La gestion pilotée est à la mode !

Toutes les compagnies d’assurance vie s’y mettent en vous promettant une solution parfaite pour investir sur les marchés financiers et surtout bénéficier de l’expertise d’un gestionnaire d’actif qui saura vous guider dans les méandres de la finance.

Bref, la gestion pilotée est aujourd’hui vendue comme une solution incontournable face à la baisse inexorable des rendements du fonds euros.

La gestion pilotée est perçue comme étant la solution idéale pour investir sur les marchés financiers pour l’épargnant néophyte qui n’y connait rien (et qui ne veut pas s’investir pour essayer de comprendre l’incompréhensible).

La promesse d’être accompagné dans la gestion financière de son épargne est attrayante … mais la gestion pilotée est elle vraiment la bonne réponse ?

Vous êtes très nombreux à vouloir être accompagné dans la gestion financière de votre épargne.

Le succès de notre expérience du #défi6% illustre parfaitement ce besoin. Le #defi6% est une expérience éditoriale, réalisée par Arnaud SYLVAIN, conseil financier indépendant, qui vise à démontrer qu’il est possible d’obtenir un rendement à long terme de 6% pour votre épargne en assurance vie (cf »DEFI6% : La montée en charge se poursuit sans précipitation et avec prudence … »).

Les épargnants ne comprennent rien aux marchés financiers ; Ils ont donc besoin qu’un « sachant » essaie de les décrypter et leur apporte ses conseils avisés.

 

Ce besoin d’accompagnement sur les marchés financiers est incontestable… malheureusement, la gestion pilotée, telle qu’elle est « vendue » actuellement, n’est pas la solution ! Gare aux désillusions.

Dans les faits, la gestion pilotée n’est autre qu’une gestion sous mandat retravaillée par les services marketing de la compagnie d’assurance vie !

Ainsi, souscrire une gestion pilotée, c’est confier à un gestionnaire de portefeuille le soin de gérer la composition de votre épargne en fonction de vos exigences de risque.

Vous fixer un cadre global de la gestion… et le gestionnaire devra choisir les OPCVM qui permettront de satisfaire ce cadre. Par exemple, lorsque vous choisissez une gestion pilotée équilibrée, vous demandez à votre gestionnaire de portefeuille d’investir -+50% en action et -+50% en obligation. Il n’a pas le choix, il devra obéir à vos ordres, même s’il considère qu’ils sont mauvais.

Le gestionnaire de portefeuille n’aura pas le droit de sortir du cadre que l’épargnant fixe, même si ce cadre n’est pas optimal. Bref, la gestion pilotée n’est autre qu’une sorte de fonds de fonds : Un gestionnaire de portefeuille va sélectionner d’autres gestionnaire de portefeuille pour gérer votre épargne selon le profil de risque que vous aurez fixé.

Vous croyez délégué la gestion de votre épargne à un expert… alors que dans les faits, c’est vous qui fixez les ordres !

Bref, la gestion pilotée, c’est ajouter une nouvelle couche de frais de gestion ! C’est le bonheur pour la compagnie d’assurance vie et les conseils en gestion de patrimoine qui vendent ces solutions :

  • Frais d’entrée ;
  • Frais de gestion du contrat d’assurance vie ;
  • Frais de gestion des OPCVM sélectionnées par le gestionnaire de la gestion pilotée ;
  • Frais de gestion de la gestion pilotée.

Le tout facturé en pourcentage des montants investis comme si la quantité de travail était proportionnel au montant de votre épargne.

 

 

A titre personnel, je ne comprends pas l’utilité de la gestion pilotée, je préfère la gestion conseillée.

A mon sens, la gestion pilotée est une arnaque marketing ! La valeur ajoutée me semble aléatoire mais son coût certain. Pourquoi ne pas investir votre épargne dans un OPCVM diversifié et / ou flexible ? Pourquoi chercher à rémunérer un nouvel intermédiaire ? 

