Le marché des actions présente un niveau de « stress » particulièrement bas actuellement.

La confiance des consommateurs américains semble même exagérée.

L’indice de confiance des consommateurs calculé par l’université du Michigan est en hausse de 5% sur 1 an. C’est la 4e fois depuis 2004 que cet indice est si haut.

Cette amélioration s’explique par la forte hausse de confiance des foyers étant dans le tiers touchant le moins de revenu. Le tiers concernant les revenus les plus élevés avait touché son niveau le plus haut en février. Il a un peu baissé depuis. Pour autant, au total, la confiance continue de s’améliorer et montre qu’elle touche toutes les catégories de la population.

Dans le même temps, la part des revenus consacrés aux paiements liés à la dette des ménages, remboursement du capital et paiements des intérêts, est au plus bas depuis les années 80. Au moment de l’éclatement de la crise financière de 2008, les américains consacraient 13% de leurs revenus à leur dette. Ce niveau est passé à 9%.

Avec les taux d’intérêt qui continuent d’augmenter, le taux d’intérêt à 10 ans s’est constamment maintenu au-dessus de 3% depuis 2 semaines, la confiance des consommateurs pourrait subir un retournement de tendance.

Il y a un autre chiffre intéressant : la part des actions dans le patrimoine des américains par rapport à celle de l’immobilier. Les actions sont à 25% et l’immobilier à 22%. C’est la 3e fois que ce cas de figure se présente dans l’histoire récente. Les deux premières étant à la fin des années 60 et lors de la bulle internet. Cela s’explique à la fois par l’explosion de la valeur des actions depuis 2009 mais aussi par l’augmentation des achats par les investisseurs particuliers.

Cela est à mettre en perspective avec un indicateur de pression à la vente. Moins de 60% des actions qui composent l’indice large américain, SP500, se sont échangées à une valeur supérieure à leur moyenne sur 50 jours. Pour donner un ordre de grandeur cette part est de 20% uniquement dans les moments de correction, c’est à dire lors des baisses d’au moins 10%. Dernièrement, cela fut le cas en janvier 2016 et en février 2018.

Certains analystes affirment que les investisseurs particuliers absorbent une partie de la sortie des investisseurs institutionnels des actions, notamment les valeurs technologiques. Cela expliquerait pourquoi, alors que le nombre des actions qui baissent augmente, l’indice SP500 voit sa valeur augmenter. Nous attirons toujours votre attention sur le comportement plus violent à la baisse des actions lorsque la météo des marchés est « Euphorie ».

 

Alors que l’économie américaine reste en très bonne santé, plusieurs facteurs pourraient cristalliser un retournement de sentiment.

Tout d’abord, la détérioration de la conjoncture économique en Chine, lié au cycle économique mais aussi à l’impact négatif sur le moral des tensions autour des barrières douanières. Les chiffres de septembre de l’activité manufacturière, PMI, sont en baisse. Tout juste au –dessus du niveau qui sépare l’expansion de la contraction.

Deuxièmement, seul 5% de la trésorerie détenue à l’étranger par les entreprises américaines, qui a été rapatriée à la suite de la réforme fiscale de Trump, a servi à autre chose que le remboursement de la dette et les rachats d’actions. Au vu du niveau historiquement élevé de la dette des entreprise, les remboursements réduisent plutôt les risques. En revanche, la réduction des impôts ne stimule pas les investissements et n’aura par conséquence aucun impact, de ce côté-là, sur la croissance économique.

Enfin, la FED a changé une règle comptable qui modifie radicalement les obligations en matière de financement des retraites pour les fonctionnaires des états fédéraux et pour les fonds de pension locaux. Les besoins de financement ont augmenté de 2000 milliards de dollars. Il ne pourra pas ne pas y avoir d’augmentation d’impôts au niveau des états fédéraux.

 

A cela s’ajoute des sujets politiques comme le vote de confirmation du juge Kavanaugh à la cour suprême aux USA.

Cette élection cristallise la crise institutionnelle actuelle autour des « impasses » au congrès. Les votes partisans ont bloqué la présidence Obama et pourraient bloquer la présidence de Trump.

La division du congrès est telle qu’y compris des décisions apparemment sans conséquence sont soumises à l’arbitrage de la cour suprême.

Les partis n’arrivant plus à communiquer et à décider de manière bipartisane, la cour suprême est devenue un organe législatif de de première importance. C’est pourquoi les Républicains pourraient prendre le risque de perdre l’une ou les deux chambres aux prochaines élections en passant en force la confirmation « à vie » du « conservateur » Kavannaugh.

Il y a aussi la perte du soutien « inconditionnel » à Merkel de la part de la CSU, qui a élu un nouveau chef, qui fragilise la gouvernance de la zone euro.

Et bien sûr, les discussions budgétaires en Italie présentent des risques de sortie de l’euro.




2 Comments

  1. Jonathan Kaminski says:

    Bonjour,

    Oui effectivement le niveau des actions est tres bien valorise actuellement, mais le niveau de survalorisation n’a rien a voir avec celui de 2008 ou du debut des annees 2000 (bulle internet), surtout rapporte aux fondamentaux et aux profits des entreprises. On rentre plutot dans une phase de consolidation molle en attendant les prochains catalyseurs. En Chine, certes les niveaux de confiance s’erodent mais la BPC et le gouvernment Chinois vont activer tous les stimuli monetaires et budgetaires possibles. Et il ne faut pas sous-estimer le potentiel que les tensions commerciales actuelles debouchent sur des meilleurs conditions encore plus favorables au commerce international, meme si c’est pas le scenario que l’on nous presente actuellement. Donc il y a aussi des arguments pour une suite de la hausse. Je vois aussi la Fed freiner son rythme de hausse de taux car l’inflation se stabilise a 2 pourcent, la croissance americaine va forcement retomber une fois que les effets budgetaires vont se dissiper, alors que la dette americiane augmente et il n’y a pas urgence a limiter un risque de surchauffe de l’economie qui est tres modere… Je pense qu’on va revoir en revanche un retour important de la volatilite mais on est encore loin d’une recession et du retournement du sentiment des marches. En Europe les risques sont aussi importants mais un bon accord sur le Brexit pourrait aussi agir positivement sur la confiance des investisseurs… Quelques reactions qui n’engagent que moi.

    • C’est exactement ce qu’il faut dire. Je partage votre analyse. Trump s’avère être un malin et excellent négociateur et donc réalise jusqu’à présent sa promesse électorale malgré toutes les chausses trappes des démocrates qui sont de mauvais individus, Obama compris (on le saura plus tard) La presse française aime Obama mais pas Trump, ce que les américains voient c’est ce que le président fait pour eux.

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