Le métier de conseil en gestion de patrimoine existe en théorie depuis de très nombreuses années, mais les crises successives que nous subissons depuis maintenant 20 ans ont pour conséquence une accélération de la mutation du métier.

Historiquement né au début des années 1980, le métier de conseil en gestion de patrimoine est né de la volonté des courtiers en assurance-vie de proposer à leurs clients d’autres produits de placement et notamment des placements immobilier et sur les placements financiers.

Le métier de conseil en gestion de patrimoine est, à l’origine, un métier de « vendeur » indépendant de produit de placement. Ne nous offusquons pas du terme vendeur, il n’est que le reflet de la réalité que l’on peut parfois masquer sous le terme « conseiller », mais la finalité est la même puisque l’acte de vente rémunère le travail du conseiller en gestion de patrimoine.

Dès l’origine, le conseiller en gestion de patrimoine est un indépendant capable d’adapter ses propositions de placements ou d’investissement en fonction de l’attente de son client. Le métier s’est donc construit autour de l’acte de vente et de convention de distribution avec des fournisseurs de placements financiers, d’assurance-vie ou des promoteurs immobiliers qui voyaient en eux un nouveau canal de distribution.

Aujourd’hui, lorsque l’on analyse le compte de résultat de ceux qui prétendent exercer ce métier de conseil en gestion de patrimoine, on observe trois sources de rémunération :

– Les commissions sur versements et sur encours versées par les compagnies d’assurance-vie ; (-+ 0.70% à 1% par an de frais de gestion sur la somme de l’épargne confiée) ;

– Les retro-commissions de vente de biens immobiliers de défiscalisation (PINEL et cie) ou d’immobilier gérés type LMNP en résidence services versées par les promoteurs immobiliers ; 5% à 10% de commissions versées calculées sur le prix de vente du bien immobilier ;

– Les retro-commissions de vente de produits financiers type SCPI par les gestionnaires de ces produits de placement. (-+5% de retro-commission calculé sur le montant de l’investissement en SCPI).

 

Le métier de conseiller en gestion de patrimoine, dans sa version historique, est assez comparable aux VRP multi-cartes, c’est à dire au vendeur dont le catalogue est suffisamment large pour toujours avoir quelque chose d’intéressant à vous vendre.

Pour ce vendeur indépendant en produit de placement et d’investissement, le « conseil » est important. Le conseil, c’est sa capacité à adapter le produit qu’il vend aux besoins de son client ! Mais, sans jamais perdre de vue, qu’il doit trouver un produit à vendre à son client s’il veut se rémunérer.

Le conseil traditionnel d’un conseil en gestion de patrimoine consiste à aider son client à choisir un produit financier ou immobilier dans un catalogue. Ce conseil pourra parfois s’appuyer sur la fiscalité, le droit civil ou encore la conjoncture économique pour trouver davantage de pertinence.

Aujourd’hui, en 2020, ce métier de vendeur multi-cartes est mort, et cela pour une raison simple : Les vendeurs indépendants que sont ces conseillers en gestion de patrimoine n’ont plus rien d’intéressant à vendre.

Après 3 crises financières majeures en 20 ans et de multiples scandales, les clients ne sont plus dupés par les beaux discours commerciaux.

Les produits vendus par les conseillers en gestion de patrimoine n’intéressent plus les épargnants :

– Assurance-vie : Qui peut encore souscrire un contrat d’assurance-vie chez un indépendant, payer des frais d’entrée et des frais de gestion très importants, alors même que vous pouvez trouver de meilleurs contrats sur internet, sans frais d’entrée et avec des frais de gestion réduits ?

Défiscalisation immobilière : Qui peut encore se faire avoir en achetant très cher un bien immobilier PINEL et cie par un indépendant qui touchera entre 5% et 10% en retro-commission alors même que l’investissement dans l’immobilier ancien n’a jamais été autant accessible grâce à internet (leboncoin, se loger) et autres outils ou forum pour simuler et comprendre son investissement immobilier ?

– … Bref, les indépendants n’ont plus rien à vendre. Ils sont dépassés par des clients qui ont beaucoup gagné en compétence et connaissances financières.

 

La crise du coronavirus ne fait qu’accélérer ce processus de mutation du métier de conseiller en gestion de patrimoine. Le conseiller commercial doit laisser sa place au conseiller en gestion de patrimoine.

 

Le métier de conseiller en gestion de patrimoine doit devenir un véritable métier de conseil et abandonner son caractère commercial. 

Le métier de conseil en gestion de patrimoine est donc à un tournant historique. Il doit se renouveler pour retrouver l’intérêt des épargnants ou disparaître.

Pour ce faire, les professionnels de la gestion de patrimoine doivent abandonner l’origine de leur métier pour se concentrer sur le véritable conseil en gestion de patrimoine. Ils doivent cesser d’être des vendeurs indépendants pour devenir des conseillers indépendants et revoir la notion même de conseil.

Faire du conseil, ce n’est pas aider son client à choisir entre un PINEL, ou une assurance-vie ; Ça c’est de la vente, du conseiller commercial.

Être un conseil en gestion de patrimoine indépendant, c’est accompagner son client dans la réalisation de ces projets de vie, c’est le conseiller :

  • sur l’achat de sa résidence principale,
  • sur son contrat de mariage et les conséquences patrimoniales de la vie familiale ou du divorce ;
  • sur des stratégies de création d’entreprises et de protection de sa famille,
  • sur les moyens d’investir son épargne dans l’économie réelle afin de se créer un patrimoine,
  • sur l’optimisation de son imposition, sur l’organisation et la préparation de la transmission de son patrimoine,

 

Bref, autant de projets de vie qui ne trouvent pas nécessairement une réponse dans la souscription d’un contrat d’assurance-vie ou l’achat d’un PINEL. Les réponses à toutes ces questions ne passent pas par la souscription d’un produit de placement vendu par un conseiller en gestion de patrimoine traditionnel.

Ce sont en réalité deux métiers totalement différents :

– L’un, conseille l’épargnant sur le produit le plus adapté à sa situation dans un catalogue ;

– L’autre, conseille le citoyen (car on peut avoir besoin des conseils d’un conseiller en gestion de patrimoine sans avoir d’argent à placer ou à investir) dans la gestion de son patrimoine, de ses finances personnelles et plus globalement dans la réalisation de ses projets de vie.

 

Le premier est rémunéré en fonction des produits du catalogue qu’il réussit à vendre ; Le second est payé pour ses conseils et n’a rien à vendre à part ces derniers à l’instar du médecin ou de l’avocat rémunéré pour son savoir, et son expérience.

