Hier encore Emmanuel Macron a célébré le petit monde parisien des startup en mettant en avant les 40 entreprises que l’état juge comme les plus prometteuses pour l’avenir. 40 sociétés sélectionnés par on ne sait qui pour louer leur capacité à lever des capitaux et créer des emplois avec l’argent de leurs actionnaires. 40 sociétés ou presque qui sont déficitaires, 40 sociétés qui peinent à trouver un modèle économique pérenne, bref, 40 sociétés qui ont besoin de trouver de l’argent frais pour continuer à vivre, pour survivre.

Voici comment les Echos introduit son article sur ces fameuses 40 sociétés : « Le gouvernement a dévoilé la première édition de ce nouvel indice. Il rassemble les 40 start-up les plus prometteuses et marque le passage de la French Tech dans une nouvelle ère. Au programme, une aide technique et ciblée pour répondre à leur besoin en financement, d’accès aux talents, et en simplification administrative. Découvrez les 40 élus. » Voici donc les élus ! L’avenir de notre pays et malheur à ceux qui n’y sont pas ! Dommage, vous n’avez aucune chance si vous n’y êtes pas.

Emmanuel Macron et la startup nation leur promet donc 5 milliards provenant de vos assurance-vie pour leur permettre de lever des fonds et continuer à nous faire croire que ces entreprises sont l’avenir de la France.

Il n’en est pourtant rien ! Ces entreprises détruisent l’économie du fait d’une concurrence déloyale ! Ces entreprises sont magiques. Elles affichent des augmentations de chiffres d’affaires incroyables, elles embauchent à tour de bras, investissent massivement … sans jamais être contraint à la rentabilité ! Le rêve des entrepreneurs incompétents ! Créer une entreprise, sans jamais avoir besoin d’être rentable. Tout le monde peut le faire, surtout les médiocres !

Voilà, ce qu’est vraiment la startup nation : Un conglomérat d’entreprises déficitaires qui vous font croire que le bénéfice ne sert à rien ! Comment voulez vous concurrencer des entreprises dont la recherche du bénéfice n’est pas l’objectif ? Il s’agit d’un concurrence déloyale, et cela finira mal. Une fois l’économie détruite par cette tentation du zéro bénéfice… qui va payer ?

N’oubliez pas que le développement de ces entreprises non rentable se fait au détriment d’entreprises rentables.

Un jour, il va falloir se poser les bonnes questions ? Pourquoi continuez à financer ces entreprises zombies incapables de générer des bénéfices ? Serions à nouveau train de vivre les excès de la bulle internet des années 2000 ?

Vous qui avez déjà gérer une entreprise, que pensez vous d’une entreprise qui vous expliquerait que faire des bénéfices n’est pas sa préoccupation ? Que pensez vous d’une entreprise déficitaire qui attire pourtant massivement l’argent public alors même que votre petite PME rentable peine à trouver un financement à la banque ?

N’avez vous pas la drôle d’impression de ne plus rien comprendre à ces entrepreneurs qui ont comme principal objectif de trouver de l’argent frais pour survivre plutôt que de trouver des clients et un modèle économique ? Ne vous demandez vous pas ce qu’ils font de tout cet argent ? Comment peuvent ils dépenser autant d’argent, sans jamais réussir à faire des bénéfices ? Et surtout, qui peut encore croire que l’avenir du pays est dans ces pseudo entreprises ?

Je crois qu’il est urgent de mettre fin à cette plaisanterie des startups. Il faut revenir aux fondamentaux de l’entreprise : Créer une entreprise, c’est trouver un modèle économique, c’est trouver des clients, c’est être humble, prendre le temps de grandir, de connaître son marché, éventuellement trouver des associés pour accélérer… Mais c’est surtout faire des bénéfices !

Une entreprise qui n’a pas démontré sa capacité à faire des bénéfices ne doit pas continuer à exister et doit laisser sa place à d’autres entrepreneurs dont le projet sera viable. Les startups éternelles sont des entreprises zombies qui doivent disparaître faute de démontrer leur capacité à être rentable.

Il ne faut pas se laisser berner par la belle communication de ces entreprises zombies ! L’économie power-point doit cesser. Place aux vrais entrepreneurs !

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58 Comments

  1. Pour moi, les startups c’est surtout le moyen trouvé par le grand capital pour mettre la main sur le petit capital.

    Les investisseurs en capital détruisent l’activité des petits entrepreneurs, créateur d’entreprise et s’approprient ainsi une part supplémentaire de richesse !

    • En d’autres mots, la finance met la main sur le capitalisme !

      • Une fois avoir sur-exploiter les richesses de la planète, les gros poissons du capital n’ont d’autres possibilités de se nourrirent, c’est pourquoi ils sont entrain de manger les petites capitalisations.

        Malheureusement, le capitalisme n’a pas encore livré tous ses méfaits. Ses conséquences sur la planète, la faune et la flore sont largement sous estimées !

        On s’en mordra les doigts (si par chance l’homme survit) mais çà sera trop tard, les dégâts seront irréversibles.
        Evidemment, la poignée d’individus responsables de cette tragédie vous diront toujours qu’on s’alarme pour rien et que c’est pas prouver. Mais, inutile de jouer à l’apprenti sorcier pour prouver : OUVREZ LES YEUX AUTOUR DE VOUS, VOUS CONSTATEREZ LES CHANGEMENTS (variations anormales des températures, les centaines d’espèces disparaissent à jamais, …) la liste est trop longue.

