Un article prospectif rédigé par Julien Bonnetouche, notre désormais fidèle lecteur commentateur.

 Le concept de la théorie monétaire moderne, ou TMM , est actuellement « tendance » aux USA.

Cette théorie puise ses fondements chez Keynes, et de nombreux économistes en font l’apologie comme Stéphanie Kelton (professeur à l’université du Missouri à Kansas city et chroniqueuse dans Bloomberg opinion)

Mais plus important encore, cette nouvelle théorie économique, portée par plusieurs candidats à la candidature du parti démocrate, et à son l’aile gauche par une « jeune et pétillante » représentante américaine du 14e district de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, qui se dit socialiste, véritable espoir du parti démocrate pour les années à venir et qui déchaîne les passions outre-Atlantique.

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Cependant, nous allons le voir, Trump n’est pas en reste, pour ce qui est de la monétisation de l’économie. Et plus près de nous , Macron suit le même chemin.

 

Alors c’est quoi la Théorie Monétaire Moderne (TMM) ?

Autant vous le dire tout de suite ça fait froid dans le dos ! Et d’ailleurs une certaine panique teintée de morale, transparait dans les avis formulés par les rares experts qui commencent à s’exprimer sur ce sujet.

On pourrait la résumer ainsi :  La monnaie a une fonction sociale, et ne doit pas obéir aux règles établies par le secteur privé lui conférant une valeur en soi. D’autant plus, lorsque ce dernier a failli au rôle que la théorie monétariste dominante lui attribue.

À ce titre, la valeur de la monnaie est secondaire puisque son usage doit concourir avant tout au bien public, et l’État (qui ne peut faire faillite) reste maître de la quantité de monnaie à mettre en circulation.

Plus populo-démago ……Mais c’est à destination de l’électeur moyen américain qui n’a aucune culture historique en la matière.

En fait de Théorie Monétaire Moderne, ce concept est presque aussi ancien que la notion de monnaie elle-même, dès lors que c’est l’État qui décide de ce qui est, ou n’est pas monnaie :



Mais sans remonter aux Grecs, on se rappelle de John Law ou de la république de Weimar et des catastrophes inflationnistes qui en ont découlé lorsque l’État décide d’aller trop loin en matière de création monétaire.

Tout le monde comprend intuitivement d’une part, que cela ne peut normalement pas fonctionner, et d’autre part, que seuls de grands démagogues populistes peuvent oser en faire l’apologie.

Et pourtant, nous allons sans doute y avoir droit dans les années qui viennent.

En fait nous y sommes déjà entrés depuis les QE. Et comme tout le monde trouve que cela a été bénéfique, un échelon supplémentaire sera encore sans doute bientôt franchi.

Répondre à quelques questions simples va nous aider à mieux comprendre les enjeux :

  • S’endetter à l’infini est-il possible ?
  • S’endetter au-delà des possibilités de remboursement est-il nécessaire pour nos sociétés ?
  • Et une troisième question découlera des deux premières : est-ce inévitable ?

 

S’endetter à l’infini est-il possible ?

Mais tout d’abord, si l’on regarde les exemples existants nous avons deux cas de figure contemporains :

  • Le Venezuela : c’est le cas classique de la dérive monétaire, avec inflation galopante, appauvrissement rapide, baisse de la production, dans un pays corrompu, faiblement industrialisé et qui n’est riche que du pétrole, dont on voit ce qu’il advient.Personne ne veut plus lui prêter bref c’est la catastrophe.

 

  • Le Japon : depuis 30 ans les taux sont à zéro, l’inflation aussi, et l’endettement est passé de 100 % du PIB à 250 %, sans que personne ne se plaigne, ou attaque la monnaie. Mais c’est un pays fort, industriel, dont la dette est détenue en grande partie par les japonais eux-mêmes, qui se contentent de ne pas perdre d’argent en achetant les obligations d’État mais ne gagne rien non plus.Las japonais ne vivent pas plus mal qu’avant.

 

 

Quelle est l’explication du phénomène ?

Si les taux d’intérêt sont à 0 % l’inflation à 1 %, et la croissance supérieurs à 1 % par exemple 1,5 % comme en France, ou mieux encore, 2 à 3 % comme la croissance mondiale, terrain de jeu des multinationales, alors s’enclenche le cercle vertueux suivant :

Celui qui emprunte à 0 % (disons moins de 1%) alors que l’inflation est à 1 % , celui-là s’enrichit.

Celui qui emprunte à un taux en dessous de l’inflation alors que la croissance est supérieure à l’inflation, celui-là voit sa dette s’éteindre d’elle-même à terme.

On peut donc (les Etats et les entreprises, et même les particuliers) s’endetter à l’infini, puisque l’on ne rembourse jamais le principal mais seulement les intérêts. En effet l ‘on réempruntera pour rembourser l’emprunt, les créanciers restant confiants, car il n’y a pas de doute sur le résorption de la dette à long terme.

De toutes façons ici les créanciers sont les banques centrales, lesquelles n’attendent pas après ….

On s’enrichit automatiquement, c’est fabuleux !!

Entre temps, les particuliers n’ont pas l’impression de s’appauvrir, puisque l’inflation est sommes toutes presque négligeable.

Et si par hasard, la croissance venait à ralentir en dessous de l’inflation, il suffit de réemprunter davantage à la fois pour accroitre la consommation et l’investissement ( politique de l’offre et de la demande simultanément)) et la croissance repart automatiquement.

 

Deuxième question est ce nécessaire ?

Hélas oui, même indispensable.

On riait un peu, lors de la dernière élection présidentielle du « revenu universel » de Benoit  Hamon, mais finalement il n’était peut-être que un peu trop en avance sur son temps.

En effet, l’évolution de toutes les sociétés matures est à peu près la même partout sur le plan social, où l’on constate un appauvrissement des classes moyennes tendant à se confondre avec les classes les plus pauvres.

A l’autre extrême, les classes supérieures (en revenu) sont marginalisées à un petit pourcentage qui correspond grosso modo à celui qui bénéficie de la mondialisation( 20 à 25% environ)

De même on constate que 1 diplômé sur 3 niveaux licence ou master trouve un emploi déclassé par rapport à sa formation initiale. Ce qui est frustrant, et nous savons aussi que les zones péri-urbaines ( 30 km des villes) où il n’y a pas d’emploi, peu de services publics, et peu de moyens de transport, sont source de pauvreté ( gilets jaunes..)

Il va donc falloir donner de l’argent d’une manière ou d’une autre à toute cette frange de population, sous peine de la voir se révolter ou pire voter pour les extrêmes d’une manière qui pourrait devenir majoritaire. C’est comme cela que l’on a imaginé le concept d’hélicoptère money, qui consiste à donner de l’argent sans contrepartie avec sa forme la plus aboutie qui serait que les banques centrales créditent directement les comptes en banques des particuliers.

Mais d’autres formes d’hélicoptère money sont à l’étude, et qui passeraient par les États, lesquels choisiraient d’une manière plus politique, d’aider telle ou telle partie de la population.

Il faut aussi garder à l’esprit que la 4eme révolution industrielle et l’intelligence artificielle, auront plutôt tendance à réduire le nombre d’emploi, malgré les dénégations de certains.

On voit par exemple des sociétés comme Whatsapp être valorisées à plusieurs milliards de $ et n’avoir pour tout personnel que quelques dizaines d’informaticiens de très haut niveau, avec peut-être aussi des femmes de ménage à l’autre extrémité de la chaine.

 

Bref il est probable que la paix sociale et même la paix tout court sera à ce prix.

 

Nous sommes tous des « habitués » de l’économie de papa, où l’on considère qu’il ne doit être dépensé que ce que l’on a gagné.

Il va donc sans dire combien la TMM peut nous choquer.

 

Mais que font les américains avec le dollar depuis des lustres et leur déficit budgétaire astronomique ?

Que font les chinois qui s’endettent jusqu’aux oreilles ?

Et chez nous, que fait Macron lorsqu’il distribue 10 milliards à Noël puis 5 à 10 milliards maintenant sans réduire le nombre de fonctionnaires comme prévu ( 120000 pourtant pas beaucoup) ni bien sûr, les dépenses publiques d’aucune façon ?

