Il est une erreur de s’attendre à une baisse des taux de crédit immobilier dans les prochains mois. Non seulement les taux de crédit immobilier pourraient ne pas baisser, mais ils pourraient même augmenter dans les prochains mois.

Un taux moyen compris autour de 3.50% / 3.80% pourrait être un niveau auquel nous allons devoir nous habituer. La relance du marché immobilier ne passera pas par la baisse forte des taux de crédit immobilier.

Historiquement, le taux de crédit immobilier est indirectement indexé sur le taux d’emprunt de l’État Français avec un écart de taux positif autour de 0.50% / 0.80%.

Aujourd’hui, avec des taux d’emprunt d’État autour de 3.00% à 3.20%, des taux de crédit immobilier autour de 3.50% / 3.80% apparaissent comme normaux. Hier, l’OAT 10 ans a même atteint 3.40%.

Des taux de crédit immobilier inférieur au taux d’emprunt des états est une anomalie qui n’a pas vocation à s’installer durablement.

Anticiper une baisse des taux de crédit immobilier, c’est anticiper une baisse des taux d’emprunt de l’État Français.

La question est alors de s’interroger sur cette perspective de baisse des taux d’emprunt de l’État Français.

On le sait, les taux d’emprunt de l’État Français sont fixés par les marchés financiers.

La Banque Centrale Européenne (BCE) n’agit pas sur les taux long terme. La banque centrale agit uniquement sur les taux court terme.

En 2025, et cela, pour la première fois depuis 10 ans, c’est la fin du quantitative easing. La Banque centrale européenne n’achètera plus de titres de dette publique comme elle le faisait depuis 10 ans maintenant. C’est la normalisation de la politique monétaire de la Banque Centrale.

En effet, après la grande crise de 2008, la banque centrale avait adopté une politique monétaire non conventionnelle nommée « quantitative easing ».

La Banque Centrale Européenne achetait des titres d’emprunt d’État pour faire baisser les taux d’emprunt des états long terme et leur permettre de se financer dans des conditions privilégiées.

Cette politique monétaire était dite « non conventionnelle » car la banque centrale n’a pas vocation à agir sur les taux long terme.

Aujourd’hui, la BCE met fin à cette politique « non conventionnelle ». Les « quantitative easing », c’est fini.

La BCE n’intervient plus sur les taux long terme. Elle intervient uniquement sur les taux court terme.

Les taux long terme sont fixés par les marchés, et uniquement par les marchés.

Des taux long terme fixés par le marché en fonction du taux de croissance de l’économie, de l’inflation et du risque de défaut.

Un taux d’emprunt de l’État Français autour de 3% à 3.50% semble un niveau cohérent au regard de l’état actuel de notre économie en termes de croissance, inflation et même risque de défaut.

Il ne parait pas raisonnable de s’attendre à des niveaux beaucoup plus faibles. Les taux pourraient même monter un peu au rythme de la montée globale des risques géopolitiques et des outrances Trumpienne.

À suivre.

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