J’ai parfois l’impression d’un retour en 2019, juste avant l’arrivée d’un étrange virus en Chine. La parenthèse du Covid-19 se referme et nous retrouvons progressivement la vie d’avant, y compris sur les marchés financiers.

Toutes nos belles illusions du Covid s’évanouissent, les unes après les autres, nous retrouvons nos vieux démons que nous pensions dépassés par le Covid-19 et l’incroyable période de confinement / réouverture / croissance / inflation qui en a suivi.

Du côté des marchés financiers, nous sommes également en cours d’atterrissage. La croissance ralentit partout, les entreprises peinent à afficher leur optimisme pour les prochains mois.

Le président du directoire explique parfaitement la situation et la fin de cette parenthèse du Covid-19 avec ces mots :

Il faut désormais s’habituer aux années avec beaucoup d’incertitude et d’instabilité. L’industrie nautique est cyclique, et la question est de savoir où se situe la médiane. Nous avons traversé une période très incertaine avec le Covid, très euphorique post-Covid. Puis nous avons été impactés par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt. L’année 2025, c’est une année où il y a eu beaucoup d’aléas sur le premier semestre aux Etats-Unis et moins sur le deuxième.

Le nautisme a été plus impacté par l’incertitude que par la valeur. Nous devons désormais nous adapter à une nouvelle vague d’inflation, que ce soit l’inflation tarifaire américaine ou l’inflation paritaire euro-dollars, pour les exportations américaines.

Il est fort possible que lors des quatre, cinq prochaines années, le niveau d’incertitude et d’instabilité politique reste à peu près le même. Le rebond ne viendra pas du marché, il faudra le provoquer. Cela se fera par l’innovation, la montée en gamme et le renouvellement de l’entrée de nos gammes.

Source : « Ce qui est vital pour continuer à produire en France, c’est d’innover et de faire grandir sa marque » : les recettes du patron de Beneteau

Le retour aux fondamentaux et la fin de la spéculation.

De manière générale, on assiste à une moindre abondance monétaire.

La fête est finie, l’argent revient dans le circuit économique face aux montagnes de financement qui s’annoncent :

  • L’intelligence artificielle consomme énormément de cash, les entreprises doivent investir massivement et utiliser leur trésorerie pour les financer ; On a besoin de l’argent qui ne peut plus jouer à la spéculation et qui doit retrouver le circuit économique.
  • Les états poursuivent leur plan de relance budgétaire avec des déficits qui se confirment en très forte hausse (Allemagne, Japon) ou se stabilisent à des niveaux très élevés (US, France). Il faut financer les états, l’argent doit revenir dans le circuit économique.

Bref, l’argent ne peut plus être utilisé pour alimenter la spéculation. Le circuit économique a besoin de l’épargne excédentaire pour fonctionner.

On devrait alors assister à la fin des narrations folles et l’éclatement des bulles spéculatives.

Les crypto vont progressivement retrouver l’anonymat qu’elles méritent ; Les crypto compagnies comme comme Micro-strategy vont faire faillite ; Les sur-valorisations des entreprises de l’IA vont se dégonfler ; Les indices vont retrouver des niveaux de valorisation plus normaux ; Les PER vont baisser ; le prix des entreprises non côtées retrouvent des niveaux de valorisation normaux ; …

Rien de catastrophique, mais quand même un petit krach pour Noël pour les indices concentrés sur les entreprises de la tech américaine et les crypto.

Voici quelques graphiques qui permettent d’illustrer le point critique du moment :

L’indicateur Buffett est le ratio entre la capitalisation boursière totale américaine et le PIB. Il porte le nom de Warren Buffett, qui le considérait comme « la meilleure mesure de la valorisation des actions à un instant donné ». 
(Buffett a depuis nuancé ses propos, hésitant à recommander une mesure unique comme étant exhaustive ou fiable dans le temps, mais ce ratio lui est toujours associé). Pour le calculer, il est nécessaire de disposer des données relatives à la capitalisation boursière totale et au PIB.
Le ratio cours/bénéfice (C/B) est un élément fondamental de l’analyse de valorisation boursière et est principalement utilisé pour les entreprises individuelles. Comme son nom l’indique, le ratio C/B divise le cours de l’action par le bénéfice annuel par action (BPA) de l’entreprise. L’idée sous-jacente est qu’une entreprise mature reverse l’intégralité de ses bénéfices à ses actionnaires sous forme de dividendes. Le ratio C/B permet ainsi d’estimer le nombre d’années nécessaires à l’investisseur pour récupérer son capital initial. Par exemple, si vous achetez une action ACME Co à 100 $ et qu’ACME réalise un bénéfice annuel de 10 $ par action, il vous faudra 10 ans pour récupérer votre investissement initial de 100 $.

Source : https://argos.fund/fr/argos-index-3eme-trimestre-2025/ – L’Argos Index® mid-market mesure l’évolution de la valorisation des PME non cotées de la zone euro. Cet indice a été lancé fin 2006 par Argos Fund et Epsilon Research, plateforme en ligne pour la gestion des opérations de fusions-acquisitions non cotées. Publié chaque trimestre, il recense les acquisitions des sociétés du secteur mid-market au cours des trois derniers mois.

Juste un rappel : Le prix des actifs est ancré dans la vie économique. Lorsque l’économie cale, les prix calent et ceux dont la valeur dépendait d’une croissance infinie « to the moon » doivent accepter la réalité.

J’ai l’intuition que nous sommes entrés dans une longue phase de stagnation des indices éventuellement une baisse des indices US fortement pénalisés par cette surpondération en entreprises de la tech.

Pour le CAC40, j’imagine aisément un tunnel entre 7000 et 8000 points et une lente dégradation des cours qui pourrait accélérer à la baisse si la croissance devait être remise en cause ou légèrement à la hausse en cas de bonnes nouvelles économiques peu probables.

Pour les crypto, j’ai l’intuition que nous sommes au début de cette longue descente aux enfers de laquelle les cryptos ne sortiront jamais. Initialement, objet d’une révolution sociétale majeure, l’innovation peine à s’imposer en dehors du cercle des complotistes et autres théoriciens de l’effondrement. La mode est passé, elle ne reviendra pas, un peu comme la tektonik, la TV 3D ou tous ces trucs inutiles qui encombrent nos tiroirs alors même qu’ils devaient révolutionner notre quotidien.

Hier, dans une interview sur BFM Business, Eric Larcheque expliquait que le prix du Bitcoin allait exploser, que nos sociétés allaient s’effondrer, emportant le dollar et l’euro naturellement, tout comme l’inflation. Théoriser l’intérêt spéculatif du bitcoin dans l’effondrement de nos sociétés et l’émergence d’une nouvelle société dans laquelle bitcoin sera le roi, me semble être un pari plutôt dément que les plus grands dictateurs n’oseraient pas annoncer à haute voix.

Les crypto bro deviennent des marginaux, des punks à chiens que nous n’allons plus écouter tant ils ne vivent plus dans la vraie vie.

À suivre

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