  2. Bien vu !
    Nous sommes complètement dans le système Amazon. Comme quoi quand une petite start-up dure assez longtemps sans faire de bénéfices et après avoir détruit la concurrence du vieux système …

    • Le taux de satisfaction des clients des banques plafonne à 48%. C’est un peu mieux pour les assurances, 56%. Pour l’e-commerce, c’est au dessus de 70%.

      Le succès d’internet, c’est aussi le respect du client. Customer centric. Trop d’entreprises de la vieille économie l’ont oublié.

  3. Jevendsnimportequoi.com

  4. Effectivement, ces startups ne créent pas des marchés ou des produits nouveaux. Elles font un autre mode d’organisation de distribution en se lançant à perte pendant plusieurs années et finissent par déduire des pans entiers de commerce traditionnel (regarder ce que sont devenus nos centres villes surtout dans les villes moyennes) et puis ils prennent leur place avec la bénédiction de l’état qui les subventionne et leurs déroule le tapis rouge.

    Tous les portables achetés (ou presque) sur amazon, rue du commerce, fnac…. sur internet viennent de Honk kong – espagne- UK-….au détriment des boutiques des centres villes qui ferment par dizaines tous les jours.

    • Aucune envie d’aller faire la queue dans une boutique pour acheter un portable, d’autant plus qu’il n’auront pas le modèle que je recherche.

      Par contre, hier encore, j’étais chez un horloger pour acheter une montre après l’avoir essayée.

      Anecdote mise à part, ce n’est pas le petit commerce du centre ville qui pâtit d’internet, c’est les centres commerciaux de périphérie et leurs cohortes de boutiques fantômes. Le petit commerce du centre ville, soit il a déjà disparu, balayé par ces mêmes centres commerciaux, soit il renaît, grâce à des politiques locales (parking gratuit, voies piétonnes, portage à domicile), soit en offrant de nouveaux services, soit en montant en gamme (ou le contraire), pour s’adapter à sa clientèle.

      Maintenant, dans une petite ville qui se dépeuple, pourquoi y aurait-il création de commerces ?

  5. 4500 milliards injectés par la BCE dans les autorisations de prêts. Les premiers à en tirer profit sont les fonds d’investissement. Ils préfèrent financer des startups à la mode et validées par des stars. De toutes façons, ils n’y connaissent rien en création de valeur. Ils veulent leurs commissions.
    La machine s’est emballée ces 3 dernières années.
    La bulle a gonflé. Cela tiendra tant que des injections continueront voire 1 ou 2 ans après.
    La déflagration fera tomber beaucoup de prix.
    Enfin je dis cela, je dis pas grand chose. Plein de gens se gavent avec injections massives de fric.

    • Tout à d’accord sur l’incohérence de la politique de la BCE qui crée de la monnaie virtuelle pour financer à taux zéro des fonds d’investissement qui prennent de gros honoraires en injectant des millions dans des start UP au modèle économique basé sur la création de valeur .
      Le deuxième intérêt , pour les fonds d’investissement, et de revendre rapidement leur participation à un autre fond d’investissement , également financé à tx zéro , avec un multiple de valorisation uniquement applicable entre fonds d’investissement car totalement déconnecté du vrai financement d’entreprise pérenne et rentable sur le court et moyen terme …

      • Quels seraient dans ce contexte les signes à surveiller pour détecter l’arrivee du boum ?
        Taux de défaillances de startups ?
        Quantité de fonds en pleine augmentation ?

        • Guillaume FONTENEAU says:

          L’échec d’une introduction en bourse par exemple ?

          Tiens, c’est justement une actualité d’hier : WeWork : une IPO très attendue… qui tombe à l’eau

          https://www.boursier.com/actualites/news/wework-une-ipo-tres-attendue-qui-tombe-a-l-eau-804976.html

          extrait : Valorisée 47 milliards de dollars lors de son dernier tour de table en janvier, la firme a vu son prix potntiel fondre drastiquement ces derniers temps sur fond de doutes concernant son modèle économique et sa gouvernance. Selon les sources de ‘Bloomberg’, The We Company, la maison-mère de WeWork, aurait pu espérer une valorisation de 15 Mds$, au mieux, si l’introduction à Wall Street avait eu lieu dans les prochains jours.

          Voilà, nous y sommes ! Pshiiiit

          • Yes mais c’est 1 toute petite société/petit montant et cela concerne la vente au public. Reste la majorité avec des ventes entre privés, fonds, etc. Si la défiance s’installe sur la valos demandées alors le système va se gripper et le Quantitative Easing ne va plus vraiment rien faire et même pas rassurer les institutionnels.
            Est-ce qu’il existe des produits financiers vendus à tours de bras basés sur la performance des startups ?

            • Ce n’est qu’un signal faible à 45 milliards. Demain, après un tel échec qui va oser se lancer pour une introduction en bourse ?

              • Le monde de demain says:

                Pourtant dans un environnement à taux négatif des sociétés deficitaires ne devraient pas avoir de pb pour lever des fonds dès lors que leur valo augmente.
                La financiarisation va tuer le capitalisme tout comme le marxisme a tué le socialisme. 30 ans après la chute du mur le système n’ a plus aucun levier pour faire face à la prochaine crise…hormis un reset généralisé par une guerre ( comme après 1929). Ceci dit avec le réchauffement climatique plus besoin de guerre bientôt.

              • Une boîte rentable ?

