Les excès de liquidité sont à l’origine de l’instabilité financière
Après nous avoir annoncé en 2015 que 2017 serait l’année de la ruine des investisseurs, Patrick ARTUS poursuit son analyse de la conjoncture en exprimant l’irréversibilité de l’instabilité financière et annonce que « les excès de liquidité et l’instabilité financière qui l’accompagne sont donc irréversibles : il y aura d’autres crises financières, et il faut donc réfléchir à la gestion des crises à défaut de réfléchir à la prévention des crises. » Au moins, vous êtes prévenus.
Patrick ARTUS propose cette analyse dans un document intitulé « L’instabilité financière est irréversible » dans lequel il explique que les excès de création monétaire par les Banques Centrales sont à l’origine de l’instabilité financière future (excès d’endettement suivis de crises de désendettement, bulles sur les prix des actifs suivies de l’explosion des bulles, taille excessive des flux de capitaux internationaux causant une variabilité excessive des taux de change).
La réduction de l’instabilité financière, passe par la réduction de l’offre de monnaie (la liquidité en circulation), mais comme les Banques Centrales n’oseront jamais le faire pour ne pas être à l’origine d’une crise financière très grave, l’instabilité financière devient irréversible.
Crise financière très grave par l’augmentation des taux d’intérêt ou instabilité financière permanente expliquée par une création monétaire excessive… L’avenir illustré par Patrick ARTUS n’est pas rose.
Patrick ARTUS d’expliquer de manière limpide son raisonnement :
« Si l’instabilité financière est effectivement liée à l’encours de liquidité créée par les Banques Centrales, la seule manière pour réduire l’instabilité financière est de réduire l’encours de liquidité.
Mais les Banques Centrales n’osent pas réduire l’encours de monnaie de Banque Centrale en raison du risque de crise que la réduction de la liquidité disponible ferait apparaître.
Une moindre liquidité ferait en particulier monter les taux d’intérêt à long terme, d’où des difficultés pour les agents économiques endettés, d’où le recul des prix des actifs financiers et immobiliers.
Si l’encours de liquidité n’est jamais réduit, alors l’instabilité financière est irréversible du moment qu’on l’a laissée apparaître avec l’excès de liquidité.
Ceci veut dire que les Banques Centrales renoncent à la prévention des crises financières et se concentrent sur la réaction aux crises lorsqu’elles apparaissent. «
Sur fond de risque de retour d’inflation et de hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis en cas d’application du programme économique de M TRUMP.
Dans un autre document d’analyse publié le même jour, Patrick ARTUS présente les conséquences d’une politique économique qui deviendrait « extrême » aux Etats-Unis ? (politique économique extrême = Relance budgétaire au plein emploi ; il y a protectionnisme (taxation des importations) ; la Réserve Fédérale ne remonte pas ses taux d’intérêt pour éviter l’appréciation du dollar). C’est à dire de la politique économique promise par M TRUMP, dans la cadre d’une politique monétaire toujours très attrayante (la banque centrale ne souhaitant pas augmenter les taux d’intérêt pour ne pas ruiner les investisseurs).
C’est alors que :
Aux Etats-Unis, il y aurait forte hausse de l’inflation et des taux d’intérêt à long terme, ce qui affaiblirait la demande ;
Ce retour de l’inflation aux Etats unis viendrait : D’une la stimulation de la demande intérieure par la politique budgétaire au plein emploi ; de la hausse du prix des importations avec le protectionnisme et de l’absence de réaction de la Réserve Fédérale à l’inflation.
C’est alors que la hausse des taux d’intérêt (expliquée par la hausse de l’inflation et la perte de crédibilité de la banque centrale) conduirait inévitablement à une baisse de la demande par l’augmentation induite des taux d’emprunt.
Dans le Reste du Monde, il y aurait hausse des taux d’intérêt à long terme (avec la corrélation avec les taux d’intérêt sur le dollar) et recul des exportations vers les Etats-Unis.
La corrélation entre les taux d’intérêt et le reste du monde expliquerait alors la hausse des taux d’intérêt dans le monde.
Au final, une politique économique extrême aux Etats-Unis (relance budgétaire au plein emploi, protectionnisme, absence de réaction de la Réserve Fédérale à l’inflation) :
– serait défavorable aux Etats-Unis avec la forte inflation et la forte hausse des taux d’intérêt à long terme ;
– serait défavorable au Reste du Monde, avec la hausse des taux d’intérêt à long terme et le recul des exportations vers les Etats-Unis.
« Il n’est donc dans l’intérêt de personne que cette politique soit mise en place. »
Ps : Cette phrase est typique du « dogme » comme présenté dans cet article « [Réflexion] La mutation est engagée. Détruire un dogme pour en construire un autre ? » et ne permet donc aucune prévision…