
L’effet de levier est une notion financière, issue de monde de la finance d’entreprise. Dans le cadre d’un investissement immobilier, la comprendre la notion d’effet de levier revient à répondre à la question suivante :
Le fait de recourir au crédit immobilier pour financer mon acquisition immobilière me permet il d’augmenter le rendement global de mon investissement et la valeur de mon patrimoine ?
L’effet de levier est un notion financière qui définit le différentiel entre le coût du crédit immobilier et le rendement de mon épargne :
Emprunter à un taux inférieur au taux de rendement net de mon épargne permet un enrichissement patrimonial. Le différentiel entre le coût du crédit et le rendement de l’épargne génère un gain pour l’investisseur : Lorsque j’emprunte à 3%, alors que mon épargne disponible est rémunérée à 6%, le gain généré par l’endettement est de 3% par année. Ce gain c’est l’effet de levier du crédit.
- Le coût réel du crédit immobilier (coût apparent – économie fiscale).
- Le rendement de l’épargne de l’investisseur.
1- Le coût réel du crédit immobilier.
- à 5,5% et compte tenu d’un taux de prélèvement social à 13,5%, le coût réel du crédit immobilier sera de 3,28%
- à 14% et compte tenu d’un taux de prélèvement social à 13,5%, le coût réel du crédit immobilier sera de 2,93%
- à 30% et compte tenu d’un taux de prélèvement social à 13,5%, le coût réel du crédit immobilier sera de 2,28%
- à 41% et compte tenu d’un taux de prélèvement social à 13,5%, le coût réel du crédit immobilier sera de 1,84%
2-Le rendement net de l’épargne de l’investisseur.
Cette donnée est très difficile à obtenir car elle est fonction du placement/ de la structure dans lequel l’investissement est réalisé.
Nous allons donc raisonner différemment.
Dans l’hypothèse ou le rendement de l’épargne (c’est à dire dans 80% des cas, le fonds euros du contrat d’assurance vie), l’effet de levier se transformerait en effet massue et le financement par le crédit n’augmenterait pas le rendement global de l’opération mais le diminuerait.
Par exemple, pour un contribuable fiscalisé à la tranche marginale de 30%, pour obtenir un effet de levier positif, il faudrait qu’il place son argent à un taux net de toute fiscalité supérieur à 2,28%.
Lorsque l’on imagine que le rendement 2011 des fonds euros des contrats d’assurance vie (60% de l’épargne financière des français) sont de 2,60% environ avant paiement des frais d’entrée et de la fiscalité, on comprend pourquoi l’effet de levier est très limité actuellement.
3 – Démonstration de l’absence d’effet de levier.
Imaginons que pour financer l’acquisition de parts de SCPI, dont le rendement est de 5,5%, mon conseil me propose deux options :
- Soit financer les parts de SCPI avec un crédit amortissable (taux fixe assurance comprise 4,40% sur 15 ans).
- Soit financer les parts de SCPI cash progressivement selon ma capacité d’épargne. Au lieu de verser XXX € pour le remboursement d’un crédit, j’épargne XXX€ en achetant annuellement des parts de SCPI.
Je suis imposable à la tranche marginale de 30%.
En utilisant notre simulateur d’investissement en SCPI à crédit disponible sur le site (Cf simulateur investissement SCPI à crédit), on observe que le différentiel d’enrichissement entre les deux stratégies est nul sur 20 ans.
Vous constaterez que nous prenons en compte un taux de rendement de comparaison de 3,10% qui correspond au taux de rendement des parts de SCPI net de fiscalité pour un contribuable fiscalisé à la tranche marginale de 30%.
Ainsi, au terme de cette première simulation, on comprend que l’effet de levier du crédit est faible. Il existe pourtant une motivation qui pourrait encourager l’investisseur à réaliser un crédit : l’augmentation de la valeur de la part de SCPI.
En effet, dès lors que l’on considère que les parts de SCPI peuvent se valoriser dans le temps, il devient préférable de mettre en place un crédit. Le crédit permet alors de se porter acquéreur d’un bien dont la valeur augmente dans le temps. En achetant toutes mes parts immédiatement, je les achète moins cher que si je devais les acheter progressivement.
Avec une estimation de revalorisation de 1% par an, le différentiel d’enrichissement atteint 15000€ sur 20 ans.



