– Une chronique rédigée par Mathieu Hamel, fondateur de Mariequantier –

Le but de cette note hebdomadaire est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d’anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

 

Cette semaine, les actions américaines ont augmenté de 2% et les européennes de 1%, sans annonce de résultats importante. La déception relative sur l’inflation et donc le recul de la probabilité de voir les taux d’intérêt augmenter fortement semble être la raison principale de cette hausse.

 

La hausse des taux d’intérêt à court-terme aux USA semble avoir mis un terme à son accélération.

La hausse des taux d’intérêt à court terme a commencé à accélérer en septembre, passant de 1,5% à 2,76% cette semaine.

Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le prix des obligations baisse. C’est pourquoi, vos ETF obligataires à court terme ont vu leur valeur baisser.

Il est possible que la hausse des taux d’intérêt à court terme soit stoppée par le plafond atteint par les taux d’intérêt à plus long terme, notamment à 10 ans, qui, après avoir dépassé le 25 avril les 3% restent depuis en-dessous ou presque. Les taux à court terme sont très sensibles aux discours et aux décisions des banques centrales.

Le consensus a intégré la volonté exprimée par la FED de normaliser les conditions du marché monétaire. Les taux à long terme dépendent, quant à eux, plutôt des anticipations d’inflation et donc de croissance économique. C’est pourquoi la situation actuelle, ou le niveau des taux d’intérêt à long terme est proche de celui des taux d’intérêt à court terme, laisse certains analystes dire que le lien entre un taux de chômage très faible et une forte inflation est mort. Nous ne le croyons pas.

Si jamais la courbe des taux d’intérêt, la différence entre les taux d’intérêt à 10 ans et à 2 ans, venait à s’inverser, les taux d’intérêt à court terme devenant supérieurs à ceux de long terme, cela serait interprété par le consensus comme un signal d’une augmentation du risque de récession.

Nous pensons que les taux à court terme ne devraient plus augmenter fortement. La performance des ETF obligataires de court terme devrait, par conséquent, être maintenant plus fortement liée à l’évolution du taux de change entre l’euro et le dollar.

Le taux de change devrait continuer de voir le dollar remonter sous l’effet de la réduction du bilan de la FED, sous couvert que le président Trump n’augmente pas le risque politique aux US, risque qui s’est stabilisé depuis plusieurs semaines.

 

 

Depuis mars, les analystes parlent beaucoup de la différence entre les taux LIBOR et OIS.

Ces deux taux d’intérêt sont de court terme. Le premier, l’OIS, représente l’estimation des hausses de taux d’intérêt de court terme que la FED effectuera dans un avenir proche, tandis que l’autre, le Libor, est la mesure du coût moyen des emprunts entre les banques.

En d’autres mots, lorsque la différence entre ces deux taux augmente, c’est le signe d’une montée des tensions sur le marché du crédit. Dans les pires scénarios possibles, cela débouche sur une crise de confiance et de liquidité comme en 2008. Nous sommes très loin d’un tel scénario.

En mars, la différence entre le taux Libor et le taux OIS a dépassé le niveau de la crise des dettes souveraines de 2012, pour atteindre un niveau historiquement haut depuis 2009. Cette semaine, la différence entre les taux Libor et OIS a vu son niveau baisser quelque peu.

La hausse entamée en novembre / décembre de l’année dernière et arrêté depuis début avril, n’a toujours pas repris cette semaine. C’est un bon signal.

Les analystes proposent plusieurs explications à cette hausse soudaine entre le taux Libor et OIS.

La première est liée aux effets techniques sur le marché bancaire, conséquence de l’accélération de la réduction du bilan de la FED. Les lignes de financement devenant moins facilement accessibles, le marché des prêts entre les banques s’est tendu.

La seconde est le financement qui a été croissant des positions vendeuses sur le dollar.

Pour bénéficier de la baisse du dollar, de nombreux investisseurs ont emprunté des dollars, au niveau du taux Libor, de manière à pouvoir vendre des dollars contre des euros. Une fois que le dollar a baissé, ils revendent leurs euros, rachètent des dollars à moindre prix, remboursent leur emprunt et empochent la différence. Lorsque les sommes en jeux sont énormes, les taux Libor, sous la pression, peuvent augmenter.

Or, pour que cette spéculation soit profitable, il est nécessaire que la baisse du dollar soit plus importante que le coût du financement. Par conséquent, plus la différence Libor-OIS augmente, plus le coût du financement augmente. Certains analystes avancent donc l’idée qu’il y a eu un effet de ciseau avec la fin de l’accélération de la baisse du dollar et la hausse de la différence Libor-OIS, qui a entrainé la sortie de nombreux investisseurs de cette position.

Avec les effets d’enchainement, cela aurait participé à catalyser la hausse du dollar de ces dernières semaines. En tout état de cause, depuis la réduction des positions vendeuse sur le dollar et la remontée du dollar, la différence entre taux Libor et OIS a arrêté d’augmenter.

Nous pensons toujours que la hausse du dollar est probable.

 

De nombreuses évolutions géopolitiques ont été évoquées cette semaine, notamment sur le possible renforcement de la politique de défense européenne. Nous étudierons attentivement ces avancées.

Le but de ces notes hebdomadaires est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d’anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.




2 Comments

  1. julien bonnetouche says:

    Tout d’abord félicitations de prendre position quant à la hausse du dollar, car c’est chose difficile.
    Vos explications sont un peu complexes, et pour ma part, j’y vois la prise de conscience des marchés, que le différentiel de taux entre dollar et euro resterait suffisamment important pour que cela vaille la peine d’acheter des obligations en dollar.
    toujours est il que c’est une excellente nouvelle pour les actions européennes, qui jusqu’à février étaient en retard sur les actions américaines, les choses s’étant un peu rééquilibrées depuis.
    Quand le dollar va, tout va !!

  2. Bonjour Julien,

    N’hésitez pas à nous interpeler lorsque ce que l’on dit vous parait trop complexe. Nous chercherons toujours à vous répondre et, par la même occasion, à améliorer notre weekly.

    Bien à vous,

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