Ce début d’année est très difficile, moins sur la question de la tendance du marché, (on peut toujours s’en accommoder et manœuvrer) que sur les allocations sectorielles (plus difficiles à anticiper !). 
Nous assistons à une rotation d’envergure des secteurs à l’intérieur des portefeuilles. Alors que la volatilité du CAC est réduite, les écarts des titres en son sein sont très significatifs depuis le début de l’année. Et il se passe la même chose sur le DAX, le Footsie et l’Eurostoxx 50. L’enseignement se résume simplement : les titres des sociétés exposées à la croissance mondiale sont vendus (comme si le marché anticipait déjà une déconvenue sur ce point) alors que les valeurs défensives, « les value » ou celles qui ont été délaissées en 2010 sont recherchées.

Les volumes très élevés (par exemple, un record depuis le début de l’année sur les marchés ce jeudi) sont dus aux rotations sectorielles. Hier, sur un marché globalement sans grande tendance, BMW, Volkswagen, Technip, Renault, Accor accusent une baisse entre 4% et 6%. A l’opposé, de fortes progressions (sup à 3%) sont constatées sur Dexia, Alstom, KBC, Axa, RWE. Depuis le début d’année, les vainqueurs sont à chercher du côté des financières, +8,1%, des utilities, +6,1% et du pétrole, +3.8%. Les grands perdants sont les matières premières, -4,8% et les produits de grande consommation, -3,4%. Ce phénomène de rotation était perceptible les jours derniers, il est désormais flagrant.
A tel point que les écarts peuvent sembler exagérés et devraient faire l’objet de forces de rappel. Un broker se demandait hier en début d’après-midi « si une (ou plusieurs) grandes gestions, orienté(es) sur l’investissement vers les pays émergents et les commodities, n’auraient pas décidé de faire le ménage ».
La plus forte baisse en Europe est réalisée sur le Footsie, ce qui est très rare, -0.5% depuis le début de l’année, alors que l’Espagne et l’Italie caracolent à +8%. L’indice anglais est très orienté « global growth » avec la présence de nombreuses sociétés du secteur ‘basic resources’ dans sa composition. Au final, au niveau du marché, ces évolutions sont plutôt saines pour les indices puisque l’on assiste à un certain rééquilibrage.
Pour conclure, la question est : s’agit-il de rotations sectorielles, avec une réelle conviction derrière, ou de rotations de performance, sans réelle vision positive sur les titres achetés ? La 2e option semble la plus juste, on ne peut pas dire que les perspectives des utilities ou des financières soient particulièrement attrayantes.
Donc, il va falloir une nouvelle fois rester prudent, mais ce début d’année doit nous servir de balise dans ce qui sera très probablement une année boursière 2011 très difficile à gérer. Concrètement, et ceci sera manifestement une nouveauté pour notre gestion, toute baisse de marché va devoir être mise à profit pour revenir sur le secteur bancaire, sans forcément rechercher une exposition benchmarkée, mais ne pas avoir de secteur bancaire est trop dangereux surtout lorsque l’exposition aux marchés est faible.
Un autre secteur semble désormais attractif, c’est les utilities, alors que nous restons effectivement très dubitatif sur la performance des secteurs du luxe, trop fortement dépendant de la situation des pays émergents, en ralentissement de croissance et les valorisations restent trop élevées. Schématiquement, on devrait sur 2011 assister à une poursuite d’une dégradation sur les secteurs auto, chimie, biens d’équipement, alors que nous allons continuer à privilégier les télécoms, l’énergie et les biens de consommation.
Nous attendrons une consolidation probable dans les prochaines semaines pour entrer de façon plus significative sur le secteur bancaire et sur les utilities. Enfin, il semblerait que le gouvernement espagnol va accélérer la réforme du secteur des cajas espagnoles avant la fin du mois de janvier. Ces dernières devraient se transformer en banques et donc avoir accès aux marchés de capitaux, et il devrait y avoir une injection de 5 à 7 MD€, ce qui aboutirait à une nationalisation partielle. Revenir sur le marché espagnol est une bonne opportunité, et on peut y jouer une atténuation du risque pays et un upside sectoriel. Encore une fois, la question est de trouver un point d’entrée. Notre feuille de route est tracée.
Sur le marché, nous confirmons ce qui a déjà été avancé la semaine dernière, à savoir toujours un marché volatil, qui devrait s’inscrire dans un range 3700/ 4200. Nous attendons un retour assez rapide sur la zone des 3700, une des raisons de la consolidation devrait venir des Etats-Unis, marché qui montre des signes d’essoufflement, la résistance des 1300 points pour le SP 500 semble assez difficile à passer. Autre fait marquant, les bonnes publications ne parviennent pas à faire réellement décoller le marché, ceci est souvent un signe de consolidation, il suffit de prendre le titre ACCOR, les résultats sont bons, les perspectives sont relevées et la performance d’hier est de -6,2%. Cherchez l’erreur ?
Au 19/01, la Sicav est composée d’actions pour 87,1%, (achat de Mediaset, Prosieben, Groupe Open et vente de Qiagen) d’obligations pour 1,6%, le cash étant de 11,4%. Les couvertures étaient à 58,1%, ce qui donne une exposition nette aux actions de 30,5%, cohérente avec l’attente d’une consolidation. Comme beaucoup de fonds en ce débit d’année, l’absence de banques et de utilities pénalise la performance, comme expliqué nous devrions y remédier prochainement.
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