Le constat est implacable : Nous sommes collectivement incapables de réduire les déficits publics. Les débats parlementaires à l’occasion du PLF2025 l’illustre à la perfection.

Il serait trop facile de reporter la faute sur nos députés. Ils sont juste les porte-paroles des citoyens. Nous ne sommes pas capables de réduire les déficits et nous nous accrochons tous à nos niches fiscales ou à nos prestations sociales.

Pour réduire le déficit public, il faut réduire les prestations sociales, réduire les retraites, réduire les prestations chômages, réduire les remboursements de la Sécurité Sociale, augmenter le temps de travail hebdomadaire, augmenter l’âge de départ à la retraite, …

On le constate, c’est impossible sauf à prendre le risque de déclencher une guerre civile dans le pays. Il suffit de lire les quelques commentaires sur de récents articles pour comprendre qu’il n’est plus possible de discuter ou d’essayer de réfléchir.

La réduction du déficit public par la réduction des dépenses est impossible ou du moins dans des proportions trop faibles pour être suffisamment significatives !

D’un autre côté, augmenter les impôts est également impossible tant les prélèvements obligatoires pèsent déjà beaucoup trop sur la compétitivité des travailleurs et des entreprises. Augmenter les impôts des retraités serait préférable, mais c’est politiquement impossible.

La réduction des déficits publics par l’augmentation des impôts est impossible ou du moins dans des proportions trop faibles pour être suffisamment significatives !

Il ne reste alors plus qu’une seule solution pour réduire les déficits publics : L’inflation par la croissance et des taux réels négatifs.

Pour réduire le taux d’endettement (dette / PIB), il existe deux solutions :

  • Réduire les déficits en augmentant les recettes ou réduisant les dépenses ;
  • Augmenter le PIB nominal plus rapidement que la dette.

On vient d’expliquer que la première solution était impossible ou de manière trop marginale pour être significative. Nous allons donc sérieusement devoir envisager la seconde option : Créer de la croissance inflationniste avec une combinaison :

  • D’un déficit durablement excessif pour financer des investissements et pousser la croissance dans ces bornes hautes ;
  • Des taux d’intérêt réel négatifs, c’est-à-dire des taux d’emprunt des états inférieurs à la croissance nominale dudit pays ;

D’un déficit durablement excessif pour financer des investissements et pousser la croissance dans ces bornes hautes.

À l’instar des États-Unis, nous n’avons pas d’autres solutions : Il faut pousser la croissance à tout prix. Nous n’avons pas les moyens d’encaisser une récession.

Nous allons donc poursuivre sur cette voie des déficits publics largement supérieurs à 3%, l’Allemagne va devoir lâcher les cordons de la bourse.

Ce matin, on apprend que le Japon va lancer un programme de relance budgétaire de 136 milliard d’euros (alors que le Japon est l’un des pays les plus endettés du monde).

« Le gouvernement japonais va approuver vendredi un plan de relance équivalant à 136 milliards d’euros destiné à doper le pouvoir d’achat des consommateurs, a annoncé le Premier ministre Shigeru Ishiba à des médias locaux, moins d’un mois après avoir perdu sa majorité parlementaire. Ce paquet de mesures, évalué à 22000 milliards de yens et qui devra ultérieurement être voté par le Parlement, est destiné à stimuler une croissance économique atone. Il devrait comprendre des subventions pour l’énergie, des aides directes aux ménages à faibles revenus et des ajustements fiscaux, selon les médias nippons. »

Aux US, le déficit publics est annoncé supérieur à 6% jusqu’en 2034.

En Europe, nous allons devoir suivre le chemin. Je ne vois aucune autre solution. Revenir à 3% est impossible.

Cette croissance financée par la dette va être inflationniste. Elle pourrait s’accompagner d’une forme de protectionnisme qui augmenterait l’inflation.

Des taux d’intérêt réel négatif, c’est-à-dire des taux d’emprunt des états inférieurs à la croissance nominale dudit pays.

Pour accélérer le désendettement du pays, il faut que le taux d’emprunt de la dette d’état soit inférieur au taux de croissance nominale de l’économie.

Si votre économie croît à 3.50% par an (PIB + Inflation = 3.50%), mais que vous vous endettez à 2% pour financer cette croissance, vous vous désendettez !

C’est ce mécanisme qui explique que le taux d’endettement soit passé de 114% en 2020 à 110% en 2024 pour la France.

Quelle stratégie patrimoniale adopter dans un tel contexte de croissance inflationniste et de taux réel négatifs ?

Dans un tel contexte, d’incapacité à réduire les déficits par la réduction des déficits publics, il faut se préparer à deux scénarios :

  • 1 – L’effondrement lent et progressif sur fond de hausse des taux d’emprunt des dettes d’état. Scénario improbable qui suppose une absence de solidarité de nos compatriotes de la zone euro et une Banque Centrale Européenne (BCE) qui laisserait s’effondrer la zone Euro.
  • 2 – Mise en œuvre d’une stratégie de croissance économique à tout prix grâce aux relances budgétaires, un déficit public durablement élevé, une croissance sous stériode des déficits publics, une inflation durablement autour de 2/3% et surtout des taux d’intérêt long terme nul ou même inférieur au taux de croissance nominale de l’économie (grâce à la banque centrale européenne qui n’a pas d’autres choix que de suivre la politique monétaire des US). Une stratégie qui singe la stratégie actuelle des États-Unis.

Dans un tel contexte de croissance à tout prix, il faut adapter une stratégie patrimoniale offensive construite autour de 3 grandes idées :

  • L’inflation est l’euthanasie des rentiers. L’épargnant devra donc limiter son épargne au profit de ses investissements dans l’économie réelle. Réduire son exposition aux obligations et produit de taux d’intérêt ;
  • Investir dans l’économie réelle en achetant des actions ou de l’immobilier et plus globalement en investissant dans des actifs d’usages dont la valeur profite pleinement de la croissance économique et de l’inflation ; Acheter des actions dont les bénéfices bénéficieront de la croissance et de l’immobilier dont les prix à long terme sont indexés sur l’évolution des revenus disponibles des ménages ;
  • S’endetter à taux fixe ;
  • Faire confiance à sa capacité à travailler et à créer de la valeur à long terme ; Les salaires et les bénéfices des entreprises sont indexés sur la dynamique économique et sur l’inflation.

PS : Peut-être que la forte hausse du cours de l’Or depuis quelques mois, s’explique par cette anticipation de hausse durable de l’inflation à venir. L’OR est typiquement un actif censé protéger contre les périodes d’inflation fortes.

PS : Si vous n’êtes pas d’accord avec ce scénario de la croissance à tout prix, vous devez effectivement craindre le pire. Nous sommes morts ! À la prochaine récession, c’est la catastrophe.

PS : Il faudra peut-être un peu de temps et passer par des moments difficiles pour y arriver, mais je ne vois pas d’autres solutions.

À suivre.

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