Dans la gestion pilotée : L’épargnant dit au gestionnaire de portefeuille « Je veux investir à hauteur de 50% en action / 50% en obligation. Choisissez pour moi les OPCVM qui me permettront de satisfaire ce profil d’allocation de mon épargne ».

Dans le cadre d’un gestion pilotée, le gestionnaire n’est pas amené à répondre à cette question « Dois je investir sur les marchés financiers ? Faut il préférer les actions ? Les obligations ? L’OR ? … « . Le professionnel de la gestion pilotée ne se pose pas la question de la pertinence de l’investissement, il se pose seulement la question de l’optimisation de la sélection des titres financiers dans le cadre global fixé par l’épargnant.

Dans les faits, personne n’aide l’épargnant dans la répartition de son épargne ! Et les profils de risque sont une réponse IDIOTE au besoin réel des épargnants.

Les épargnants veulent savoir s’il est opportun d’investir sur le marché action… et on leur répond, via les offres de gestion pilotée, faites moi confiance, je suis le meilleur pour sélectionner les titres qui vous permettront de battre l’indice de référence !

Mais ce n’est pas la question ! Les épargnants ne veulent pas investir sur les marchés financiers à tous prix… Ils veulent un conseil pour atteindre leur objectif de rendement. 

 

 

Les épargnants n’ont que faire de leur profil de risque ! Ils veulent savoir si c’est le bon moment pour investir !

Pourquoi un investisseur à la recherche d’un rendement élevé serait il condamné à être exposé à 100% sur les marchés actions, même lorsque le conseiller est persuadé que les marchés sont surévalués ? 

Lorsque les marchés sont trop chers, ils le sont pour tous le monde !

 

L’épargnant doit être capable de faire varier son exposition aux actifs financiers en fonction de l’analyse de fond de son conseiller :

  • Si son conseiller considère que les marchés actions sont trop fortement valorisé, il doit réduire son exposition à ces marchés actions.
  • Si son conseiller considère que les marchés obligataires sont trop fortement valorisé à cause de taux d’intérêt trop bas, il ne doit pas y investir ;
  • Si son conseiller considère que les marchés actions sont à la veille d’une forte valorisation, il doit y investir massivement.

 

 

Répondre à ce besoin d’accompagnement n’est pas le rôle de la gestion pilotée. C’est le rôle de la gestion conseillée !

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16 Comments

  1. Guillaume F says:

    Bonjour Guillaume,

    Nous partageons les mêmes initiales et également le même avis concernant les gestions pilotées.
    J’appartiens désormais à un service de gestion conseillée et les arguments cités me semblent bien logique.

    Avec des rendements euros devenus limités, les épargnants cherchent de le performance mais trop souvent de la mauvaise manière… Les marchés ne sont pas des casinos et il est bien souvent compliqué d’expliquer que la construction d’un contrat ne se réalise pas en un, deux, trois ou six mois. Les glorieuses années des fonds euros ont habitué les épargnants à.. attendre de la rémunération..garantie.

    Bref, article très intéressant, le travail du côté épargnant reste colossal (cf. rapport de l’AMF) et malheureusement il est possible d’estimer que le moindre choc de marché (de l’ordre de -15 à- 20%) pourrait freiner toute progression de gestion conseillée.

    • Bonjour Guillaume F -;)

      Vous dites maintenant appartenir à un service de gestion conseillée. Pourriez vous nous expliquer (du moins expliquer aux lecteurs), la valeur que vous apportez aux épargnants ?

      Pourquoi vous considérez apporter plus de valeur qu’une gestion pilotée ?

      Merci d’avance pour votre réponse. Je crois qu’il y a sur le sujet un grand besoin de pédagogie.

  2. 1. Il y a une vingtaine d’années les études sur la performance attribuaient déjà au market timing 15% du résultat

    2. La solution consiste à appliquer la technique de « Le secret d’un investisseur néophyte pour obtenir 800% de plus-values depuis 1992 ! » adapté à son profil de risque

    Les résultats de la gestion pilotée dépendent du pilote

  3. Bonjour,

    Je partage également votre avis. Ce n’est pour toujours le cas 😉

    Nous faisons beaucoup de mandat conseil car cela permet d’aligner les intérêts clients/CGP. Je m’explique. Au lieu d’une augmentation substentielle de frais de gestion et d’avoir généralement un profil type avec des unités de compte maison d’une société de gestion nous facturons des honoraires sur la base des performances globales.

