A force de disserter quotidiennement sur l’évolution des cours boursier, sur l’évolution de tel ou tel indice, on en oubli les fondamentaux de l’investissement en action.

Investir en action, c’est devenir propriétaire d’une entreprise. L’enrichissement de l’actionnaire est double. Il pourra bien évidemment profiter de la hausse future de la valeur de ladite entreprise (ou sa baisse)… mais il pourra également percevoir les dividendes versés par l’entreprise.

Force est de constater qu’à force de construire des produits financiers et de disserter autour de la spéculation qui entoure la valorisation des entreprises, la puissance des dividendes est minorée. Les dividendes doivent donc être au cœur de votre stratégie d’investissement sur le marché action.

Pour vous donner envie, voici le graphique de l’indice CAC40 dividendes réinvestis :

Investir en action dans l’objectif de profiter uniquement de la hausse de la valeur de l’entreprise, c’est se priver d’une source de performance majeure que sont les dividendes.

Malheureusement, les épargnants n’ont pas toujours le choix et ils ne voient pas toujours la couleur des dividendes distribués au sein des FCP, SICAV et autres unités de compte des contrats d’assurance vie.

Dans l’industrie de la gestion de portefeuille, il est courant d’entendre que les dividendes rémunèrent le gérant de portefeuille. En d’autres mots : Les frais de gestion des FCP, SICAV ou unités de compte captent la valeur des dividendes normalement attribués aux actionnaires.

Pour profiter des dividendes, les épargnants n’ont d’autres choix que :

  • D’investir via des ETF, c’est à dire des produits financiers, plus ou moins complexes qui répliquent l’indice CAC40, tout en distribuant les dividendes attachés. Il s’agit d’un solution qui peut s’averer pertinente, même si nous sommes prudent face à l’explosion des encours depuis quelques années. A mon humble avis, il s’agit d’un support de diversification qui ne doit pas être au coeur de la stratégie d’investissement en action (cf »Faut il se méfier des ETF par simple principe de précaution et suivre son intuition de bon sens ? »).

 

 

Voici le palmarès des entreprises du CAC40 selon le niveau des dividendes 2017, 2018 et estimé pour 2019.

Libellé

Dernier cours Div. 2017 Rend. 2017 Div. 2018 Rend. 2018 Div. 2019 (est) Rend. 2019 (est)
SOCIETE GENERALE 32.820 2.200 +6.76% 2.265 +6.96% 2.360 +7.25%
BNP PARIBAS BR-A 44.975 3.020 +6.81% 3.020 +6.81% 3.100 +6.99%
CREDIT AGRICOLE SA 11.052 0.630 +5.88% 0.690 +6.44% 0.716 +6.68%
AXA 21.625 1.260 +6.03% 1.336 +6.39% 1.443 +6.90%
ENGIE 12.505 0.700 +5.79% 0.750 +6.20% 0.780 +6.45%
RENAULT 62.770 3.550 +5.87% 3.710 +6.14% 4.000 +6.62%
BOUYGUES 34.710 1.700 +5.16% 1.700 +5.16% 1.700 +5.16%
TOTAL 48.490 2.308 +4.44% 2.607 +5.01% 2.668 +5.13%
ORANGE 14.995 0.650 +4.44% 0.700 +4.78% 0.750 +5.12%
VEOLIA ENVIRONNEM 18.740 0.840 +4.51% 0.890 +4.78% 0.960 +5.16%
VALEO 25.470 1.250 +4.75% 1.190 +4.53% 1.250 +4.75%
SAINT-GOBAIN 32.940 1.300 +4.09% 1.350 +4.25% 1.450 +4.56%
PEUGEOT 19.450 0.530 +2.75% 0.800 +4.15% 0.920 +4.77%
MICHELIN N 91.900 3.550 +3.87% 3.700 +4.03% 4.080 +4.45%
PUBLICIS GRP 52.880 2.000 +3.86% 2.065 +3.99% 2.223 +4.29%
SANOFI 79.180 3.030 +3.81% 3.072 +3.86% 3.150 +3.96%
SCHNEIDER EL 64.660 2.200 +3.52% 2.350 +3.76% 2.500 +4.00%
VINCI 77.960 2.450 +3.19% 2.670 +3.47% 2.900 +3.77%
SODEXO 91.160 2.750 +3.16% 2.750 +3.00% 2.750 +3.00%
DANONE 65.780 1.900 +2.88% 1.950 +2.96% 2.090 +3.17%
CARREFOUR 16.545 0.460 +2.76% 0.450 +2.70% 0.525 +3.16%
AIR LIQUIDE 104.550 2.650 +2.57% 2.775 +2.69% 2.950 +2.86%
LEGRAND 54.240 1.260 +2.36% 1.350 +2.53% 1.440 +2.70%
ATOS 75.340 1.700 +2.38% 1.724 +2.41% 1.950 +2.73%
TECHNIPFMC 20.800 0.210 +1.06% 0.457 +2.30% 0.458 +2.31%
LVMH MOET VUITTON 258.700 5.000 +1.93% 5.940 +2.30% 6.500 +2.52%
VIVENDI 22.290 0.450 +2.12% 0.457 +2.15% 0.500 +2.36%
ACCOR 40.000 1.050 +2.67% 0.793 +2.02% 1.097 +2.79%
KERING (Ex: PPR) 390.900 6.000 +1.54% 7.500 +1.92% 8.740 +2.24%
AIRBUS 95.300 1.500 +1.61% 1.742 +1.86% 2.160 +2.31%
L’OREAL 209.300 3.550 +1.72% 3.820 +1.85% 4.108 +1.99%
CAPGEMINI 103.400 1.700 +1.68% 1.790 +1.77% 1.970 +1.95%
SAFRAN 111.500 1.600 +1.47% 1.910 +1.75% 2.320 +2.13%
PERNOD RICARD 140.850 2.020 +1.45% 2.360 +1.67% 2.780 +1.97%
ESSILORLUXOTT 112.200 1.530 +1.40% 1.570 +1.43% 1.742 +1.59%
ESSILORLUXOTT 112.150 1.530 +1.40% 1.570 +1.43% 1.742 +1.59%
STMICROELECTR 13.050 0.193 +1.19% 0.206 +1.27% 0.231 +1.43%
HERMES INTL 485.200 9.100 +1.84% 4.658 +0.94% 5.031 +1.02%
DASSAULT SYSTEMES 107.650 0.590 +0.58% 0.645 +0.64% 0.740 +0.73%

