Le crowdfunding et plus globalement le financement direct de l’économie par les épargnants, en passant par une plateforme de crowdfunding  ou en crowdfunding indépendant (cf « Le crowdfunding indépendant est il l’avenir du crowdfunding face aux plateformes ?« ), est une de ces mutations fortes et pérennes de nature à modifier l’organisation structurelle de la société.

Le crowdfunding, c’est la mort de l’intermédiation bancaire et l’utilisation directe de l’épargne pour le financement des entreprises (mais également le fin des risques trop importants d’un multiplicateur bancaire non maîtrisé et la reprise en main de la création monétaire par les banques centrales – cf « Les #fintechs se déploient pour rénover le marché du crédit et de la gestion d’épargne financière.« ). Malgré des dérives marketing et capitalistique de certaines plateformes de crowdfunding (crowdlending en particulier et crowdfunding immobilier parfois), le financement direct de l’économie par les épargnants est une (r)évolution dont nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences sur l’économie et la société.

 

 

Le crowdlending et le crowdfunding equity dominent aujourd’hui l’activité de crowdfunding.

Le crowdfunding rémunéré est aujourd’hui très largement dominé par les plateformes de crowdlending et de crowdfunding equity.

 

Le crowdlending, c’est le prêt aux entreprises. Les épargnants peuvent directement prêter de l’argent à des entreprises pour financer divers projet mais principalement du besoin de fonds de roulement. Le taux des crédits est très élevés, atteint parfois entre 8% à 10%, alors même que les banques acceptent de prêter à 2% ! Comme vous le savez, je ne parviens pas à comprendre le modèle économique du crowdlending et n’arrive pas à comprendre le comportement du chef d’entreprise qui accepterait de payer 10% d’intérêt par an alors même que sa banque lui proposerait 2% ! C’est une faute de gestion manifeste ! (cf »Qui emprunte sur les plateformes de crowdfunding lending ? Des exclus du financement bancaire ?« ).

Les plateformes de crowdlending ne cesse de vous expliquer qu’elles financent des entreprises financées par le secteur bancaire, mais que les entrepreneurs préfèrent payer jusqu’à 10% d’intérêt à cause des lourdeurs administratives des banques ou pour des questions de rapidité ! ou enfin pour diversifier leurs sources de financement. Je ne comprends pas ces arguments, mais passons…

En tout cas une chose est certaine : Les plateformes de crowdlending se sont multipliées depuis 2014 et des capitaux très importants apportés par des institutionnels (banque et compagnies d’assurance) et quelques acteurs de private equity attirés par la scalabilité du secteur, contrairement au crowdfunding equity.

Le crowdlending est théoriquement une solution attrayante car elle permet aux entreprises de trouver des prêt pour financer leurs investissements et aux épargnants de rémunérer leur épargne à un niveau élevé. Néanmoins, il y a fort à parier que les entreprises les mieux gérées et dont les projets sont les plus profitables n’iront pas emprunter en crowdlending et trouveront facilement de l’argent bon marché auprès de leur banque. C’est alors que le crowdlending risque de devenir une concentration de projets qui n’attirent personne, mal financés par les banques car les entreprises sont trop risquées, … Le taux d’intérêt révélateur d’un risque réel et le taux de défaut probablement élevé.

 

 

Le crowdfunding equity, c’est de la prise de participation dans le capital d’entreprises de croissance. Les épargnants participent à des augmentation de capital qui ont vocation à apporter de l’argent frais à des entreprises innovantes qui ont besoin de capitaux pour investir. L’épargnant devient alors associé dans l’entreprise et partagera avec l’entrepreneur, le succès, la valorisation de l’entreprise, les dividendes mais également le risque de faillite, l’échec commercial.

C’est une solution particulièrement efficace pour financer l’investissement et l’innovation mais qui rencontre une double opposition :

– Opposition des épargnants qui rechignent à prendre autant de risque (malgré l’incitation fiscale – Le crowdfunding equity permet dans certaines conditions de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu de 18% ou d’ISF de 50%).

– Opposition des créateurs d’entreprise qui ont toujours pas mal de difficultés à abandonner une partie du capital de leur entreprise à des investisseurs extérieurs, le sentiment de vendre une partie de leur bébé, leur création et la crainte d’en perdre la propriété. Les entrepreneurs chercheront souvent d’autres solutions afin de ne pas diluer leur capital.

Le crowdfunding équity est moins rependu que le crowdlending. La rentabilité future du secteur est probablement plus complexe et la non-scalabilité peut effrayer certains investisseurs qui souhaitent faire fortune rapidement.