Malheureusement, il n’est pas possible d’exercer concomitamment les deux métiers tant l’écart de rémunération est grand entre le vendeur et le conseiller.

Lorsque vendre un « PINEL », c’est toucher 5% à 10% du prix de vente du PINEL en commission, soit entre 10 000€ et 20 000€ de commission pour un bien d’une valeur de 200 000€ et que le rendez-vous patrimonial est facturé 69€ TTC dans le cadre de notre offre d’assistance patrimoniale, la nature humaine est telle que nombre de « conseillers » auront à cœur de se transformer en « vendeur » pour améliorer la rentabilité du rendez-vous.

Face à de tels écarts de rémunération, la mutation est quasi impossible. Le conseiller en gestion de patrimoine « VRP Multi-cartes » ne peut abandonner son commerce pour prodiguer un conseil indépendant. Ce serait là un suicide économique.

Nous sommes donc dans une impasse, sauf à considérer que les clients ne sont plus intéressés par les produits vendus par les CGP « VRP Multi-cartes ». Auquel cas, le mutation est obligatoire pour espérer survivre.

 

 

Comment faire la différence entre le Conseiller en gestion de patrimoine « VRP Multi-cartes » et le Conseiller en gestion de patrimoine vendeur de conseils ?

Nombreux sont ceux qui croient s’adresser à un conseiller indépendant et qui se retrouvent entre les mains d’un vendeur de PINEL ou d’assurance-vie.

Comment ne pas tomber dans le piège du discours commerciaux, de la moquette épaisse et des beaux sites internet ? Je crois qu’il n’existe qu’une seule réponse : Se poser la question de la rémunération de votre interlocuteur pour connaître sa motivation profonde.

  • Si votre interlocuteur est rémunéré par les commissions sur produits vendus, c’est un vendeur ; Vous ne devrez pas attendre de conseils de sa part.
  • Si votre interlocuteur est UNIQUEMENT rémunéré par le chèque que vous lui ferez à la fin du rendez vous patrimonial, c’est un conseiller. Vous ne devrez pas attendre qu’il vous conseille sur la sélection de tel ou tel produit ou vous mettent en relation avec tel ou tel fournisseur.

 

A suivre …

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61 Comments

  1. Valérie J says:

    Un mix notaire/expert comptable, en somme

    • Sénèque says:

      Ouch, l’expert comptable comme conseil !!
      Attention à ce dernier: son travail est d’établir des comptes annuels, d’assurer une mission comptable, un accompagnement juridique de la société…
      A chacun ses compétences !!! Je ne fais pas de suivi comptable, de recommandation sur la TVA…
      Sur le volet gestion de patrimoine, l’expert comptable envoie vers la structure capitalistiquement détenue par son cabinet comptable s’il en a, préconise des Girardin car reçoit des rétro/cadeaux des CGP avec qui il est en cheville, il préconise des opérations que lui ne fait pas dans sa gestion de patrimoine personnel, ils ont une approche du crédit/effet de levier qui ne supporte aucun questionnement, ils infantilisent leurs clients qui se laissent bien faire (« je vais en parler à mon comptable »), ils font signer des courriers de décharge systématiquement…
      Donc une solution serait alors en effet dans ce cas de mixer son conseil avec celui d’autres conseils qui ont des raisonnements différents tels que le notaire.

      L’idéal de mon point de vue pour se faire conseiller en gestion de patrimoine est d’avoir …un Conseiller en Gestion de Patrimoine INDEPENDANT qui a vraiment le I soit donc:
      – qu’il n’est pas là pour refourguer des produits de promoteurs immobiliers, de compagnies d’assurance-vie… (historiquement, la majeure partie des CGP provient du milieu bancaire et assurance: leur installation provient d’une volonté de gagner plus en réalisant sensiblement le même métier mais en architecture ouverte, rien contre cela, mais il convient tout de même de l’avoir à l’esprit);
      – qu’il est là pour veiller srcupuleusement aux intérêts patrimoniaux de ses clients, ce qui est intégré par ces derniers qui à ce titre lui versent directement une rémunération exclusivement sous forme d’honoraires déterminés antérieurement au travers d’une Lettre de Mission.

      J’aurai tendance à recommander également d’interroger son potentiel futur conseiller quant à sa vision de l’économie, des marchés, du crédit, du fiscal… afin d’évaluer son niveau intellectuel avec sa faculté d’esprit critique pour qu’il réfléchisse quant à ses préconisations et puisse les assumer en cohérence (l’inverse d’un conseiller dont le cerveau est branché sur BFM et qui écoute religieusement les avis des « développeurs commerciaux » des sociétés de gestion, lesquels mettent très vite en avant les rétro et up-front et qui marquent un temps d’arrêt ou ne sont pas en mesure de vous répondre lorsque vous leur demandez s’il est possible de convenir d’un système de fonctionnement avec une suppression des rétro, laquelle devrait alors exclusivement revenir au client…).
      Cela doit notamment se retrouver dans son diplôme qui doit nécessairement être un Master 2 en gestion de patrimoine pour pouvoir appréhender les différentes composantes de la gestion de patrimoine: lorsque vous regardez les offres d’emploi pour des Gestionnaires de patrimoniaux, ce qui est majoritairement demandé:
      – profil avec au minimum un Bac+2,
      – profils avec une mentalité de dévelppeur avec une rémunération déplafonnée à la hauteur de vos ambitions (dédicace aux vendeurs de PINEL et autres belles opérations de défisc immobilières!),
      – profil où c’est la dimension commerciale qui prévaut sur les autres variables
      => tout est dit à la lecture de ce genre d’annonces de mon point de vue.

    • Le Mecreant says:

      En principe, quand on a besoin de chaussures, on ne va pas chez le chapelier, Chacun son métier, et les vaches seront bien gardées.
      Un comptable n’est pas un juriste, un notaire n’est pas un comptable, un conseiller juridique n’est ni l’un ni l’autre. Et il faut souvent les trois pour une bonne synthèse.