          • Est-ce vraiment une surprise ? Ça fait un moment qu’on se demande quel peut bien être le modèle économique de wework.

            Ceci dit, pour en revenir aux 40 entreprises, il n’y a pas que du mauvais.

            OVH est largement rentable, et une vraie réussite de l’hébergement en Europe. La seule, à ma connaissance. Pour une petite boîte familiale qui a commencé en vendant du serveur sur internet pour geek tipiakeur, c’est pas mal. Mais OVH n’est pas vraiment considérée comme une licorne, étant née dans les années 90.

            Sigfox est aussi une réussite. Réutiliser les vieux réseaux hertzien pour l’IoT est très malin. Sigfox a toute les chances de devenir rapidement rentable, ce n’est qu’une question d’ouverture de services dans de nouveaux pays, et de nb d’objets connectés, sachant que chaque objet connecté rapporte 2€/mois à Sigfox. L’an dernier, les alarmes Veritas (45 % des objets aujourd’hui sur le réseau) ont rejoint Sigfox, et plusieurs grands groupes ont signé cette année pour déployer plus de 1 million d’objets chacun : des malles LVMH, des containers NEC, les nouvelles box de Free… L’objectif, c’est donc une plus grande internationalisation.

            Voodoo vend de l’expertise pour la monétisation des casual games sur mobile. 400 studios clients, et premier en volume de téléchargement sur l’appstore.
            Pas encore rentable, mais s’ils arrivent à conserver leurs clients et leur expertise, ils ont de bonnes chances de le devenir l’an prochain.

            Vente-privee.com, ou veepee.com, désormais, je ne présente pas. J’en suis client depuis 17 ans. Largement rentable.

            Doctolib, je ne présente pas non plus, un poids lourd du secteur, présent en Allemagne et en France. Tire ses revenus de l’abonnement (109 euros) que souscrivent les acteurs de la santé pour utiliser sa plateforme. 750 employés. Pas rentable ? Avec le support officiel de la consultation en ligne par le gouvernement, ce n’est qu’une question de temps.

            On trouve aussi manomano, marketplace de bricolage active sur 5 gros marchés européens, revenus en augmentation de 85% sur l’année et vise le milliard de CA en 2020.

            Non, dans le next 40, il n’y a pas que du BlaBlaCar ou du Klaxoon

            La liste complète ici : https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/que-font-les-startups-du-next40-les-fleurons-de-la-french-tech-828343.html

            Le vrai pb, c’est qu’il manque totalement de start-up technologiques. Il faut dire aussi que dans ce domaine, elles sont souvent créées par des ingénieurs ou des universitaires, peu versés dans le management, le business plan et la levée de fonds.

            Aussi, pour la plupart, l’objectif est de se faire racheter par une grosse boîte en lui apportant une techno nouvelle ou un avantage concurrentiel. Et, pour une grosse boîte de l’industrie comme Thalès, par exemple, née d’anciens groupes publics fusionnés, de rachats politiques d’entreprises mourantes (Alcatel IT, Thomson Csf et j’en passe…), où qui se débarassaient de branches non rentables, impossible d’avoir l’agilité et la rapidité d’une start-up. Il y a quelques années, Arkoon et NextThink ont été deux de ces petites entreprises, créant chacune des appareils de sécurisation des réseaux, capables de rivaliser en performance avec les géants américains du secteur. Depuis rachetées, ingénieurs compris, par Thalès et Airbus (via Cassidian). Si à l’époque elles avaient eu les facilités de financement d’aujourd’hui, elles seraient peut-être devenues des ETI incontournables dans les réseaux.

            Aujourd’hui, il y a pléthore de ces pépites dans la « Ruche » de Thalès à Rennes, ou à Toulouse, autour d’Airbus, à Paris, Marseille, Lille, Bordeaux, … Par exemple, CAILabs, dont la technologie permet de multiplier par 10 le débit des fibres multimodes, évitant ainsi de recabler les vieux réseaux locaux en monomode, plus performante. Une future Next 40 ? Une future licorne ? Où un future intégration à OBS ou autre ?

            Idem, dans le domaine bancaire, dans lequel les banques françaises essayent de rattraper leur retard technologique face aux fintech en en rachetant quelques unes.

          • 15 milliards, c’est déjà beaucoup !
            Au fait, derrière le fond de Softbank, qui est un des principaux actionnaires de wework, et qui espérait toucher le jackpot, on retrouve les fonds d’investissement patrimoniaux des familles régnantes en Arabie Saoudite et aux EAU. Ils ne sont pas contents.

            L’après pétrole ne va pas être un long fleuve tranquille…

  6. Cela est également à mettre en parallèle avec les introductions en Bourse des dernières années et l’évolution du cours de la société introduite avec très fréquemment, des baisses de -40% à -95%…

    Certaines questions peuvent être posées quant à la compétence des analystes financiers et autres conseils qui doivent évaluer la société et donc fixer le cours d’intro (enfin, si, justement, ils sont très compétents pour la valoriser de manière très élevée pour ainsi asseoir leurs commissions sur une base élevée et de piètre conseil pour le petits porteurs).