 

Prenons un exemple concret avec l’investissement dans Air Liquide. Dans notre exemple, il s’agit d’investir dans l’action Air Liquide en 2000.

Comme vous pouvez le lire dans ce tableau, l’actionnaire qui aurait acheté 1 action pour 116.73€ en 2000… serait aujourd’hui, dans son PEA, à la tête d’un patrimoine de 209.4€, soit deux actions Airliquide (du fait d’une division du nominal en 2007 ; Hors programme de fidélité) + 68.95€ de dividendes versés en 17 ans.

Au total, un capital de 278.35€ et un Taux de Rendement Interne de 5.77% / année entre 2000 et 2017. Ce rendement est minoré, car je considère ici que les dividendes sont versés, puis accumulés sur le compte espèce PEA sans réinvestissement.

L’utilisation des dividendes pour acheter des actions aurait été source d’une amélioration du TRI de l’investissement, mais cela réduit les possibilités de comparaison avec d’autres investissements tels que l’immobilier par exemple.

 

Air liquide
Dividende Cours Rendement dividendes TRI
2000 3,00 € 116,73 € 2,57% -116,73 €
2001 3,10 € 115,62 € 2,68% 3,10 €
2002 3,20 € 103,88 € 3,08% 3,20 €
2003 3,20 € 116,20 € 2,75% 3,20 €
2004 3,50 € 125,36 € 2,79% 3,50 €
2005 3,85 € 150,27 € 2,56% 3,85 €
2006 4,00 € 174,44 € 2,29% 4,00 €
2007* (division du nomimal par 2) 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2008 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2009 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2010 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2011 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2012 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2013 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2014 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2015 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2016 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2017 4,10 € 203,58 € 2,01% 4,10 €
2018 209,4 209.4
68,95 € 5.77%

 

Mais attention, cette stratégie n’est pas gagnante à tous les coups. Un autre exemple, Bouygues n’est pas aussi flatteur avec un TRI de seulement 1.06% en 17 ans et un cours d’achat à 48.25€ en 2000 … et un cours actuel à 34€.

Bouygues
Dividende Cours
0,36 € 48,25 € -48,25 €
0,36 € 36,80 € 0,36 €
0,36 € 26,62 € 0,36 €
0,50 € 23,79 € 0,50 €
0,75 € 29,18 € 0,75 €
0,90 € 41,30 € 0,90 €
1,20 € 48,63 € 1,20 €
1,50 € 57,00 € 1,50 €
1,60 € 30,20 € 1,60 €
1,60 € 36,43 € 1,60 €
1,60 € 32,26 € 1,60 €
1,60 € 24,35 € 1,60 €
1,60 € 22,40 € 1,60 €
1,60 € 27,42 € 1,60 €
1,60 € 29,98 € 1,60 €
1,60 € 36,59 € 1,60 €
1,60 € 34,05 € 1,60 €
1,70 € 43,31 € 1,70 €
34,86 34,86 €
22,03 €  TRI = 1,06%




15 Comments

  1. saudrais tel 06 88 86 01 48 says:

    bonjour Mr Fonteneau
    nous étions en contact voici 10 ans aux débuts de votre blog, en particulier sur la question de la pyramide des âges, que vous avez d’ailleurs récemment développée.
    une erreur importante apparaît dans votre article sur les dividendes, pouvez vous m’appeler ou me donner vos coordonnées? impossible de développer par mail, j’aurais une crampe

    loïc saudrais

  2. Prendre Air Liquide comme exemple : oui, mais moi, j’ai plutôt une rentabilité annuelle de 10% et non pas 5,7%. Vous n’oubliez pas les actions gratuites attribuées tous les 2 ans?