En fait tout le monde s’en moque.

 

Est ce inéluctable ? (à défaut d’être souhaitable) !! car ce n’est pas souhaitable.

Surement oui, car la grosse différence qui est maintenant devant nous avec la TMM, c’est sa justification théorisée par des individus investis de l’autorité.

Et pour ceux que ne seraient pas convaincus de » l’avenir » qu’a devant elle cette nouvelle théorie monétaire, il suffit de rappeler trois raisons essentielles :

  • La lâcheté des politiques en face de la dépense publique est à toute épreuve. Toutes les occasions seront les bonnes pour le laisser aller.
  • L’excès de dépense publique qui était jusqu’ici considérée comme un mal endémique deviendrait subitement une solution bénéfique et acceptable.
  • L’aspect inéluctable d’un appauvrissement des populations mal formées et qu’il faudra obligatoirement subventionner d’une manière ou d’une autre si l’on veut éviter la tentation du pire.
  • Tout ceci ayant l’objectif, dans l’esprit des décideurs, de conserver le système du libéralisme/capitalisme. (parce que c’est le mode de fonctionnement économique majoritaire et aussi le plus efficace dans le monde) En tous cas pour pas mal d’années encore.
  • Et l’on peut rajouter aussi que les « puissants » (économique et politiques) sont aujourd’hui coalisés à l’échelle mondiale, et qu’ils feront ce qui est nécessaire pour assoir leur pouvoir.  En commençant par le maintien de la hiérarchie : Taux /inflation/ croissance absolument indispensable à l’équilibre du château de cartes comme dit plus haut.

 

Dans cette hypothèse, nous sommes partis pour avoir des taux à O %, ou à peu près, pour un bon bout de temps.

 

Malgré tout, si aux USA et en Chine, aucun obstacle ne paraît se dresser contre cette politique, en Europe, il y a tout de même l’Allemagne attachée à un monétarisme plus orthodoxe. Soit elle devra suivre, soit l’Europe et l’Euro éclateront. (ce qui bouleverserait le monde entier)

Elle suivra, on peut le supposer. Elle n’aura pas vraiment le choix. A moins que les nationalistes reviennent au pouvoir entre temps.

Certains peuvent également objecter que l’inflation pourrait revenir par le biais des salaires, et mettre à bas toute cette belle mécanique.

C’est assez peu probable, car la digitalisation et la mondialisation, qui sont-elles déflationnistes, sont encore loin d’avoir fini leur œuvre. Et puis comme dit précédemment, la tendance n’est pas à l’augmentation des salaires puisque si l’on manque toujours de personnel très qualifiés, une bonne partie de la population restera sous employée, et cela pèsera sur les salaires .

 

Finalement, chacun appréciera et ne manquera pas de faire des commentaires sur un sujet qui est de nature à provoquer des diatribes dignes de la querelle des « anciens et des modernes ».

Mais, contre toute logique classique, la TMM a de bonnes chances de fonctionner, à condition bien sûr, que les principaux États du monde s’entendent pour maintenir les taux d’intérêts en deçà de l’inflation.

On a pu constater récemment, à l’occasion de la guerre commerciale lancée par Trump, que le vieux film de l’arroseur arrosé était plus que jamais d’actualité. Il semble que les divers pouvoirs politiques concernés, en ont à peu près tiré la leçon.

Partant de là, on peut imaginer que cette entente mondiale régisse désormais également les problèmes monétaires.

 

Quelles conséquences peut-on imaginer pour l’avenir des investissements ?

Les obligations ne seront  plus intéressantes puisque dans l’exemple pris plus haut de taux à 0 % et d’une inflation à 1 % leur valeur réelle s’érode de  1%/an.

Les actifs tangibles eux, prennent de la valeur :

  • L’or, aura toujours ses partisans, l’incertitude lui conservant son rôle de valeur refuge.
  • Mais aussi l’immobilier et surtout les actions d’entreprises fiables, domaine où il y a le plus de possibilités d’utiliser cet argent facile.

Une question se pose alors concernant les actions : y a t-il une limite à leur valorisation, dès lors que les entreprises pourront emprunter à gogo ? Un PER à 30 est-il moins justifiable qu’un PER à 10 ?

A partir du moment où l’entreprise est solide, probablement pas. Mais les avis sont surement partagés ??

Une autre question se pose néanmoins pour des compagnies valorisées plusieurs milliards, qui font peu de chiffre d’affaire et pas de bénéfice ou même du déficit comme UBER par exemple, dont on sait qu’elle ne deviendra rentable que lorsque les véhicules autonomes remplaceront les voitures avec  chauffeurs.

UBER va bientôt rentrer en bourse. Ça va surement bien se passer…

 

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59 Comments

  1. Jonathan Kaminski says:

    La TMM n’est que la réponse a un cycle économique que l’on cherche a étirer a tout prix et qui est permis par les conditions déflationnistes décrites ds ce texte. Le chaînon manquant ici est au niveau des causes endogènes de la faible inflation (mondialisation/digitalisation ne sont pas suffisants), notamment la faible croissance de la productivité du travail.

    En effet, la faible inflation est entretenue par la faible croissance de la productivite du travail, et la mondialisation et digitalisation peuvent creer une augmentation de la productivite a long terme (cote offre et marche du travail, cote demande oui cela est déflationniste en effet ms cet effet la a deja ete bien amorti dans notre economie je pense) alors que les effets d’inegalite (gilets jaunes / Trump) vont amener des politiques plus protectionnistes et relocalisantes pour l’industrie, donc un effet inflationniste via les couts de production (et donc au niveau du consommateur egalement).

    Il est fort a parier que l’inflation reviendra a moyen-terme (surtout si la croissance repart a la hausse via la productivité et l’innovation) et que les marges de manœuvre des banques centrales s’amenuiseront… donc la TMM oui ms elle reste très dépendante au contexte macro. La vraie tendance déflationniste qui peut permettre a la TMM de continuer de s’appliquer même en cas de hausse de la productivité est le vieillissement de la population et la décroissance démographique (Effet japon. et qui commence a concerner l’Europe).

    D’ailleurs il y a nombre d’études intéressantes qui expliquent pourquoi l’inflation, les taux d’intérêt, et la croissance de la productivité du travail sont intimement corrélées entre eux.

    • julien bonnetouche says:

      Cette relocalisation qui serait due à une politique protectionniste, est loin d’être certaine.

      Si nous assistons à la relocalisation de certaines industries, elle se fera selon un mécanisme lent. Voire très lent et très partiel.

      Et même aux USA, on se rend bien compte des limites possibles compte tenu des interactions entre les pays, qui font entre autre, faire faire parfois plusieurs aller-retour entre divers pays, à un matériel donné pour lui conférer sa finition définitive.
      Par exemple des pièces de voiture commencées au Mexique, peaufinées au Canada ou aux US pour retourner au Mexique avant d’être terminées au US.

      Par ailleurs, les industriels n’accepteront de relocaliser ( et cela se fait déjà un peu ) seulement à condition d’une robotisation leur permettant de réduire les coûts par rapport à ceux de la production en territoires à coûts inférieurs.
      Cela ne devrait donc pas être inflationniste.

      • adnstep says:

        Depuis deux-trois ans, l’avantage concurrentiel permis par le transport maritime s’amenuise. A moyen terme (dans moins de dix ans ?), cet avantage pourrait être tari. Il n’y aura plus aucun avantage à importer depuis la Chine ou autres pays à bas coûts. Et la robotisation croissante des usines et entrepôts va y aider. Regardez un entrepôt Okado par exemple (https://www.youtube.com/watch?v=4DKrcpa8Z_E).
        Main d’œuvre réduite à sa plus simple expression, voilà une belle charge en moins !

        La relocalisation, ça risque d’aller très vite quand les premiers auront basculé.

  2. J’ai arrêté la lecture à « Mais plus important encore, cette nouvelle théorie économique, portée par plusieurs candidats à la candidature du parti démocrate ».
    Quand je vois le niveau de Ocasio-Cortez sur l’économie je sais déjà que cette théorie n’est qu’un vortex à faillites, pauvreté et révoltes.

