C’est bon, enfin, la BCE pourrait annoncer dans les jours prochains une nouvelle politique monétaire non conventionnelle proche de celle d’ores et déjà pratique par la banque fédérale américaine et la banque du Japon.
Jens Weidmann, Economiste dirigeant de la banque centrale Allemande à déclaré « qu’il n’était pas « exclu » que la Banque centrale européenne (BCE) achète des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation ». 
Cette perspective d’une nouvelle politique monétaire plus agressive est certes le signe d’une économie qui peine à croître et frôle (si elle n’y est pas déjà) la déflation, mais les marchés, à l’instar d’un drogué à qui l’on vient d’annoncer l’approche d’une nouvelle injection, y voit la possibilité de continuer à jouer! La fête continue… Elle est destructrice, mais elle continue.
Souvenez vous de notre article de stratégie annuel publié en décembre dernier : « 2014, Quelles perspectives pour les marchés financiers et la bourse ? Vers un krach obligataire ? » dans lequel nous vous annoncions déjà le scénario qui se profile :

En 2014, la banque centrale européenne (BCE) qui doit ABSOLUMENT lutter contre la déflation  pourrait accélérer les rotatives de la planche à billet en assouplissant encore sa politique monétaire. Cette décision destructive à long terme pourrait encore favoriser les marchés actions en 2014.
Avec une accélération de la politique monétaire de la BCE et une augmentation irréversible de la liquidité mondiale pour lutter contre la déflation, la bourse pourrait encore afficher une performance positive en 2014 (cf article « L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale …« .
Néanmoins prudence, il ne s’agit que d’une valorisation spéculative basée sur une baisse des taux d’intérêt, le retour de bâton (à savoir l’augmentation des taux d’intérêt lorsque les politiques monétaires seront moins généreuses) pourrait être encore plus violent.

 
Les conséquences de ces politiques monétaires non conventionnelles qui s’accumulent conduisent naturellement à une augmentation de la liquidité mondiale. Faute de croissance économique (et donc de besoin réelle de ces liquidités pour le financement d’une économie qui n’en a pas besoin), les liquidités excessives vont augmenter la valeur des actifs (action, baisse des taux d’intérêt, maintien de l’immobilier à des niveaux stratosphérique …).
Les marchés actions accueillent donc avec euphorie cette perspective d’une nouvelle politique monétaire. C’est la déflation, la croissance est atone pour de nombreuses années, le chômage est au plus haut, mais l’inflation monétaire organisée par les banques centrales, c’est à dire, l’impression massive de billets et plus globalement la stratégie commune des banques centrales, pourrait conduire à un effondrement monétaire et donc à une inflation « artificielle » qui amputerait le pouvoir d’achat des ménages et serait à l’origine d’une banqueroute des états.

L’augmentation du nombre de billets en circulation finissant par laminer la valeur de chaque billet.

 
Au final, l’augmentation incroyable des bourses n’est pas le résultat de l’amélioration des capacités bénéficiaires des entreprises, mais simplement le fruit de l’inflation monétaire. La valeur des monnaies sont entrées dans un processus de baisse de leur valeur, les actifs (les actions aujourd’hui, mais c’est l’immobilier hier) doivent donc, pour maintenir leur valorisation intrinsèque, être exprimé dans un nombre plus important de monnaie.
Nous avons commencé cette réflexion sur le lien entre l’inflation monnétaire et la hausse des marchés dans cet article « Gestion pilotée : schizophrénie déflationniste, entre tactique de marché et vision fondamentale…« , dont la conclusion était la suivante :

« L’augmentation irréversible de la liquidité mondiale (pour lutter contre la déflation) et l’inflation monétaire induite pourraient avoir pour conséquence une évolution structurelle de l’appréciation de la valeur des actions et des entreprises : A capacité bénéficiaire équivalente, voir à la baisse, la valeur en euros d’une entreprise pourrait augmenter du fait de la perte de pouvoir d’achat de la monnaie. La hausse de la valeur des actifs, n’est pas le fruit de l’augmentation de sa valeur intrinsèque, mais de la baisse de la valeur de la monnaie. »
Réflexion d’ailleurs assez comparable à l’analyse des prix de l’immobilier – C’est L’abondance de la liquidité mondiale et les taux d’intérêt excessivement bas qui permettent de justifier, à long terme, cette déconnexion entre les prix de l’immobilier et l’économie réelle. – Une génération entière s’est enrichie sur cette mise en œuvre de cette déconnexion, pourrions nous être à l’origine d’un phénomène comparable pour le marché action ? (J’ai bien conscience que cette réflexion est totalement disruptive par rapport à mes analyse habituelles – ce n’est pour le moment pas une analyse aboutie, ce n’est qu’une réflexion… J’attends vos commentaires !) )

 
Au final, les nouvelles économiques sont désastreuses, la déflation menace sérieusement (cf article « En cas de déflation, ne pas investir est une vraie décision d’investissement.« ), mais les politiques monétaires mises en œuvre par les banques centrales ont pour conséquence un inflation monétaire, destructrice de la valeur des monnaies et du système à moyen terme mais permettant, à court terme, une valorisation des actifs et donc des marchés actions.

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