L’inflation, vous vous souvenez celle que l’on annonçait comme impossible, puis transitoire serait en réalité une nouvelle réalité pérenne pour nos économies.

Après plus de 15 ans d’une politique monétaire extra-accomodante et d’abondance monétaire, il semble bien que l’argent injecté trouve enfin le chemin du circuit économique.

C’est l’éternelle histoire du dentifrice et du tube. Une fois le dentifrice sortit du tube, il est bien compliqué de le faire rentrer à nouveau, sans faire de gabegie. Pour l’inflation, c’est pareil.

L’inflation redevient un sujet majeur pour nos économies alors même que depuis 15 ans, nous étions collectivement persuadés que la déflation structurelle de nos économies interdisait ce scénario. Aujourd’hui pourtant, entre relocalisation, démondialisation, lutte contre le réchauffement climatique, politique budgétaire agressive, tous les indicateurs militent pour une résurgence durable de l’inflation.

Une inflation qui met à mal les banques centrales.

Les banques centrales sont dans une impasse car elles ne peuvent pas lutter contre l’inflation sans déclencher une crise financière et économique surpuissante !

Dans une récente analyse publiée sous le titre « le problème des Banques Centrales va être insoluble, Patrick ARTUS résume parfaitement bien la question.

Extrait :

Les Banques Centrales des pays de l’OCDE sont contraintes aujourd’hui (par le niveau d’endettement public et privé, par la guerre en Ukraine et la perte de croissance induite, par le besoin accru de dépenses publiques, par l’impossibilité d’envisager un nouveau recul de l’activité après la crise de la Covid, par le niveau élevé des prix des actifs) de conserver des politiques monétaires très expansionnistes.

Mais pour éviter une crise des dettes ou une récession, pour faciliter le financement des dépenses publiques, elles vont être contraintes d’accepter des évolutions dangereuses non seulement du point de vue économique, mais aussi du point de vue social : une inflation forte, la poursuite d’une hausse rapide des prix des actifs, en particulier des prix de l’immobilier.

Pour lutter contre l’inflation, il faudrait des taux d’intérêt extrêmement élevés, qui ne seront pas mis en place.

En réalité, quoi que choisissent les Banques Centrales, la conséquence du choix est très dangereuse.

Les Banques Centrales ont beaucoup de raisons de maintenir une politique monétaire expansionniste

Au moment où les Banques Centrales (nous regardons la Réserve Fédérale et la BCE) se demandent dans quelle mesure elles doivent normaliser leurs politiques monétaires, on sait qu’elles sont confrontées à de nombreux facteurs qui les poussent à conserver une politique expansionniste :

Le niveau élevé de l’endettement public et privé ;

– avec les suites de la crise de la Covid et avec la guerre en Ukraine, un besoin élevé de dépenses publiques (dépenses militaires, dépenses de santé, de réindustrialisation, de transition énergétique… ; également un affaiblissement de la croissance avec le recul des salaires réels ;

l’impossibilité d’accepter une nouvelle récession après celle de la Covid ;

le niveau élevé des prix des actifs , donc la crainte de déclencher une crise financière si une politique monétaire plus restrictive faisait reculer fortement les prix des actifs.

Les Banques Centrales ne peuvent donc pas passer à une politique monétaire réellement restrictive, si elles veulent éviter une crise de la dette, une nouvelle récession, si elles veulent rendre possible la hausse des dépenses publiques, si elles veulent éviter une chute des prix des actifs.

Mais si la politique monétaire reste expansionniste, d’autres désordres vont apparaître

Si les politiques monétaires, même moins expansionnistes qu’aujourd’hui, restent expansionnistes, alors :

l’inflation va rester forte ;

les prix des actifs vont continuer à augmenter, en particulier les prix de l’immobilier.

Bien sûr, la Réserve Fédérale et, à un bien moindre degré, la BCE vont accroître leurs taux d’intérêt. Récemment, la Réserve Fédérale est devenue nettement plus agressive dans sa volonté de lutter contre l’inflation. Mais, pour lutter réellement contre l’inflation, il faudrait des taux d’intérêt beaucoup plus élevés, supérieurs à l’inflation, ce qui est impossible.

Synthèse : quoi que décident les Banques Centrales, les conséquences seront négatives

Les Banques Centrales (la Réserve Fédérale, la BCE) sont dans une situation très difficile, car, quelle que soit la décision qu’elles prennent, cette décision aura des conséquences très négatives :

si les Banques Centrales privilégient la soutenabilité des dettes, le financement de dépenses publiques accrues, le soutien de la croissance, la prévention du recul des prix des actifs, elles laisseront augmenter l’inflation et les prix de l’immobilier, avec les conséquences sociales induites (perte de pouvoir d’achat, difficulté à se loger) ;

si les Banques Centrales privilégient la lutte contre l’inflation et la stabilisation des prix des actifs, il faut qu’elles passent à des taux d’intérêt très élevés, ce qui provoquerait crise des dettes, récession, chute des prix des actifs, impossibilité de financer les dépenses publiques accrues.

Bref, deux options qui ne sont pas sans conséquences :

  • Soit les banques centrales adoptent une politique monétaire restrictive, et les taux explosent à la hausse ; L’inflation sera vaincue, mais les économies seront ruinées car le système n’a pas les moyens de supporter cette hausse violente des taux d’intérêt ; On ne peut pas considérer ce scénario comme sérieusement envisageable.

  • Soit les banques centrales conservent une politique expansionniste, relèvent tout de même un peu les taux pour se donner bonne conscience, mais les taux réels resteront négatifs ; L’inflation deviendrait alors durablement forte, mais ce serait un mal nécessaire pour éviter l’effondrement de nos sociétés. Dans une telle seconde hypothèse, l’euthanasie des épargnants accélèrerait, les prix de l’immobilier et des actions continuerait de fortement augmenter, les actifs et les états se désendetteraient, mais les retraités (en cas de retraite non indexées) et les épargnants et notamment les fonds euros d’assurance-vie s’appauvriraient violemment.

Si on considère que la survie du système interdit d’adopter une véritable politique de lutte contre l’inflation, il va falloir s’habituer à une inflation très forte dans les prochaines années.

Les épargnants vont devoir radicalement se bouger s’ils ne veulent pas subir l’euthanasie qu’on leur promet ! (et qui pourrait ne faire que commencer).

A suivre !

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