  3. Jonathan Kaminski says:

    Ce n’est pas une theorie économique mais une theorie politique du tant est qu’elle en soit une.

  4. Je précise pour Guillaume. Comme le 21ème, le 19ème siècle a vu l’avènement d’un monde nouveau : naissance du capitalisme, révolution industrielle, investissements dans les infrastructures, colonisations, esclavage, augmentation de la monnaie en circulation (ruée vers l’or) avec une inflation quasi nulle pendant un siècle car la monnaie est consommée par la croissance et les progrès scientifiques et techniques, explosion des inégalités, catastrophes écologiques. Les dérives du 19ème se sont réglées dans le bruit et la fureur au cours du 20ème siècle via le marxisme et le nationalisme dans la négation de la démocratie. Le 21ème siècle marque une nouvelle phase du capitalisme : révolution numérique, mondialisation de l’économie, course aux étoiles, augmentation de la quantité de monnaie en circulation (banques centrales). Toutefois l’organisation humaine étant globalement intangible, le monde connaîtra sans doute avant la fin du 21ème siècle une évolution et une sortie avec d’autres idéologies qui feront largement appel aux protectionnismes et individualismes en tous genres. Si vous arrivez à faire passer ce blog dans un monde parallèle, on pourra peut-être en reparler…

  5. L’histoire étant un balancier permanent, je ne serais pas surpris qu’après une phase libérale,
    On connaisse l’emergence d’une nouvelle forme d’économie plus « sociale ».

    • adnstep says:

      L’opposition n’est pas entre libéralisme et socialisme, ici, mais d’être protectionniste ou pas.

      D’autre part, la France n’a jamais été très libérale, économiquement parlant, et le dernier économiste libéral Français a du mourrir dans les années 60.

  6. Une phase libérale ?

    Ou ça ??? en France???

    • Tendance de fond mondiale

      • Damien says:

        La question c’est : les états sont-ils plus rationnels que les investisseurs?
        Si oui alors l’économie plus sociale est une solution, si non alors elle est un problème.

      • adnstep says:

        La tendance de fond mondiale, c’était l’abandon des accords commerciaux bilatéraux, sous l’égide de l’OMC, sorte d’ONU économique. Est-ce plus libéral que des accords de libre échange bilatéraux ?

        Les accords fiscaux bilatéraux entre la France et les autres nations européennes, d’avant 1959, sont-ils plus, ou moins, protecteurs des personnes privées et de leurs biens, que les accords globaux entre les pays de l’UE ?

        Je ne sais pas si la phase 1981-2017 était libérale, ultra-libérale, ou pas, je sais juste que ceux qui s’y sont adaptés et étaient prêts s’en sont mieux sortis que d’autres, et que globalement, c’est la classe moyenne occidentale qui a payé.

        Quand à la phase qui commence, elle a l’avantage de rebattre les cartes. La France s’y adaptera-t-elle, ou aura-t-elle encore une guerre de retard ?

  7. L’inflation (vitesse de circulation de la monnaie * masse monétaire) obéit à un phénomène de psychologie collective. Autrement dit, tant que les grenouilles (les peuples) ne se rendent pas compte que la température de l’eau augmente, la planche à billet peut continuer de tourner à plein afin de permettre à nos chers dirigeants de finir leurs mandats tout en gavant leurs maîtres (les banquiers, pas les peuples).

    What could possibly go wrong ?

    • Michel 2 says:

      +1
      En premier abord, surpris de ce texte en provenance de Guillaume, tout s’est illuminé quand je me suis aperçu que c’était notre cher Julien, l’éternel optimiste qui, l’avait écrit.
      Bien entendu et comme à son habitude, il balaye d’un revers de main, les Fondamentaux de l’économie, fusse t-elle moderne.
      Personnellement, je ne sais qui aura (eu) raison dans les 10,20, 30 ou 50 prochaines années mais déjà aujourd’hui, la Chine et la Russie qui achètent de l’or en grande quantité sont des prémices d’un changement fondamental de la pratique monétaire actuelle.

      https://www.youtube.com/watch?v=VmVUBJhomLk

      • Non, vous vous trompez Michel, j’aurais tout à fait pu écrire un tel texte. Je le trouve passionnant et partage entièrement l’analyse.

        • Michel 2 says:

          Peut-être me trompes-je ? Je ne dis pas non plus que vous n’auriez pas pu l’écrire.
          On va pas en faire un livre, mais néanmoins, après avoir lu avec attention le texte et vous lisant régulièrement depuis de nombreuses années, mon sens de l’observation, somme toutes, relativement aiguisé, m’a tout de suite fait penser que ce texte n’émanait pas de vous et ai cherché aussitôt qui en était l’auteur. Et là effectivement, j’ai bien reconnu, les arguments, la ligne de pensée et le style de notre sympathique Julien.

  8. Bonjour à tous,

    Malgré toutes ces précisions, nous sommes dans l’inconnu, la prédiction, ainsi me semble -t-il, il faut revenir au fondamentaux, à savoir
    un rendement : les actions d’entreprises à potentiel
    se loger : l’immobilier
    se nourrir : l’agriculture
    vivre : la santé
    le reste n’étant pas que croyances ?

    A vous lire
    Cdlt

  9. Badtimes says:

    Ce qu’il faudrait pouvoir Comparer c’est la tendance du retour sur investissement, c’est-à-dire combien investissait – on il y a 50 ans pour obtenir 4/5% de croissance, combien il y a 25 ans combien aujourd’hui, etc. La rentabilité au niveau des états est semble t’il devenue négative. Je ne pense pas qu’on pourra tenir a ce rythme. Le grain de sable arrivera un jour ou l’autre. Je ne sais pas lequel mais comme dans tous les schémas de Ponzi ‘a s’écroule a un moment donné.

    • Jonathan Kaminski says:

      Il faut aussi comparer a tendance demographique egale, et croissance de la productivite constante. Effectivement chaque dollar investi par les etats aujourdhui cree a peine un dollar de croissance, et cela depend des politiques menees (le fameux multiplicateur fiscal, un concept avec lequel je ne suis pas vraiment d’accord car il omet beaucoup d’effets indirects ou a plus long terme). Difficile de creer de la croissance avec une demographie peu dynamique et peu de croissance de la productivite du travail! Ns sommes au bout d’un cycle technologique, les prochaines hausses de la productivite induites restaureront qd meme un peu d’inflation et de croissance potentielle significativement plus elevee que celle d’aujour’hui, pas ds les memes proportions que ds les trente glorieuses bien sur mais comparable a ce quon a connu dans la premiere moitie des annees 2000.

  10. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    La TMM, dont très peu de gens ont entendu parler chez nous, nous surprend tous autant qu’elle nous choque, ou nous dérange dans nos convictions et habitudes au regard de l’économie classique, telle qu’elle fonctionne depuis toujours.

    Et contrairement à ce que dit Michel, je ne vois pas cela avec un œil teinté d’un optimisme béa.
    En effet le risque d’un retour de l’inflation ( et de taux qui seraient supérieurs à l’inflation) est bien réel à un moment ou un autre, et la catastrophe annoncée régulièrement par Michel, apparaitrait alors comme imminente.

    L’idée qui m’a fait demander à Guillaume d’écrire cet article est la suivante :

    Pour le moment les États Unis donnent encore le LA de la politique économique mondiale.

    Et nous savons aussi le peu de différences qui sépare les partis Démocrates et Républicains de ce point de vue. Et même sur le plan de la politique intérieure, ce n’est pas du tout comme chez nous entre la gauche et la droite.

    A côté de cela, les USA sont contestés par la Chine (où le seront bientôt) pour ce qui est de leur rôle de leader mondial, et une réaction leur permettant de conserver cette prééminence encore quelques temps est à prévoir.

    Et l’on peut penser aussi que le fait que cette théorie soit mise en avant dans les médias américains n’est certainement pas le fruit du hasard.

    C’est pourquoi, quel que soit les résultats de l’élection de 2020, le chemin de la fuite en avant monétaire, qui leur a si bien réussi jusque ici est le plus probable, autant parce que c’est le mieux connu pour eux, que le plus facile tant que le dollar reste encore la monnaie de référence mondiale.

