Deux choix s’imposaient mercredi soir, soit regarder un match de football, soit écouter attentivement la première conférence de presse de Mr Bernanke devant la presse.
Nous avions fait le second choix, conscience professionnelle oblige, mais nous sommes restés sur notre faim.
L’intervention fut longue et n’apprit strictement rien de plus que la lecture régulière des minutes des dernières réunions de la Réserve Fédérale. Le bar reste ouvert et si la politique de Quantitative Easing ira jusqu’à son terme fin juin, la politique du taux d’intervention restera identique autant de temps que nécessaire.
Mr Bernanke a donc cherché à rassurer les marchés financiers et à se prémunir d’une forte remontée des taux longs lorsque l’institution ne sera plus acheteuse de Treasuries. Pas d’annonces nouvelles, mais confirmation donc d’une croissance encore sous le potentiel habituel, ce qui fut attesté par la publication du PIB du 1er trimestre (lequel intégrait certes des conditions climatiques défavorables pour certaines activités).
Bien entendu, le Président de la FED a joint sa voix à celle du Secrétaire au Trésor pour affirmer la nécessité d’un dollar fort, sans avouer que la baisse actuelle était un facteur de soutien complémentaire à une économie encore sous perfusion.
Propos sans effet puisque l’euro/dollar s’envolait sur 1.48 dans les minutes qui suivaient, les investisseurs jouant toujours le différentiel de rémunération entre les deux devises et les anticipations de politique monétaire.
La crise souveraine européenne avec des taux qui s’envolent sur les deux ans Portugais et Grec n’a donc pas eu d’effet pénalisant sur notre devise.
Cette crise qui impliquera inévitablement une restructuration des dettes mais…après les élections de 2012.
Les investisseurs ont donc salué le fait que le bar restait ouvert et que la liquidité persistait. Si certains indicateurs économiques s’infléchissent légèrement (partant de sommets retrouvés dernièrement), la micro économie a été des plus favorables avec des publications satisfaisantes même si certaines sociétés évoquent l’impact de la hausse des coûts des matières premières ou d’autres des difficultés d’approvisionnement en provenance du Japon.
Reste donc à savoir si l’inflexion actuellement légèrement négative de la macroéconomie impactera la microéconomie. Nous pouvons noter que nous assistons, depuis quelques semaines, de la part des analystes à des révisions en baisse des perspectives des sociétés.
Sur les marchés, indépendamment de la surperformance des places américaines, la cassure de résistance technique a été un autre vecteur de la hausse même si les volumes restaient anémiques.
Au sein du portefeuille du fonds, la couverture a varié sur la période récente entre 30 et 25%. Le fonds n’a pas participé au mouvement de hausse étant notoirement sous pondéré en valeurs bancaires et automobiles (secteurs que nous jugeons encore déflationnistes) et il a subi la contre performance des valeurs technologiques sur la publication de la SSII allemande SAP.
Sanctionné fortement sur l’annonce, la valeur s’est redressée à postériori. Elle a néanmoins entraîné provisoirement Cap Gemini et Atos dans son sillage.
Le secteur para pétrolier a été lui aussi contre performant sur la période.
Une ligne historique de la Sicav STM Microelectronics a fortement chuté sur la semaine abandonnant près de 10% en 15 jours. Cette valeur trop volatile n’a pas vocation à être conservée.
Nous poursuivons la même stratégie de couverture en fonction des niveaux de marché et continuons le recentrage du portefeuille.
Une ligne en Accor a été constituée au regard d’une valorisation attractive comme sur Philips. Danone a été soldé après la publication de ses résultats.
Le marché donne quelques preuves de nervosité, sanctionnant parfois trop fortement des prévisions jugées insuffisantes (téléperformance). Inversement, notre ligne en Deutsche Bank a bénéficié d’un retour à des résultats historiques. Bonne progression d’Allianz.