C’est vrai qu’il semble vraiment paradoxal d’annoncer le retour du CAC40 au dessus des 4000 points lorsque l’on connait la situation économique que traverse la France et l’Europe en générale.
Plus les mauvaises nouvelles s’accumulent, plus le chômage augmente, plus la bourse augmente… mais comment est ce possible ?
Comment peut on expliquer une hausse des marchés financiers alors même que l’économie est moribonde.

 
 

La bourse, c’est l’anticipation …

Traditionnellement, c’est l’excuse de l’anticipation des marchés qui permettait d’expliquer cette absence de connexion entre la bourse et la vraie vie. Les marchés financiers ne vivent pas dans l’instant présent mais dans l’anticipation.
La hausse observée depuis quelques mois, devrait donc augurer d’une prochaine croissance économique très interessante ?
Malheureusement, de très nombreux experts et autres économistes nous prédisent de longues années avec une croissance moribonde et il ne semble pas raisonnable de compter sur l’anticipation des marchés pour comprendre la raison de la hausse de la bourse.
 
 
 

Les entreprises du CAC 40 ne réalisent pas leur chiffre d’affaire en Europe…

La seconde excuse tient souvent dans la capacité des entreprises composant le CAC 40 à réaliser une partie importante de leur chiffre d’affaire en dehors de la zone EURO.
En effet, plus de la moitié du chiffre d’affaires des entreprises qui composent le CAC 40 est réalisé hors de France, et pour une partie hors d’Europe. Ainsi, malgré une croissance absente en zone EURO, les entreprises du CAC40 doivent profiter de la croissance forte des pays émergents ?
Selon Carmignac Gestion, dans leur dernière lettre de perspective économique, « Les trois principaux pays émergents ne semblent pas aujourd’hui en mesure de jouer un rôle majeur de moteur de l’économie mondiale :

La Chine, tout comme l’ensemble des grands exportateurs, souffre quelque peu de l’atonie des pays développés et ne s’engage pas, à cet instant, en faveur d’une croissance forte à tout prix. Le nouveau pouvoir en place cherche encore ses marques et veut s’assurer notamment que les prix de l’immobilier restent sous contrôle. La bonne tenue de l’inflation devrait permettre le moment venu, et si nécessaire, de soutenir l’activité.
L’Inde est déjà entrée en période électorale, ce qui semble nuire à la volonté réformatrice affichée il y a moins de six mois et repousser encore les mesures capables de remédier à la dégradation de ses comptes courants.
En sa qualité de producteur majeur de matières premières, le Brésil souffre du manque de dynamisme économique mondial et semble s’enfermer dans une logique économique interventionniste qui n’augure rien de très bon pour la vigueur future de sa croissance.

Il faut donc trouver les origines de la hausse de la bourse ailleurs car la croissance économique ne semble pas non plus au beau fixe dans les pays émergents.
C’est donc vraiment étrange cette affaire : La bourse monte alors que l’économie semble durablement inscrite dans un cycle de faible croissance dominée par une réduction des investissements, une surabondance des capacités de production …

Mais alors, pourquoi la bourse monte t’elle sans limite ?

L’analyse de Carmignac Gestion, nous donne quelques éléments d’appréciation de la situation. Citation :
La toile de fond de l’économie mondiale est inchangée. Les économies développées se trouvent à la veille (Europe) ou déjà
engagées (Etats-Unis) dans un mouvement de réduction structurelle de l’effet de levier qui s’étalera sur plusieurs années.
Il obligera les Banques centrales à conserver leurs politiques expansionnistes en maintenant durablement les rendements des emprunts d’Etat à des niveaux « anormalement » bas.
L’impossibilité pour les gouvernements de mettre en œuvre des politiques contra-cycliques, pour cause d’orthodoxie budgétaire obligatoire, force en effet les Banques centrales à créer seules les conditions d’une croissance nominale (réelle plus inflation) suffisante pour abaisser le poids de la dette publique afin de la rendre soutenable

 
Ce serait donc dans l’intervention des banques centrales (Banque centrale européenne, mais également banque centrale européenne ou Japonaise) qu’il faudrait voir un facteur explicatif de la hausse des marchés.
Cela fait quelques mois que nous vous informons de la manipulation actuelle des banques centrales sur les taux d’intérêt. Dès Janvier 2012, nous réalisons cet article : La BCE contrôle le niveau des taux d’intérêt long terme et la valeur des actifs.
Les banques centrales sont déterminées à faire baisser les taux d’intérêt au plus bas pour sauver le système économique mondiale. Cette baisse continue des taux d’intérêt est déterminante pour comprendre la hausse récente des marchés.
 
