A la suite du G20 de ce week-end, le multiple MQ signale à nouveau la limite entre une météo des marchés « Expansion » et « Euphorie ».

Ce G20 marque la fin d’une époque économique qui a commencé en 1985 avec les accords du Plaza.

Pour rappel, les accords du Plaza sur les taux de change organisaient la baisse du dollar. Cette baisse avait entrainé en réaction l’appréciation du Yen. Face à cette hausse, les industriels japonais avaient délocalisé massivement leurs productions pour rester compétitifs. Le système de production industriel japonais, « Toyotisme », s’est progressivement imposé en Asie dans les années 90 : réduction maximale des coûts, exportations, délocalisation de la production.

En amont, à partir de 1979, Deng Xiaoping a proposé aux chinois de « s’enrichir ». C’est pourquoi l’appréciation du Yen a finalement poussé les industries japonaises à investir massivement dans les régions côtières de la Chine qui, grâce aux transferts de savoir-faire, se sont diversifiées jusqu’à devenir les usines du monde.

Toujours dans le même temps, Alan Greenspan a remplacé en 1987 Paul Volcker à la présidence de la FED, qui venait de terminer son combat contre l’inflation.

La stagflation, faible croissance et forte inflation, qui s’est étalée de 1965 à 1985 continuait cependant de porter ses stigmates sur la société américaine. L’obsession de Greenspan consista à relancer la croissance économique en diminuant au maximum les taux d’intérêt.

Pour cela, il profita de l’arrivée de la Chine au sein de l’OMC en 1999. Les importations de produits chinois à bas prix, notamment via Walmart, ont pris leur essor. La FED a ainsi pu contenir la pression inflationniste. Elle a maintenu les taux d’intérêt à un niveau relativement bas malgré la surchauffe de l’économie, notamment sous les présidences Clinton, et l’amorçage du gonflement de la bulle immobilière. Greenspan laissa ensuite sa place à la tête de la FED en 2006. Bernanke a pris la tête de la FED quelques années avant la crise des « subprimes », provoquée en grande partie par la politique monétaire de taux bas de Greenspan; et après 5 ans de consolidation de la révolution internet. C’est l’autre mouvement fondamental de cette période. L’innovation, source de la croissance économique depuis le début des années 2000, exige la protection des droits de la propriété intellectuelle. Les droits individuels ne sont pas prévus par la dictature chinoise. Le contre-exemple Jacques Ma, le fondateur d’Alibaba, vient d’ailleurs de faire tomber le masque. Nous l’avions évoqué lors d’un petit déjeuner Marie Quantier : « Jack Ma est-il le Stakhanov des start-up, une « puppet » qui donnerait à croire qu’en Chine tout est possible ? ». Son appartenance au Parti Communiste Chinois vient d’être révélée par le Quotidien du peuple, l’organe de presse du PCC.

Enfin, l’économie de l’innovation demande l’ « extrem ownership » pour reprendre la terminologie des « best sellers » actuels aux USA. Cela se matérialise par le « Teslaisme » : intégration totale de la production, proximité des usines avec les marchés pour intensifier l’apprentissage des retours-clients et, enfin, maximisation de l’innovation. Chez Tesla, afin de maîtriser parfaitement le « Get Things Done » industriel, l’internalisation est favorisée par rapport à l’externalisation, et donc les délocalisations. De plus, pour effectuer des innovations rapides, pour mettre très rapidement sur le marché et apprendre des consommateurs, les usines et les bureaux d’étude sont au plus proche des marchés de consommation.

A Los Angeles, dans le cas Tesla. Michelin est un exemple de « Teslaisme ». La politique de Trump et de Mike Pence sur la guerre commerciale s’inscrit donc dans ce changement structurel et radical de l’économie monde. La baisse de 30% des actions chinoises et la dernière publication la semaine dernière du PMI chinois à 50, niveau qui sépare l’expansion de la contraction de l’activité industrielle, a accéléré la négociation de la trêve. Nous croyons que la Chine a accepté de muter.

En prévision du G20, le prix des actions européennes et américaines ont augmenté la semaine dernière. La hausse s’est confirmée aujourd’hui.

La FED n’est plus aussi dépendante des importations chinoises pour stimuler la croissance économique avec des taux d’intérêt bas tout en contenant l’inflation. Il n’est donc pas étonnant que les USA avancent leur rapport de force en faveur de la protection des produits à forte concentration en innovation.

Si les USA obtiennent la possibilité d’avoir des participations majoritaires, ce qui permet de protéger la propriété intellectuelle, alors le pari de Mike Pence aura été gagné. Et la croissance économique mondiale potentielle sera plus élevée. Ce serait positif pour les actions.

 

Dans le même temps, le salaire horaire d’un ouvrier qualifié est maintenant moins cher au Mexique qu’en Chine.

Dans ce cadre, il est rationnel pour les USA de vouloir renégocier les accords de l’ALENA. Nous croyons que Mike Pence est celui qui dirige. Nous croyons que Mike Pence n’est ni mercantiliste, ni protectionniste. Il reste donc à Xi Jinping de trouver les solutions pour protéger les droits individuels en Chine ou d’accepter que l’avance économique américaine se traduise par une plus grande pénétration de leur marché par les produits US.

 

 

Avec cette baisse de l’intensité de la guerre économique, le consensus anticipe la fin de la baisse de la croissance économique mondiale, ce qui se traduit par une hausse du pétrole.

Lorsque le Brent est en-dessous de 55 dollars par baril, il y a une augmentation du risque systémique lié au poids important des entreprises de « Fracking », qui exploite le pétrole de gaz de schiste, dans la dette d’entreprise aux USA.

Le retour du baril de Brent à près de 64 dollars réduit ce risque. Ces deux facteurs, croissance économique et pétrole, poussent les taux d’intérêt vers le haut. Un autre élément positif, la différence entre les taux d’intérêt à 10 ans et les taux d’intérêt à 2 ans, est en hausse. Faible mais en hausse. C’est un signe de confiance dans l’avenir économique.




2 Comments

  1. La politique de Trump s’inscrit dans un changement structurel et radical de l’économie monde ou tout simplement dans un rééquilibrage des échanges avec ses partenaires en particulier avec la Chine.
    Quand on voit des échanges Chine vers USA 4 fois supérieurs à ceux des US vers Chine, cela s’appelle t-il du protectionnisme ou tout autre « balivernage » ou bien tout simplement un rééquilibrage basique des échanges ?

    http://www.leparisien.fr/economie/etats-unis-et-chine-les-chiffres-cles-d-une-guerre-commerciale-xxl-05-04-2018-7648101.php

  2. Bonsoir,

    Correction, la différence entre le 2ans et le 10 ans est en baisse !!!

    Le 10 ans à 2.97 et le 2 ans à 2.85 soit 12 points de base.

    Généralement prélude à la récession …

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