Le sujet de l’évolution des taux d’intérêt en 2021 et 2022 est une question sensible mais primordiale. En effet, nous sommes tous convaincus que les taux d’intérêt resteront très faibles en 2021 et 2022… et peut être même pour de nombreuses années au-delà. Pourtant, le puissant rebond économique qui devrait accompagner la fin de la crise du coronavirus n’est pas sans remettre en cause cette certitude ;

Attention, aux certitudes. Il n’y a pas de pire ennemi pour celui qui espère gérer sereinement son patrimoine.

Et si les taux d’intérêt augmentaient au rythme du retour de la croissance économique ?

En 2021, la Banque de France estime que la croissance économique sera de +5.50% puis de +4% en 2022. Ce sont là des perspectives excessivement favorables que nous n’avons pas vu depuis très longtemps.

Dans un tel contexte économique de rattrapage après une année 2020 désastreuse, est il raisonnable de croire que les taux d’intérêt resteront proche de zéro ? Cela semble bien utopique.

Des taux de crédit maintenus à des niveaux trop faibles alors que la croissance économique est puissante pourraient avoir des effets désastreux sur la constitution de bulle financière et sur les perspective d’inflation qui rendraient impossible le maintien de taux à ces niveaux excessivement faibles.

De manière pragmatique, des taux d’intérêt bas sont nécessaires pour relancer une activité économique trop faible. Lorsque l’activité est naturellement puissante (et cela pourrait bien être le cas du fait du rattrapage inévitable après les confinements), les taux d’intérêt doivent augmenter afin de ne pas être à l’origine d’une croissance et d’une inflation trop fortes qui ne pourraient plus être maitrisées.

Il semble peu probable que les taux d’intérêt restent aussi faibles alors que la croissance économique s’annonce comme puissante pour les deux prochaines années. Néanmoins, le taux devront rester inférieurs à la croissance économique en volume (PIB + Inflation) afin de réduire sans effort les dettes publiques excessives.

Avec ces explications de la Banque de France :

Le PIB en France a chuté de 8,2 % en 2020, avec un profil heurté en cours d’année. Au total, la contraction de l’activité a été un peu moins prononcée que ce que nous prévoyions en décembre, même si elle demeure d’ampleur historique. L’effet du deuxième confinement sur l’activité a été moindre qu’attendu, en raison de mesures plus ciblées et d’une meilleure capacité d’adaptation de l’économie à la situation sanitaire.

▪   Sous l’hypothèse que le premier semestre resterait en moyenne marqué par des restrictions sanitaires, l’activité se maintiendrait sur la première partie de l’année 2021. Ceci est cohérent avec nos enquêtes de conjoncture à début mars. Puis l’activité économique se redresserait nettement à partir du second semestre 2021, dès lors que la progression de la vaccination permettrait la levée progressive des restrictions sanitaires, entraînant un rebond de la consommation des ménages.

▪   Sur l’ensemble de l’année 2021, le PIB progresserait de 5,5 %, soit un peu plus que dans notre prévision de décembre, la moindre progression sur le premier semestre 2021 étant compensée à la fois par la meilleure résistance de l’activité fin 2020 et par une activité plus dynamique au second semestre 2021. Le rebond se prolongerait en 2022, avec une croissance toujours très vigoureuse, d’environ 4 %, et le niveau d’activité pré-Covid serait de nouveau atteint d’ici le milieu de l’année.

▪   Le rebond attendu de la consommation des ménages apparaît d’autant plus probable que leur revenu a été globalement préservé pendant la crise, grâce, à la fois, aux amortisseurs publics et à une résistance notable du marché du travail.

▪   La dégradation de l’emploi serait en effet nettement moins prononcée qu’attendu dans notre projection de décembre, l’ajustement au choc d’activité s’étant fait davantage que prévu par le nombre d’heures travaillées plutôt que par les effectifs. Le chômage resterait significativement inférieur à 10 % au cours de 2021, avant de diminuer de nouveau ensuite, au-dessous de 9 % à la fin de notre horizon de prévision.

▪   L’inflation serait assez volatile en 2021, évoluant en glissement annuel entre 0,5 % et 1,5 %, mais resterait très modérée sur l’ensemble de notre horizon de projection, autour de 1 %, en moyenne.

Les aléas pouvant affecter cette projection restent importants en raison notamment des fortes incertitudes sanitaires.

Sur la base essentiellement d’hypothèses alternatives en termes de situation sanitaire, nous continuons donc d’encadrer cette trajectoire centrale par deux scénarios, mais de façon plus symétrique que dans notre prévision de décembre dernier.

Notre scénario central pour 2021 repose sur un certain nombre d’hypothèses. D’une part, l’environnement international et financier, arrêté le 16 février (cf. tableau A en annexe) est celui des projections de l’Eurosystème pour l’ensemble de la zone euro.

La révision à la hausse de la demande mondiale adressée à la France est globalement contrebalancée par l’augmentation du prix du pétrole et des matières premières. Les nouvelles mesures annoncées par l’Administration américaine (« plan Biden »), non encore complètement finalisées, ne sont pas prises en compte dans le scénario central de cette projection mais dans les aléas pouvant l’affecter (cf. la dernière partie de cette publication).

D’autre part, et surtout, les évolutions économiques restent conditionnées à la situation sanitaire.

Nous faisons l’hypothèse que l’ensemble du premier semestre pourrait être marqué par une combinaison de périodes de durcissement des mesures et de périodes de relâchement relatif mais, qu’en moyenne, la contrainte portée sur l’activité économique serait comparable à celle de ce début d’année.

Dans ce scénario central, c’est en effet le déploiement large des vaccins dans la population à compter du second semestre et leur efficacité face aux variants qui seraient en mesure de ralentir significativement la pandémie et de permettre la levée progressive des restrictions.

L’activité demeurerait seulement stable au premier semestre 2021, ce que confirment à ce stade les indicateurs de court terme disponibles depuis début janvier.

Au troisième trimestre en revanche, la consommation des ménages et l’activité rebondiraient nettement et cet élan se poursuivrait en fin d’année 2021 puis au début 2022. L’année 2022 serait également une année de rattrapage et la croissance resterait forte (4 %), tirée par la consommation des ménages. Le niveau d’activité de la fin d’année 2019 serait ainsi atteint autour de mi-2022

https://publications.banque-france.fr/projections-macroeconomiques-mars-2021

A suivre…

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