    Résultat, nous avons l’incitation de prendre des parts I non chargés en frais de gestion et nous avons une baisse de rémunération / pas de rémunération si les performances sont négatives. Je pense que c’est la meilleure solution pour 1) rémunérer le conseil et travail 2) aligner les intérêts de chacun.

    • Merci pour ce commentaire.

      Je ne sais pas quoi penser d’une rémunération au pourcentage dans le cadre d’une gestion conseillée. En effet, dans le cadre d’une mission de conseil, l’épargnant bénéficie d’une analyse et de conseils, mais prend la décision de les appliquer ou non.

      Comment rémunérez vous votre travail si l’épargnant ne suit pas vos préconisations ?

      Ne croyez vous pas qu’une mission de conseil à honoraires fixes, non proportionnels à l’encours conseillé serait plus adaptée ?

      • Je suis CIF donc je travaille ave lettre de mission et si le client ne suit pas mes préconisations, il n’est pas client dans le cadre du mandat conseil. Cela ne veut pas dire que je suis inflexible sur mon conseil en terme d’allocation d’actif. J’aime faire de la co-construction si le client a des connaissances financières.

        Pourquoi une % des gains lié à un indice de référence car j’estime qu’une allocation d’actif (en particulier sur des profils dynamique / offrensif) demande une gestion fine et régulière dans le temps. Une facturation d’honoraire a pour moi des inconvenients : 1) quid du suivi régulier car moins d’incitations une fois le conseil fait 2) quid de l’incitation à faire des changements réguliers pour multiplications des missions. Après je ne prétend pas avoir le meilleur mode de fonctionnement mais j’estime qu’il fonctionne bien et qu’il est bien recu coté client.

  4. Geoffroy ROQUES - Courtier en assurance emprunteur says:

    Bonjour,
    il semble bien « évident » que mieux vaut une gestion conseillée qu’une gestion pilotée. j’effectue peu de placement assurance vie en unité de compte mais je trouve personnellement que c’est la législation en vigueur qui crée la fin du « vrai conseil »
    en effet aujourd’hui on ne nous demande plus de conseiller un client mais de faire ce qu’il demande. c’est au final la meilleure façon d’être couvert dans notre métier (que se soit CIF ou Courtier d’assurance).
    mon analyse concerne tant les placement, que la prévoyance etc…
    notre métier si l’on veut l’exercer en toute sécurité consiste à faire remplir un questionnaire à un client et à lui demander ce qu’il veut
    Le client ne sachant pas réellement ce qu’il veut car comme le dit Guillaume il n’y comprend rien il va nous donner un profil que nous allons basiquement répercuté dans son contrat.
    C’est selon moi le problème de fond. On ne peux plus exercer notre métier correctement.
    Je pratique en très grande partie de mon activité l’assurance emprunteur
    Aujourd’hui on nous demande d’appliquer bêtement des critères CCSF. Ainsi quand j’ai un client qui fait un prêt sur Axa Banque le principe c’est qu’il se retrouve moins bien couvert que celui qui fera un prêt au Crédit Mutuel.
    A mon niveau je fais de la pédagogie mais si le client ne souhaite pas d’explication et juste le produit correspondant au critères de sa banque le résultat est celui indiqué ci dessus.
    Il faut certes de la législation pour encadrer les choses mais aujourd’hui elle est devenue tellement lourde que nous avons tout intérêt à donner ce qui peut s’apparenter à un mauvais conseil (investir quand ce n’est pas le moment ou sur les mauvais supports du moment que c’est le client qui nous le demande) plutôt que d’exercer correctement notre métier en essayant d’expliquer les choses au client. Ou alors si le client ne veut pas écouter le conseil donné, mieux vaux ne pas faire la vente car elle pourrait nous retomber dessus un jour…..