    Je crois donc que nous y aurons droit malgré toutes les conséquences possibles, et que nous, petite Europe, on devra suivre !!!..

    • Michel 2 says:

      Fruit du hasard ou pas, la théorie monétaire moderne est tout sauf moderne, c’est une « formule » qui sonne bien mais dans le fond, c’est du Keynes pur et dur qui mettra un terme à la destruction créatrice celle qui créé de la richesse.
      Extrait du lien ci-dessous:
      – L’effondrement économique survient lorsque la valeur de la monnaie est compromise.
      – La MMT(Modern Monetary Theory) se concentre sur le compte de résultat et néglige totalement les effets de bilan,
      – Des taux d’intérêt excessivement bas détruisent l’épargne, ce qui détruit ensuite l’investissement,
      – Lorsque les taux tombent à zéro, les fonds de pension ne peuvent plus assurer leurs paiements de pensions et sont obligés de vendre des actifs pour effectuer ces paiements,
      – L’euthanasie du rentier est en phase terminale alors que la politique keynésienne s’épuise.
      – ….

      https://institutdeslibertes.org/la-nouvelle-theorie-monetaire-moderne-nest-pas-du-tout-moderne/

      Par ailleurs, je pense qu’il se trame quelque chose de sérieux sur le plan monétaire sur le continent asiatique pour contrer l’hégémonie américaine. On devrait d’ici quelques années se trouver face au dilemme suivant: MMT à l’ouest vs nouvelle monnaie rattachée à l’or à l’est.
      S’il faut, dans les prochaines années, en tant qu’investisseur choisir son camp, c’est fait pour mon cas !

      • adnstep says:

        Bah, si on revient à l’étalon or, il faudra bien extraire l’or.

        Il y en a encore un gros paquet, au Yukon, en Alaska, et même en Arizona et au Nouveau-Mexique.

        Et je crois qu’on en a aussi un bon paquet en Guyane, même si nos religieux écologistes ne veulent pas entendre parler de son exploitation. Mais nécessité fait loi, n’est-ce pas ?

        • Michel 2 says:

          Le propre de l’or c’est que la production mondiale ne varie que très peu et est inférieure à la demande même si cette production a tendance à monter quand le prix s’envole car beaucoup de mines ne sont rentables que pour une once supérieure à 1000/ 1200$.

          « La production mondiale d’or représente 7.400 kilos d’or par jour soit 2.700 tonnes d’or par an (2012). La demande d’or est supérieure à l’offre (de 4 330 tonnes en 2010), dont 50% achetés par les joailliers, 38% par les investisseurs. Il y a un stock de 42.000 tonnes d’or sur Terre. Les réserves connues sont surtout en Afrique du Sud (14%), en Australie (12%) et au Pérou (8%) mais la Chine est le 1er producteur mondial depuis 2007. La production totale d’or depuis les débuts de l’humanité est égale à un cube de 20 mètres de coté. »

          • adnstep says:

            Ah, tiens, sur d’autres sites on ose les 51 000 tonnes de réserves mondiales, dont 36 000 en AfSud. Ça fait tout de même 22% d’écart. Une paille. En or.

            J’ai aussi feuilleté quelques pages internet, ne connaissant rien au sujet.

            En fait, l’or n’est étalon unique que depuis la fin du XVIIè siècle, il a alors totalement évincé l’argent et autres métaux précieux. Certes à cause de sa rareté, mais surtout parce qu’il est chimiquement inerte, donc inaltérable.

            Mais le cours de l’or a surtout stagné depuis. La vraie envolée s’est faite en 1971, à la suite de l’abandon de la convertibilité or/dollar (Contraposée : la décision de rendre une monnaie convertible avec l’or ferait-elle chuter le cours de l’or ?).

            L’or a atteint un sommet en septembre 2011, à 1921USD l’once, lors de la seconde secousse post 2008. Depuis, l’or est retombé à 1346USD l’once. Soit 30% de baisse. Et 42% de hausse à espérer pour retrouver ce niveau.

            Mais le record absolu a été atteint le 21 janvier 1980 avec un cours à 850USD de l’époque, soit 2477USD actuels (Il faut donc que le prix de l’or double presque pour qu’il retrouve ses sommets).

            Retournement de tendance à partir de janvier 1981 : l’or a perdu alors la moitié de sa valeur (prise de bénefs, report sur d’autres vecteurs : l’or, c’est spéculatif).

            D’autre part, on a beau se dire qu’on danse sur un océan de dettes, la croissance aux US atteint 3.2%, sans inflation, le monde n’a jamais connu un chômage aussi bas, l’Inde prend son envol, l’Afrique décolle (en tout cas quelques pays, comme l’Éthiopie par exemple). On ne broie pas du noir partout comme en France/Europe.

            Bref, je ne suis pas sur que l’or soit une valeur refuge aussi sure qu’on veut bien s’en persuader.

            Et pour finir, en guise de boutade, si la situation se met vraiment à l’orage, mieux vaux investir dans un potager, et dans le plomb. Surtout calibre 9mm ou 7.62.

            • Michel 2 says:

              1) 22% d’écart entre deux experts qui s’aventurent à quantifier les réserves d’or (idem pour le pétrole) sur terre n’a rien de surprenant, on parle d’un métal qui peut se trouver quasiment n’importe où à des profondeurs très variables. Ce n’est qu’une projection et on me dirait 50% que ça ne me choquerait pas plus !

              2) l’erreur que font tous les gens c’est de coter l’or en argent fiduciaire, essayer de faire l’inverse en ayant à l’esprit que toute monnaie papier tend vers ZÉRO alors que l’or est stable puisque c’est de l’or, point barre !
              3) par définition, une valeur refuge, c’est sur ce quoi compter quand tout le reste va mal. L’or qui est échangeable partout sur cette planète, est la principale valeur refuge, mais pas la seule, j’en conviens.

              4) investir dans un potager, pourquoi pas mais vous ne vous déplacerez ou vous ne vous logerez pas avec vos légumes. Avec de l’or vous pourrez non seulement acheter vos légumes ou votre viande mais aussi un véhicule, un logement, des services, etc. et même du plomb!

  11. Patrick ARTUS serait il un lecteur ? Voici son analyse du jour :

    Zone euro : la “japonisation” de la taille du bilan de la BCE

    Puisque la BCE conserve des taux d’intérêt nuls, en cas de fort ralentissement de la croissance de la zone euro, la seule politique possible serait de passer à une politique budgétaire expansionniste, et de monétiser le supplément de dette publique (donc de réouvrir le Quantitative Easing) pour éviter la hausse des taux d’intérêt à long terme.
    Comme au Japon, il y aurait donc dans la zone euro dans le futur une succession de périodes avec une ouverture des déficits publics et la hausse de la taille du bilan de la Banque Centrale.
    L’expansion continuelle du bilan de la Banque du Japon et les taux d’intérêt nuls au Japon ne provoquent pas d’hémorragie de capitaux grâce au « nationalisme financier » des Japonais. En serait-il de même dans la zone euro ?

    source : https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/SEqz4Ralo1gOubA2_sr6NA==

    • Michel 2 says:

      Sauf que les japonnais sont obligés d’investir sur les marchés étrangers pour y faire du profit.
      Donc dans l’absurde si tous les pays de l’OCDE se « japonisent », où iront les investisseurs rechercher du profit ? et notamment les fonds de pension, comment pourront-ils payer les retraites, et autres rentes ?

  12. Patrick ARTUS poursuit : Le danger des taux d’endettement public élevés : deux visions

    Les taux d’endettement public ont beaucoup augmenté dans l’ensemble des pays de l’OCDE et dans la grande majorité des pays de l’OCDE.

    Face à cette situation, on voit apparaître deux réactions :

    1- ceux qui pensent que, compte tenu du niveau très bas des taux d’intérêt, les taux ’endettement public élevés et les politiques budgétaires expansionnistes ne sont pas un problème ;

    2- ceux qui annoncent une crise financière majeure en raison de ces taux d’endettement public élevés.

