Vous le savez, l’exercice du métier de conseil en gestion de patrimoine est un habile équilibre entre les différents métiers du conseil global pour l’optimisation de la gestion du patrimoine. Ces conseils sont financiers mais également juridique et fiscaux. Le conseil en gestion de patrimoine est un généraliste du conseil de part la large palette des matières juridiques utilisées, mais c’est surtout un spécialiste du patrimoine dans sa globalité.
Un notaire est évidemment un meilleur juriste qu’un conseil en gestion de patrimoine. Un notaire maîtrise bien mieux le code civil dans sa globalité. Néanmoins, un Notaire, qui est un généraliste du code civil, n’est pas, en général, un spécialiste du patrimoine dans la globalité. La fiscalité et encore davantage l’aspect financier sont deux notions bien lointaines pour bon nombre de notaires.
(PS : Ce n’est absolument pas une critique de la profession de notaire, mais un simple constat – Les tâches dévolues au notariat sont tellement larges et importantes qu’il n’est pas possible d’être expert dans tous les domaines).
Un avocat fiscaliste est bien évidemment un meilleur fiscaliste qu’un conseil en gestion de patrimoine, mais tout comme le notaire, l’avocat fiscaliste est expert en fiscalité et son conseil sera centré autour de la problématique fiscale. Ne maîtrisant pas le droit patrimonial de la famille, ni l’aspect financier ou comptable (lorsque l’on évoque la transmission d’entreprise), son conseil ne peut être global.
Un expert-comptable est bien évidemment un meilleur conseil en optimisation comptable de la transmission de l’entreprise, mais tout comme le notaire ou l’avocat fiscaliste, son champ de compétence est centré autour de la vision comptable de la transmission de l’entreprise (quid du holding, mode de financement de la reprise d’entreprise, statut de l’entreprise, … gestion comptable mère-fille …). Son conseil est également partiel et ne prendra pas en compte le droit patrimonial de la famille (gestion de la transmission du patrimoine familial aux enfants), ni même la gestion financière du patrimoine. Un exemple typique pour mieux comprendre, combien de holding patrimoniale imposée à l’impôt sur les sociétés deviennent de véritable calvaire pour les cessionnaires d’entreprises. Un holding est un montage financier et comptable extra-ordinaire, mais qu’en faire, après la vente de l’entreprise, lorsque le prix de vente de l’entreprise est « bloqué » dans ce holding ?.
Le métier du conseil en gestion de patrimoine est un mélange du métier de notaire, d’avocat fiscaliste, d’expert comptable et de conseil financier. Dans le large spectre de compétence de ces professions, le conseil en gestion de patrimoine est spécialiste d’une toute petite partie du métier de chacun de ces experts :
Un conseil en gestion de patrimoine saura parfaitement optimiser un régime matrimonial, mais sera bien incapable de la rédiger ;
Un Conseil en gestion de patrimoine saura optimiser la transmission d’un patrimoine familial, mais ne sera pas capable de rédiger l’acte de donation, ni en gérer les formalités légales
Un Conseil en gestion de patrimoine sera un parfait allier pour optimiser juridiquement et fiscalement la transmission d’une entreprise, mais sera bien incapable de rédiger l’acte de cession
… Le conseil en gestion de patrimoine, est bien un généraliste du droit civil, du droit fiscal et de la comptabilité, mais un expert dans ce domaine très large sur les notions touchant le patrimoine.
Qu’est ce qu’un bilan patrimonial ?
Le bilan patrimonial est la base du métier de conseil en gestion de patrimoine. L’exercice de ce métier exige d’avoir une vision globale sur le patrimoine, il convient donc de réaliser un synthèse du patrimoine.
Un bilan patrimonial pourrait être comparé à un bilan comptable pour une entreprise. Il s’agit d’une photographie à un instant de la composition du patrimoine de la famille. Il s’agit d’un travail de « recensement » , parfois fastidieux, du patrimoine. Le bilan patrimonial en lui même n’est pas très utile, il pourrait même être envisagée de la faire soi-même.
Avec l’évolution technologique et l’importance des ressources mises à disposition (notamment sur internet et sur l’excellente site leblogpatrimoine.com, à ce stade, la valeur ajoutée apportée par le conseil en gestion de patrimoine est très faible.