    • Personnelement j’utilise Quantalys pour le profil de risque 1) c’est interactif 2) pédagogique 3) ludique et cela permet de construire ensemble avec son client le profil de risque. Je vous le conseille et cela permet d’avoir un vrai échange plutôt que d’avoir un questionnaire bete et méchant que l’on utilise.

  5. Sylvain Cottereau - jeune ingénieur BTP avec la soif d'apprendre says:

    Je ne veux pas lancer ce débat, mais ayant un point de vue extérieur (j’habite en Angleterre), je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi on appelle ça une Assurance vie. Même si j’ai bien compris la logique par opposition à une assurance décès (« on doit s’assurer d’avoir des revenus au cas où on reste en vie »), une assurance est à la base une police qu’on paye tous les mois pour un un évenement qui a une probabilité de survenir dans le futur, et en aucun cas on devrait parler de profil de risque ou de placement… à mon avis on devrait plutôt appeler ça « Plan d’Investissement Retraite », un peu comme le Perco, car il me semble que c’est de la retraite dont il s’agit après tout.

    Tiens en parlant de Perco, quand j’étais encore en France, on m’en avait proposé. On m’avais demandé si je voulais une gestion sécurisée, équilibrée, ou dynamique. Dans mon entreprise, personne n’a su m’expliquer ce que cachait ces termes simplistes (si ce n’est qu’il y a plus ou moins d’actions/obligations). Avec aucun contrôle sur l’allocation choisie, aucune idée de la composition exacte du fond, et surtout une épargne bloquée à vie jusqu’à la retraite, j’ai dit niet, et pour l’instant je pense avoir bien fait…

    Pour revenir à votre question sur la gestion pilotée, effectivement une gestion sur des fonds qui sont eux même déjà gérés, ça n’a pas de sens, surtout si ça ne s’accompagne pas d’un conseil mais simplement d’une application bête et méchante d’une règle préétablie d’allocation d’actif. J’ai même pitié pour le gestionnaire, qui doit s’ennuyer dans ce type de gestion sans valeur ajoutée (à moins que tout soit automatisé)… A contrario, la gestion conseillée semble plus appropriée (et ça me semble être toute la valeur ajoutée du CGP, et CFI aussi ?), en répondant aux besoins du client de manière personnalisée.

    Mais j’ai une question : si le client ne sais pas ce qu’il veut (si ce n’est un meilleur rendement), comment pouvez-vous le conseiller ?? Et si le client sait déjà ce qu’il veut, qu’est-ce que le CIF ou le CGP va apporter de plus?

    J’ai découvert votre blog depuis quelques semaines, et j’adore tout ce qu’on peut y apprendre (et même les commentaires tous de haut niveau !!), merci beaucoup.

  6. Fredy Gosse says:

    Dire que la bourse est payante a long terme est une fekniouz ,tout dépend de l époque ou vous prenez position et l époque ou vous vendrez malheureusement c’est quand vous connaîtrez le résultat des courses en fin de période que vous constaterez le résultat ?Dire a un client vous avez 55 ans il vous faut un profil’ prudent Car vous approchez de la retraite est juste une contre-vérité
    Pendan 9! Ans par exemple fera moins bien que la bourse vu qu il sera bridé par plus d obligations et crac la dernière année
    La bourse s écroule et notre investisseur se retrouve gros jean comme devant
    En fait vieux ou jeune il faut toujours être reactif sachant que nous decidons toujours sans avoir tous les éléments pour décider comme le rappelle le Monkey day ?

  7. Au delà de ce débat très intéressant, je pense qu’il faut tout de même segmenter les clients dans des profils de risque.
    Profils en face desquels correspondent des allocations type qui elles pourront être affinées avec le client.

    Car en cas de sursauts des marchers, à là hausse ou à la baisse, il me semble que le CIF pourra être beaucoup plus réactifs dans les conseils d’arbitrages éventuels que si un client x à un portefeuille x, un client y un portefeuille y, etc etc

Répondre à Alexandre Juvé Cancel

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