    • Jérôme says:

      Pas seulement …
      Le conseil en organisation patrimoniale, tel que défini adroitement par Olivier Rozenfeld – FIDROIT, est à la confluence de nombreux métiers du chiffre, du conseil et de la finance.
      Il se doit de maîtriser :
      – l’essentiel du droit privé relatif à la cellule familiale (régimes matrimoniaux et PACS, divorces et procédures, successions et libéralités, droit bancaire et droit du travail, droit des assurances et de la protection sociale en fonction du statut de son client, etc.) afin de pouvoir répondre à des questions aussi triviales que la mutabilité d’un régime matrimonial, le recel de communauté dans un divorce houleux ou le recours à un type de gage particulier pour garantir une créance, la portée d’un engagement à titre de caution, le recours au délai de grâce quand la situation financière de son client est fortement compromise suite à un aléa, le démembrement de propriété sur biens fongibles ou consomptibles par essence, ou le recours à une personne morale pour détenir ses actifs et j’en passe;
      – l’essentiel du droit des affaires pour ce qui concerne la création de sociétés, commerciales ou non, le droit du contrat, l’optimisation de la protection sociale du dirigeant, de sa rémunération, assurer la pérennité de l’outil de travail et prémunir contre les risques majeurs auxquels le chef d’entreprise est confronté, veiller au respect des obligations réglementaires en matière de sécurité, de droit du travail et de la protection sociale, avoir des notions fondamentales en matière comptable et financière, veiller à l’observation analytique de tableaux de bords sociaux et financiers, et tout ceci avec une ouverture sur des notions transnationales;
      – l’essentiel en matière de fiscalité du revenu et du patrimoine, la connaissance des règles générales, spécifiques et dérogatoires par catégories de revenus, de redevable, le traitement de la TVA – intra communautaire et extra communautaire, des notions approfondies de fiscalité comparative avec certains pays attractifs, etc.
      – l’essentiel en matière de droit immobilier, de la détention en nom propre comme au travers d’une personne morale, des différentes catégories de garanties accessibles, des droits et obligations inhérents à la détention d’un patrimoine immobilier fut-il détenu à titre personnel ou professionnel, les différents types de baux et leurs accessoires
      – l’essentiel en matière de droit bancaire, notamment concernant l’utilisation des instruments de crédit, des opérations bancaires, des instruments financiers, de l’épargne, etc;
      – les fondamentaux des théories économiques, macro & micro, et leurs corollaires en matière de théories des marchés, connaître et maîtriser les différentes classes d’actifs, les modes de gestion, les allocations tactiques et stratégiques, etc.
      – les contraintes règlementaires corrélées à l’exercice de son activité de conseil, tant dans l’intérêt de son client que dans le respect déontologique des obligations conférées par ses autorités de tutelle, notamment en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, le respect de la protection des données, etc.

      Bref, vous l’aurez compris, un conseil en organisation patrimoniale patenté est un professionnel avec une compétence transversale, pluridisciplinaire qui doit vous apporter une vision objective et éclairée sur les différentes stratégies patrimoniales que vous pouvez adopter.
      Pour ce faire, il a besoin :
      – d’éléments tangibles, tels que la composition de votre cellule familiale avec ascendants et descendants, votre situation matrimoniale passée et présente, votre situation professionnelle et fiscale, la nature de vos revenus, de votre épargne, votre mode de vie, etc.
      – d’informations moins formelles mais tout aussi importantes relatives d’une part à vos relations personnelles avec l’ensemble de vos ayants-droit, associés ou autres personnes impliquées dans vos choix, d’autres parts à vos attentes, appétences, sensibilités; bref tout ce fait de vous une personne unique à laquelle des préconisations et solutions devront être adaptées et suivies dans le temps.

      En conclusion, pour rejoindre Guillaume, le conseiller en organisation patrimoniale / ou conseil en gestion de patrimoine n’est en aucun cas un vendeur d’assurance vie, de contrat de capitalisation, de produits financiers, immobiliers ou je ne sais quoi encore, n’en déplaise à certains … qui pour beaucoup sont des professionnels très honnêtes dans leur métier … d’intermédiation et non de conseil, car ce dernier requiert de part de celui qui le prodigue un désintéressement TOTAL.

      Toute autre assertion en la matière n’est que littérature rhétorique visant à justifier une activité mercantile, très souvent injustifiée pour rester poli. Mais cela constitue un autre débat…

      • CAPL conseils says:

        Savez vous Monsieur que la majorité des Conseillers en organisation patrimoniale prones par fidroit sont des CIF avec la certification juridique appropriée ?
        Je suis personnellement COP et j’en suis fier mais je ne me reconnaîs pas dans votre post car vous avez fait un choix d’être indépendant alors que certains sont libéraux…
        Proposer à des clients des conseils accompagnés de solutions immo, financières ou autres ne posent en aucun cas un problème. Un conseiller en gestion de patrimoine peut aussi être un « petit family office » pour des clients n’étant pas richissimes et recherchant cet accompagnement global sur du long terme…
        Aucun d’entre vous n’a LA vérité, seulement la vôtre, qui peut être exprimée sans véhémence

        • Jérôme says:

          Monsieur,

          J’ai de prime quelques difficultés à vous comprendre quant au distinguo que vous entendez faire entre un « indépendant » et un « libéral », hormis si vous me parler de doctrine économique pour le ce dernier …

          En outre, sans véhémence aucune, je me permettais juste de définir le niveau de compétence d’un CONSEIL en ORGANISATION PATRIMONIALE ainsi que les contours d’une mission ad hoc et n’ai jamais prétendu détenir LA VÉRITÉ sur quoi que ce soit ….

          Je prétendais, en l’occurrence, qu’il y avait lieu de pratiquer une dichotomie autour de ces métiers connexes que sont le Véritable Conseiller en Gestion de Patrimoine et le Véritable Vendeur de produits de toutes sortes gravitant autour du patrimoine de la même façon que le médecin est le sachant, conseiller indépendant, et le pharmacien est le vendeur de la solution préconisée par le médecin … tout en conservant l’expertise du produit.
          Tout ceci pour éviter le conflit d’intérêt potentiel.
          En effet, vous ne pouvez être à la fois juge et partie sous peine d’altérer votre jugement et orienter la solution indépendamment des intérêts du client, du patient, ou du justiciable.
          Je suis sûr que vous êtes d’accord avec ce postulat, sans quoi votre intégrité morale pourrait être remise en cause.
          Toutefois, il est aussi digne et honorable de pratiquer chacun de ces métiers pour peu qu’il n’y ait pas d’équivoque.

          Encore une fois, je m’exprime sans véhémence aucune, juste en toute bonne foi et avec un zeste de bon sens, ce dont je pressens que vous n’êtes pas dépourvu.

          Bien à vous

          • Patrick LEGOFF says:

            Bonjour,

            Quelle belle théorie et surtout quelle méconnaissance de notre métier : je suis, comme CAPL conseils, à la fois médecin et pharmacien et quand je vois comment je pratique mon métier, je sais (je ne le suppose pas, je le sais) que les clients ont eu de la chance de croiser ma route.