Nous avons d’ailleurs construit un outil « GRATUIT » vous permettant de réaliser vous-même votre bilan patrimonial :
Une fois le recensement du patrimoine réalisé, les outils informatiques à la disposition du conseil en gestion de patrimoine lui permettront de réaliser un grand nombre de calcul et de simulation (calcul d’impôt sur le revenu, ISF, calcul des droits de succession, simulation investissement DUFLOT ou LMNP, passage d’une SCI à l’impôt sur le revenu à l’impôt sur les sociétés …).
A nouveau, à ce stade, la valeur ajoutée du conseil en gestion de patrimoine est limitée. Il ne s’agit que de savoir habillement utiliser un logiciel informatique.
Nous avons également construit un nombre certain de simulateur patrimoniaux, vous permettant, librement et gratuitement, de réaliser les mêmes calculs que les conseils en gestion de patrimoine. Les 20 simulateurs patrimoniaux sont disponibles dans l’application « Mon patrimoine » mais également dans cette page : Liste de nos simulateurs patrimoniaux et fiscaux : reprenez la main sur votre patrimoine.
Un bilan patrimonial au prix relativement modeste.
Au terme de cette première étape, la valeur ajoutée du conseil en gestion de patrimoine étant relativement limitée, le prix ne devrait pas être trop important. Je crois que ce travail de recensement et de calcul automatique doit pouvoir être facturé moins de 500€ soit l’équivalent de 2 à 3 heures de travail.
Bien évidemment, c’est la nature et la complexité du patrimoine qui déterminera le temps que le conseil en gestion de patrimoine devra passer et donc le niveau de la facturation d’honoraires. Le conseil en gestion de patrimoine devra vous proposer une lettre de mission (comparable à un devis) dans laquelle il détaillera avec précision le tarif et le contenu de son intervention.
L’analyse du bilan patrimonial, la vraie valeur ajoutée du conseil en gestion de patrimoine.
Si la première partie du bilan patrimonial est automatisée et informatisée, et donc avec une faible valeur ajoutée, c’est réellement l’analyse du bilan patrimonial, la capacité à en faire une synthèse et à ré-organiser le patrimoine en fonction des besoins de la personne qui est la véritable valeur ajoutée du conseil en gestion de patrimoine.
Cette seconde partie du bilan patrimonial est nettement plus complexe et nécessite un grand niveau d’expertise. C’est dans cette seconde partie du bilan patrimonial que le conseil devra mettre en œuvre son large champ de compétence (juridique, fiscale et financière). Le temps passé, mais également le niveau d’expertise du Conseil en gestion de patrimoine déterminera alors le niveau de la facturation.
La simple facturation au titre du temps passé est délicate à envisager. L’expertise du conseil en gestion de patrimoine est fondamentale. Est il préférable d’avoir un conseil moins onéreux à l’heure, mais qui, par manque d’expertise passera deux fois plus de temps qu’un conseil plus onéreux à l’heure ?
En fonction du niveau d’expertise demandé, de la simple optimisation de la rédaction des clauses bénéficiaires d’un contrat d’assurance vie à l’optimisation de la cession de l’entreprise familiale, le prix de l’analyse patrimoniale n’est évidemment pas comparable. Le détail de la tarification sera détaillée dans une lettre de mission.
De manière générale, il me semble impossible de trouver une telle mission de conseil en dessous de 150€/heure. Au delà, c’est le prix de l’expertise, en dessous, c’est probablement que le conseil en gestion de patrimoine à une autre stratégie pour rentabiliser le temps qu’il passera à vous conseiller.
Le plus grand paradoxe du métier est bien là. Les conseils en gestion de patrimoine veulent faire du conseil rémunéré par honoraire, mais la grande majorité veulent surtout vendre des produits financiers ou immobiliers qui seront leur véritable source de revenu. Il est urgent de clarifier ce statut, car bien évidemment, il n’est pas possible d’être objectif et de réaliser du conseil lorsque vous êtes rémunéré par la vente que vous réaliserez.
Nous avons déjà abordé cette question du conflit d’intérêt dans divers article que je vous suggère de relire :
- Quel avenir pour le Conseil en Gestion de Patrimoine ?
- CGP – CGPI : Dans un monde sans rendement, le métier va t’il disparaître ?
- La prévoyance : L’avenir du métier de CGPi ? Etes vous vraiment sérieux ?
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