    Il suffit pourtant d’observer les opérations:
    1) des capitaux-risqueurs mettent des sioux dans une start-up via des augmentations de capital,
    2) idéalement, hop, un peu de levier de dette/montage avec des obligations convertibles et autres joyeusetés,
    3) les capitaux-risqueurs veulent sortir et récupérer « leur participation »,
    4) introduction en bourse à un prix généralement « grand multiple » du prix des précédents augmentations de capital privées,
    5) pendant plusieurs mois, années, les fonds vendent tous leurs titres, entraînant par là une « belle et longue » baisse du cours (d’où l’intérêt de mettre le prix le plus haut lors de l’intro en bourse: avoir suffisamment de marges de manoeuvre pour vendre sur un certain laps de temps avec une confortable plus-value),
    6) il est fait miroiter en contrepartie en amont de l’intro aux investisseurs privés des bénéfices exceptionnels pour les amener sur l’intro (la cupidité, pardon, l’espérance de gains rapides sans efforts, favorise ce mouvement, cf. il y a une dizaine d’années la stratégie de certains qui était de souscrire à une intro et de revendre dans les jours-semaines). Au demeurant, je m’interroge: si les bénéfices anticipés étaient si exceptionnels, pourquoi les financiers et dirigeants se dilueraient ainsi avec une intro ? Leur générosité serait telle qu’ils voudraient partager les fruits de la rémunération de leur travail/capital avec des petits porteurs ???? N’y aurait-il pas un intérêt à lever de la dette, de faire un tour de table différent ?
    7) lente agonie du cours de l’action…: l’argent des petits porteurs a été aspiré par les financiers, avec belle plus-value pour eux

    Du coup, ce qui était devenu un moyen pour des sociétés de lever des fonds pour servir de réels projets industriels (introduction en bourse = marché primaire = économie réelle) devient un moyen pour des financiers de maximiser leurs gains en lourdant tous leurs titres suite à une introduction (échanges après intro = marché secondaire = économie financière).

    • Tout à fait d’accord. Mais je ne vois pas encore clairement le mécanisme qui va impacter l’économie de la vie de tous: du prix de l’immobilier à celui du Super95 (E10 pardon) en passant par le prix des tomates.

    • rivieira06 says:

      Bien vu, c’est même plus important, énorme depuis quelques décennies, l’arnaque du siècle dans laquelle trempent les banques centrales, les analystes, des dirigeants politiques, institutionnels, de grands groupes et d’autres.
      Mais vous n’avez pas décrit la fin:
      -concernant les banques centrales qui fabriquent de la monnaie de singe. Quelles seront, entre autres les sanctions financières et économiques pour celles-ci et surtout les populations (hors les quelques uns qui auront bénéficié de cette arnaque)?
      -une hyper inflation de cette monnaie ne correspondant plus à la l’augmentation de la vraie richesse produite par l’économie.

  7. Startup=> 100% du résultat vient de la machine à café.

  8. julien bonnetouche says:

    bonjour,

    Désolé de vous le dire mais vous voyez « petit ». A la française en somme.
    Heureusement que nous avons un président qui voit « grand » :

    Nous somme en face d’une lutte planétaire pour acquérir le savoir qui dominera le monde et les hommes demain..

    Et pour reprendre le thème précédemment abordé, cela passe au travers du numérique et plus précisément de l’intelligence artificielle.

    Pour le moment nous sommes, nous les européens complètement « out », les chinois et les américains menant la danse.

    Le problème n’est donc pas de savoir combien de start up n’ont aucun avenir, ni combien cela coûte, ni combien d’emplois elles créent ou perdent, ni même si certaines profitent des subventions pour survivre.

    Le problème est d’en trouver quelques unes qui se hisseront au niveau mondial.

    Et pour cela, les quelques entreprises de qualité existantes ou à venir, ont besoin d’énormément d’argent, tant la compétition est rude. Évidemment il faut essayer de bien les choisir !!
    Le mieux serait de « choper « au passage celles qui ne trouvant pas de financement en France sont obligées de s’exiler aux USA. (comme CRITEO)

    Et ce n’est pas des dizaines de millions, mais des centaines de millions voire des milliards € dont elles ont besoin.

    Les 5 milliards de Macron me semblent d’ailleurs modestes, au regard des 8/10 milliards $ que chacune des GAFAM consacrent chaque année en recherche et développement.

    j’ai le sentiment que Macron le sait et qu’il compte sur des financements européens à taux négatifs pour servir de bras de levier

    • Ben oui, financer la recherche et la croissance rapide, ça coûte cher.

      Certes, il y a du Uber et du wework dans le tas, et de lattrapegogo.com, mais il y aussi de vrais entreprises qui seront les géants de demain.

      Quand à la destruction des emplois causée par ces startups, qui pense encore aux pauvres charrons balayés par l’automobile, ou aux allumeurs de réverbères, dont le métier devint inutile à l’arrivée de l’électricité ?

  9. Cet article est lamentable. Depuis toujours, des entreprises établies ont pu lancer de nouveaux services ou produits qui sont initialement et pendant longtemps déficitaires, mais subventionnés par les bénéfices des autres activités de la société. Le modèle start-up permet simplement la même chose à des esprits plus jeunes et ambitieux en injectant des fonds extérieurs. Bien sûr que les 90% échouent et bien sûr que certains des concepts sont mal avisés, mais ce modèle fait aussi naître des véritables succès qui n’auraient pas vu le jour autrement.

