A croire les médias nationaux c’est la fin des taux bas sur les crédits immobiliers. Depuis la violente remontée des Taux d’emprunt OAT de l’état Français (et allemand) de très nombreux commentateurs s’empressent d’affirmer que les taux des crédits immobiliers devraient suivre le même chemin et augmenter dans des proportions comparables (cf article « Un krach obligataire en préparation ? Violente hausse de l’OAT et des taux longs.)

Je ne crois sincèrement pas à un tel scénario et reste convaincu que les taux d’intérêt resteront encore très très bas, même s’il pourrait légitimement augmenter à la marge de 0.10% à 0.20%.
Mais pas de panique, une telle hausse reste très marginale en comparaison avec la baisse constatée depuis quelques mois et ne remet absolument pas en question la tendance général des taux crédits immobiliers : Les taux d’intérêt sont extrêmement bas et devraient le rester tant que la Banque Centrale Européenne alimentera généreusement le circuit de financement de l’économie avec sa politique monétaire non conventionnelle.
La hausse des taux d’intérêt observée depuis quelques semaines est violente, mais contenue par une Banque Centrale Européenne déterminée à manipuler les taux d’intérêt long terme et interdire une remontée trop forte des taux de financement des états ou des entreprises.
Une remontée durable des taux d’intérêt annoncerait l’échec de la politique monétaire mise en place pour relancer la croissance économique ; Cela n’est pas envisageable, quitte à accélérer le processus de création monétaire et de planche à billet. Le maintien des taux d’intérêt à des niveaux bas n’est pas une option, c’est une question de survie du système économique.
Pourquoi les banques pourraient néanmoins augmenter légèrement les taux d’intérêt des crédits immobiliers ?
Néanmoins, il n’est pas exclu d’observer dans les prochaines semaines une légère augmentation des taux des crédits immobilier et ce serait bien légitime (le LCL vient d’annoncer une hausse de 0.20% de son barème).
La banque est une industrie. Le métier de la banquier est un métier de distributeur d’argent (prêt bancaire) qui réalise une marge entre le prix de revient de cet argent (coût de refinancement interbancaire et taux de rémunération de l’épargne déposée dans les livres de la banque) et son prix de distribution (taux d’intérêt de votre crédit immobilier).
Le cœur du métier de banquier repose sur cette capacité à générer de la marge d’intérêt (différence entre les intérêts perçus et les intérêts payés par une banque).
Depuis le début de l’année, c’est la folie sur le front de la renégociation des crédits immobiliers et du rachat de crédits entre les banques. Les services centraux chargés d’éditer les offres de prêt sont surchargés et ne peuvent plus répondre à la demande des clients. (cf : « Simulateur : Renégocier son crédit immobilier. Calculer le gain de la renégociation du taux d’intérêt« )
Ainsi, comme dans toute industrie, lorsque la demande excède l’offre, les prix augmentent. Les taux d’intérêt augmentent (et pourrait légèrement continuer à augmenter dans les prochaines semaines) car les banques savent déjà que 2015 sera une excellente année en terme de production de nouveaux crédits (du fait des rachats de crédits immobiliers à la concurrence) et peuvent donc se permettre d’augmenter leur prix (taux d’intérêt) pour améliorer leur marge d’intérêt.
Le niveau des taux d’intérêt est certes fonction du niveau général des taux d’intérêt (et notamment du taux d’emprunt de l’état), mais également des conditions de concurrence et du niveau général de la demande de prêt.
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