    Il faut donc aller plus loin que ces affirmations et s’interroger sur les perspectives pour l’inflation et pour les taux d’intérêt réels.

    Les questions qu’il faut se poser pour réfléchir à la question de la dette publique sont donc les suivantes :

    1- L’inflation peut-elle revenir ? Ceci sera le cas si le fonctionnement des marchés du travail
    se modifie avec le retour à un pouvoir de négociation plus élevé des salariés conduisant
    à une hausse plus rapide des coûts salariaux

    2- Si l’inflation revient, y aura-t-il une réaction forte des Banques Centrales conduisant au retour à des taux d’intérêt réels supérieurs à la croissance potentielle ?

    Les Banques Centrales pourraient décider de mettre en place une hausse des taux d’intérêt nominaux inférieure à la hausse de l’inflation. L’inflation conduirait alors à la hausse des taux d’intérêt nominaux, mais à la baisse des taux d’intérêt réels, et il n’y aurait pas de problème avec les dettes publiques.

    Pour que l’inflation conduise à un problème avec les taux d’endettement, il faut que la réaction des banques centrales soit si forte qu’elle conduise à une hausse des taux d’intérêt réels.

    La suite https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/ksTbmAqF5Nlf3nvbpXm7Pg==

  13. Michel 2 says:

    Simone Wapler qui va quitter le monde des chroniques de la finance et de l’économie nous laisse ce message:

    [ Terminons ici le fil doré de mes 20 ans de chroniques.

    L’ère de l’argent gratuit, instaurée depuis 1971, est la racine de toutes les crises financières qui se succèdent depuis 20 ans – et de celle qui ne tardera pas à se produire.

    Mais l’argent gratuit n’a pas corrompu que l’économie. Il a aussi corrompu la politique et les électeurs.

    Le créditisme a conduit à la financiarisation de l’économie. Les entreprises produisent pour des clients insolvables. Ces clients payent avec de l’argent gratuit distribué par leur gouvernement. Les ressources sont gaspillées.

    De nombreuses entreprises elles-mêmes insolvables survivent grâce au créditisme. Un récent rapport de Bank of America Merril Lynch estime à 536 le nombre d’entreprises zombies cotées dans le monde, soit 13% (1).

    Ces entreprises sont incapables de rembourser leurs emprunts par les profits qu’elles dégagent. Elles se contentent d’emprunter à nouveau, à un taux plus bas, pour se refinancer. Ces zombies emploient des gens, consomment de l’énergie, utilisent des machines, des services pour des activités non-rentables. C’est exactement l’économie de l’URSS.

    La dette mondiale atteint 250 000 milliards de dollars, soit 3,2 fois le PIB mondial, un niveau inédit. La plupart des pays riches sont endettés comme en temps de guerre alors que nous sommes en temps de paix et prétendument dans un cycle de reprise économique. Les dettes publiques se montent à 65 000 milliards de dollars (2).

    65 000 milliards de dollars de corruption

    Ces 65 000 milliards de dollars de dettes publiques matérialisent la corruption politique.

    Avant le créditisme, un gouvernement ne pouvait pas distribuer de l’argent gratuit. Soit l’inflation finissait par remettre les pendules à l’heure, soit les taux d’intérêt montaient vertigineusement, dissuadant tout recours à l’emprunt.

    Avec le créditisme, les belles promesses politiques se financent à taux zéro ou presque sans avoir à faire les frais d’une révolte fiscale.

    A ce stade, cher lecteur, je vais quitter le monde de la finance pure pour dériver vers celui de la politique.

    L’Etat n’investit pas. Ce n’est pas dans sa nature. Le rôle de l’Etat est d’abord de remplir ses missions légitimes – police, justice, armée, diplomatie. Ces missions protègent les droits naturels de chacun : liberté, propriété, sûreté et résistance à l’oppression. Elles sont déléguées à l’Etat car elles ne peuvent être rentable.

    Les gens s’accordent en général pour dire qu’il vaut mieux que police, justice, armée et diplomatie ne soient pas des activités lucratives. C’est un consensus, comme on dit de nos jours, validé par l’Histoire.

    C’est seulement ces missions légitimes qui sont du ressort de l’intérêt général et il est normal qu’elles soient financées par nos impôts.

    Le mensonge de l’investissement public

    Lorsque l’Etat prétend « investir » en dehors de ses missions légitimes, c’est un mensonge. Il dépense de l’argent et il n’y a jamais retour sur investissement. En France, l’Etat s’endette depuis 1974, la dette grossit depuis 45 ans, preuve que le retour sur investissement n’est jamais au rendez-vous.

    A chaque fois que l’Etat outrepasse ses fonctions légitimes, il ne sert plus l’intérêt général. Il sert des intérêts particuliers et un système de corruption se met alors en place.

    Prenons un exemple économique. Chacun de nous est consommateur. L’intérêt général est donc celui du consommateur. La production en revanche est spécialisée. Chaque producteur a donc des intérêts particuliers. Lorsque l’Etat subventionne un producteur ou un secteur, il sert des intérêts particuliers en détournant l’argent de nos impôts ou en s’endettant.

    C’est le capitalisme de connivence qui s’instaure et non plus la concurrence honnête. Ceci a toujours existé mais il y a désormais une corruption encore plus profonde.

    Le financement de la corruption par la dette publique

    Autrefois, le système de corruption publique se finançait par l’impôt, par de l’argent existant. Si les impôts augmentaient trop, une révolte fiscale se chargeait de remettre l’Etat à sa place.

    Maintenant, le système de corruption se finance par la dette publique, par l’argent du futur. Si l’on admet que la dette publique sera remboursée un jour, ce sont les générations suivantes qui acquitteront ce qui n’est qu’un stock d’impôts. Nous sommes donc dans un système où il y a taxation sans représentation des générations futures.

    La taxation sans représentation est le système le plus injuste qui soit, c’est le pillage de la propriété privée.

    Comment nos impôts sont dévoyés

    Il y a encore plus grave. La France est championne du monde de la fiscalité et dans le peloton de tête de la dette publique.

    Sur 1 000 € de dépenses publiques, moins de 120 € sont dévolues aux missions légitimes de l’Etat (3). Les « dépenses sociales », la redistribution envers les citoyens, représentent 575 € ; les « dépenses sectorielles », autrement dit la redistribution à des entités (entreprises, éducation, recherche), représentent 262 €.

    Nos impôts et notre dette publique financent en réalité des « projets de société » qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général, des lubies de politiciens professionnels, des utopies égalitaristes conduisant à un lamentable nivellement par le bas.

    Si la distribution est injuste, c’est le cadre légal qui permet cette distribution injuste qu’il faudrait revoir : le capitalisme de connivence, les distorsions de concurrence pour satisfaire tel ou tel lobby.

    Si la distribution est équitable, qu’elle récompense le talent, le travail… quelle est la raison qui justifie l’interférence de l’Etat ? Pourquoi ne laisse-t-on pas les gens s’enrichir, aller jusqu’au bout de leur potentiel ?

    Pourquoi la politique échappe-t-elle à la généralisation des meilleures pratiques ?

    La politique est un service comme un autre. Ce service consiste à assurer au mieux les fonctions légitimes de l’Etat. Comme pour toute activité, la généralisation des meilleures pratiques devrait être la règle.

    Comment font les autres quand ils font mieux que nous ? Pourquoi ne pas s’inspirer de leurs solutions ? Pourquoi nos politiciens professionnels ne posent-ils pas les problèmes en ces termes ? D’autres pays ont résolu la question du chômage de masse, de la dégradation de l’enseignement, de l’équilibre des retraites, etc. Ils sont plus prospères que nous.

    Pourquoi nos politiciens préfèrent-ils distribuer de l’argent gratuit plutôt que de nous proposer ce qui marche ailleurs et pourquoi acceptons-nous, nous-mêmes, cet argent gratuit ou sa distribution ?

    Par corruption, par facilité.

    Le choix de la facilité finit toujours par se payer très cher. L’argent gratuit n’existe pas. Ce qui a été pris au futur se paiera.

