La pente des taux d’intérêt s’est inversée.

Cela veut dire que les taux d’intérêt américains à 2 ans sont supérieurs aux taux d’intérêt à 10 ans.

Traditionnellement, c’est un indicateur de confiance entre le présent et l’avenir. L’optimisme se traduit par de la croissance économique et donc des anticipations de l’inflation, qui se traduisent par une augmentation des taux d’intérêt de long terme. Du fait des anticipations d’inflation, qui se cumulent année après année, les taux d’intérêt de long terme sont supérieurs aux taux d’intérêt de court terme.

C’est pourquoi lorsque la différence entre les taux à 10 ans et ceux à 2 ans est négative, les commentateurs des marchés financiers évoquent le risque d’une récession. Pourtant, en Juillet 2016, les taux d’intérêt américains sont tombés à 1,2% alors que les taux à 2 ans étaient à 8 points de base (0,08%). La pente des taux était donc en 2016 à 4 points de base (0,04%). Ce qui est supérieur à zéro. A l’été 2016, la pente de la courbe des taux d’intérêt était donc supérieure à celle que nous observons aujourd’hui. Pour autant, des taux d’intérêt si bas, aussi bien à 10 ans qu’à 2 ans, ont été accompagnés par une baisse de 40% en 3 mois du prix des actions chinoises et les actions américaines ont fait du surplace pendant 18 mois autour de cette période. En d’autres mots, la faiblesse des taux d’intérêt est bien plus un signal d’une économie en mauvaise santé que la pente de la courbe des taux d’intérêt.

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De plus, à partir de décembre 2015, la FED a commencé à augmenter ses taux d’intérêt au jour le jour. Les taux de la FED étaient à 0 depuis la fin 2008. Ils sont maintenant à 2,5%. Dans le même temps, le bilan de la FED, qui était de 700 milliards de dollar en 2008, avant le début du « Quantitative Easing », a augmenté jusqu’à 4500 milliards, sous l’effet du « Quantitative Easing », puis a été « normalisé » jusqu’à son niveau actuel à 3800 milliards de dollars.

Ces mouvements massifs se sont matérialisés par des investissements de la FED dans les obligations d’État américain. Cela a modifié le comportement de la courbe des taux d’intérêt. Pour rappel, en décembre dernier, le consensus a considéré que la politique de Powell relative à la réduction du bilan était une erreur. Le prix des actions américaines a baissé violemment en décembre principalement de ce fait. Powell voulait réduire le bilan en maintenant un rythme régulier, indépendant de la conjoncture économique (« en autopilot »).

Depuis, il est revenu sur sa décision. Il a donc démontré qu’il pouvait adapter ses décisions de politique monétaire aux conditions économiques et financières. C’est pourquoi, après deux ans d’augmentation des taux d’intérêt, le président la banque centrale américaine pourrait décider de baisser les taux d’intérêt de court terme. En conséquence, les taux d’intérêt de long terme pourraient redevenir supérieurs à ceux de court terme. Ce n’est pas mécanique, mais cela est possible. Le consensus commence a anticiper une baisse des taux d’intérêt. C’est pour cela que les obligations ont vu leur valeur augmenter fortement depuis le début de l’année. L’inversion de la courbe des taux d’intérêt n’est donc pas une fatalité.

 

 

Le prix des actions américaines, l’indice SP500 s’est établit à nouveau à 2815, son niveau de début 2018.

Le multiple Marie Quantier est de 14 années de bénéfices pour les entreprises américaines, ajusté par les facteurs macroéconomiques : croissance économique et taux d’intérêt. Pour que les actions américaines redeviennent trop chères, il faudrait que le bénéfice par action baisse de 7% sur l’année 2019 ou bien que la croissance économique aux USA soit inférieure à 1,5%.

Le multiple MQ a récemment montré un saut lorsque les bénéfices par action ont baissé au dernier trimestre de 2018. Si le bénéfices par action venait à baisser de 7% sur l’année, le multiple MQ montrerait un saut qui le ferait dépasser le niveau au-delà duquel il est certain que les actions sont trop chères. Pour l’instant, les analystes prévoient un maintien des bénéfices par action.



Au sujet de la croissance économique, les estimations actuelles des économistes de la FED se situent entre 1,9% et 2,2%, et l’estimation la plus basse est à 1,6%. Les hypothèses actuelles du FMI sont à 2,5%. Ce sont les données du FMI que nous incorporons dans le calcul du multiple MQ. Il suffirait que le FMI révise de 1% à la baisse ses estimations de croissance économique pour que les actions deviennent trop chères.

Enfin, si le prix des actions s’établit au-delà de 3000, les actions deviendraient aussi trop chères. Dans l’ensemble de ces cas, la météo des marchés pourrait changer.

Enfin, le risque politique lié à l’incertitude politique a baissé en intensité, ce qui est favorable à a croissance économique et donc aux actions.

Analyse propre à l’auteur :A partir de maintenant, de manière à mieux structurer la Weekly, nous séparons le commentaire des indicateurs de la météo des marchés, des commentaires relatifs aux aspects géopolitiques et sociaux en lien avec les marchés financiers mais dont la mesure ne peut pas se faire de manière quantitative et systématique.

Cette incertitude a diminué du fait de la publication de la première interprétation du rapport Mueller par le ministre de la justice (« Attorney General ») Barr. Les accusations de conspiration (« collusion » au sens « conspiracy ») sont maintenant écartées.

