Comprendre la société, comprendre les décisions fiscales et sociales suppose d’avoir une vision globale de la France et notamment une vision du niveau de vie des ménages Français actifs et retraités.
L’INSEE vient de publier son rapport 2015 intitulés « couple et famille » dont nous tirons la majorité des données ci dessous.
Le niveau de vie médian des ménages Français avant et après redistribution de la solidarité nationale.
Avant de commenter et d’analyser le niveau de vie des ménages, il est indispensable de comprendre la définition du niveau de vie. L’INSEE nous donne une définition très précise :
Niveau de vie : Le niveau de vie est égal au revenu disponible (=les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage, nets des impôts directs) du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (uc). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage.
Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 uc au premier adulte du ménage, 0,5 uc aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 uc aux enfants de moins de 14 ans.
Ainsi, assez naturellement, le niveau de vie des ménages sans enfant doit être supérieur au niveau de vie des ménages avec enfant (deux sources de revenu pour deux unité de consommation pour un ménage sans enfant alors qu’il n’y a que deux sources de revenus pour plus de deux unités de consommation pour un ménage avec enfant).
Tout aussi naturellement, le niveau de vie des ménages monoparentale doit être inférieur au niveau de vie des autres ménages car une seule source de revenu alimente plus d’une unité de consommation).
Synthèse : Le niveau de vie médian des ménages Français selon la composition du ménage
Comme vous pouvez le constater, la solidarité nationale et la politique familiale ont un rôle de redistribution qui équilibre les niveaux de vie entre les ménages au profit des familles au niveau de vie le plus faible : Famille monoparentale avec 2 enfants et plus (10636€ avant redistribution puis 13877€ après redistribution) et les couples avec trois enfants et plus (15823€ avant redistribution puis 17280€ après redistribution) principalement.
Cette redistribution est réalisée au détriment des couples sans enfants (27026€ avant redistribution et 24288€ après redistribution).
Les principaux postes de redistribution
Vous noterez qu’il s’agit là des chiffres de 2013.
– Depuis le plafonnement des effets du quotient familial (Réduction du plafonnement du quotient familial : Notre simulateur exclusif…) a fortement réduit les avantages fiscaux obtenus grâce à ce mécanisme fiscal. Les chiffres devraient fondre dans les prochaines années.
En effet, le plafonnement des effets du quotient familial était de 2336€ en 2012, il est aujourd’hui de 1508€. Cela signifie qu’une demie part supplémentaire ne peut pas réduire l’impôt sur le revenu de plus de 1508€. (cf »Simulateur impôt sur le revenu 2016 : Combien allez vous payer d’impôt ? qui tient compte des effets du plafonnement des effets du quotient familial).
– Depuis, la majoration des pensions retraite pour les personnes ayant élevé trois enfants ou plus, est devenu imposable à l’impôt sur le revenu alors même qu’elle était exonérée auparavant. La redistribution au profit des ces personnes sera moins fortes dans les années prochaines.
Au global, avec ces deux mesures, le gouvernement de François Hollande à réduit le bénéfice de la redistribution au profit des familles les plus aisées en soumettant ces mesures à la progressivité de l’impôt sur le revenu et en fonction de la tranche marginale d’imposition du ménage.
L’impact de la solidarité nationale sur le taux de pauvreté des familles.
Le seuil de pauvreté monétaire correspond à 60% du niveau de vie médian de la population, soit 980€ par mois en 2011.
Les familles et le logement.
Dans la perspective d’un investissement immobilier, il est pertinent de connaître la situation des familles vis à vis du logement.
L’investisseur immobilier locatif aura une forte probabilité de loger : Une famille monoparentale, dans un appartement, qu’une famille recomposée ou une famille traditionnelle et l’inverse pour une maison.
– Seules 28% des familles monoparentales sont propriétaires de leur logement (contre 58% au national).
– 51% des familles recomposées sont propriétaires de leur logement (contre 58% au national).
– 67% des familles traditionnelles sont propriétaires de leur logement (contre 58% au national).
– Les familles monoparentales sont logées pour 59% dans un appartement contre seulement 30% pour les autres types de familles. (41% dans une maison, contre 70% pour les autres types de familles)
Les familles et l’héritage ou la donation
A partir de quel âge les familles reçoivent elles le patrimoine de la génération précédente







