La performance de vos investissements financiers de long terme repose sur votre capacité à investir en actions et dans l’immobilier.
L’épargne projet (Livret A, PEL, CAT, Sicav monétaire) et plus généralement les placements rémunérés par un taux d’intérêt (obligation, fonds euros d’assurance-vie) ne vous permettront pas de vous enrichir. Dans le meilleur des cas, ils vous protégeront contre l’érosion du pouvoir d’achat de votre patrimoine que représente l’inflation. C’est l’épargne projet telle que nous vous la présentions dans cet article « Quel meilleur placement pour votre épargne court et moyen terme ? ».
Tout l’enjeu de la construction de votre patrimoine réside donc dans votre capacité à réussir votre investissement en actions (ou en immobilier, mais ce n’est pas le sujet de l’article d’aujourd’hui).
Comme vous allez le constater, l’investissement en obligations est un allié indispensable, même s’il ne rapporte pas grand-chose.
Investir en actions est potentiellement très rentable… si vous êtes capable d’assumer « le prix à payer ».
En théorie, investir en actions est très rentable. C’est un facteur d’enrichissement très intéressant à condition, néanmoins, d’être capable d’assumer le prix à payer.
La performance n’est pas gratuite.
Comme je vous l’exposais déjà dans cet article « Épargne : Connaissez-vous le « prix à payer » pour obtenir un rendement élevé ?« , pour espérer profiter du rendement élevé de l’investissement en actions, vous devrez :
- Être capable d’investir à très long terme. Une durée minimum d’investissement de 15 ans est nécessaire pour réduire le risque de perte en capital. Une durée minimum de 20 ou même 25 ans est indispensable pour espérer obtenir le rendement annuel moyen autour de 7% à 9%. C’est long, très long, mais c’est le prix à payer.
- Être capable de subir des variations imprévisibles et incompréhensible de votre portefeuille. À court terme, personne n’est capable de comprendre et donc d’anticiper les variations du prix des actions. Vous allez devoir accepter de ne rien comprendre et d’avoir l’impression de faire de mauvais investissements à court, et parfois même à moyen terme. L’investissement en actions, même indiciel en ETF, peut s’accompagner de très longues périodes de sous valorisation ou de performances négatives. Vous devrez l’accepter. C’est le prix à payer. Vous allez rapidement vous rendre compte que les ETF ne sont pas une martingale.
- Être capable de lutter contre les vendeurs d’apocalypse et mauvaises nouvelles qui vous laisseraient à penser que vous avez fait un mauvais investissement, tout en étant capable de reconnaître qu’en réalité, vous ne savez pas si vous avez raison (même à long terme). Il faut être capable de persister dans l’investissement, sans tomber dans l’obstination de celui qui ne veut pas reconnaître ses erreurs. Pas simple. La solution est alors la diversification.
- Et bien évidemment, supprimer tous les frais de gestion et autres rémunérations d’intermédiaires qui rendraient impossible l’espérance de performance.
Bref, l’investissement en actions est potentiellement très rentable à très long terme pour ceux d’entre vous qui auraient ce détachement suffisant pour réussir à y investir massivement .
Investir 50 000€ en actions ne sert pas à grand-chose. Pour vraiment profiter de la performance des marchés actions pour valoriser votre patrimoine vous devez être capable d’y investir 500 000€, 1 000 000€… Et ça, c’est vraiment une autre histoire.
Le stress de l’investissement en actions est considérable. C’est le prix à payer pour espérer bénéficier de son rendement élevé. Il faut être doté d’une compétence assez rare.
En réalité, il faut être suffisamment détaché de la valeur de l’argent pour être capable d’assumer ce stress. Plus que ne pas avoir besoin de l’argent, il faut « s’en foutre », c’est-à-dire, ne pas y attacher d’importance et trouver son bonheur ailleurs.
Le niveau de stress de l’investissement en actions est trop important pour nombre d’entre nous. Qui est capable de bien dormir lorsque son capital chute de 20%, 30% ou même 40% sur fond de crise financière et/ou économique ? Soyons honnête, pas grand monde ou du moins sur des sommes raisonnables.
Il faut un flegme, une force tranquille, une confiance et une assurance qui ne sont pas à la portée de tout le monde.
Investir en obligation pour rendre ce stress plus acceptable ?
A contrario, l’investissement en obligations ne sera pas source d’une grande performance. Investir en obligation d’entreprises sécurisée pourrait aujourd’hui vous rapporter autour de 3% par an. Ce n’est vraiment pas terrible.
Il faudrait investir dans des entreprises risquées dites « high yield », et assumer un risque de défaut pour espérer un rendement autour de 5% (avant défaut). C’est très moyen.
Investir en obligation est source de sécurité et de sérénité, mais pas source d’enrichissement. Avec la répression financière, ils ont même longtemps été source d’appauvrissement.
Investir en obligation permet juste de réduire le stress de votre portefeuille d’investissement en actions.
- La performance, ce sont les actions. Mais le stress est très élevé.
- La sérénité, ce sont les obligations, mais le rendement est mauvais.
L’allocation d’actif stratégique consiste donc à répartir votre capital entre :
- Actions pour générer du rendement ;
- Obligations pour rendre acceptable l’investissement en actions, pour réduire le stress de l’investissement en actions.
On obtient alors cette clef de répartition rendement/risque :
Equity = action
Fixed income = Obligation
Cash = liquidité
Le portefeuille diversifié par excellence, c’est le portefeuille 60/40 : 60% actions / 40% obligations.
Portefeuille que j’ai mis en œuvre dans le cadre des portefeuilles modèles de gestion pilotée : Gestion pilotée – Rapport de performance et composition des 4 CTO & PEA – Octobre 2024
Jusqu’à récemment, l’épargne obligataire n’existait pas dans le paysage de l’épargne Française. La partie obligataire du patrimoine, c’était le fonds euros du contrat d’assurance-vie.
Aujourd’hui, le fonds euros n’est plus une solution tant les rendements sont trop faibles et condamnés.
Nous allons devoir apprendre à redécouvrir les obligations.
À suivre.