Il est établi que Trump et les membres de sa campagne n’ont pas contractualisé avec l’IRA (« Internet Research Agency » – groupement de hackers russes) et le GRU (« Direction centrale du renseignement de l’état-major de l’armée russe – services secrets russes). Les institutions américaines comme le ministère de la justice (« Department of Justice ») et le FBI sortent renforcées. Barr a décidé que le président des États-Unis n’a pas illégalement entravé l’enquête du FBI (« illegally obstructed »).

En revanche, les accusations de connivence (« collusion » au sens « links ») vont maintenant prendre tout leur poids. Mais, d’après nous, cela réduit aussi les incertitudes.

La reprise en main du parti républicain par les modérés nous paraît maintenant possible. Ce qui induirait à nouveau une baisse de l’incertitude. Il n’était pas possible de voir le parti républicain évoluer, quelle que soit la direction, tant qu’il n’était pas avéré qu’il n’y avait pas eu de conspiration au plus haut niveau de l’État américain. De plus, la connivence avec la Russie est avérée. C’est un fait qui ne sera plus discuté. En cela aussi, l’incertitude baisse. Les anticorps démocratiques vont se mettre en branle. Il est indubitable, et les moyens sont maintenant détaillés, que la Russie est intervenue en faveur de Trump dans la campagne électorale de 2016. C’est pourquoi, il devient de plus en plus difficile pour le parti républicain de ne pas s’opposer à Trump. Pour rappeler les faits, il y a deux catégories d’acteurs ayant eu un « lien » avec la Russie dans l’entourage de Trump.

D’un côté Manafort, Cohen, Stone, Trump Jr et Kushner et de l’autre Banon, la famille Mercer et Cambridge Analytica.

D’un côté, Manafort a été le directeur de campagne de Trump. Cohen, son avocat personnel. Stone, que Trump fréquente depuis les années 80, a été l’un de ses conseillers de campagne. Manafort, qui a travaillé pour des ukrainiens pro-russes, a échangé des sondages de campagne avec des agents russes en échanges d’une réduction de ses dettes. Cohen a négocié la construction de la « Trump Tower » à Moscou, y compris jusqu’à a quelques mois de la fin de la campagne présidentielle de 2016. Stone a été mis en examen (« indicted ») pour avoir coordonné avec Wikileaks la diffusion des emails volés d’Hillary Clinton. L’actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo, a accusé Wikileaks d’être lié à la Russie. Trump Jr et Kushner ont menti au sujet du motif de leur rencontre, dans la Trump Tower de New York, avec Manafort et Natalia Veselnistkaya.

De l’autre, la famille Mercer a financé le site Breitbart, l’entreprise Cambridge Analytica et a contribué à la campagne Trump via un « super pac » appelé « Make America Number One » pour un montant de 15 millions de dollar. Cambridge Analytica est l’entreprise à l’origine du vol à Facebook des données personnelles de 87 millions de personnes via l’application « ThisIsYourDigitalLife » créée par Aleksandr Kogan. Aleksandr Kogan a travaillé avec l’université de St Petersbourg et Christopher Wylie, un ancien employé de Cambridge Analytica, affirme que des échanges ont eu lieu entre Cambridge Analytica et Lukoil. Banon, qui a dirigé Breitbart, a été le conseiller politique de Trump à la Maison Blanche.

Les liens entre la campagne de Trump et la Russie sont maintenant étudiés par le comité judiciaire au congrès, dirigé par Nadler. Le commité a d’ores et déjà élargi la définition de la « collusion » à liens, « links ». Contrairement à l’enquête menée par Mueller, le congrès ne va pas se restreindre à la définition de « collusion » comme étant uniquement à une « conspiracy ». Nous le comprenons, quelle que soit notre opinion sur D. Trump, cet état de fait n’est pas facile à porter pour le parti républicain.

Il est important de noter qu’alors que la personnalité de Trump est controversée, l’adhésion populaire à son message politique s’explique par des facteurs simples. Le soutien indéfectible à Trump s’explique par le rejet des attaques que les idées des démocrates représentent sur le style de vie traditionnel des américains: principalement, la lutte contre le changement climatique qui remet en question l’alimentation (d’où la gabegie d’« hamburgers » orchestrée par Trump à la maison Blanche), et les modes de locomotion (« pick-ups » et les mises en scène avec des camions par Trump) et promotion des minorités ethniques et sexuelles qui demandent un comportement expiatoire notamment de la part des hommes blancs et âgés. La majorité des candidats démocrates à la présidence 2020 proposent, par exemple, d’offrir une compensation financière aux afro-américains pour les crimes liés à l’esclavage. C’est pourquoi, maintenant que ces sujets, tabous dans la société américaines, ont été portés sur la place publique par Trump, ce qu’aucune autre figure politique n’avait fait jusqu’alors, il est possible pour un autre candidat républicain de reprendre la main. Un candidat plus proche de l’idéal moral WASP républicain («White Anglo Saxon Protestant»). Cela réduirait à nouveau le risque politique.

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2 Comments

  1. Julien bonnetouche says:

    Bonjour, je ferai deux remarques: là première étant que la campagne pour les élections va commencer à la rentrée, et par conséquent on peut se dire que Trump fera tout pour que les marchés se maintiennent. La deuxième est la decorrelation quel’on peut noter depuis quelques semaines entre les marchés us et européens.On attend un rattrapage de ces derniers depuis un an ou deux. Peut être est il en train de se produire dans la mesure où les actions européennes sont encore sous évaluées et pas les américaines.

  2. Le vrai déterminant semble etre la fed, les marchés étant devenus des marchés administrés.
    Powell c’ est l’oracle, difficile de prévoir quoi que ce soit.

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