            Pourquoi ? : je suis sollicité depuis de nombreuses années pour analyser des propositions de concurrents qui ont tous pour point commun de vendre du Pinel comme un produit financier (« transformez votre impôt en patrimoine », ou « c’est garanti », ou encore « faites-moi confiance, je connais mon métier ») sans savoir ce qu’ils vendent car il ne se sont jamais rendus sur place pour vérifier l’environnement (à titre d’exemple, avec mes associés, quand nous proposons à nos clients d’investir à la Réunion, nous allons sur place vérifier), évaluer la demande locative, et ne se sont pas non plus posées les questions objectives qu’ils auraient dû se poser (je consulte toujours les bases notaires et INSEE pour compléter ce que j’ai constaté par moi-même, je viens d’ailleurs de terminer une étude pour une cliente qui inclue ces données).

            Mais ça, ça n’est que la partie visible de l’édifice, car il y a plus important, à savoir les fondations et mes fondations, ce sont toutes les expériences accumulées sur toutes ces années d’exercice de mon métier. Alors je suis fier d’être à la fois médecin et pharmacien, car sinon :

            Soit je passerais mon temps à donner des conseils très théoriques en laissant ensuite mon client chercher seul la solution parce que j’en suis incapable n’ayant jamais essayé de la mettre réellement en pratique cette solution (je vous laisse imaginer le résultat s’il croise la route de la catégorie que j’ai déjà citée). D’ailleurs, ce n’est pas du tout ce qu’attend le client car, plus qu’un conseil, nos clients ont tous pour ambition de trouver une solution

            Soit je me dis (attention, je vais grossir le trait, mais à peine) que la théorie ça ne sert à rien, que la formation c’est une perte de temps, qu’il suffit de quelques phrases clés pour vendre (malheureusement vrai) et qu’il est inutile de réfléchir et encore moins de se déplacer puisqu’il suffit de reprendre les arguments écrits sur la plaquette commerciale du promoteur.

            Et ne vous inquiétez pas pour mon intégrité morale, il nous est même arrivé parfois de demander à des fournisseurs de baisser le niveau de commissionnement qu’ils nous proposaient, le jugeant trop élevé par rapport à notre déontologie personnelle.

            • Mon cher ami, vous confondez le métier de CIF, courtier et agent immobilier indépendant (vendeur indépendant multicarte capable d’analyser le marché de la vente de produit pour sélectionner les meilleurs) et le métier de conseiller en gestion de patrimoine;

              Ce sont là deux métiers différents; Vous êtes probablement un excellent « vendeur indépendant », mais vous n’êtes peut être pas conseiller en gestion de patrimoine.

              Les commentaires de Christian Benoit et de Jérôme illustrent parfaitement, ce que j’essaie d’expliquer.

          • Ne perdez jamais de vue que le distingo subtil entre indépendant et libéral ne provient que de l’imagination débordante de nos instances de contrôle (AMF et ACPR) qui ont décidé qu’il y aurait 2 catégories de CGP, les indépendants qui ne seraient payés que par honoraires, les libéraux pouvant continuer à percevoir des rétrocommissions.

            • si je peux me permettre vous confondez à nouveau deux métiers opposés :

              – le CGP est par nature indépendant ; Son métier est le conseil exclusivement rémunéré par honoraire, il ne peut en être autrement.

              – Le CIF est indépendant ou non selon qu’il perçoit des commissions. C’est la capacité à juger la qualité objective du produit vendu qui est recherché par l’interdiction des commissions pour celui qui est indépendant.

              Ce sont deux métiers totalement différents.

              • Mais non s’il vous plaît ce que je dis est factuel et provient des décisions des instances de contrôle. Je ne confonds rien et si qqn confond quoique ce soit, ce sont ces instances de contrôle. Peut-on compter sur M. Fonteneau pour le leur dire?
                Soit dit en passant, le statut de CGP devait être réglementé au départ. Et voilà ce qu’il en est sorti… Quelle avancée!

  2. Grégory says:

    Bonjour,

    Si à la fin de votre audit c est un placement qu il faut pour son objectif peu importe le produit et que le client est ok comment faites vous si vous ne lui proposez rien ?

    Vous ne l orientez même pas vers tel ou tel compagnie, produits ??

    Voilà si vous pouvez eclairer ma lanterne car je trouve autrement vos propos très juste.

    Bonne journée,

    Cordialement.

    Grégory.

    • Aujourd’hui. Trouver un contrat d’assurance-vie est très facile. Internet regorge d’excellents contrats dont les frais sont minimes.

      Le travail de sélection est simple. De surcroît, un certain nombre de mes clients ont déjà d’excellentes relations avec leur banque ou leur compagnie d’assurance-vie. Parfois, ils préfèrent utiliser ces vieux contrats même s’ils sont parfois plus cher et un peu moins rentable.

      Mais en réalité, mes préconisations se terminent que très rarement sur des produits vendus par la distribution classique en gestion de patrimoine.

      L’assurance-vie n’a plus beaucoup d’intérêt avant 70 ans et pour l’aspect transmission ;
      Il y a beaucoup d’opportunités dans l’immobilier ancien.
      Les titres en direct et le PEA ne sont pas vendus par les CGP et les banques en ligne proposent des tarifs nettement plus attrayantes.

      … Bref, lorsque le sujet se pose, j’explique les critères pour choisir son contrat, les questions à poser, les frais à comparer. Pour l’immobilier, j’explique la stratégie pour investir et trouver son bien immobilier.

      Mais dans une grande partie de mes interventions, la question ne se pose pas car nombre de mes clients n’ont pas d’argent à investir ou ils savent très bien le faire eux même. En revanche, ils ont besoin de mon analyse, de mon regard sur leur patrimoine ; de mes conseils pour préparer la transmission, rédiger les clauses bénéficiaires des assurance-vie, optimiser la fiscalité …

  3. Grégory says:

    Merci de ton retour rapide cela me conforte sur ce que je pensais.

    A bientôt.

  4. à Sénèque :
    32 ans de relation avec au total 4 cabinets d’experts comptables différents, aucun ne ressemblait au descriptif que vous en faite.
    Ce qui est excessif est insignifiant.
    Quant au profil avec minimum bac+2, et au vu de la masse de connaissances et à la capacité d’analyse demandée, multiplier plutôt par 3 ou 4…

    • Sénèque says:

      Précisez je vous prie les 32 ans de relation comptable:
      – vous êtes dirigeant de société et êtes conseillé par 4 cabinets comptables, lesquels ne vous ont donc jamais formulé de préconisations patrimoniales (même pas de faire des versements conséquents sur un contrat Madelin si vous étiez TNS) ?
      – vous êtes CGP et avez travaillé avec 4 cabinets comptables ?
      – autre ?

      Par ailleurs, si 4 cabinets comptables en 32 ans, qu’est-ce qui a motivé ces multiples changements de cabinets ?