    • Oui, pas tenu compte de l’action gratuite, ni réinvestissement des dividendes

      • Alors c’est un drôle de calcul que vous faites. Ne pas compter le réinvestissement des dividendes : ok. Moi aussi je les touche plutôt que les réinvestir. Mais pour les actions, elles sont attribuées et viennent augmenter la ligne d’autant. Sur 20 ans, ça en fait pas mal…. De quoi presque doubler la rentabilité donnée ici.

        • Effectivement le poids des dividendes réinvestis représente environ 40 % de la performance globale.
          Si on a environ 6 % sans dividendes on aura 10 % par an avec dividendes. C’est ce que fait par exemple le SP 500 sur longue durée ou certaines actions comme Air Liquide et cela me semble intéressant sur la durée. Il y a certainement mieux mais aussi pire. En tout les cas l’investissement sur actions à dividende est un outil a utiliser en parallèle de l’immobilier par exemple. Plus on diversifie ses placements et ses moyens de gagner de l’argent et plus on limite le risque tout en augmentant la rentabilité.
          bien amicalement
          Antonio

          • Plus on diversifie ses placements et ses moyens de gagner de l’argent et plus on limite le risque OK tout en augmentant la rentabilité GÉNÉRALEMENT NON CAR LA MOYENNE DE DIFFÉRENTS PLACEMENT NE PEUT TENDRE QUE VERS UNE RENTABILITÉ MOYENNE.

            Les meilleures rentabilités sont obtenue en générale en concentrant ses investissements sur des actifs sur lesquels on a des convictions fortes et il est impossible d’avoir des convictions fortes sur un large panel d’investissement.

  3. papigilles says:

    Investir en assurance-vie c’est aussi investir en actions via les banques/assureurs . Or les faiseurs d’assurance-vie sont très discret sur leur résultats . Ils ne redistribuent pas leurs bénéfices ou si peu. Il faudrait exiger la publication des résultats des assurances-vie et contrat par contrat de façon à ne pas noyer les infos dans un fatra illisible.Voilà un sujet que M.Guillaume pourrait mettre sur la table….

  4. papigilles says:

    Je ne veux pas parler bien sûr des assurances/actions. Mais des assurances-vie ordinaires qui sont encore les plus nombreuses et qui ne dorment certainement pas dans un tiroir en attendant de faire des petits

  5. Bonjour,

    quelques chiffres :
    – Les actions américaines ont eu une performance annualisée de 10,1% par an avec dividende entre 1900 et 2000, et 5,4% hors dividendes (sans retrancher l’inflation) – Source : Trimph of the Optimists
    – Les actions UK ont eu une performance annualisée de 10,1% par an avec dividende entre 1900 et 2000, et 5,1% hors dividendes (sans retrancher l’inflation) – Source : Trimph of the Optimists
    – MSCI World avec dividende entre 1998 et 2018 : 5,6% par an, et 3,1% par an sans dividende (calcul de ma part)

    On peut donc dire que les dividendes c’est à peu près 50% de la performance sur le long terme.
    L’impact est un peu moins grand désormais, car beaucoup d’entreprises ont troqué une rétribution d’actionnaires par le versement de dividendes par re rachat d’actions (il y a de nombreuses explications)

  6. En effet, faut bien choisir sa team de gagnants. Bouygues est très loin derrière Air Liquide. Voici ma sélection personnelle :

    TOTAL
    SANOFI
    SCHNEIDER EL
    AIR LIQUIDE
    LVMH MOET VUITTON
    L’OREAL
    ESSILORLUXOTT
    HERMES INTL
    DASSAULT SYSTEMES

  7. 1-Regarder le dividend yield est une mauvaise stratégie car beaucoup d’entreprises ont des dividendes non couvert par les benefices donc non tenables a long terme. Il vaut mieux sélectionner sur le earning yield (EPS/Price) et s’assurer que les bénéfices se maintiennent a long terme.
    2-Je ne pense pas qu’un investisseur lambda devrait faire du stock-picking. Il y a des fonds a faible frais (e.g. Vanguard Equity Income – 0.26% et 10.4% de rendement depuis 1988) qui investissent sur ce domaine.
    3-Investir dans une action sur la base du dividende, c’est souvent investir dans une entreprise avec un business model de l’ancien monde (Les banques, le petrole, les utilities, le tabac…). General Electric est le meilleur exemple. Gros dividende pendant des années et aujourd’hui au même prix qu’en 1994…

    Bref, c’est en effet important de regarder les dividendes mais le coeur, c’est les profits et surtout le cash car sans cash, impossible de payer les dividendes à long terme. Personnellement, je préfère une entreprise qui paie 2.5% et qui augmente tous les ans de 5% qu’une autre qui paie 6%.

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