Nous sommes entourés de gourous qui vous annoncent tous la prochaine crise mondiale et parfois même apocalyptique pour demain ou après demain. Notez bien que cela fait maintenant plus de 10 ans qu’ils annoncent l’effondrement de notre civilisation pour demain ou même hier.
10 ans, que nous avons une lecture orientée par nos certitudes pré-construites qui nous confirme la justesse de notre analyse : Il est évident que le monde est en train de s’écrouler ! Endettement excessif, chômage de masse, dette publique, hausse des taux d’intérêt, montée des extrêmes, effondrement environnemental, destruction des emplois par l’intelligence artificielle, inutilité des travailleurs sans qualification … Tous les indicateurs convergent vers cette évidence !
Cette narration du monde est effrayante ! Malheureusement, il ne sert à rien de se faire peur ! Une nouvelle crise n’arrivera jamais là ou on l’attend. Si c’était le cas, cela ne serait pas une crise car les agents économiques anticiperaient les conséquences et modifieraient leur comportement afin de tenir compte de cet évènement anticipé … et donc la crise anticipée aurait des conséquence limitée.
Parfois, mes articles peuvent participer à la construction de cette évidence. Je suis aussi victime de ces biais comportementaux… et ce n’est que la narration construite par la succession des articles qui permet de construire une pensée cohérente (mais qui peut aussi brouiller la perception du message en ayant l’impression que j’écris parfois tout et son contraire).
Ainsi, je ne crois pas utile de se faire peur en essayant d’anticiper ce qui ne peut être anticipé. Certaines idéologies peuvent nous conduire à espérer le changement par la rupture de modèle, certains peuvent analyser le monde en fonction de cette idéologie et annoncer le krach inévitable à la mise en œuvre de cette rupture souhaitée… Sommes nous alors dans l’analyse objective ou dans l’espoir de la mise en œuvre d’une nouvelle idéologie ?
L’économie est un système qui s’ajuste en permanence en fonction des attentes des citoyens dont le comportement ne peut être traduit en formules mathématique. En 2008, nous vivions une crise majeure comparable à celle de 1929 … Pourtant, 10 années plus tard, nous sommes toujours là, il pleut, il fait beau, certains sont heureux, d’autres un peu moins. Le taux de chômage se réduit trop lentement, mais le taux d’emploi est au plus haut, ce qui signifie que oui, le nombre de chômeur est élevé… mais que plus de personnes sont sur le marché du travail, le régime de retraite par répartition est toujours debout , la sécurité sociale est presque à l’équilibre … Bref, avec le recul, on peut dire que finalement ça va pas mal.
L’économie n’est pas une ligne droit. Il y a des cycles de hausse puis de baisses qui construisent une tendance à long terme. Rien de dramatique à voir une baisse des cours … après 9 années d’une hausse quasi-ininterrompue. C’est normal !

Est ce que nous aurons demain une crise ? Oui, probablement ;

Est ce que la bourse va baisser ? Oui, probablement ; Après la hausse, c’est la baisse … Après la baisse … c’est la hausse ;

Est ce que les taux d’intérêt négatifs sont une menace pour les épargnants ? Oui, probablement, mais il existe d’autres opportunités pour l’investisseur habile ; L’épargnant ne doit pas être statique. Il doit faire évoluer son épargne au gré des opportunités et de l’évolution du marché.

Est ce que demain, le système économique s’ajustera pour tenir compte des nouvelles demandes des citoyens ? Oui, probablement ; Cela pourra déconstruire la mondialisation des cycles de production qui est à la base de la déflation… et de l’appauvrissement des population des pays développés ;

Est ce que nous corrigerons des excès passé ? Oui, probablement ;

Mais au final allons nous vivre une crise apocalyptique telle qu’annoncée avec certitude depuis 10 ans. Non, je ne crois pas. Celui qui anticipe cette apocalypse n’a qu’une chose à faire : Se tourner vers l’utopie survivaliste qui espérer continuer à jouir de ses privilèges lorsque le monde ne sera plus 😉 Pour les autres, je crois que le secret est d’arrêter de passer trop de temps sur internet à lire toutes ces informations anxiogènes qui vous coupent de la réalité de l’économie réelle. Diversifiez vos lectures … et dites vous que tous ceux qui vous annoncent la fin du monde pour demain matin, n’ont pas été capable d’anticiper la crise de 2008, ni celle de 2000, ni aucune autre…

 
 

Il ne s’agit pas d’être d’un optimiste niais… mais seulement de prendre du recul sur toutes ces anticipations anxiogènes qui vous coupent des réalités.

L’abondance d’informations diffusées sur internet, l’immédiateté des échanges, l’accélération du monde, sont anxiogènes et doivent être analysés avec beaucoup de recul. La narration du monde est anxiogène … et seules les mauvaises informations attirent une audience boostée par les réseaux sociaux dans lesquels les biais de comportement sont très importants.
Bref, pour prendre de bonnes décisions, vous devez ralentir le temps. Il ne me semble pas incohérent de se déconnecter des réseaux sociaux, passer moins de temps à lire les prédictions d’apocalypse sur internet.
L’excès d’information détruit votre capacité d’analyse à long terme. N’oubliez pas les fondamentaux de l’investissement et notamment le plus important : « Acheter au son du canon ; Vendre au son du clairon ».
A ce titre, les fortes baisses sur le marché action n’est il pas une opportunité à saisir pour l’investisseur de long terme ? (Je vous encourage de relire cet article « Faut il profiter des baisses sur le marché action pour investir à très long terme ? Notre mode d’emploi.« ).
 
PS : Celui qui n’avance pas recule

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