      Mes propos sont le reflet de mon exéprience de 12 ans en Gestion de Patrimoine, principalement au service d’une clientèle dirigeant-propriétaire d’entreprises avec échanges en interprofessionnalité avec des comptables. Mes propos ne sont pas une élucubration sortie de mon cerveau mais une remontée de multiples expériences avec de multiples cabinets comptables.

      Si votre conseil comptable est resté focalisé sur son métier de conseil comptable et que vous en êtes ravis, cela est très bien !

      Par ailleurs, vous n’avez pas dû bien lire mon post relatif aux études, puisque justement, j’indique qu’il faut au moins un BAC+5 (=Master 2) et que les annonces d’emploi ne sollicitent qu’un BAC+2.

  5. Bonjour,
    Comment faire alors pour se conformer à la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971, qui empêche en principe les CGP de délivrer à titre habituel et rémunéré des consultations juridiques ?
    La profession de CGP ne se rapproche-t-elle pas des professions de notaire et d’avocat ?
    Merci par avance pour votre réponse.

    • Vous avez raison, la consultation juridique est l’exercice d’une profession juridique qui ne peut être exercée à titre principal par le conseil en gestion de patrimoine.

      L’activité de conseil en gestion de patrimoine c’est un conseil global en organisation et stratégies patrimoniales construit autour d’informations économiques, financières, juridiques et fiscales ;

      La consultation juridique est exercée à titre accessoire dans le cadre de la compétence juridique appropriée. cf « Compétence juridique appropriée au conseil en gestion de patrimoine  » Question écrite n° 20680 de Mme Sylvie Goy-Chavent http://www.senat.fr/questions/base/2011/qSEQ111120680.html

      • Extrait :

        « Ainsi, les conseils en gestion de patrimoine titulaires d’une licence en droit ou à défaut d’un diplôme de maîtrise en droit ou d’un diplôme d’études approfondies ou d’études supérieures spécialisées (DEA ou DESS) en droit, ou d’un diplôme de troisième cycle en gestion du patrimoine, ou du diplôme de premier clerc de notaire, ou d’un mastère en gestion de patrimoine d’une école supérieure de commerce reconnu par la conférence des grandes écoles peuvent donner des consultations juridiques

        En outre, cette activité juridique doit constituer l’accessoire direct de la prestation fournie au titre de l’activité principale.

        • Le Mecreant says:

          Nous savons que le « conseil juridique » est devenue une chasse gardée des avocats…
          Il y a de bons avocats, même de très bons… il y en a d’autres aussi.

  6. Alors il y a les banques, les assurances et les CGP…

    Seulement voila ! Les vrais ce sont les CGP car ils font du conseil, du vrai sans aucune arriere pensée car au final, le bilan est payé 1500€ à minima…

    J’ai bien resumé ?

    • Pourquoi 1500€ ? Comment fixez vous ce tarif ?

      • Je rectifie par experience, aux alentours de 1000-1500 en tarification median.

        Je ne veux offenser personne.

        • je ne sais pas comment sont fixés ces tarifs. Je facture 69€ TTC le rendez vous patrimonial de 45 minutes.

          Pour 1500€, vous avez 21 rendez vous !

          C’est très cher, bien trop cher. Le problème est classique pour les CGP VRP qui veulent se mettre au conseil rémunéré par honoraire.

          Ils se disent : « Il faut que ma rémunération soit la même que les commissions perçues sur la vente de produits, c’est le prix de mon excellent conseil ». Il fixe donc ce genre de tarif ! Et en plus, comme c’est cher, c’est forcement de meilleure qualité.

          Au final, il passe 10 heures derrière un logiciel qui fait automatiquement des calculs qui ne servent à rien et font un rapport de 40 pages que personne ne lit jamais.

          • Ils se disent : « Il faut que ma rémunération soit la même que les commissions perçues sur la vente de produits, c’est le prix de mon excellent conseil ». Il fixe donc ce genre de tarif ! Et en plus, comme c’est cher, c’est forcement de meilleure qualité.

            Sauf que… la relation sur 1, 2 ou 3 ans avec le nombre d’heures de soutien, d’accompagnement, de conseil etc.. par telephone ou email et autres, dépassent t’ils vos simples heures unitaires ou un forfait (ou frais sur versements sans honoraires derriere) ?

          • Cependant, je suis d’accord que le CGP doit se re-inveter ou se repositionner…

          • Pascal Nivoley says:

            En 45′ je ne vois pas trop ce qu’on a le temps de faire. Pas le temps de faire le tour complet du client (ou prospect). Au premier entretien, c’est plutôt 2h qu’il faut raisonnablement compter. Vous facturez en heure supp’ dans le cas où ça se prolonge?

            • 45 minutes de pur conseil avec suppression de tous ce qui est inutile :

              – Avant le rendez vous le client me fournis la synthèse de son patrimoine et de ses problématique et/ou question ;

              – je prends connaissance de ce document avant le rendez vous afin de ne pas perdre de temps de « découverte »;

              – En direct, on travaille sur le besoin et on répond à toutes les problématiques pendant le rendez vous.

              Je vous assure que l’on fait beaucoup de beau travail en 45 minutes.

              • Pascal Nivoley says:

                Alors il est bon en effet de préciser que vous ne découvrez pas le client dans ces 45′.
                Puisque si vous lui avez déjà remis le document à remplir, c’est que vous avez eu un contact auparavant avec cette personne?

                • Non, lorsqu’il réserve le rendez vous d’assistance patrimoniale, il reçoit automatiquement dans le mail de confirmation, les documents de préparation à me faire parvenir pour préparer le rendez vous.

                  • et si c’est mal rempli ?

                    • Ce n’est pas mal rempli.

                      je ne demande pas de remplir un document formel, je demande à la personne de me présenter sa situation familiale, son patrimoine, ses projets de vie et la raison pour laquelle elle a besoin de mes conseils.

                      En réalité, la consultation commence par ce travail indispensable réalisé par le client. Il travaille sur son besoin et l’écrire permet de la formaliser et c’est déjà une bonne partie de la solution qui est trouvée.

                    • Et s’il comprend pas bien sa situation ? je pense que la première étape c’est deja de leur expliquer quelle est la situation et vous vous leurs demandez de vous la donner

  7. Bonjour Guillaume (et les visiteurs qui commentent vos articles, je me regale a lire ces debats journaliers!),

    J’arrive au meme constat apres avoir contacte une poignee de cabinets parisiens recommandes par des amis: ca veut signer le plus vite possible et toutes les raisons sont bonnes. Il y a un produit a vendre, un objectif a atteindre pendant le confinement et ils feraient signer leur grand mere… J’avais commence a me pencher sur une (re)structuration de mon « patrimoine » (lire liquidite en livret bancaire grand public, AV bancaire et capacite d’endettement non utilisee) mais j’ai un peu dechante en me retrouvant a l’autre bout du telephone dans une scene du Loup de Wall Street…

    Ma question est la suivante: Guillaume, pensez vous qu’il est preferable d’attendre un peu apres la fin du confinement pour une assistance patrimoniale pour que les cendres retombent ou cela importe peu?