    La prochaine fois qu’un politicien vous promettra une « niche », une subvention, une réduction d’impôts sans réduction de dépense publique, des lendemains merveilleux grâce à son jus de crâne, dites-lui que vous n’acceptez pas la corruption. ]

  14. julien bonnetouche says:

    Ça alors !!

    Je connaissais Patrick Arthus, mais pas Simone Wapler.

    Je m’aperçois que non seulement je suis d’accord avec les deux, mais qu’ils disent la même chose à propos de la dette ( des États et des entreprises )
    La seule différence entre les deux, c’est que la deuxième la déplore, alors que le premier pense qu’il faudra faire avec et que si les taux restent bas tout ira bien !!
    Moi aussi …

    Comme je vous le disais, c’est une querelle d’à priori basé sur une vision orthodoxe de l’économie, teintée de morale, qui s’oppose à une volonté d’expansion sans limite.

    il est normal que les avis soient aussi tranchés.

    Mais finalement le plus important c’est ce qui va réellement se produire !!

    • Jonathan Kaminski says:

      Simone Wapler et la Chronique Agora ca fait 10 ans qu’ils nous disent que la bulle de la dette va eclater, c’est leur fonds de commerce (sans animosite aucune!). Ce sont des « permabears ». Un jour ils auront raison ms le marche est alle contre eux si longtemps… Je pense effectivement qu’il va falloir faire avec pendant un certain temps tant que l’inflation reste basse.

      • Michel 2 says:

        Oui, vous avez raison mais au delà « du fond de commerce » que n’importe quel abruti / abonné comprend très vite mais qui n’est pas concerné par ce dernier article puisque Mme Wapler prend sa retraite ( et n’a plus rien à vendre), que dites-vous des arguments ?

      • adnstep says:

        Idem, j’ai arrêté de la lire dans Contrepoints depuis longtemps.
        C’est plutôt Pierre et le Loup, son histoire.

    • Michel 2 says:

      Ça alors, je ne vois pas où Patrick Arthus a écrit cela, j’ai beau chercher:

      « Mais l’argent gratuit n’a pas corrompu que l’économie. Il a aussi corrompu la politique et les électeurs.

      Le créditisme a conduit à la financiarisation de l’économie. Les entreprises produisent pour des clients insolvables. Ces clients payent avec de l’argent gratuit distribué par leur gouvernement. Les ressources sont gaspillées.

      De nombreuses entreprises elles-mêmes insolvables survivent grâce au créditisme. Un récent rapport de Bank of America Merril Lynch estime à 536 le nombre d’entreprises zombies cotées dans le monde, soit 13% (1).
      Ces entreprises sont incapables de rembourser leurs emprunts par les profits qu’elles dégagent. Elles se contentent d’emprunter à nouveau, à un taux plus bas, pour se refinancer. Ces zombies emploient des gens, consomment de l’énergie, utilisent des machines, des services pour des activités non-rentables. C’est exactement l’économie de l’URSS…. »

  15. julien bonnetouche says:

    Sauf qu’en URSS les gens faisaient la queue devant les épiceries !!
    il y a donc une énorme différence.
    Faut faire attention à ce que l’on dit lorsque l’on a des parti pris !!

    • Michel 2 says:

      pas de parti pris pour moi en tous cas!
      Simone Wapler parlait des entreprises et pas des gens qui font la queue. En même temps, nous on a les gilets jaunes qui n’arrivent plus à finir les fins de mois, ce n’est guère mieux.

      • adnstep says:

        Les GJ, en tout cas ceux du début, arrivent à finir les fins de mois. Ils en ont juste marre de se serrer la ceinture au profit de branleurs qui attendent tout de l’état.

        Ensuite, vu qu’on est en France, il n’est pas étonnant que ces GJ aient été remplacés par les susdits branleurs dans les manifs « saturnales »

  16. julien bonnetouche says:

    Si vous pensez que la situation des français et des entreprises françaises d’aujourd’hui, est comparables à celle des russes de l’URSS et des entreprises d’État de l’URSS, alors je crois que vous êtes un peu surmené et qu’il faut prendre du repos….

  17. adnstep says:

    Certes.
    Néanmoins, on peut trouver quelques points de ressemblance entre notre administration et celle de l’URSS. Ou entre notre « élite » et leur nomenklatura.

  18. julien bonnetouche says:

    bonjour,

    j’aimerais rebondir sur le rôle de l’or et de l’étalon or.

    Dans le passé, les hommes ont cherché des valeurs de références leur permettant les échanges commerciaux.
    Ainsi dans certaines contrées lointaines les coquillages ont servi de monnaie.

    Dès l’antiquité l’or et l’argent de sont arrogés ce rôle, et ont accompagné l’expansion économique. Mais l’or n’a pas toujours été la référence première :
    Entre le 8eme et le 12eme siècle ainsi que de 1500 à 1800 environ, c’est l’argent qui a eu la primauté. et de loin.

    Le raison simple est que l’or n’était pas extrait en quantité suffisante pour répondre à la demande. En l’occurrence, pendant la Renaissance, d’est l’argent de la mine de Potosi en Bolivie qui a financé le développement.
    L’or à repris un peu le relai au milieu du 19eme siècle avec les mines du Minas Gerais au Brésil.

    Mais de nos jours, la suppression de l’étalon or en 1973 est due à une raison essentielle : il n’ avait pas assez d’or, ni d’argent, pour permettre les échanges commerciaux dans le monde.

    Car, et c’est là une donnée fondamentale, l’expansion économique nécessite suffisamment de monnaie pour l’accompagner. Si il n’y en a pas assez, cela freine alors les échanges.

    Et on peut parier que aujourd’hui, si l’on extrayait la totalité de l’or existant sur notre planète, nous serions très loin d’avoir ce qui serait nécessaire.

    Et c’est entre autres ce qui est intéressant dans cette TMM : La monnaie doit être un instrument au service du développement de l’économie, et non pas (seulement) un moyen de thésaurisation.( comme Harpagon..)

    Car c’est aussi la fonction qu’elle a toujours rempli.

  19. Guillaume FONTENEAU says:

    Patrick ARTUS nous livre son analyse :

    Modern Monetary Theory (MMT) : rien de moderne ou de nouveau

    Les économistes démocrates aux États-Unis mettent en avant cette nouvelle théorie monétaire (Modern Monetary Theory) qui avance l’idée suivante : le déficit public et la dette publique peuvent devenir très importants s’ils sont financés par la création monétaire.
    La limite au déficit et à la dette publique est alors la capacité des agents économiques à détenir de la monnaie, alors que si le déficit public est financé par émission d’obligations, la limite est la capacité des agents économiques à détenir des obligations.
    La première capacité est plus importante que la seconde : les agents économiques perdent difficilement la confiance dans la monnaie tandis qu’ils perdent facilement la confiance dans la solvabilité des États.
    Mais cette théorie n’a rien de nouveau : c’est simplement la monétisation de la dette publique par la Banque Centrale, mise en application par le Quantitative Easing aux États-Unis, en Europe, au Japon. Lorsque la dette publique, émise en contrepartie de la hausse de déficits publics, est achetée par la Banque Centrale, elle génère bien un supplément de détention de monnaie et non d’obligations.

    La Modern Monetary Theory est une théorie prétendument nouvelle mise en avant par certains économistes démocrates aux États-Unis et qui a le contenu suivant :

    1. Le déficit public et la dette publique peuvent être très importants s’ils sont financés par la création monétaire.

    2. L’explication est que, si la création monétaire est utilisée, et non l’émission d’obligations, pour financer les déficits publics, les agents économiques doivent détenir un supplément de monnaie et non un supplément d’obligations.
    Prenons l’exemple du Japon ; la dette publique a été partiellement transférée sur le bilan de la Banque Centrale, et la détention de la dette publique par les autres agents économiques a donc reculé.

    La Banque Centrale créant de la monnaie pour acheter la dette publique, les agents économiques détiennent donc de la monnaie à la place des obligations vendues à la Banque Centrale.
    Pour les banques, il s’agit de monnaie de Banque Centrale (de base monétaire) ; pour les autres agents économiques, de monnaie au sens habituel (M2).

