bonne nouvelle pour l’économie et les entreprises rentables dont la valorisation tient compte de leur capacité à générer des bénéfices.

Bref, je n’arrive pas à être pessimiste !

A suivre.

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