    Merci,
    JC

  8. julien bonnetouche says:

    bonjour,

    Votre idée est bonne sur le papier Guillaume.

    Mais j’y vois de nombreux obstacles pratiques et psychologiques..

    le premier est votre rémunération. Comment trouver suffisamment de clients pour en vivre décemment ?

    La concurrence existe déjà et au premier rang il y a les notaires. qui font ça gratuitement le plus souvent.
    Mais surtout c’est le démarche qui ne me parait pas évidente pour le client.

    C’est déjà à lui de faire le tour de la question de ses finances personnelles.

    Sait il seulement si il a besoin de conseils ? alors que la plupart du temps il se contente d’acheter la RP dès qu’il le peut.

    Lorsqu’il a sa RP il pense peut être résidence secondaire ou alors Assurance Vie que toutes les banques et assurances lui proposent.

    Là aussi ils ont des ingénieurs patrimoniaux plutôt compétents.
    A ce moment là on a traité 90% des cas.
    Au delà c’est souvent une affaire d’experts en montages financiers.

    Et puis les gens sont réticents à déballer à un inconnu l’Etat de leur « fortune » voire de leurs démêles familiaux.

    A la limite le notaire est bien placé pour cela. ( il n’y a plus de curés)

  9. Pascal Nivoley says:

    Alors déjà croyez-vous vraiment qu’il n’y avait jamais de crise avant les années 2000. Et d’un.
    C’est ce qu’il ressort de votre premier paragraphe. J’ai cru comprendre que vous étiez plutôt jeune mais quand même.

    Ensuite, pour vous prendre au mot, imaginez qu’une personne vienne vous consulter parce qu’elle a une somme d’argent à placer. Qu’après avoir fait tout ce qu’on doit faire (…), vous en veniez à l’orienter plutôt vers l’assurance-vie. Ne croyez-vous pas qu’ensuite, cette personne va vous dire, « bon on fait quoi et comment à présent ».

    Forcément, cette personne ne va pas se contenter de votre conseil mais va souhaiter que vous l’orientez vers un contrat plutôt qu’un autre ou mieux, que vous lui proposiez 2 voire 3 contrats différents pour que vous puissiez la suivre ensuite.

    Ou bien la laissez-vous repartir pour se dépatouiller toute seule parmi cette offre pléthorique?

    C’est vraiment là que j’ai beaucoup de mal à vous suivre même si je saisis très bien votre comparaison avec des vendeurs de produits qui n’ont qu’un souci : vous « planter » le produit qui leur rapportera les plus grosses commissions.

  10. Benoît CHRISTIAN says:

    Bonjour Guillaume,

    Entièrement d’accord avec votre analyse, récurrente sur ce blog. Malgré la MIF2, l’opacité règne toujours sur le mode de rémunération des CGP… Combien de clients savent réellement la rémunération indirecte que perçoit leur conseiller ?

    Mais je pense qu’il faut aller plus loin que ce constat. Il faut faire du lobbying pour changer la loi et obtenir une séparation LÉGALE stricte entre le métier de CIF et de CGP !

    A l’image de la nouvelle réglementation séparant la vente et le conseil pour les produits phytosanitaires en agriculture, il faut une législation interdisant purement et simplement le cumul du statut de CIF et CGP. Ce qui signifie une reconnaissance juridique du statut de CGP qui deviendrait une profession réglementée avec une immatriculation distincte à l’ORIAS.

    Et en conséquence, une interdiction STRICTE de percevoir une quelconque rémunération indirecte sous forme de commissions ou rétrocomissions.

    Comment sensibiliser et mobiliser le législateur à ce sujet ? Est-ce qu’une chambre professionnelle serait intéressée pour soutenir la démarche et défendre cette initiative ?

    Bonne journée

    Benoît

    • Puis-je vous demander quel métier vous exercez?

      • Benoît CHRISTIAN says:

        Bonjour Pascal,

        Bien sûr. Je suis conseiller en gestion de patrimoine au sein d’un cabinet d’expertise comptable.

        Nous avons justement fait ce choix de refuser toute commission ou rétrocommission pour des placements de produits, malgré des propositions très alléchantes…

        La séparation du conseil et de la vente est primordiale pour éviter les conflits d’intérêts. Et ce principe s’applique aussi aux CGP qui exercent au sein de cabinets d’expertise comptable (comme moi) qui pourraient être tentés de refourguer des SCI ou montages holding à tout va pour générer des honoraires récurrents…

        Il faut délimiter strictement les métiers et les relations capitalistiques pour limiter les risques. Pour cela, il faut uniquement une rémunération du conseil en facturation directe au client.

        Au plaisir d’échanger,

        Bien cordialement

        • Bonjour Benoît, permettez-moi de rappeler que les CGP ont l’obligation désormais de communiquer à leurs clients ce que leur coûte leur CGP.
          Et la séparation des métiers, idem c’est fait puisque vous devez être immatriculé en tant que COA, CIF, IOB et agent immobilier.

          • Benoît CHRISTIAN says:

            Dans la loi, oui c’est une obligation. Dans les faits, combien font signer un document un peu rapidement sans précision orale pour éviter d’avoir à se justifier ? L’impact n’est pas le même que de recevoir une facture en bonne et due forme…

            Pour l’immatriculation, justement, ce que je réclame c’est la création d’un statut spécifique de CGP et non de s’immatriculer « en tant que ». Et que ce statut de CGP soit incompatible avec les autres statuts, notamment de CIF.

            • Mais pourquoi incompatible?
              Si je devais vous suivre, alors ce qui pourrait être rendu incompatible, ce sont les métiers d’expert-comptable et de CGP.
              Sans provocation aucune. Parce que si vous-même exercez votre métier honnêtement, d’autres peuvent l’exercer différemment.
              Un Conseiller Patrimonial formule que je préfère à CGP est nécessairement un généraliste et vous ne pouvez pas lui « interdire » d’exercer certaine partie de son métier au risque de détruire son exercice.

              • Benoît CHRISTIAN says:

                C’est tout le débat en effet…

                Pour éviter le conflit d’intérêts ! Cf l’article de Guillaume.

                Vous avez raison, l’expert-comptable pourrait également être incompatible… mais à ceci près qu’il facture uniquement des honoraires et ne perçoit pas de rémunération « cachée » (j’utilise ce terme sans chercher la polémique mais comme je l’indiquais, peu de clients savent qu’un Pinel « rapporte » 5 à 10 % du prix de vente à l’intermédiaire…).