    3- Il faut comprendre que la situation où la Banque Centrale finance directement les déficits publics par la création monétaire et celle où la Banque Centrale achète les obligations publiques que l’État émet pour financer les déficits publics sont strictement équivalentes

    La question est alors la suivante : quel type de financement permet d’avoir le déficit public et la dette publique les plus importants ?
    – s’il y a financement traditionnel du déficit public par l’émission d’obligations du secteur public sans monétisation de la dette publique, la limite est celle de la quantité de dette publique que les agents économiques acceptent de détenir. S’il y a financement obligataire du déficit public, les agents économiques regardent la solvabilité de l’État, sa capacité à stabiliser le taux d’endettement public. Au Japon, elle n’est pas assurée .
    – s’il y a financement du déficit public par la création monétaire, la limite est celle de la quantité de monnaie que les agents économiques acceptent de détenir. On a vu plus haut (graphique 2) qu’elle est très importante au Japon sans que cela crée de crise (il n’y a pas de fuite devant la monnaie, entraînant l’inflation, graphique 4, ou l’effondrement du taux de change, graphique 5).
    -En effet, il est probable que les agents économiques acceptent de détenir davantage de monnaie que de dette publique.
    Dans le premier cas (financement monétaire des déficits publics), le risque est celui de la perte de crédibilité de la monnaie, donc la fuite devant la monnaie. On a vu au Japon qu’elle ne se produit pas, même avec des quantités très importantes de monnaie.
    Dans le second cas (financement par la dette des déficits publics), le risque est celui de perte de solvabilité budgétaire, d’incapacité du gouvernement à stabiliser le taux d’endettement public, ce qui se produit assez vite quand le taux d’endettement public dépasse le seuil compatible avec la solvabilité budgétaire.

    Le message de la Modern Monetary Theory selon lequel le financement monétaire des déficits publics permet d’avoir des déficits publics durablement plus importants que s’il y a financement obligataire est donc probablement correct. L’exemple du Japon est à nouveau illustratif.

    Synthèse : mais ce n’est une théorie ni moderne ni nouvelle

    La « Modern Monetary Theory » montre donc de manière correcte qu’une politique budgétaire plus expansionniste peut être menée si le financement des déficits publics est monétaire et non obligataire.
    Ceci vient de l’acceptabilité par les agents économiques d’une détention de monnaie plus forte que la détention acceptable de dette publique.
    En effet, la limite à la crédibilité de la monnaie est plus lointaine que la limite à la solvabilité budgétaire en cas de financement obligataire.
    Mais cette théorie est ancienne, connue et pratiquée. Il s’agit simplement de la théorie de la monétisation de la dette publique, mise en œuvre par tous les pays de l’OCDE avec le Quantitative Easing

  20. Badtimes says:

    Sauf que la dette par le quantitative peut être remise sur le marché par la banque centrale alors qu’emettre de la monnaie sur un temps donné sans pouvoir la reprendre serait nouveau.

  21. Guillaume FONTENEAU says:

    Par Olivier BLANCHARD – Plus tôt dans l’année, j’ai fait valoir qu’au sein des pays présentant des taux d’intérêt bas et une dette publique considérée comme sûre par les investisseurs – la dette étant alors moins coûteuse d’un point de vue à la fois budgétaire et économique – des déficits budgétaires plus importants pouvaient s’avérer nécessaires afin de compenser les restrictions de la politique monétaires. La zone euro a désormais atteint ce stade.

    Après la crise financière de 2008 et la crise de l’euro survenue par la suite, la politique monétaire a joué un rôle crucial dans la stabilisation et la redynamisation de la zone euro. Pragmatisme, créativité et flair politique ont été nécessaires de la part du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi pour accomplir cet exploit. Pour autant, et bien que la politique monétaire n’ait pas encore atteint ses limites, nul ne saurait espérer d’elle qu’elle joue à nouveau le même rôle.Par opposition, la politique budgétaire, autre composante clé d’une saine gestion macroéconomique keynésienne, n’a pas été suffisamment utilisée en tant qu’outil cyclique, avec pour résultat une production de la zone euro encore en dessous de son niveau potentiel. Il y a là un problème urgent, qui ne pourra être résolu par aucun État à lui seul, tant ce problème exige une réponse concertée de la part de la zone euro. Mais si la nécessité d’un budget commun de la zone euro dans lequel il serait possible de puiser des dépenses supplémentaires est aujourd’hui plus pressante que jamais auparavant, cette démarche impliquerait un partage des risques entre les États membres, ce qui constitue une problématique politiquement difficile.La mise en œuvre d’autres mesures dans la zone euro n’en demeure pas moins possible, à commencer par un changement des règles budgétaire. En présence de taux d’intérêts si peu élevés, le plafond de 60 % du PIB qui régit la dette ne constitue pas une cible judicieuse (si tant est qu’il ne l’ait jamais été). Non seulement cette limite devrait être fixée plus haut, mais l’exigence d’un délai imparti de réajustement à cette limite pour les États membres qui la dépassent devrait être assouplie. Par ailleurs, les décideurs de la politique monétaire disposant d’une faible marge de manœuvre, il est nécessaire que l’Union européenne confère aux gouvernements davantage de liberté dans la stimulation de la demande via la politique budgétaire. Cela signifierait assouplir également la limite de 3 % du PIB pour les déficits budgétaires.Bien entendu, il ne s’agit pas de donner carte blanche aux gouvernements, mais ils ne doivent pas non plus avoir les mains liées si étroitement. L’UE a aujourd’hui besoin d’une nouvelle philosophie dans l’élaboration des politiques. La zone euro a poussé si loin l’accumulation de contraintes, partant de l’hypothèse selon laquelle les gouvernements commettraient toujours des écarts de comportements ou des tentatives de triche, que le résultat en devient parfois incompréhensible.Première étape, la Commission européenne devrait cesser de microgérer les politiques budgétaires des États membres. Elle devrait seulement intervenir lorsqu’un gouvernement se trouve sur la trajectoire du creusement d’une dette véritablement insoutenable (ce qui peut tout à fait arriver en présence de dirigeants irresponsables). Au-delà, la principale mission de la Commission devrait consister à fournir aux marchés des informations concernant la santé de l’économie d’un État membre, et sa probable trajectoire de dette.

    Ce serait ainsi les marchés qui décideraient. Le champ budgétaire dépend après tout du regard de l’investisseur. Le Japon enregistre une importante dette publique, mais les investisseurs ne semblent pas s’en inquiéter ; l’Italie, où les investisseurs exigent désormais une prime de risque plus élevée, est une autre histoire. Le défi pour le gouvernement d’un État membre ne consisterait donc plus à plaire à la Commission, mais à convaincre les investisseurs de son approche responsable s’agissant de la dette. (En cas de crise de liquidité, ou de désaccord avec les marches, l’état pourrait, selon les circonstances, faire appel à la BCE, ou au MES (mécanisme européen de stabilité ).

    Deuxième étape, la zone euro doit améliorer la coordination de sa politique budgétaire et monétaire (cette nécessité a en réalité toujours existé, mais elle est aujourd’hui particulièrement urgente). À ce stade, la politique monétaire ne peut plus accomplir seule la tâche. La relance doit prendre la forme d’une expansion budgétaire, afin de compenser ce que la BCE ne peut apporter. Or, aucun État n’est incité à procéder seul de la sorte, dans la mesure où les États membres sont si profondément intégrés que toute part d’expansion budgétaire sera inévitablement perdue en retombées sous la forme d’importations accrues.La nécessité réside par conséquent soit dans un mécanisme de coordination via lequel chaque État s’engagerait à procéder à une plus importante expansion budgétaire autofinancée, soit de préférence (mais plus susceptible de controverse) dans un budget commun, financé par les eurobonds, qui pourrait ensuite être utilisé pour financer des dépenses plus élevées dans chacun des États, le cas échéant.Les enjeux sont majeurs. Sans limites plus souples sur la dette, et sans une meilleure coordination – via un nouveau mécanisme ou un budget commun – la politique budgétaire demeurera trop stricte, l’activité économique trop faible, et les risques trop élevés de voir les populistes émerger en proposant des solutions simplistes. C’est bien la dernière chose dont la zone euro ait besoin.

