Le diagnostic de l’économie s’approche de la frontière séparant l’amélioration de la détérioration.

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La dégradation a commencé le 7 novembre. La dernière fois que les conditions économiques et financières se sont détériorées d’une ampleur similaire remonte à janvier 2016. La détérioration actuelle est moins forte que ce qui avait été observé en octobre 2014, guerre de Crimée, et en août 2015, lors du krach boursier Chinois, -30% en un mois.

Le pôle croissance / inflation ne s’est jamais autant détérioré depuis juin 2014, date de la mise en production du diagnostic.

Cela s’explique par l’état de départ exceptionnellement bon de l’économie mondiale et par l’accumulation rare de décisions politiques déstabilisant l’économie : Brexit et populisme en Europe, barrières douanières aux USA et accentuation de l’autoritarisme en Chine.

Les indicateurs américains sont bons et toujours en amélioration. C’est l’activité économique du reste du monde qui se détériore fortement. Est-ce que l’économie américaine peut résister à un choc de croissance économique en dehors de ses frontières ? Oui. C’est d’ailleurs ce qui a motivé hier la décision de la FED, la banque centrale américaine d’augmenter les taux d’intérêt qui régissent les relations entre les banques commerciales et la banque centrale.

Cela ne veut pas dire qu’aucun risque systémique ne pèse sur l’économie américaine. Le ratio de la dette des entreprises par rapport au PIB est à un niveau historiquement haut. La dette du gouvernement et la dette des étudiants sont elles aussi très importantes et porteuses de risque.

 

 

Il est difficile de déceler ce qui, dans cette baisse des actions américaines de 14% depuis septembre, provient de la survalorisation d’alors des actions ou des éléments concrets d’un risque de récession.

Il y a aussi les mauvaises nouvelles relative au risque de « Watergate » qui s’amoncèlent autour de Donald Trump. Parmi les soutiens affichés et nécessaires à Trump, le représentant des républicains au Sénat, Mitch McConnell et le « Chief of Staff » du Vice Président Mike Pence, ont pris leur distance vis à vis de la maison blanche.

Le prix des actions américaines, SP500, correspond maintenant à moins de 14 années de bénéfices, en ajustant des facteurs macroéconomiques comme la croissance économique et les taux d’intérêt. Si la croissance économique est supérieure à 2% alors les bénéfices par action ont toutes les chances d’augmenter encore l’année prochaine. Seule une récession, la diminution du PIB, pourrait transformer le prix actuel en une survalorisation.

 

 

Vendredi, les actions ont fortement baissé du fait de la baisse des estimations de la croissance économique de la zone. Il reste donc le risque d’une mauvaise décision de politique monétaire qui aurait la capacité de faire dérailler la croissance économique américaine.

A l’heure actuelle, à part les déclarations de l’entreprise FedEx qui parle d’un ralentissement brutal de son activité et la déception sur le dernier chiffre de l’activité manufacturière dans l’état de New York, les signaux sur l’économie américaine sont bons.

Les attaques virulentes de la maison blanche contre la banque centrale américaine, qui est indépendante pour garantir que les déficits publics ne se transforment pas en hyperinflation, ont quelque peu lié les mains du Président Powell.

Il a du affirmer sans ambiguïté son libre arbitre. Le consensus a jugé que c’était une bonne nouvelle. En revanche, tout de suite après, le consensus a pris peur lorsque Powell a refusé d’adopter une approche flexible sur le rythme de la régularisation du bilan de la FED.

Pour sortir de la crise financière, la FED a d’une part réduit les taux d’intérêt à 0 mais a aussi acheté des obligations, notamment émises par le gouvernement américain. Depuis que l’économie américaine est sortie de convalescence, l’argent créé par la FED est détruit progressivement.

Le consensus s’attendait à ce que le rythme de destruction puisse fluctuer en fonction du sentiment de marché. Powell a dit non.

Tant que les fondamentaux sont bons, alors la volatilité ne laisse pas de marque durable a-t-il rappelé. Nous pensons qu’à ce stade, bien que la baisse soit brutale et rapide, il n’est pas pertinent de rebalancer le portefeuille. Le diagnostic des conditions économiques et financières est à la limite de la détérioration, et ce n’est pas rassurant. Mais les indicateurs de croissance aux USA sont très bons et des décisions politiques ont la capacité de rapidement améliorer la situation sur le front de la guerre économique.




2 Comments

  1. Jonathan Kaminski says:

    Je suis aussi de votre avis, je pense que le niveau de CAPE sous 14 est une opportunite d’achat des actions americaines. En revanche, avec la decision et les signaux envoyes par la FED, on dirait que le marche va pricer un risque d’erreur de politique monetaire ainsi que les risques exogenes du reste du monde. Et il y accorde plus d’importance que la Fed. Donc on peut aller chercher des plus bas encore avant de rebondir des que le sentiment du risque se sera ameliorer et aussi la saison des resultats debut janvier va etre cruciale… On prevoit quand meme un fort ralentissement de la croissance des profits corporate a 5-10 pct l’annee prochaine (contre 25 pourcent cette annee!). En revanche en 2016 la croissance des profits etait negative…mais les actions etaient beaucoup moins survalorisees qu’en septembre de cette annee. Sinon vous regardez aussi la courbe des taux obligataires prete a s’inverser a la prochaine remontee des taux?

    • Jonathan Kaminski says:

      Pardon CAPE= Cyclically adjusted price earning ratio (de Schiller) = rapport prix/benefices ajuste de la croissance et du cycle economique (indicateur cree par l’economiste Schiller).

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