                • Oui je laisserais personnellement le Pinel de côté vu que le statut d’agent immobilier est le seul que je n’ai pas.
                  Au final, la seule question importante à se poser n’est-elle pas : mon client est-il satisfait de mes services?
                  A en croire l’ancienneté de la plupart des miens, je peux le croire.

                  • Benoît CHRISTIAN says:

                    Alors ne soyez pas inquiet par ce que je propose !

                    Vos clients qui sont satisfaits de vos services le seront encore demain, même si vous facturez votre temps en direct sous forme d’honoraires !

                    En fin de compte il s’agit d’un changement de mode de rémunération pour plus de transparence, et de devenir une profession qui facture des honoraires au même titre qu’un avocat par exemple !

                    • Mais ce que vous devez savoir c’est que je ne facture pas d’honoraires à mes clients. Ou alors pour des missions bien spécifiques.

                    • Le problème c’est que les métiers d’avocat et de conseiller patrimonial n’ont rien à voir l’un avec l’autre. D’ailleurs, je me demande du coup si certains CGP ne se prendraient pas pour des avocats…

            • Vous devriez vous renseigner davantage.
              Les compagnies d’assurance envoient aux client avec leur situations au 31.12 les frais rétrocédés sur l’année au CGP.
              De plus, les CIF doivent établir un rapport écrit des frais annuellement.

              Et pour finir, tout placement doit préalablement être exposé dans une déclaration d’adéquation qui mentionne les frais de façon explicit.

              Donc oui, les clients ont connaissance chaque année des frais que leur coûte, ou devrais-je dire, leur rapporte, leur CGP.

              Quand on voit les tarifs de EC, on ne se fait pas trop de souci non plus concernant votre rémunération.

  11. à Benoît :
    « conseiller en gestion de patrimoine au sein d’un cabinet d’expertise comptable »
    Sénèque un peu plus haut ne dit pas du bien de vous…
    Et je ne suis pas de son avis.

    • Benoît CHRISTIAN says:

      Oui j’ai vu ça… Mais j’ai l’impression qu’il parle de cabinets qui font cette prestation sans avoir former spécifiquement de collaborateurs à ce métier.

      Un expert-comptable ne peut pas tout faire, et effectivement, sauf à se former et décrocher un diplôme en gestion de patrimoine, il me paraît compliqué de réaliser ce type de conseil.

      Il faut par ailleurs y consacrer les ressources (temps) nécessaires, et ne pas faire du conseil patrimonial au détour d’un rendez-vous client classique !

      • CAPL conseils says:

        Je pense que votre position de conseiller patrimonial chez un expert comptable vous permet de tenir vos propos avec facilité.
        Personnellement je facture des honoraires et perçois des rétrocommissions en toute transparence sans rougir. Je suis fier d’être le médecin qui fait le diagnostic et le pharmacien qui donne les médicaments.  » bonjour Monsieur, vous avez le covid mais je n’ai pas de traitement, au revoir »
        La réalité est que je trouve limite démagogue des personnes comme GF qui prône la seule gestion de patrimoine indépendante avec des consultations à 69€ car il en fait entre 5 et 10 / jour grâce au succès de son blog ou de ses livres (qui restent de qualité) ou vous même Monsieur qui « dépendait » d’une clientèle existante d’un cabinet d’expert comptable dans lequel vous n’avez qu’à vous servir. Lorsque vous devez vivre par une croissance interne (recherche de clients), le temps vous est compté pour payer vos charges et si vous n’avez pas vos situations (qui sont des niches) alors vous devez avoir les deux cartes CGP et CIF pour vivre en général.

        Par rapport à un commentaire, j’ai travaillé + de 10 ans dans l’assurance (très fortement rémunéré), fais deux master 2 pour m’installer en toute indépendance pour perdre la moitié de ma rémunération de salarié en CDI.

        Aujourd’hui le métier est difficile et particulièrement concurrentiel même si j’ai une grosse activité… Il est difficile de gagner des clients dans cette profession passionnante mais confidentielle qui ne fonctionne qu’au bouche à oreille. J’ai la chance de travailler avec plusieurs experts comptables qui ne veulent pas internaliser cette mission dans leurs sociétés et qui avouent ne pas vouloir (ni être capables) de proposer des solutions financières car le risque repose bien sur nous et notre responsabilité professionnelle pour le conseil CIF.(ce qui fuient clairement)

        Pour rappel, c’est la réglementation CIF qui devient la plus lourde et la plus transparente pour les clients investisseurs et les lignes sont claires dans les documents donnés. Il peut toujours y avoir des CIF mal attentionnés ou qui ne suivent pas les obligations mais de là à nous considérés tous de la sorte…

        Nos clients viennent avec des objectifs qu’on va éclaircir ensemble, détecter de nouveaux parfois et surtout les quantifier de manière à pouvoir attendre l’écart entre la situation vécue et celle qui est voulue. Sans la certification COA ou CIF il nous serait impossible des les accompagner dans cette démarche et préparer une stratégie pour y tendre un maximum en fonction des ressources mobilisables.

        Je reste convaincu que vos consultations téléphoniques sont très utiles pour la plupart de vos lecteurs qui ont des demandes simples et absolument pas financières (que je dois honnêtement avouer ne pas savoir facturer) mais ne comprends toujours pas (depuis des années qu’avec des confrères, nous contribuons à échanger sur ce blog) votre obsession à nous confronter ou nous opposer alors que l’on pourrait considérer simplement que nous ne faisons pas le même métier (plutôt que de croire que l’un a LA solution).

        Cdlt

        • Benoit CHRISTIAN says:

          Vous avez bien décrit la limite avec votre métaphore « médecin et pharmacien ». Imagine t on un médecin être rémunéré en fonction du nombre de tel ou tel médicaments prescrits ? La seule rémunération du médecin doit être la consultation qu’il fait payer au patient !

          Concernant la difficulté d’aller chercher une clientèle nouvelle, vous avez totalement raison. Mais soyons réalistes : 90% de notre métier va disparaître à cause de la désintermédiation ! Avec le développement des comparatifs, médias spécialisés de plus en plus accessibles, blogs comme celui de GF, … Seule la clientèle avec des problématiques complexes ou mal à l’aise avec le numérique continuera à faire appel à un CGP en « physique ». Notre profession se fera « ubériser » si elle ne se réinvente pas.