Selon la théorie moderne, la valeur d’une action est : « La somme des flux futurs actualisé ». Cela signifie que la valeur actuelle d’une action est fonction de la capacité de cette action à générer un revenu (dividende) dans la futur.
Mais l’investissement en action étant « risqué », il convient d »actualiser la valeur du dividende futur en fonction du rendement demandé par l’investisseur. Percevoir le revenu d’une action dans 2 ans, mais pas équivalent à percevoir le revenu d’une action dans 10 ans. Il faut donc pondérer la valeur du dividende du taux de rendement des actions.
 
De manière schématique, voici la valeur d’une action :

 
Considérant une action qui permet d’obtenir un revenu de 100€ (dividende distribué) de manière prévisible à long terme. Nous considérons par soucis de simplification, que le dividende reste stable pendant toute la durée de la vie de l’entreprise et qu’il n’y a pas de croissance du dividende.
Considérant que le rendement demandé pour investir sur le marché action soit de 7% (taux d’actualisation déterminé par le marché en fonction du niveau général des taux d’intérêt et notamment des taux des emprunts d’état souverain).
La valeur financière de cette action est de 1428€.
Le secret de la valorisation d’une action réside donc dans la combinaison de trois facteurs :

  • Le niveau des dividendes et leur prévisibilité. C’est le niveau des dividendes et donc des bénéfices de l’entreprise qui permet de calculer la valeur d’une entreprise.
  • La taux de croissance des dividendes (et donc indirectement du bénéfice dégagé par l’entreprise). En période de récession, ce facteur est naturellement négatif pour la valeur de l’action. Une anticipation de la baisse future des bénéfices entraine immédiatement une anticipation de la baisse des dividendes et donc de la valeur calculée de l’action.
  • Le taux de rendement demandé par les investisseurs pour accepter d’investir dans les actions. C’est aujourd’hui, le point central qui permet d’expliquer la hausse des marchés actions. Les Banques centrales manipulent les taux d’intérêt vers le bas et cela conduit naturellement à augmenter leur valeur des actions.

Actuellement, les banques centrales sont déterminées à maintenir les taux d’intérêt au plus bas, et à faire baisser les taux d’intérêt toujours plus bas. Les états s’endettent donc à des niveaux toujours plus bas, et le taux de rendement demandé par les investisseurs pour investir sur le marché action est toujours plus bas.
Reprenons l’exemple précédent mais en considérant un rendement attendu de 3%. Le résultat sur la valeur calculée de l’action est surprenant.

La valeur théorique de l’action ressort à 3333€, soit une hausse de 133%. Bien évidemment, cet exemple est volontairement exagéré mais cela permet de comprendre pas mal de chose.
Les banques centrales se sont engagées à maintenir les taux d’intérêt à des niveaux particulièrement bas pendant une durée qui devrait être longue. Les actions peuvent ainsi se valoriser alors même que la récession semble acquise et que la situation économique ne devrait pas s’améliorer avant une longue période.
Cette volonté affichée des banques centrales et surtout la possible prochaine intervention massive de la banque centrale Européenne pourrait avoir pour conséquence d’augmenter encore la valeur théorique des actions dans un contexte de récession.
Mais attention, il s’agit d’un jeu dangereux. Le jour ou les taux d’intérêt augmenteront, par le retour de l’inflation ou simplement par ce que la situation économique se sera assainit, le phénomène inverse pourrait surprendre beaucoup d’investisseur.
 
 

Conclusion :

La situation économique ne s’améliore pas en Zone euro et la croissance mondiale ne devrait pas être aidée par la dynamique des marchés émergents. Il convient donc de chercher ailleurs une explication à la hausse récente des bourses européennes.
Selon nous, la baisse confirmée et probablement prolongée des taux d’intérêt permet d’expliquer la dernière hausse des marchés et nous autorise à anticiper un changement de seuil dans la valeur des actions. Les investisseurs acceptent désormais des rendements beaucoup plus faibles pour accepter d’investir sur le marché actions.
Les actions pourraient, à court terme, faire l’objet d’une revalorisation importante malgré une dégradation manifeste de la situation économique. Néanmoins, la prudence doit guider les investisseurs, car la hausse des taux d’intérêt suivant mécaniquement la baisse, les dépréciations suivent mécaniquement les hausses …

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