– Une chronique rédigée par Mathieu Hamel, fondateur de Mariequantier –

Le but de cette note hebdomadaire est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d’anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

 

Les actions, aussi bien américaines qu’européennes, ont baissé de 1% cette semaine. Les actions chinoises ont baissé de 22% depuis leur plus haut de fin janvier, les européennes de 8% et les américaines, de 5%.

Durant les régimes de marché « Euphorie », le prix des actions étant surévalué, les fluctuations à la baisse sont plus violentes et plus intenses. Et lorsque les actions baissent, il est classique que les actions américaines baissent moins violemment.

En régime de marché « Euphorie », les actions baissent lorsque le consensus analyse qu’une nouvelle est synonyme de risque sur la croissance, de baisse ou de simple décélération.

En février, la nouvelle était la détermination de Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine, à suivre le programme de réduction du bilan de la FED.

Depuis mars, dans un contexte de baisse de l’activité économique en Chine, et en Allemagne, la montée des tensions commerciales fait craindre au consensus une éventuelle perturbation des échanges qui entraînera, si cela a bel et bien lieu, une diminution de la croissance mondiale.

Vendredi dernier, après avoir évoqué un contrôle étatique des investissements chinois dans les entreprises américaines, Trump a évoqué sa volonté de sortir de l’OMC. Mnuchin, le secrétaire au trésor, a ensuite maladroitement démenti en disant dans un 1er temps que c’était faux, puis que les propos avaient été exagérés. Nous croyons toujours que Trump adopte une posture de campagne avec les « mid term » de novembre, et que la guerre commerciale n’aura pas lieu. En effet, cela serait trop contraire à l’intérêt économique des USA, et donc de ceux qui financent les campagnes électorales.

 

Le Nasdaq, indice des actions technologiques aux USA, est à ses niveaux de fin janvier.

Alors que toutes les actions dans le monde ont fortement baissé, la valeur des entreprises technologiques américaines continue de progresser. Malgré la remise en question du modèle économique reposant sur l’utilisation des données personnelles, la valeur de Facebook est plus haute qu’en janvier et Google est resté inchangé.

Amazon, quant à lui, a encore augmenté de 17% depuis les plus hauts de fin janvier.

Il nous semble que les modèles de valorisation basés sur les ratios financiers ne sont pas pertinents.

Il nous semble que les modèles de valorisation utilisés par les entreprises pétrolières sont plus pertinents. Les entreprises technologiques « star » du Nasdaq s’apparentent à des propriétaires fonciers possédant des réserves de pétrole ou de gaz.

Google peut être considéré comme le propriétaire de tous les trottoirs, de tous les couloirs de centres commerciaux et de la majorité des panneaux publicitaires d’autoroutes. Tout cela dans le monde digital. Google est une entreprise technologique, mais son modèle économique, s’apparente à un propriétaire terrien, qui pourrait développer des constructions ou exploiter des ressources naturelles. Les revenus futurs ne sont pas liés aux revenus actuels mais à l’évolution de l’activité économique dans la sphère digitale.

Pour Facebook, ce sont les données personnelles.

Pour Amazon, la logique d’infrastructure, de « real estate », propriétaire immobilier du monde digital, reste valide. Les revenus d’Amazon dépendent d’AWS, le « cloud computing » et de prime, le service premium des clients Amazon. Amazon finance l’acquisition des infrastructures de capacité de calcul, le « cloud », grâce à la vente en ligne. Amazon n’y fait pas de profits, mais des pertes raisonnables pour être précis. Ensuite, ces capacités de calcul sont louées à toutes les entreprises du monde, pour un profit remarquable. C’est comme si un gérant d’immeuble parvenait à louer ses espaces à des entreprises en journée et à des particuliers pour la nuit. Les revenus futurs d’Amazon dépendent donc de l’activité mondiale dans le « cloud », infini.

Google possède l’ « espace » digital, Facebook, les « informations » digitales et Amazon, les « capacités de production » digitales. Pour autant, il existe un risque de démantèlement pour abus de position dominante. Nous ne sommes pas à ce stade capable d’évaluer si ce risque est probable ou pas. C’est pourquoi, face à l’incertitude d’évaluer les revenus futurs et le niveau stratosphérique des ratios actuels, nous restons à l’écart des entreprises technologiques. Si vous avez une meilleure compréhension de ce secteur, alors n’hésitez pas à en ajouter à votre portefeuille en contrôlant la consommation de votre budget de risque.

 

Les taux d’intérêt ont continué de baisser.

Nous ne pensons pas à ce stade que cela soit l’indication de la proximité d’une récession. Les obligations en ont bénéficié.




2 Comments

  1. si je comprends bien aprés l’orage ; ça va upper?
    Et vous visez les pétrolières ou n’est ce qu’une allusion?

  2. bonjour, non nous n’avions pas de vue particulière exprimée sur les pétrolières. C’était plus pour pour faire allusion au fait que certaines pétrolières sont valorisées sur leur réserves et non pas sur leurs revenus. Bien à vous,

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