La hausse des taux d’intérêt est une bonne nouvelle pour les épargnants.

Les taux d’intérêt montent. Le rendement de l’épargne se normalise enfin avec plus de 10 ans de répression financière. Serions-nous en train de vivre la fin de l’euthanasie des épargnants ouverte en 2015 / 2016 ?

Et si la hausse des taux est directement la conséquence de la fin du quantitative easing !

C’est historique. La BCE n’achète plus d’obligation sur le marché secondaire : La BCE n’intervient plus sur le marché obligataire pour faire baisser les taux d’intérêt et orchestrer l’euthanasie des épargnants.

Voici ce qu’explique la Banque Centrale Européenne :

Dans des périodes économiques normales, la BCE pilote les conditions financières au sens large et, in fine, les évolutions macroéconomiques et l’inflation en fixant les taux d’intérêt directeurs (à court terme).

Toutefois, à la suite de la crise financière mondiale de 2008 et des changements survenus dans le fonctionnement de notre économie, les taux d’intérêt directeurs ont été réduits jusqu’à un niveau proche de leur plancher effectif, le point à partir duquel les abaisser encore aurait un effet limité, voire nul. La BCE a dès lors adopté d’autres mesures pour faire face au risque d’une trop longue période de faible inflation et ramener l’inflation vers l’objectif de 2 % à moyen terme fixé par le Conseil des gouverneurs.

Le programme d’achats d’actifs (asset purchase programme, APP) est l’un des outils auxquels la BCE peut recourir pour atteindre cet objectif. Les achats nets réalisés dans le cadre de ce programme ont pris fin en juillet 2022, les remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans ce cadre continuant d’être réinvestis en totalité.

Lorsque la BCE achète des actifs du secteur privé, comme des titres adossés à des actifs et des obligations sécurisées, qui sont liés aux prêts que les banques accordent aux ménages et aux entreprises dans l’économie réelle, l’accroissement de la demande correspondante pousse leurs prix à la hausse. Cela incite les banques à octroyer plus de prêts, qu’elles peuvent ensuite utiliser pour créer et vendre davantage de titres adossés à des actifs et d’obligations sécurisées. L’accroissement de l’offre de prêts tend à faire baisser les taux débiteurs bancaires appliqués aux entreprises et aux ménages, entraînant une amélioration des conditions financières générales.

Source : Comment fonctionne le programme d’achats d’actifs de la BCE ?

Depuis le 01/01/2025, la BCE cesse totalement ses achats de titres obligataires.

Dorénavant, le politique monétaire de la BCE se concentrera à nouveau UNIQUEMENT sur les taux court terme. Les taux long terme seront librement fixés par les forces du marché.

Bref, c’est officiellement la fin de la manipulation des taux d’intérêt long terme par la Banque Centrale Européenne (BCE).

Une forme de retour à la normale, un retour au monde d’avant 2015 dans lequel les taux d’intérêt étaient fixés par les forces du marché, sans intervention de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne.

Résultat : Les taux d’intérêt long terme retrouvent leur juste équilibre.

La fin de l’euthanasie des épargnants, ce sont :

  • De meilleurs taux de rendement pour l’épargne obligataire ; Le taux de rendement de l’épargne va augmenter après des années de taux excessivement bas par rapport à leur niveau normaux.
  • Des hausses de taux de crédit pour les emprunteurs (États, entreprise et ménage).

De manière indirecte, c’est aussi une diminution de la masse monétaire en circulation et donc une baisse du prix des actifs qui ont tellement profité de l’expansion du bilan des banques centrales entre 2015 et 2022.

Le prix des actions, le prix de l’immobilier, mais aussi le prix de tous les actifs spéculatifs (bitcoin, art, montre, …) qui ont tellement profité du quantitative easing et des excès monétaires, subissent des pressions à la baisse.

On a longtemps expliqué que le prix des actifs avaient fortement augmenté grâce à l’abondance monétaire rendu possible par le quantitative easing. Même cause, même effet. Si les achats d’actifs par les Banques Centrales expliquent la hausse du prix des actifs, la fin des achats d’actifs devrait expliquer la baisse du prix des actifs.

Nous entrons dans un période qui pourrait redonner la valeur du travail et de la valeur ajoutée au détriment de l’enrichissement spéculatif.

Une période défavorable à la valorisation « monétaire » des actifs. Le prix des actifs pourrait ne plus augmenter à cause des politiques monétaires.

Le prix des actifs ne sera plus une source d’enrichissement facile pour les patrimoines. Les valorisations vont être beaucoup plus lentes, parfois négatives. En Bourse, nous allons peut-être retrouver de l’attrait pour les gestions values et les stratégies d’épargne à base d’obligations devraient retrouver de l’attrait pour les épargnants.

En revanche, nous entrons dans une période très difficile pour les actifs « spéculatifs » qui ont beaucoup profité des excès monétaires : Bitcoin, art, véhicules de collection, mais aussi immobilier spéculatif (= immobilier caractérisé par des prix sans rapport avec le coût de construction type Paris ou montagne) et actions dites de croissance (caractérisé par des PER élevés) pourrait entrer dans un cycle de valorisation très difficile.

Les valorisations atteintes dans le monde des startups et autres private equity ne sont plus tenables. Il faut se préparer au pire sur ces marchés aux valorisations hors-sols !

Bref, c’est le retour de l’ancien monde.

À suivre.

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