  10. Tiens, mais c’est une excellente idée, je n’y avais pas pensé du tout, je vais créer une start-up, merci bcp !!!! . Je crois surtout qu’on a plus d’idée pour investir, on est 67 millions de français, et ce chiffre n’augmente plus, vu le solde démographique. Ces Français n’ont qu’un ventre, pour la grande majorité déjà bien trop rempli, ce n’est donc pas l’agroalimentaire qui risque de faire repartir bcp la croissance. Ni le logement, puisque on a 36 millions de logements, dont plus de 3 millions de vacants, contrairement à bcp, je ne crois pas qu’il soit encore utile de construire en masse…… Une fois qu’on a un toit sur la tête, des repas assurés, (et la santé ), des infrastructures maintenant suffisantes ( voire même parfois disproprtionnées!! ), Tout le le reste n’est que superflu, dont on peut se passer le cas échéant. ( les restos et le tourisme, c’est bien beau, mais aucunement indispensable. Et tout est fait pour nous dégouter de la bagnole,en plus) Donc, pour essayer de faire repartir la croissance, il faut bien créer des entreprises à la con, financés par des gogos, ça crée toujours des emplois pour quelque temps à quelques personnes qui paieront des impots et dépenseront leur argent… Et vendre ça avec un bon marketing, qui a pour nom « start-up nation ».

  11. Oui. Et j’ajoute que ce n’est pas vraiment le hasard qui fait le tri entre ceux qui vont échouer et ceux qui vont survivre. Mais les critères (de succès) sont peu évidents à caractériser, encore plus pour des investisseurs financiers extérieurs, et il y a sans doute aussi une part de chance, chez les start-up qui finissent par réussir.

  12. Je viens de revoir le film BIG SHORT et pour la même occasion , je pense aussi faire un SHORT sur le marché Immo !

  13. Encore un article de bon sens. Que des investisseurs privés soient près à jouer (et éventuellement perdre) LEUR argent dans des Start up, c’est LEUR problème.
    Que des hommes politiques soient près à jouer (et éventuellement perdre) NOTRE argent dans des Start up, c’est NOTRE problème … et cela DOIT cesser …

  14. Amusant vu hier soir aussi et j’ai pensé a la même chose. Peut-être Guillaume aussi ?

  15. Aïe aïe aïe, votre article témoigne malheureusement d’un pensée rétrograde.

    Regardez un peu les Etats-Unis, ne pensez-vous pas que les GAFA ont un jour bénéficié d’un certain interventionnisme d’Etat pour atteindre leur niveau de capitalisation actuel ? Microsoft, Amazon, Google, Facebook, Apple, startups d’hier, sont désormais dans le TOP 10 des capitalisations de l’indice S&P 500.

    Pendant ce temps en France, quelles valeurs sont apparues au CAC 40 ? Aucune. A titre d’exemple : Cdiscount, notre « numéro 1 de l’e-commerce » plonge de manière méritée avec Casino, et son service Client est déplorable. Dailymotion, sorte de « Youtube raté » passe un bandeau de pub toutes les 30 secondes pour monétiser son audience.

    Je pense qu’une intervention gouvernementale doublée d’une vision de croissance long terme sont aujourd’hui indispensables si la France veut continuer d’exister économiquement autrement que par l’industrie touristique, principale source de PIB ! L’Europe est aujourd’hui complètement dépassée dans le domaine de la tech, pourtant stratégique.

    Il faut peut-être s’asseoir sur ses dividendes pendant quelques années pour pouvoir construire un géant, mais la vision long terme n’est-elle pas le propre d’un gestionnaire de patrimoine ?

  16. Amazon a perdu de l’argent pendant 15 ans. Laissez donc les investisseurs juger de leur horizon de placement.
    Quand vous créez une entreprise, le banquier va vous demander un business plan et pour obtenir ce que vous attendez de lui vous afficherez un BP irréaliste auquel il croira peut-être, ce qui est son problème, mais vous finirez par y croire aussi jusqu’à ce que la réalité vous rattrape.
    Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec vous et considère que votre lucidité habituelle se mue en pessimisme. Ne me dites pas que vous êtes atteint vous aussi du mal français.
    Bien cordialement.

    • et Amazon ne gagne toujours pas d’argent sur son activité « vente de livre et compagnie »….

      • Amazon s’en fiche : c’est le point de vue franco-français de croire qu’Amazon est un libraire. Et de toute façon, il n’est facile pour personne de gagner de l’argent avec le livre.
        Le livre est un produit d’appel comme le yaourt nature dans les hypers.
        Amazon gagne de l’argent sur d’autres secteurs et en évinçant ses concurrents par une logistique « monstrueuse », monstrueuse d’efficacité et, malheureusement d’humanité.
        Une remarque au passage. Quand Amazon est arrivé en France, en 2001, deux sites tenaient le haut du pavé : La Redoute et la FNAC. Ils appartenaient tous deux à ce qui s’appelait alors Pinault-Printemps-Redoute. (La somme des trafics de ces deux sites est d’ailleurs encore du même ordre que celui d’Amazon). S’ils avaient fusionné en un seul site proposant offre multiple comme Amazon, je suis prêt à parier qu’Amazon ne se serait pas installé comme on le voit sur le marché français.
        De la même manière, Netflix a profité de l’incapacité d’OCS, TF1, M6 et Numericable à s’entendre pour la création d’une plate-forme de diffusion.
        Preuve que la désunion fait la force.
        Mais je suis un peu hors-sujet.

      • Et Volkswagen va vendre sa prochaine ID3 à perte sur le modèle d’entrée de gamme.

  17. Sous François Mitterrand il y avait eu un système semblable pour financer le développement de l’informatique. En fait, la manne avait servi à financer en partie les copains et les coquins (dont moi !). L’état ne peut qu’échouer en tant que « Venture Capitaliste ». Jouer sur la fiscalité avec ces 5 milliards aurait été beaucoup plus efficace pour générer des dividendes.