 

Le crowdfunding royalties, une solution intermédiaire qui permet à l’investisseur de profiter de la rentabilité de l’entreprise et au créateur de l’entreprise de ne pas abandonner une partie de son capital.

Le crowdfunding royalties serait il le meilleur des deux mondes entre crowdlending et crowdfunding equity ?

Le crowdfunding royalties, c’est le prêt aux entreprises dont le taux d’intérêt est indexé sur le chiffre d’affaire de l’entreprise. L’entreprise dispose alors de ressources qui lui permettront d’investir de créer de la valeur, innover, et l’épargnant participera à la réussite du créateur d’entreprise en touchant un taux d’intérêt fonction de ce niveau de réussite (en fonction de l’augmentation du chiffre d’affaires directement ou indirectement généré par l’investissement en question).

– Le créateur d’entreprise trouve alors les ressources pour financer sa croissance et ses investissements ;

– Le créateur d’entreprise n’abandonne pas pour autant une partie de son capital et n’aura pas pas les contraintes attachés ;

– L’épargnant investisseur participe au financement d’un projet dans lequel il croit (projet non financé par les banques) et sera rémunéré en fonction de la réussite économique du projet ;

– Le risque apparaît comme équitablement partagé entre le porteur de projet et l’épargnant investisseur et pour la première fois, leur intérêt est convergent : Chacun à intérêt en la réussite du projet sans arrières pensées :

–  Le taux d’intérêt ne viendra pas « tuer » la rentabilité de l’investissement car plus la réussite sera grande, plus le taux sera élevé, mais en cas de moindre succès, le rendement sera faible ;

– Le chef d’entreprise n’aura pas à s’inquiéter d’un éventuel rachat de part dans 5 ans lorsque les investisseurs voudront sortir ;

– …

 

Vous l’aurez compris, le crowdfunding royalties m’apparaît comme une solution équilibrée et probablement porteuse de valeur à la fois pour l’entreprise mais également l’épargnant. La convergence des intérêts m’apparaît comme unique et donc intéressante.

Le crowdfunding royalties immobilier n’existe pas encore, mais il pourrait s’agir d’une solution pour aller plus loin dans le financement des promoteurs immobilier. Au delà du prêt aux promoteurs (= crowdfunding immobilier classique), le crowdfunding royalties immobilier pourrait être une forme de prêt aux promoteurs dont le taux de rendement serait fonction de la rentabilité réelle de la promotions.

A suivre.

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7 Comments

  1. Bonjour,

    L’idée est séduisante en effet. J’ai une petit point cependant qui me freine en tant qu’investisseur:

    Pour moi, cela ne peut se faire que sur un investissement dans le développement global d’un promoteur et non pas sur un programme unique (sinon je préfère faire du crowdlending comme j’ai déjà réalisé sur Wiseed). Ce qui peut rendre plus dure la gestion de ce genre d’engagement sur le long terme. D’ailleurs, existe-t-il des contrats qui permettraient une liaisons suffisamment équilibrée (en droit et devoir) entre l’investisseur et l’entreprise.

    Bruno

  2. Pas de commentaires, je commence.

    Je ne vois franchement pas l’intérêt de ces montages complexes. Ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.
    Solution ne pouvant s’envisager que dans un schéma gagnant/gagnant.
    Quels sont les avantages pour les 2 parties comparé à une solution basique via les Banques?

    Aujourd’hui je me finance à 1%, il suffit que je fasse signe à ma Banque.
    Pour des sommes modestes, of course, à mettre en perspective avec mon âge.

    • Nous sommes bien d’accord, mais vous avez raté un préalable : Ces projets ne sont pas finançable en banque !

      • Ah! d’accord!
        C’est pour quels types de projet?

        Faillite de la Banque? De mon temps, je connaissais un général qui disait que le système financier, dont la Banque est un pivot, devait être une fonction régalienne.

        • Non pas nécessairement de difficulté bancaire.

          Parfois, des créateurs d’entreprise ont des idées, un modèle économique qu’ils jugent pertinent mais on besoin de capitaux et ne veulent pas partager le capital. Le crowdfunding royalties est une solution intéressante pour trouver des préteur dont le taux d’intérêt sera indexé sur le niveau de performance de l’entreprise (plafonné à 3 fois le capital emprunté).

  3. Bonjour,
    je pense que l’idée est forte intéressante, par contre si vous voulez l’adjoindre à la corporation des promoteurs cela ne pourra pas marcher (car pas d’exploitation commercial adossé au bâti ) .

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