    Traduit de l’anglais par Martin Morel

    • En voilà un qui veut précipiter la faillite des états, avec la France en tête de liste, comme si la pente (descendante) n’était pas assez raide !
      C’est exactement tout le contraire qu’il faut faire: diminuer la dette, réduire voire éliminer les déficits et redonner de l’espoir et du travail à ce pays. A ce moment là les populistes seront relayés à une espèce rare !
      Parler d’exploit de Mario Draghi est une imbécillité rarement exprimée, sauf peut-être par certains écolos -socialos, ceux-là même qui nous ont amenés là où nous sommes aujourd’hui, c’est à dire dans la me… !

      • Voici un point de vue … inquiétant pour l’avenir:

        [LE MORNING ZAPPING par Marc Fiorentino

        DES BULLES, PARTOUT…
        Personne n’ose employer le mot. De peur de briser la belle euphorie qui règne sur tous les actifs, ou presque, dans le monde. Et pourtant… La politique de déversement d’argent gratuit des banques centrales provoque l’éclosion d’un nombre effarant de bulles. Mais personne ne veut gâcher la fête. Surtout qu’il y a un problème à « dénoncer » les bulles: le timing de leur explosion…

        iconPOURQUOI PERSONNE NE PARLE DE BULLES?

        Je regarde la presse et les analyses tous les jours et le terme n’est jamais utilisé.
        Et pourtant, il y a des bulles partout.
        Dans tous les actifs.
        Evidemment sur les marchés de taux, les emprunts d’état ou d’entreprises.
        Sur certains segments du marché immobilier.
        Sur certains segments du marché des actions, cotées ou encore non cotées.
        Et c’est normal.
        Avec des taux à zéro ou négatifs, la ruée vers les actifs provoque une envolée des prix sans précédent.
        Une inflation des actifs d’autant plus effarante que l’inflation réelle, elle, ne décolle pas…au contraire.

        SEULEMENT VOILA

        C’est compliqué de « dénoncer » les bulles.
        Parce qu’on passe pour un rabat joie, pour quelqu’un qui vient gâcher la fête
        Parce qu’il y a toujours quelqu’un qui peut trouver une justification « raisonnable » à des valorisations déraisonnables
        Mais surtout parce qu’il est impossible de déterminer le timing de l’explosion des bulles…alors pourquoi en parler?
        Rappelons nous qu’en décembre 1996, Alan Greenspan, le patron de la Banque Centrale Américaine dénonçait « l’exubérance irrationnelle » des marchés en visant particulièrement le Nasdaq, mais le Nasdaq a vu sa valorisation spectaculairement progresser de décembre 1996 à mars 2000.
        Il a donc fallu attendre Mars 2000 pour que la bulle explose, plus de 3 ans après que tous les signaux soient passés au rouge.

        Avoir raison trop tôt, c’est avoir tort.
        Et personne n’a envie d’avoir tort pendant trois ans, voire plus longtemps…

        IL Y A BULLES DONC …. Il y aura krach donc.

        Mais peut être pas avant plusieurs années.
        Surtout que les banques centrales font « whatever it takes » pour éviter la chute.
        Alors à quoi bon en parler?
        Pour vous éviter tout de même de vous ruer sur des actifs qui ont des valorisations vraiment aberrantes; certes ils pourront encore s’apprécier mais la marge de manoeuvre est limitée et le risque de plus en plus grand.

        UNE PETITE ILLUSTRATION:

        Beyond Meat.
        Beyond Meat est une start up américaine vegan.
        Elle propose des alternatives à la viande avec, notamment, le Beyond Burger, un Burger vegan qui aurait le même goût qu’un burger de boeuf (je n’ai pas goûté).
        Maintenant accrochez vous.
        87.9 millions $ de chiffre d’affaires en 2018.
        30 millions de pertes.
        Introduction en bourse en fanfare.
        Le 2 mai.
        Au cours de 25 $.
        Clôture à la première séance: 65.75$.
        Un mois après 186.43 $.
        JP Morgan a tout de même lancé une alerte bulles hier et le cours a chuté de 25% en une journée.
        Mais Beyond Meat vaut tout de même…plus de 10 milliards de $.
        Bulle vegan.
        Et des exemples comme celui ci, il y en a des centaines, voire des milliers…

        ENCORE UN TWEET ETONNANT

        Je pourrais très facilement faire une rubrique quotidienne du « tweet du jour » avec le torrent de tweets déversés par Trump.
        Hier, parmi une vingtaine de tweets, 2 tweets ont retenu mon attention:
        L’un sur la bourse: « Good day in the Stock Market…. ». Le gars est tout de même président des Etats Unis et il commente la bourse au quotidien.
        Mais surtout ce tweet: « The United States has VERY LOW INFLATION, a beautiful thing! »
        Même Trump pointe du doigt le niveau fascinant de l’inflation.
        Incroyablement basse.
        Il trouve que c’est une bonne nouvelle.
        Je trouve que c’est une aberration troublante.

        DERNIERE DE MACRON

        Il nous met en garde contre le « capitalisme fou »
        No comment.

        EPARGNEZ, EPARGNEZ, EPARGNEZ…

        Il en restera toujours quelque chose.
        Enquête passionnante de la Banque de France.
        Le pouvoir d’achat des Français a fortement progressé d’octobre 2018 à mars 2019.
        De 8.5 milliards d’euros.
        Et qu’ont fait les Français de cet argent ?
        Ils ont consommé, un peu, 3.1 milliards d’euros.
        Et le reste?
        Ils l’ont épargné !! Nous sommes vraiment les champions de l’épargne.

      • Voilà ce à quoi a mené la politique de ce génie de Mario Draghi:

        Ou comment les ultra-riches le deviennent plus encore

        La baisse des taux obligataires provoquée par les promesses des banquiers centraux tétanisés par le retour de la déflation a enrichi les portefeuilles de 1 100 milliards de dollars la semaine dernière, à 53 700 milliards de dollars !

        Plus les banques centrales échouent et plus les ultra-riches s’enrichissent et voient leur pouvoir de prélèvement sur la richesse et les productions mondiales augmenter.

        Le système en crise et les faux remèdes forment ensemble une gigantesque pompe à gonfler les patrimoines de ceux qui sont déjà très riches.

        Quand vous créez de l’argent et que vous baissez les taux d’intérêt, vous créez une richesse fictive qui va augmenter le patrimoine des ultra-riches, augmenter leur pouvoir de prélèvement et diluer le pouvoir d’achat de ceux qui ne sont que salariés.

        Un nouvel effet Cantillon

        L’effet Cantillon de dilution du pouvoir d’achat par la création monétaire n’est rien face à ce nouvel effet de dilution – l’effet Cantillon moderne – par l’inflation de la quasi-monnaie et des actifs financiers.

        L’effet Cantillon moderne est décuplé par le pouvoir multiplicateur des marchés, lesquels sont une pompe, un lieu de fabrication du désordre social.

        Aucun gouvernement, aucun syndicat, aucun média n’est capable de comprendre cela.

        C’est pourtant là le ressort des inégalités croissantes. Ce n’est pas le capitalisme, non, c’est la perversion vicieuse et impunie des banquiers centraux.

        Les gouvernements peinent à bouger des milliards et encore plus des dizaines de milliards… mais les banquiers centraux, eux, par une seule déclaration publique relayée par les médias, bougent, transfèrent – ou plutôt créent des milliers de milliards !

  22. julien bonnetouche says:

    Michel, vous êtes « vieux jeu » !!!!

    • Et mon cher Julien, on ne se refait pas …. à mon âge !
      Salutations
      PS: bizarre, vous n’avez (encore) rien écrit sur l’autre blog relatif à l’épargne, à moins que vous soyez vous aussi censuré !

    • « Savoir ce qu’il se passe requiert du jugement ; savoir agir en conséquence requiert de la sagesse ».

      – Jean-Paul Sartre

  23. Julien bonnetouche says:

    Il était communiste !! Alors…

  24. Julien bonnetouche says:

    De quel blog parlez vous ?

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