    • Ça dépend quel état, et quel est l’objectif.
      Le fond d’état Norvégien est un bon exemple de ce qu’il faudrait faire, pour remplacer l’AV dans le patrimoine des Français.

  18. Plutôt que de commenter, style Gilets jaunes, … vous pourriez écouter cet interview, qui montre qu’il peut y avoir d’autres visions que la critique systématique …
    Rien n’est gagné, garanti, mais qui ne tente pas …
    Bonne écoute !
    Recopiez ce lien dans votre navigateur :
    https://podcasts.apple.com/us/podcast/id1460685072?mt=2

    Cordialement.
    Jacques

    • Pourriez vous être plus explicite. Pourquoi n’êtes vous pas d’accord avec l’analyse de l’article ?

      Je ne veux pas croire que le nouveau point goodwin soit « les gilets jaunes ». J’imagine que vous avez donc de solides arguments pour étayer ce commentaire.

      • Je ne suis pas d’accord tout simplement avec votre titre polémique : des « zombies qui doivent disparaître » ! c’est normal pour accrocher l’attention des lecteurs d’un blog. Mais, vraiment vous pensez que des Doctolib, OVH doivent disparaître ?
        C’est caricatural de critiquer systématiquement toute action de l’Etat qui cherche à impulser un mouvement (certes une image) un peu plus moderne. Ces entreprises créent de l’emploi avant même d’être rentables et de s’enrichir avec les capitaux apportés. Toutes ne seront peut-être pas vertueuses, mais pas plus pas moins qu’avant. Avez-vous écouté le podcast ?
        Il y a des histoires qui méritent attention. Il ne faut pas toujours faire le procès de l’innovation, destructrice d’emplois actuels. Toutes ne réussiront pas, mais encourager la prise de risque est mieux que de défendre des acquis dépassés. Regardez ce qui se passe dans le monde financier : les banques traditionnelles se font bien doubler par les Fintechs. Et alors il faut tuer les Fintechs ?

      • Bonjour Guillaume,
        Je suis assez surpris du ton très sévère de ton article qui est assez caricatural (à mon avis) en denigrant et comparant ces entre jeunes pousses innovantes avec les entreprises « traditionnelles »…
        La caractéristique des start-up up est de se développer de façon ultra rapide ce qui rend quasi impossible de dégager des bénéfices sur les premières années. Ce developpement doit être ultra rapide pour survivre dans un contexte de forte concurrence sur des services à faible marge qui doit donc toucher l’audience la plus large possible afin de générer des bénéfices. Ta vision des choses est a mon sens trop conservatrice (ancien monde contre le nouveau pour reprendre une citation bien connue…). Au plaisir d’échanger avec toi autour d’un déjeuner…?

  19. 5 milliards sur plusieurs années pour nous startups.
    A mettre en rapport avec 3 milliards prévus par Google pour ses infrastructures en Europe.
    Franchement, on ne joue pas dans la même catégorie. https://www.blog.google/around-the-globe/google-europe/unleashing-digital-opportunities-europe/

  20. Quotidien est une émission intéressante pour comprendre l’évolution de la société, ils ont ce regard.

  21. Je ne sais pas si les startups vont détruire l’économie, mais en France, les anciens monopoles et situations de rente pourront toujours compter sur certains hauts fonctionnaires :
    https://www.capital.fr/economie-politique/letrange-acharnement-de-letat-contre-un-patron-de-start-up-1350459#nlref=9be4b7aff77eaab5db900218c49e4367&utm_campaign=20190923&utm_medium=email&utm_source=nl-cap-matinale-eco

    Qui a dit « capitalisme de connivence » ?

  22. Voici mon propos détaillé dans un nouvel article « La bulle des startups est elle une pyramide de Ponzi comme les autres ? » https://www.leblogpatrimoine.com/bourse/la-bulle-des-startups-est-elle-une-pyramide-de-ponzi-comme-les-autres.html

  23. Pyramide de ponzi : c’est Madoff, Maranatha, … (et ce ne sont pas des start-up) = On rembourse les clients avec les rentrées d’argent des nouveaux clients. C’est frauduleux.
    A ma connaissance ce n’est pas la même chose que faire des levées de fonds ….
    Ce qui est risqué mais non frauduleux.
    Que les startups visent un jour à s’introduire en bourse, certes, mais faut-il encore que le modèle économique soit viable. C’est la même question que se posent les investisseurs avant même une future introduction en bourse.
    N’oubliez pas qu’Apple, Google, voire même Amazon ont été des startups à leurs débuts !
    Il y a dans les nouvelles startups sûrement des chimères : à voir à l’avenir.
    Mais certaines réussiront, ou ont déjà réussi et ont besoin de moyens financiers pour se développer vite dans la concurrence mondiale.
    Dans le Next40 il y a : Devialet, Blablacar, Doctolib, OVH, Ynsect … sont-elles des zombies ? Je ne le pense pas. Il y autre chose que l’appât du fric. Il y a de l’innovation dans le service et/ou de la technologie. Et il en faut de l’innovation. Bien sûr cela va mordre sur des secteurs où des concurrents sont bien installés. C’est la loi de l’évolution. C’est tout.