          Le nœud du problème est toujours le même : percevoir une rémunération en contrepartie de la souscription d’un produit par un client. Quelle est l’intérêt pour le client de souscrire un contrat d’assurance-vie fonds euros chez Primonial plutôt qu’en ligne chez Fortuneo Vie ? Dans les deux cas il aura accès au même fonds de chez Suravenir … sauf que dans un cas il paiera des frais !

          Pourquoi un CIF devrait percevoir des encours sur gestion ? Les seuls frais justifiables sont des frais de souscription pour le conseil donné, en tant que CIF pas en tant que CGP.

    • Bien au contraire le CGP au sein d’un cabinet comptable me derange comme l’impartialité de certains cabinets, sans accuser personne.

      La difference avec un CGP au sein d’une banque est qu’il fait avec ce qu’on lui donne et parfois… l’honnêteté de ne pas « vendre » (je n’ai pas de terme) se limite à son statut : salarié.

    • Sénèque says:

      Sénèque n’a pas reçu votre réponse quant à la sollicitation de 4 cabinets d’expertise comptable de votre part pour une activité de 32 ans.
      Je dois avouer être curieux de votre réponse.

  12. Bonjour

    Suivre le débat

  13. F Barbier says:

    Bonjour,
    Je suis cgp (sans le i réglementaire a priori !). Pas de Pinel ou autre immobilier packagé, peu de collecte, 80% de mon CA environ en honoraires, en moyenne.

    Guillaume Fonteneau, puis je me permettre, sans animosité, de vous interroger sur votre modèle économique de conseiller? 69€ TTC pour 45 minutes de face a face, quand on sait ce que nos métiers demandent en veille, en recherche, en formation… Je m’interroge du coup, à ces tarifs, sur la viabilité du modèle économique que vous décrivez ainsi.
    A ce tarif, après les charges, RCP, formations (via des organismes de formation payants bien sûr), quel est le nombre de clients en portefeuille pour gagner sa vie (raisonnablement j’entends, sans être gourmand)?
    Et des clients particulièrement bien informés puisqu’ils maîtrisent au point de vous affranchir d’une découverte et de l’étude des documents (pour ma part mes clients perdent souvent des documents, ne connaissent pas leurs clauses bénéficiaires, se trompent sur les donations réalisées, n’analysent pas correctement leurs documents comptables, etc….)
    Je vous avoue ne pas comprendre, clairement.

    Je partage, et je trouve pertinentes, et justes, une majorité de vos analyses et réflexions, très sincèrement.
    Mais je ne parviens pas a voir dans le modèle économique que vous esquissez et prétendez appliquer, un modèle qui permette de vivre de revenus.

    Je m’interroge donc, si vos revenus ne proviendraient pas plutôt majoritairement de revenus publicitaires, ou de vos livres (que je ne connais pas, honnêtement) ?
    Ce qui est tout a fait respectable comme modèle économique, et mérité vu la qualité et l’étendue de vos analyses.
    Mais là aussi, la transparence aurait du sens.
    Merci de vos éclaircissements.
    Respectueusement

  14. fanfan la tulipe says:

    Bonjour Guillaume

    J’apprécie nombre de vos articles mais j’avoue que celui-ci me gêne aux entournures. Je m’explique.

    Je suis cgp libéral depuis 12 ans avec 2 structures dont 1 créée récemment en joint venture avec un groupe comptable. Tous nos clients paient des honoraires de conseil et, si il doit y avoir equipement par la suite, les frais d’entrée sont de 0 %. Nous percevons les encours de gestion, ne vendons pas d’immobilier d’investissement (trop cher) ni de le LMNP (pas liquide) et envoyons nos clients « immo » vers des agences dont nous avons confiance.

    Ce qui me gêne dans votre article c’est de considérer que seul le conseil a de la valeur, et que cette valeur ne peut être détruite par un mauvais investissement. Vous dites que vos clients n’ont pas d’argent à placer avec vous mais que dois je faire avec mes clients qui ont des montants conséquents à placer ? « Allez sur internet », « allez voir votre banque », « allez chez Bouygues Immo ». Ils sont justement devant moi car ils ne veulent pas faire cela !

    Mes partenaires experts comptables ont souhaiter créer un cabinet pour cela. Ils ne voulaient plus se voir reprocher un bon conseil de départ devenu une mauvaise affaire par la solution proposée par un vendeur (en banque ou ailleurs). Dans une opération le conseil doit être servi par un bon équipement pour que la boucle soit bouclée. Et il peut y avoir de l’indépendance dans la commercialisation si celle ci n’est pas prioritaire au conseil.

    Mes clients recherchent une épaule et une oreille pour le long terme. Pas un Pinel ou une assurance vie. Ce que vous proposez est parfait pour votre typologie de clients mais il en existe d’autres qui souhaitent plus que ce que vous proposez

    Alors bien évidement que le conseil prime sur le produit mais je pense que le conseiller ne doit pas non plus avoir peur des produits. Et si percevoir de l’argent vous gène, soyez d’une totale transparence sur vos rémunérations et transformez vos rétrocessions en temps offert.

    Enfin Guillaume permettez moi de vous dire sans aggressivité aucune que je perçois très bien en tant que professionnel vos compétences mais que jamais je ne vous ferais confiance pour un conseil à 69€. D’une part parce que cela n’est pas assez cher et d’autre part car ce prix est subventionné par des pubs parfois très douteuses. A ce titre vérifiez vous la probité de vos annonceurs ? Pouvez vous nous dire combien cela vous rapporte ? J’espère que vos clients, après une excellente consultation patrimoniale avec vous, ne clique pas sur certain bandeaux de pubs.

    Merci pour votre blog et pour les débats très instructifs autour de notre métier

    Bien à vous

  15. CAPL conseils says:

    Je suis complètement d’accord avec vous et je pense sincèrement que tout dépend de la vision que l’on a du métier.
    Les co sultations téléphoniques patrimoniales peuvent être d’une grande utilité mais les personnes que nous rencontrons en général viennent avec une idée ou un objectif. Nos capacités et connaissances de conseil en organisation patrimoniale nous permettent d’établir avec eux des points d’attention et des axes d’amélioration lors de l’audit patrimonial mais également un accompagnement grâce à des solutions objectivement.
    Tout le problème d’après certains proviendrait d’un manque d’impartialité… Mais lorsqu’un besoin (écart entre la situation vécue et la situation voulue) est détecté, nous le quantifions et proposons plusieurs stratégies ou solutions qui choisissent en toute connaissance pour le réduire au maximum. Pourquoi notre partie CIF se ferait au dépend de nos clients s’ils sont acteurs de leur gestion de patrimoine. Nous leur donnont plusieurs solutions avec les conséquences sur leur patrimoine et ils font un choix…
    Tout est question d’idéologie sur le métier vu les différents commentaires.

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