En s’attaquant aux droits de douane, Donald TRUMP veut récupérer les impôts évincés par les multinationales grâce à leur production mondialisée. C’est la mondialisation excessive et les processus de production des multinationales qui est la véritable victime de Donald TRUMP.

Les pays développés s’endettent toujours plus ; Un endettement qui permet d’augmenter la consommation des citoyens des pays développés, mais aussi d’enrichir les pays producteurs à bas coûts et des entreprises mondialisées.

Et si faire payer les entreprises multinationales était la seule solution pour réduire les déficits publics ?

Dans tous les pays développés, les États s’endettent de manière inexorable ; Un puits sans fond pour maintenir le train de vie du pays.

Ces déficits s’expliquent par de trop faibles rentrées fiscales, mais aussi par un transfert de richesse des pays développés, qui doivent s’endetter toujours plus pour financer leur train de vie, au profit des pays émergents et des entreprises mondialisées qui en profitent.

  • Les consommateurs vivent au-dessus de leur moyen grâce à l’exploitation des travailleurs et de l’environnement des pays émergents ;
  • Les entreprises mondialisées affichent des marges excessives grâce à des coûts de production très faibles dans les pays émergents et des prix de vente élevés dans les pays développés ;
  • Des paradis fiscaux qui permettent à ces multinationales de ne pas payer d’impôt ;
  • Les pays émergents profitent d’une croissance économique plus forte ;
  • Et les États des pays développés doivent s’endetter toujours plus pour financer ce cercle vertueux de la mondialisation. Un endettement sans fin qui finira par faire imploser le système.

Trump semble vouloir s’attaquer à ce cercle « vertueux » ou « vicieux » pour mettre fin à l’endettement auto-destructeur des états.

Aujourd’hui, les multinationales qui ont leur siège dans les pays développés ont organisé leur processus de production pour profiter des écarts de coûts de production mondiaux. Les multinationales fabriquent à petits prix dans des pays à très faible coût de production pour revendre très cher dans les pays développés et localisent leurs bénéfices dans les paradis fiscaux comme l’Irlande.

Tout cela est rendu possible grâce à la libre circulation des biens et capitaux et à l’absence de droit de douane. Un produit fini pourra avoir fait 1 fois le tour de la terre pendant sa phase de production.

Les droits de douane ont vocation à mettre fin à cette hyper optimisation de la chaîne de production. Ce sont les marges des multinationales qui vont être pénalisées par les droits de douane du fait d’une augmentation des coûts de production et d’une incapacité à augmenter sérieusement les prix de vente au consommateur.

L’exemple typique, ce sont les chaussures NIKE fabriquées à Taiwan pour quelques euros et revendues 140€ en Europe ou US. Demain, les droits de douane ne permettront pas d’augmenter le prix de vente des chaussures, en revanche, les marges bénéficiaires de Nike vont fondre !

Nike va devoir totalement revoir son modèle économique. Il ne pourra plus tirer profit des excès de la mondialisation pour générer des bénéfices. On pourrait reprendre cet exemple pour toutes les grandes multinationales qui ont délocalisé leur production pour maximiser leurs bénéfices.

TRUMP s’attaque à un problème de fond essentiel. Les travailleurs demandent ce travail et cette remise en cause. C’est la raison pour laquelle Donald TRUMP a été élu.

En revanche, le chantier est titanesque et la déconstruction des profits excessifs des multinationales ne se fera pas sans fracas. Les marges bénéficiaires vont fondre, les modèles économiques vont devoir être modifiés, et les bénéfices vont baisser.

Naturellement, nous entrons dans une phase d’ajustement pour les entreprises. Un ajustement profond exigé par la masse des électeurs. Des électeurs travailleurs, mais également consommateurs.

À court terme, le consommateur va être pénalisé, car cette mondialisation excessive est source de bénéfices pour les entreprises, mais elle explique également des prix très faibles. Ce sont les travailleurs à bas coût des pays émergents qui nous permettent d’avoir notre niveau de consommation actuel.

Détruire la mondialisation des productions et de la supply chain, est inflationniste (en plus d’être destructrice des modèles économiques actuels)

À long terme, nous pourrions assister à une relocalisation des productions et donc une forme de rapatriement de la valeur ajoutée à proximité des lieux de consommation, et une augmentation des salaires.

Une forme de retour aux fondamentaux du fordisme. Pour faire des bénéfices, les entreprises devront vendre des produits à ceux qui les produisent. Le consommateur et le producteur seront localisés au même endroit ou presque. Les marges trouveront moins leur origine dans la délocalisation et l’exploitation de travailleurs à bas coût.

Les entreprises devront accepter de mieux rémunérer les travailleurs-consommateurs pour leur donner les moyens d’acheter les produits qu’ils fabriquent.

Une relocalisation qui devrait réduire la nécessité des États de s’endetter toujours plus pour financer un train de vie.

À suivre.

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