  24. Quand l’État veut s’essayer maladroitement à l’élevage industriel de Licornes malgré la recommandation du rapport de Philippe Tibi… qu’il lui avait pourtant commandé !

    https://www.michelnizon.com/quand-letat-veut-sessayer-maladroitement-a-lelevage-industriel-de-licornes-malgre-la-recommandation-du-rapport-de-philippe-tibi-quil-lui-avait-pourtant-commande/

    Un article passionnant !

  25. Article intéressant : »Nous souhaitons réparer une défaillance de marché par des mécanismes de marché.

    Notre conviction est enfin qu’il [faut] corriger une défaillance de marché par des mécanismes de marché et non par l’injection massive de fonds publics.

    Ce souhait et cette conviction sont légitimes mais ils se heurteront à la réalité culturelle d’une France entrepreneuriale plus que jamais sur-administrée. »

    Tout est dit. Dans une France étatiste, à part les fonds familiaux de Wendel, Peugeot, Niel, Arnault, Pinot et quelques autres, les startups ne peuvent compter que sur sur l’argent public. Ou plutôt, devrais-je dire, sur le budget com du gouvernement.

    Il y a bien les fcpi et le crowdfunding d’entreprises innovantes, mais le risque est extrême, et à part la conviction politique ou autre, rien ne justifie qu’un particulier y gage ses économies. Où il faut vraiment bien connaître le domaine dans lequel on investit.

    Mais ça ne remet pas en cause la qualité de certaines des startups du next40.

  26. Startup Nation, une ambition politique devenue caricaturale ?

    https://www.maddyness.com/2019/10/15/startup-nation-ambition-politique-caricaturale-arthur-de-grave/

    Par Anais Richardin – 15 octobre 2019 / 08H04
    Arthur de Grave est passé par le collectif OuiShare et avec Diana Filippova et Antonin Léonard, il a monté l’agence de propagande Stroïka. Ancien journaliste, il a assez grenouillé dans l’écosystème pour en tirer un portrait cynique et jouissif. Bourré d’humour et de références, son pamphlet Start-up Nation s’avale d’une traite mais se déguste longtemps. Entretien.
    Maddyness. Pourquoi avoir écrit ce livre ?

    Arthur de Grave. Mai 2017 a été la goutte d’eau. Mais attention, ce n’a pas été une goutte d’eau qui arrive du jour au lendemain. Ça a été progressif. J’ai roulé ma bosse au sein de l’écosystème startup mais un peu en marge quand même, notamment avec OuiShare et notre implication dans l’économie collaborative. Quand j’étais journaliste en costard cravate, les événements startups étaient ma bouffée d’oxygène. J’allais à des événements comme Le Web et à l’époque c’était frais, pas du tout comme Vivatech aujourd’hui, il y avait encore un certain côté punk. Mais ça c’était avant, avant d’avoir été récupéré politiquement. Avant qu’on fasse du monde des startups la clé de voûte de la stratégie industrielle du pays. Il n’y a évidemment aucun problème au fait qu’il existe des startups mais ça fait un peu plus de mal quand ça devient un idéal normatif.
    Il y a de nombreuses références dans votre livre, que celles et ceux qui n’évoluent pas dans le milieu ne peuvent pas forcément saisir, alors à vous adressez-vous ?

    Je vais emprunter ma réponse et dire que le meilleur moyen d’écrire pour tout le monde c’est de n’écrire pour personne. Paradoxalement, j’ai eu pas mal de messages positifs de startuppers. Et c’est une bonne surprise de voir que les gens de l’écosystème sont capables d’avoir un peu de distance critique et d’humour. En revanche, j’ai pas mal joué avec le langage et l’éditeur m’a fait remonter une critique : j’utilise, moi aussi, ce jargon qui tient à distance toute une partie de la population.
    Ce jargon, d’autres l’utilisent : les médias. Pour vous, quel rôle joue-t-on dans la création de ce mythe du startuppeur ?

    Des médias d’actualité chaude comme vous, je trouve ça normal, mais quand un éditorialiste sur BFM ou dans Les Échos utilise la figure du startupper comme porte-flambeau d’une certaine idéologie, c’est plus problématique. Dans les grands médias on utilise cet startuppers-là pour faire passer une pilule idéologique. Qu’est ce qu’on ne ferait pas passer comme naturel au nom de la bonne santé de l’écosystème startup !
    Une pilule idéologique qui a visiblement de plus en plus de mal à passer puisqu’on sent un retour de flamme important en ce moment. On parle de startup nation depuis moins de trois ans et pourtant il y a déjà un ras-le-bol qui gronde. Pourquoi et comment en est-on arrivés là aussi vite ?

    Si l’on regarde le contexte international, on voit que les grands mythes de la tech ont été mis à mal, il y a eu un retour de balancier, aux États-Unis notamment, et nous avons perdu notre innocence sur les effets réels de la technologie. Aujourd’hui, plus personne ne te dit que Facebook c’est merveilleux. Tout le monde a encensé ces géants pendant des années, on en voit les conséquences. Il y a donc une désillusion par rapport aux effets de la technologie en général. Sauf qu’en France on a 10 ans de décalage et donc quand nos politiques s’emparent du discours sur la tech qui va tous nous sauver, ça tombe à côté.

    On trimballe nos entrepreneurs dans les déplacements officiels comme on se trimballe dans une voiture très chère. La startup nation est un élément qui sert à définir la politique actuelle. Sauf que ça a été fait de manière opportuniste et aujourd’hui ça revient comme un boomerang. Pire, l’hostilité que peut provoquer la politique du gouvernement a rejaillit sur le monde des startups. Et oui le selfie a l’Élysée te coûte cher !

    Pour le retour de manivelle actuel, il faut aussi voir que les entrepreneurs sont des gens qui vieillissent, eux aussi, et ils sont comme tout le monde : ils ont une conscience et sont capables d’avoir un retour critique sur ce qu’ils ont fait.
    Ce que vous décri(v)ez c’est donc plus la récupération politique et la notion de startup nation que l’écosystème en lui-même ?

    Oui, car tu ne peux pas construire un pays sur cette base-là. Quand on te dit que les startups ont créé 25 000 emplois cette année, c’est cool mais c’est quoi à côté des millions de chômeurs que l’on a ? Ces entreprises créent des emplois qualifié, et les chômeurs ne sont pas le type de population embauchée par ces dernières. Les chômeurs sont toujours laissés à la porte. Parler de l’emploi alors que ce que vise une startup c’est l’hypercroissance et par définition le profit et non pas l’emploi, c’est fort. Le modèle startup est peu créateurs d’emplois par définition ! Et ça me va, une startup fait ce qu’elle a a faire mais c’est quand le politique s’en mêle qu’on rentre dans la fumisterie.

    Y’a un truc un peu magique dans la startup nation mais ce qui est flippant c’est que ça montre que l’on ne pense pas en termes de filière. Ce qu’il faut voir c’est qu’aucun des pays qui s’est retrouvé avec un écosystème startup puissant ne s’est donné comme objectif d’être une startup nation. On confond les moyens et la fin. Partout, les startups ont été le moyen de la politique économique mais ça n’a jamais été une finalité en soi !

    Le présupposé c’est que les startups vont sauver l’économie, sauf qu’en fait il y a quelques chiffres qui mettent à mal cette histoire-la malgré le progrès. Notamment la productivité du travail. Elle ralentit. Il y a plusieurs hypothèses sur les raisons de ce plafonnement, mais il faut voir l’incohérence qu’il y a entre les progrès mirifiques annoncés et la réalité mesurée par les économistes à la sortie. Patrick Artus a notamment montré qu’il n’y a pas de courroie de transmission entre l’écosystème startup et l’économie.
    Revenons-en au fondamentaux. On voit souvent des PME traditionnelles se présenter comme des startups, parce que c’est plus glam, pense-t-on. Mais quelle est votre définition de la startup ?

    Si on essaye d’avoir une définition cadrée, ce serait une entreprise qui n’a pas de modèle économique et qui a une croissance explosive. C’est un état dans lequel elle n’a donc pas vocation à rester. Les boîtes qui lèvent, et re-lèvent constamment sans horizon de rentabilité, ça m’inquiète. La startup, ce n’est pas une question de taille, et on voit aussi que ça peut durer très longtemps dans le cas d’Uber ou de WeWork. Alors que normalement c’est une phase très transitoire d’une boîte qui vise à avoir une position dominante sur son marché. Mais, ça, c’est pour la théorie.

    En pratique, ce qui fait que les gens citent Facebook ou Apple comme des startups, c’est que le concept sert aujourd’hui à décrire une entreprise qui parle un certain langage, qui a un certain esprit. L’esprit startup. Qui devient d’ailleurs un impératif moral aujourd’hui. La façon d’être cool quand tu es une entreprise c’est d’être une startup… mais c’est un peu comme un vieux qui va en boîte. C’est tellement validé politiquement que pour être dans le coup il faut installer un baby foot… toute l’esthétique de WeWork est devenue une norme.
    Votre récit est caustique, et on rit, même si parfois c’est jaune devant l’absurdité de la réalité que vous dépeignez. C’était important de passer par le biais de l’humour ?

    Le cahier des charges c’était d’aller dans le pamphlétaire. Quand l’émetteur du discours sur la startup nation ce sont les plus hautes instances de l’État, tu es forcément tenté de le décrypter. Et quand on voit que l’expression « startup nation » est aujourd’hui jetée comme une insulte, pour le ridicule que ça véhicule, ça donne envie d’utiliser la dérision pour donner à voir ce qui se cache derrière. Et quand j’ai compilé les occurrences de startup nation dans les discours, je me suis rendu compte que ça ne construisait pas un ensemble très cohérent. D’un côté on te parle du fait que « chacun peut croire qu’il pourrait créer une startup » de l’autre que l’on va numériser les services publics. La startup nation elle sert à tout, c’est un couteau-suisse. C’est un opportunisme tellement manifeste qu’il n’est pas évident de le prendre au sérieux.
    Bon, elle finit comment l’histoire de la startup nation ?

    Je ne sais pas comment ça va finir. L’un des trucs qui me rend le plus dingue c’est la survalorisation du sacrifice. D’un côté on a des surhommes qui font culpabiliser ceux qui n’y arrivent pas et de l’autre on a ceux qui sont en burnout. Et au-delà de ça, j’ai peur qu’il y ait une hostilité croissante de la population qui voit les startups comme le bras armé d’une certaine politique méprisante, inégalitaire etc. L’hostilité va continuer à monter et j’ai peur qu’on en arrive à peu près à ce qui passe aux États Unis, avec une disjonction progressive entre une population qui regarde ça de loin et de l’autre une sphère politique qui continue la course à la taille sans se poser la question des conséquences. Et ce n’est pas un hasard si ce pays finit avec un Trump à sa tête. Manifestement, il y a quelque chose qui s’est cassé. Et puis l’obsession pour les licornes est quand même très suspecte, ce n’est rien de plus qu’un concours de qui a la plus grande.

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